Dansons autour du feu.

Le ciel est dégagé puisque j'arrive à distinguer les nombreuses étoiles qui scintillent au-dessus de ma tête. C'est l'été et j'aime me promener dans ce village qui a su me recueillir avec tellement de gentillesse que de ne pas en profiter aurait été un sacrilège. Mon filet à la main, je marche parmi les arbres qui composent le petit bois se trouvant de l'autre côté du pont que je viens tout juste de traverser et j'espère que je ne vais pas croiser un scorpion. Tendant mes oreilles au maximum, je suis content de constater que ma promenade se passe sans le moindre encombre pour le moment. Alors que mon avancée se poursuit, voilà que j'entends un bruit qui me semble préoccupant.

Aurais-je crié victoire trop tôt ? Pour le moment, je l'ignore complètement et c'est pour cette raison que je cesse de marcher afin d'écouter cette sonorité que j'ai su capter. Là, tout en étant silencieux, je me concentre sur ce que j'entends et je me rends compte que ce sont des gens qui chantent que j'arrive à percevoir. Curieux, je reprends ma marche pour savoir de quoi il retourne exactement et quelques secondes plus tard, me voilà sur les lieux qui transpirent la joie et le bonheur. Devant un feu de camp est assit Keke qui gratte volontiers de sa guitare.

Face à lui, Friga et Myrtille la souris bleue dansent et chantent tout en se faisant des sourires. Visiblement, je ne suis pas le seul à aimer profiter de la chaleur des nuits d'été et je décide de me joindre à eux, en espérant qu'ils m'acceptent.

- Bonsoir.

Le chien musicien arrête de jouer de sa guitare tandis que les deux filles arrêtent de bouger dans tous les sens. Ensuite, les trois amis me regardent et attendent de connaître la raison de ma présence.

- J'étais en train de me promener lorsque je vous ai entendu. J'espère que je ne vous dérange pas ?

- Bien sûr que non, me répond Kéké. Si tu veux te joindre à nous, sache que tu es le bienvenu.

- Merci beaucoup.

Très vite, je me place auprès de Friga et de Myrtille et là, j'attends que le musicien gratte une nouvelle fois les cordes de sa guitare. Lorsque le sol commence à se faire entendre, je décide de m'oublier totalement et me voilà en train de danser en compagnie des filles. Aussitôt, c'est à mon tour de sourire et je me fous complètement de savoir si j'ai l'air d'un idiot avec mon filet dans ma main droite. De temps en temps, nous chantons sur les refrains de Keke et ce dernier semble heureux que ses titres soient aussi populaires auprès de nous trois. De toute façon, ce chien blanc est très apprécié des habitants de notre village et je crois qu'il nous le rend bien.

Par contre, j'ai bien vu que notre campement se tenait éloigné des habitations et c'est une bonne chose car je n'aurais pas aimé qu'une autre personne vienne nous déranger, nous demandant d'arrêter le boucan que nous sommes en train de faire.