Chapitre 7

Jane avait laissé le temps à Maura pour se reprendre avant de rentrer. Angela était déjà dans la cuisine à préparer le repas et Tommy était allongé sur le canapé afin de se reposer. Une fois que Jane était sûre que Maura allait mieux, elles rentèrent dans la maison.

Maman veux-tu que l'on mette la table ? Demanda Jane.

Oui chérie ! Cria-t-elle toujours dans la cuisine.

Jane se dirigea vers le vaisselier et Maura silencieusement la suivit et l'aida. Jane était heureuse que Maura soit si bien accueillie dans sa famille, bon elle n'avait rencontré que sa mère et Tommy. Bien sûr son petit frère bavait comme un chien devant Maura, mais sa mère lui avait offert une place à part entière dans sa famille.

Cependant Jane avait un peu peur de la réaction de son père, surtout si elle arrivait à avoir Maura pour petite amie. Il n'est pas un homme très tolèrent et il est volontairement méchant lorsqu'il avait bu ! Et il restait Frankie ! Jane savait qu'il ne rejetterait pas Maura, mais elle redoutait qu'au contraire il tente de la séduire. Frankie avait un charme fou et même s'il était maladroit avec une fille qui lui plaisait, il réussissait pourtant à la charmer.

Et pour être honnête, depuis que Maura était arrivée au lycée, Jane avait entendu beaucoup de garçon comme les filles parler d'elle comme une beauté fatale. Son côté mystérieuse et son look rebelle, sans compter sur un corps plus que parfait, elle avait déjà fait tourner beaucoup de tête et le fait qu'elle était intouchable la rendaient encore plus attrayante.

Jane avait beaucoup de concurrence mais elle avait une avance sur tous ! Elle avait découvert beaucoup de choses sur la beauté blonde, elle était la seule que celle-ci laissait l'approcher.

Angela avait commencé à apporter les plats sur la table. Les filles après avoir fini étaient allé dans le jardin cueillir quelques feuilles de menthe pour le thé après le dîner.

La porte d'entrer s'ouvrit et Frankie entra rapidement.

Maman ! Hurla-t-il en retirant sa veste et ces chaussures.

Celle-ci alla dans l'entre trouver son fils.

Maman tu as vu la superbe moto devant la maison ? Tu sais à qui . . . il s'arrêta et ouvrit de grands yeux alors que sa mâchoire inférieure chutait.

Angela se retourna et vit Jane et Maura rentrer du jardin en riant et se taquinant.

Putain de merde ! Hurla tout à coup Frankie. La bombe du lycée ! Il porta la main à l'arrière de sa tête alors que sa mère venait de le gifler à l'arrière du crâne.

Francesco Rizzoli jr ! Hurla Angela. N'utilise pas ce langage sous mon toit ! Quant à « la bombe du lycée » comme tu dis, elle s'appelle Maura et je te prierais d'être respectueux.

Que fait-elle ici ? Demanda-t-il toujours surpris.

Ta sœur l'a invité pour le dîner ! Répondit plus calmement Angela.

Dîner ! Ici ! Ce soir ! Il réalisa soudain, il se regarda et sans un mot, Frankie disparut rapidement dans les escaliers, menant à sa chambre.

Angela soupira et retourna à la cuisine rejoindre les filles. Elles rigolaient fortement. Maura lavait les feuilles de menthe et Jane l'éclaboussait.

Jane ! s'écria Maura en riant. Tu vas salir la maison et je vais être mouillé !

Maura la dure à cuir aurait peur de quelques gouttes d'eau ! S'exclama Jane en redressant la poitrine avec arrogance.

Ne fais pas ça Jane ! Prévenait doucement Maura alors que son regard était espiègle.

Ne fais pas qu . . . Avant même de pouvoir terminer ces mots, Jane était piégée contre le lavabo. Maura était derrière elle, son corps bloquait celui de Jane. Ses mains avaient agrippé les poignets de Jane dans son dos et lentement elle baisait la tête de la brune vers l'évier rempli d'eau.

