Dégage, je suis pressé !
Je sors de la mairie et là encore, je suis très content d'avoir pu aider une personne qui semblait être dans le besoin. Par contre, si le maire avait l'intention de refuser l'idée d'Opélie, je pense qu'il aurait mille raisons de m'en vouloir à cause de la discussion que j'ai pu avoir avec cette dernière. Alors que je m'éloigne du bâtiment administratif et que mes pas résonnent encore une fois sur les dalles en pierre qui recouvrent le sol, mon esprit me tient en alerte en me faisant songer à monsieur Resetti. Du coup, je m'arrête et je m'accorde quelques secondes pour réfléchir. Je me dois de trouver une solution car sinon, cette taupe réussira une nouvelle fois à me faire perdre mon temps en m'insultant et en me disant des choses dont je n'ai strictement rien à faire.
Aussitôt, je remarque un arbre à quelques mètres de moi et je m'empresse de me glisser derrière lui afin de dissimuler mon corps. Peu après, je bascule légèrement ma tête sur ma droite pour que ma vue puisse se dégager du tronc afin de jeter un coup d'œil en direction de ma demeure. La taupe est encore là et présente des signes d'impatience car je le vois lever les pattes au ciel tout en jurant des noms d'oiseau. Bon, comment vais-je faire pour rentrer chez moi sans qu'il me brise les pieds ? Tout en replaçant mon visage devant le tronc de l'arbre, j'attends que mes méninges fassent leur œuvre et lorsque ces dernières me suggèrent une solution, je dois avouer que celle-ci me séduit beaucoup.
Rapidement, je m'éloigne de l'arbre et m'immobilise afin de me concentrer. Cela fait longtemps que je ne me suis pas tapé un sprint et j'espère que mon corps va pouvoir encaisser ce que je m'apprête à lui faire subir. Dans un coin de ma tête, je fais le décompte et dès que j'arrive à zéro, me voilà en train d'entamer une course de fond dont j'ignore si elle ferait l'admiration de quelques juges. Dès que j'arrive sur les pavés de pierre qui bordent ma résidence, je vois Resetti qui me regarde, s'apprêtant à me dire quelque chose.
- Dégage, je suis pressé ! Lui dis-je.
- Si tu pensais t'en tirer comme ça espèce de cassos, c'est bien mal me connaître !
- Je m'en fous complètement et va bouffer tes racines, espèce d'animal tout cradingue.
Dès que je termine cette phrase, j'arrive devant la porte d'entrée de ma maison et je m'empare très vite de sa poignée. Ensuite, je la fait tourner sur elle-même et dès que l'issue s'ouvre, je me dépêche pour me glisser à l'intérieur. Pour être sûr que la taupe ne m'embêtera pas à l'intérieur de chez moi, je veille à bien fermer la porte à clef et je me déplace jusqu'à l'une de mes fenêtres pour savoir dans quel état est le rongeur. Celui-ci a le visage rubicond et se montre beaucoup plus bruyant que tout à l'heure puisqu'il vient d'essuyer un nouvel échec. Ben ouais ma petite, si tu pensais m'avoir à mon retour, cela prouve que tu ne sais rien de moi et je te rassure sur un point, je te réserve d'autres surprises.
