« As-tu envoyé une lettre à mère au sujet de Carpenter ? »
La question de sa sœur ne le laissa pas indifférent. Il soulevait les épaules, avalant ses céréales.
« Bien sûr que oui ! Tu ne penses tout de même pas que je vais le laisser s'en tirer comme ça ? »
« Mère… »
« Ce qu'il t'a dit la dernière fois a rompu le lien entre nos familles, c'est ainsi. Père a désapprouver son comportement. »
Leur père avait désapprouver le comportement en son égard ? La Serdaigle ouvrit d'abord les yeux pour froncer les sourcils. Le Gryffondor relevait les yeux sur elle, ne prêtant aucune attention au regard de la brune.
« Ou serait-ce mère qui te l'a dit. »
Il soupira en fermant les yeux.
« Crois ce que tu veux. Contente toi de manger. »
Les seuls instants où les jumeaux avaient des discordes revenaient sur le sujet du paternel. L'éternelle source de disputes. Elle ne disait rien de plus, terminant son repas, se relevant avant de quitter la grande salle sans même un dernier regard sur son frère. À la sortie, elle rencontrait Tom qui l'agrippa par le bras doucement mais avec force. Il se baissait légèrement, inspirant silencieusement.
« Où coures-tu sans même m'accorder un regard ? »
Elle le regardait, noyant son être dans ces iris qu'elle convoitait. Elle aurait voulu y mourir, perdre la raison et s'y enfermer, tout verrouillé et y disparaître.
« Je… »
Elle ne sait quoi dire, ses lèvres se pincent. Il peut sentir son rythme cardiaque s'accélérer, le forçant à resserrer son emprise sur elle. Il n'est pas tactile non, mais il ressent l'envie, le besoin de la retenir, qu'elle ne lui file pas comme elle en avait toujours eut l'habitude.
Ses doigts se pressent contre son bras, elle peut sentir cette force même au travers de ses vêtements. Non, elle n'a plus mal, il aurait pu enfoncer ses ongles dans sa chair blème, elle ne se débattra pas.
« Tu as prévu quelque chose à l'instant ? »
Elle secoue la tête en signe de négation. Son sourire maigre s'étend et ainsi il la relâche lentement. Il lui fait alors signe de le suivre. Charlotte s'exécute, le suivant au pas, grimpant les escaliers de marbre pour prendre le même chemin qu'ils ont l'habitude de prendre tous les deux.
Elle reste un instant fascinée par le grand vitrail, avant de se retourner vers le Serpentard. Il a envie inconsciemment de toucher ses cheveux, ses doigts glissant le long de ces boucles noires. Elle a toujours peur qu'il lui fasse mal, ça se voit, il le ressent. Il n'y a rien que le silence pour les accompagner, leurs respirations se rencontrent, s'entremêlent.
Elle a toujours l'impression qu'il veuille franchir le pas, mais elle sait aussi qu'il a déjà accompli cette tâche, ayant violé son espace vital. Ses yeux clairs observent avidement les cheveux qu'il caresse mèche par mèche.
« Je ne te ferais du mal que si tu m'en fais, Charlotte. »
Elle hoche la tête, comprenant parfaitement les "termes de ce contrat" passé entre eux. Il s'arrête, cessant le contact avec ses cheveux. Ils se fixent un long instant, la proximité ne tenant qu'à un cheveu. Est-ce qu'ils pouvaient s'embrasser ? Du regard oui.
« Dis-moi ce que tu désires. Maintenant. »
Elle voudrait poser ses lèvres sur les siennes, lui appartenir officiellement. Oui. Charlotte Lindon avait des sentiments plus que amicaux pour Tom Riddle. Beaucoup plus que cela. Elle ne veut rien dire, elle préfère garder le silence, sachant qu'un baiser ne conviendrait pas à Tom. Elle n'aurait pourtant pas pu s'empêcher d'y rêver, continuellement, comme une grave obsession qui pouvait la ronger de l'intérieur. Une passion dévorante pour ces lèvres venimeuses.
Elle était prête à se faire empoisonner juste pour y goûter. Elle relevait son regard inexpressif sur lui.
« Tout ce que je désires ? »
Il soulève ses épaules, hochant la tête en signe d'approbation.
« T'appartenir. »
Un sourire sombre naquit au coin de ses lèvres. D'une main, une seule, il l'attrapa à la gorge, enfonçant ses ongles dans la chair de porcelaine.
La douleur était minime comparé à ce qu'elle ressentait à cet instant ; l'euphorie s'empare d'elle, elle inspire longuement, les yeux se closent, son corps tremble à ce contact. Elle sent son souffle au creux de son oreille, murmurant lentement.
« Tu es mienne. Et rien, m'entends-tu, rien ne se mettra plus sur notre chemin. »
Il la lâchait, la laissant respirer à nouveau mieux que lorsqu'il la tenait. Fini Carpenter, fini le reste ; elle ne devra appartenir qu'à lui et lui seul. Sa colère serait foudroyante si elle venait à le trahir. Ils se fixèrent intensivement.
« Je dois me présenter au club de Slughorn ce soir, je ne serai donc pas avec toi. »
Il fallait avouer que Charlotte l'avait bien aidé pour cela. L'avoir toujours avec lui en potions avait été une bonne idée. Il l'utilisait oui, mais pourquoi aurait-il des remords ? Il n'en avait aucun. Et cela lui apportait l'opportunité de pouvoir en apprendre plus sur ce qu'il avait trouvé dans la réserve.
Elle ne rechigne pas. Elle aurait encore du mal à se rebeller. L'amour est un sentiment qu'on ne peut comprendre, un sentiment duquel l'on y trouve aucune logique. Elle baisse simplement les yeux, comme un animal qu'on abandonne. Et qu'il adorait sans vraiment l'être ce regard. Il était conforté dans l'idée qu'elle s'était déjà accroché à lui. Un sentiment de supériorité s'emparait de lui. Qu'il appréciait cela.
Elle était à présent à lui.
Après ce moment ensemble, ils prirent le chemin des cours, jusqu'au soir où ils purent se dire pour la première fois, bonne nuit. Elle montait se coucher, exténuée, ses poches sous les yeux pour preuve évidente tandis que lui partait en direction du bureau de Slughorn.
Il avait obtenu ce qu'il voulait savoir. Les Horcruxes avaient un pouvoir qui le fascinait à tous niveaux. Ce fut satisfait qu'il rentrait au dortoir des Serpents, en ayant en main deux choses qui l'obsédait. Il ne tardera plus pour le reste de son plan.