Qui a peur de quelques gouttes d'eau maintenant ? Demanda-t-elle avec arrogance.

Jane tenta de se libérer, elle n'avait même pas eu le temps de réagir. Mais la sensation du corps fort de Maura presser contre elle et cette voix plus grave faisait vibrer son corps. Son cerveau n'arrivait plus à fonctionner normalement. Elle tenta de se reprendre. Tu es la plus forte ! murmura Jane.

Bien ! Répondit Maura alors qu'elle relâchait Jane. Poser contre le plan de travail, elle vit les joues de Jane légèrement rouge.

Celle-ci tenta de se reprendre. Elle racla sa gorge et éclaboussa une nouvelle fois Maura

Jane ! cria Maura en essuyant son visage avec le torchon. Tu es impossible ! Elle tenta de se montrer en colère, mais son sourire lui échappa. Jane avait ce petit quelque chose de mignon et Maura ne pouvait s'empêcher de sourire. Elle ne connaissait pas bien l'amitié, après tout elle avait gardé des amis peut-être trois jours au maximum. Mais dès le début, le comportement de Jane à son égard était différent de celui des autres.

Bien sûr elle avait été accueillante et gentille, mais il y avait certains regards venant de Jane qui l'avait troublé. Sans parler des baisers sur sa joue que Jane ne cessait de lui donner. Ce n'était pas désagréable, ça la surprenait à chaque fois. Maura était troublée, elle ne comprenait pas les choses qui se passaient entre elle et Jane et pour le moment elle ne voulait pas les étudier, elle préférait laisser les choses se faire et voir ce qui arriverait.

Angela avait vu l'échange entre les filles, elle avait vu comment un petit jeu innocent venait de passer à quelque chose de plus intime. Elle avait vu sa fille surprise par ses propres réactions et Maura confuse par ces sentiments. Elle réalisa qu'il se passait bien quelque chose entre ces deux-là, mais que le chemin serait difficile et semé d'embuche.

À table ! Annonça-t-elle.

Les filles se tournèrent immédiatement vers Angela et rougissaient toutes les deux. Sans un mot et la tête baissée, elles allèrent directement prendre place à table. Angela ne put s'empêcher de rire.

Frankie descendit rapidement et alla dans la salle à manger, nerveux. Ils étaient déjà tous installer. Angela au bout de la table, Maura à sa droite suivie de Jane. La place de son père à l'autre bout était vide, son frère Tommy était assis et la place en face de Maura était libre.

Bonjour ! Parla-t-il timidement.

Maura se leva et lui tendit une main avec un doux et beau sourire. Bonjour, je suis Maura !

Avec un sourire idiot, il prit la petite main et la secoua. Je suis Frankie !

Ravie de te rencontrer ! Elle reprit place à table. Frankie s'asseyait rapidement en face d'elle. Angela prononça les grâces et ils commencèrent à manger.

Hum ! Maura ferma les yeux alors qu'elle savourait sa première bouchée de lasagne. Madame Rizzoli c'est vraiment délicieux ! s'exclama Maura avec un grand sourire et des yeux pétillants.

Angela lui souriait brillamment. La réaction de Maura si innocente et incroyablement sincère réchauffa son cœur. Merci ! Mais je t'ai dit de m'appeler Angela chérie !

Maura rougissait un peu et baissa la tête vers son assiette dans un sourire timide. La chaleur qui émanait d'Angela l'étonnait. Près d'elle Maura se sentait en sécurité et confortable.

Ils mangeaient tranquillement pour la première fois à la grande surprise d'Angela. Mais tous ces enfants n'avaient Dieu que pour Maura. Tommy la dévorait des yeux sans honte, Frankie lui jetait ici et là quelques regards timides et Jane semblait perdue dans ces pensées. Maura semblait confortable, elle ne parlait pas, mais cela ne semblait pas la déranger.

Alors Maura ! Angela brisa le silence. Jane m'a dit que tu étais dans sa classe, comment trouves-tu l'école et les cours ?

