Un colis pour vous.

Une nouvelle journée vient tout juste de débuter que je suis déjà sur le seuil de ma maison. La porte d'entrée est ouverte et je suis en conversation avec Antoine qui est encore venu me livrer une nouvelle lettre de la part de ma mère. Si je compte bien, cela fait déjà la deuxième qu'elle m'envoie mais je suis sûr que ce chiffre grossira dans les jours à venir. Néanmoins, tandis que nous discutons tranquillement, une idée me traverse l'esprit et je m'empresse d'en faire part au facteur.

- Excuse-moi Antoine mais serait-il possible que tu fasses une livraison pour moi ?

- De quelle sorte ?

- Ne t'inquiète pas, ce n'est pas une requête farfelue que je te demande. D'ailleurs, je ne pensais pas que tu passerais aussi tôt car si tu m'avais laissé le temps, j'aurais déposé mon colis au service postal du village.

- C'est juste pour ça ?

- Oui.

- Dans ce cas, je me veux bien me charger de la livraison.

- Super. Je vais te chercher ça de suite et je reviens dans quelques secondes. Tu crois que tu peux m'attendre d'ici là ?

- Bien sûr.

- Dans ce cas, je me dépêche.

Et c'est ce que je fais. Très vite, je quitte l'oiseau pour disparaître dans une seconde pièce qui se trouvait sur ma droite. Cette salle me sert de salon et je retrouve mon colis sur ma petite table près de mon fauteuil rouge. Aussitôt, je le prends dans mes mains et je me dirige vers la première pièce dans laquelle se trouve Antoine. Dès que je suis de nouveau face à lui, je lui remets la boîte empaquetée.

- Voilà.

- Il n'est pas très gros, ce qui est une bonne chose.

Le facteur prend le colis dans ses ailes et le glisse dans le petit sac qu'il porte en bandoulière. Ensuite, il pèse sa besace pour savoir si celle-ci pourrait éventuellement le gêner lors de ses heures de vol mais au sourire qui s'affiche sur son bec, je pense que tout est bon.

- Je ferais la livraison dans la journée si tout se passe bien.

- Merci beaucoup Antoine et je te fais la promesse que la prochaine fois, je ferais tout en ordre.

- Je te crois mais cela ne me dérange pas d'effectuer des livraisons qui ne passent pas par le chemin habituel.

- Vraiment ?

- Oui. Cela apporte de l'imprévu et j'aime particulièrement ça. Par contre, je sais que certains de mes collègues t'auront laissé dans l'embarras car nous ne sommes pas tous courageux au service postal.

- Ha oui ?

- Oui. Certains le font par nécessité et dès qu'ils peuvent se reposer deux minutes, ils le font. Moi, je le fais par passion et j'aime voir le sourire qui s'affiche sur le visage des gens lorsqu'ils reçoivent une lettre qu'ils attendaient avec impatience.

- C'est vraiment une vocation chez toi.

- Oui et j'ai su que je voulais faire ce métier dès mes premières années d'existence.