Maura se mit à bouger inconfortable sur sa chaise, elle ne pouvait pas mentir, elle savait que son corps réagirait immédiatement, mais elle ne voulait pas décevoir la seule maman qui semblait vraiment vouloir l'accueillir.

Jane voyait la lutte interne de la blonde, elle voulut intervenir, mais Maura ne lui laissa pas l'occasion de parler.

Pour être honnête avec vous, je trouve cela ennuyeux. Elle baissa la tête en voyant la déception dans les yeux d'Angela et se mordit la lèvre inférieure dans la peur.

Jane entendit le soupire de sa mère et la peur de Maura. Je t'ai dit que Maura était très intelligente ! Elle attendit que sa mère la regarde. Lors de son premier jour, elle a résolu un problème de chimie que nous devrions pouvoir réussir seulement à la fin de l'année seulement !

En fait elle a menti ! Interrompit Maura.

Quoi ?! Demandèrent Jane et Angela en même temps, surprises.

Le problème qu'elle avait posé au tableau fait partie du programme de chimie de première année à l'université, elle nous l'a donné afin de nous montrer qu'elle était plus intelligente que nous ! Répondit simplement et calmement Maura.

Et tu l'as réussie ? Demanda Angela choquer.

Oui elle l'a fait et tu aurais dû voir la tête de madame Winnch ! Répondit fièrement Jane.

Comment connaissais-tu la réponse ? Demanda Angela curieuse.

Maura baissa la tête, elle jouait avec sa nourriture. Je l'ai étudié l'année dernière. Sa voix était faible et si tout le monde ne l'écoutaient pas attentivement, ils ne l'auraient pas entendu.

Comment as-tu pu l'étudier l'année dernière puisque tu étais en seconde ? Angela était un peu perdu.

Maura prit une profonde inspiration avant de relever la tête et regarder Angela droit dans les yeux. J'étudie seule à la maison, je vais à l'école pour les examens et passer mes classes seulement. J'ai déjà commencé mes études de médecine, de pathologie, de chimie, de biologie et juridique.

Angela avait la bouche ouverte comme tous ces enfants et n'arrivait pas à croire ce qu'elle entendait. Pourquoi es-tu au lycée si tu as déjà commencé des études universitaires ? Demanda la maman confuse et vraiment impressionné par la petite fille à côté d'elle.

J'ai déjà sauté deux classes et je me sens perdue et anormale ! Vous imaginez une enfant de 15 ans au milieu d'adulte de plus de 20 ans ? Maura soupira en baissant la tête.

Angela attrapa le menton de Maura et délicatement releva sa tête. Tu n'es pas anormal mon enfant ! Tu es juste très intelligente. Angela caressa la joue de Maura alors qu'elle pleurait. Tu es seule juge de ce qui est le mieux pour toi, ta vie ne fait que commencer, tu as le droit de profiter de ta jeunesse avant d'être jeté dans ce monde d'adultes sans pitié. Elle embrassa le front de la blonde avant de la lâcher et reprendre son repas.

Merci Angela ! Elle donna son plus beau sourire à la maman italienne.

Tu as 15 ans ? Demanda Jane stupéfaite.

Maura tourna la tête vivement et la regarda. Oui !

Je croyais que tu en avais 17 ! Et comment peux-tu conduire une moto ? Jane était abasourdie, Maura était vraiment extraordinaire et plus elle la découvrait et plus Jane tombait amoureuse d'elle.

Disons simplement que pour une fois dans sa vie ma mère s'est rendue utile. Le ton de Maura était amer et froid.

Tous frissonnaient, mais personne ne posa plus de question. Ils finirent leur dîner. Angela et Maura partagèrent un thé alors qu'ils mangeaient tous le dessert. Les heures passaient et il commençait à se faire tard. Après avoir remercié Angela pour son hospitalité, et dit au revoir à Tommy et Frankie, Maura quitta la maison accompagnée de Jane.

Assise sur sa moto, elle regarda Jane. Merci pour cette journée, merci pour m'avoir accueilli dans ta famille ! Elle souriait tendrement.

Avec plaisir Maura, ma mère t'aime déjà et mes frères sont tombés amoureux de toi. Jane fit un pas en avant.

Tu sais Jane, je suis heureuse que tu m'as convaincu de te faire confiance, tu me fais découvrir des choses que je n'aurais jamais pu penser m'être accessible, ce soir pour la première fois de ma vie je me suis senti bien et accepté. Maura se leva et doucement embrassa la joue de Jane. Elle enfila rapidement son casque et démarra sa moto.

Jane recula et malgré le bruit elle entendit les derniers mots de Maura alors qu'elle partait. Ne me brise pas le cœur Jane Rizzoli ! Seule sur le trottoir elle regardait Maura disparaitre au coin de la rue. Jane soupira. Je préfère mourir que de te faire souffrir ! Jane rentra tranquillement chez elle.

Elle c'était doucher et mise en pyjama, installer sur son lit, elle repensait à toute cette journée. Son portable sonna, Jane l'attrapa sur l'oreiller et regarda. Elle souriait alors que le prénom de Maura s'affichait.

« Merci pour cette belle journée, je te souhaite de doux rêve Jane. »

Jane s'allongea sur le ventre et tapa rapidement sa réponse.

« Merci à toi Maura et passe une très bonne nuit ! Il me tarde de te voir demain ! »

Jane regardait son téléphone se demandant si elle n'avait pas trop dit. Elle sursauta lorsque sa mère entra dans sa chambre. Angela attendit l'accord de sa fille pour entrer complètement. Jane se redressa et tapa sur le lit à côté d'elle et immédiatement Angela prit place.

J'aimerais te parler sérieusement. Le ton d'Angela était calme et doux, pourtant il sonnait incroyablement sérieux. Jane hocha la tête et écouta attentivement sa mère. Je t'aime, tu es ma fille et je te soutiendrais toujours !

Mais ?! Demanda Jane, incertaine de ce que sa mère voulait dire.

Mais sois prudente avec Maura ! Jane fronça les sourcils, confuse et peut-être déçue que sa mère juge mal sa nouvelle amie. Angela remarqua la réaction de sa fille et s'empressa de clarifier. Ne fait rien qui pourrait la blesser. J'ai vu tout ce que tu disais à propos d'elle. Angela se racla la gorge et tenta de retenir ces larmes qui menaçaient de la submerger lorsqu'elle pensait a cette petite fille. J'ai vu sa solitude, j'ai vu sa peine et sa souffrance. Tu avais raison, passer son armure de dur, c'est une petite fille sans défense, en morceaux et terriblement fragile. Angela soupira. Je sais que tu ne feras rien pour la blesser intentionnellement, mais parfois on agit sans réfléchir et cela peut être dévastateur. Angela regarda droit dans les yeux de sa fille, elle caressa délicatement la joue de Jane. S'il te plaît Jane, ne lui brise pas le cœur, je ne pense pas qu'elle y survivra !

Jane baissa la tête, elle aussi était consciente de la grande fragilité du cœur de Maura et elle avait peur de lui faire du mal parfois sans le vouloir. J'ai peur aussi de lui faire du mal, tu sais ! Elle soupira. J'ignore ce qu'elle a vécu et parfois j'ai peur de le découvrir, mais elle tellement incroyable ! Les yeux de Jane brillaient alors qu'elle regardait sa mère. Plus je la découvre et plus je l'aime ! Je n'aurais jamais imaginé rencontrer quelqu'un comme elle, parfois je me demande si elle vraiment réelle.

Moi aussi ! Angela souriait. Qui pourrait dire qu'un si petit corps recelait autant de force ? Qui aurait pu dire qu'une enfant si jeune avait un si grand esprit et une telle intelligence ? Qui aurait pu dire qu'un cœur si briser contenait autant de bonté et d'amour ? Angela était pensive et lointaine. Elle est une magnifique personne et je suis tombée sous son charme ! Soupira Angela en baissant la tête.

Elle fut surprise d'entendre sa fille rire à côté d'elle. Angela la regarda. Aucun Rizzoli ne semble pouvoir résister à la belle Maura Isles ! Elles se mirent à rire en cœur.

Non ! En effet ! Répondit Angela avant d'embrasser sa fille. Bonne nuit ma chérie !

Avant que sa mère ne passe le seuil de sa porte, Jane l'interpella. Merci ! Angela tourna la tête et regarda sa fille. Merci de l'avoir accepté et de prendre soin d'elle, de nous !

Toujours ma chérie ! Sur ces mots Angela quitta la chambre et ferma la porte derrière elle.

Jane s'allongea sur le dos et regardait le plafond de sa chambre. Sa mère était incroyable et Jane était heureuse d'avoir cette complicité avec elle. Elle sombrait lentement dans le sommeil la tête pleine de beaux souvenirs.

Jane se réveilla le lendemain matin. C'était lundi et une belle semaine s'annonçait. Elle sauta hors du lit et s'étira dans un bâillement. Elle avait hâte d'aller à l'école aujourd'hui. Avec le sourire, Jane ouvrit les rideaux. Le ciel était gris, il avait beaucoup plu cette nuit. Les caniveaux débordaient, certains trottoirs étaient recouverts d'eau, pourtant le soleil brillait dans le cœur de la belle italienne.

Elle courut se préparer pour retrouver son soleil ! Habiller, presque coiffer, Jane descendit prendre son petit déjeuner. Elle embrassa sa mère et salua ces frères. Son père était déjà parti au travail. L'heure du départ approcha et Jane, accompagné de ces frères, quitta la maison.

Elle déposa Tommy et alla au lycée. Jane retrouva ces copains, elle chercha Maura, mais ne la vit pas. Frost ne cessait de se vanter de son rencart avec Maura. La première heure de cour commença, Jane alla en classe et fut déçu de ne pas trouver Maura. Elle lui envoya un texto.

« Coucou miss ! Le cours de math vient de commencer et tu n'es pas là ! Est-ce que j'ai une chance de te voir ce matin ? »

Elle regardait son portable toute les cinq minutes. Sa frustration augmentait à chaque seconde. « Où était Maura ? pourquoi ne répondait-elle pas ? C'était-il passé quelque chose ? Où avait-elle fui ? »

Plus les heures passaient et plus la frustration de Jane grandissait. Le silence de Maura la terrifiait, et son absence la blessait. Elle ne voulait pas se sentir ainsi, mais malgré toute sa bonne volonté, Jane commençait à en vouloir à la blonde.

Le déjeuner fut un véritable enfer, Jane avait les yeux constamment rivés sur l'écran de son téléphone. Malgré sa colère, elle ne pouvait s'empêcher d'espérer. Pour en rajouter une couche, Frost n'avait cessé de la harceler de questions à propos de l'absence de Maura. Maintenant le cœur de Jane était semblable à celui du ciel. Il était gris presque noir à certains endroits, la pluie n'avait cessé de toute la journée. Jane était soulagée lorsque sa dernière heure arriva à sa fin. Elle ne souhaitait qu'une chose, rentrer et se cacher sous ces couettes. Jane avait ramassé ces frères sur le chemin de retour à la maison.

Angela remarqua qu'une Jane excitée et rayonnante l'avait quitté ce matin et ce soir c'était une Jane abattu et triste qui rentrait. Elle servit le goûter à ces enfants. Lorsque ces fils avaient quitté la table afin de vaquer à leurs occupations, elle s'approcha de sa fille qui n'avait même pas touché à son gâteau.

Jane, dis-moi ce qui ne va pas ? Demanda doucement Angela.

Elle n'est pas venue ! Jane laissa tomber sa tête dans ses mains. Elle n'a pas répondu à mes messages non plus.

Peut-être qu'elle a e. . . Angela ne put terminer sa phrase car un coup à la porte venait de retentir. Alors qu'elle s'apprêtait à aller ouvrir, Tommy l'appela à l'étage. Tu peux répondre ? Je vais voir ton frère. Angela disparut rapidement dans l'escalier.

Et dans un grand soupire, Jane se leva de table et alla ouvrir. Sa bouche tomba lorsqu'elle trouva une Maura tremper jusqu'aux os devant elle. Avant qu'elle puisse parler, Maura fit un pas en avant, mais ces jambes cédèrent sous elle et elle commença à tomber vers le sol.

Jane ! Sa voix était tremblante et pratiquement inexistante.

Jane la rattrapa au dernier moment, une main sous sa tête et l'autre dans son dos, elle était assise au sol, le corps de Maura posé sur ces genoux. Elle était pale et tremblait violemment. Sa peau était brûlante et sa respiration difficile.

MAMAN ! Hurla Jane terrifié. MAMAN ! Elle berçait Maura inconsciente dans ces bras.

Angela descendit comme une furie les escaliers. Oh mon Dieu ! S'écria-t-elle à la vue de sa fille et Maura. Elle se jeta immédiatement au sol et examina la blonde.

Elle s'est évanouie ! Elle est brûlante de fièvre ! Pleurait Jane.

Angela prit Maura dans ces bras et le souleva du sol. Frankie ! Hurla-t-elle. Celui-ci descendit rapidement suivi de son frère. Angela restait calme alors qu'elle était terrifiée. Tu restes avec ton frère et tu t'occupes de lui ! Il voulait les accompagner, mais l'expression de sa mère l'empêcha d'ouvrir la bouche.

Oui maman ! Il prit le manteau de sa mère, son sac et ces clefs. Avant qu'il ne sorte, il attrapa la couverture posée sur le canapé et couvrit le corps de Maura tremblant dans les bras de sa mère. Il tombait des cordes alors il partit devant ouvrir la voiture pour qu'elles n'attendent pas sous la pluie.

Angela installa Maura sur le siège arrière, la tête poser sur les genoux de Jane. Elle embrassa son fils. Je t'appelle rapidement, rentre maintenant. Elle prit place dans le siège conducteur et démarra la voiture. Elle roulait plus vite que l'a normal, mais l'état de Maura semblait grave. Sa fille pleurait alors qu'elle caressait les cheveux de Maura.

Arriver devant les urgences, Angela se gara et attrapa le petit corps fébrile à l'arrière. Sa fille sur ces talons, elle entra en criant dans les urgences. Aidez-moi ! Cria-t-elle. S'il vous plaît ! Elle suppliait en pleur. Elle tenait Maura à bout de bras.

Plusieurs personnes approchèrent rapidement, un brancard fut amener et avec de l'aide, Angela déposa Maura.

Que s'est-il passé ? demanda un médecin alors qu'il examinait Maura.

Elle est arrivée chez nous dans cet état ! Elle a perdu conscience immédiatement. Pleurait Angela.

Le médecin posa le stéthoscope sur la poitrine de Maura. Elle est trempée ! Il écoutait attentivement son cœur et ces poumons. Vite ! Il faut la conduire en salle de déchoquage ! Cria-t-il. Maura fut emmenée rapidement.

Une femme s'approcha d'elles. Je vais vous tenir informé ! En attendant vous devez aller faire son entrer ! Elle indiqua le bureau d'accueil.

Angela acquiesça. Jane était accrochée à la veste en cuir de Maura comme si sa vie en dépendait. Elle l'avait retiré de Maura dans la voiture alors qu'elle tremblait de plus en plus. Menant sa fille vers les sièges de la salle d'attente, Angela fouilla les poches à la recherche du téléphone de Maura.

La maman Rizzoli rechercha dans son répertoire le numéro de sa mère, ou de quelqu'un de sa famille. Il n'y avait pratiquement aucun numéro à part celui de sa fille, une certaine Susan et d'autres qui semblaient plus formelles.

Angela appela immédiatement. Au bout de deux sonneries une femme décrocha.

Maura ?! Pourquoi m'appelles-tu ? Demanda une voix confuse, mais douce.

Angela se racla la gorge. Bonjour, pardonnez-moi de vous déranger mais je ne savais pas qui appeler ! La voix d'Angela était rauque due aux larmes.

Excusez-moi, mais qui êtes-vous ? Et où est Maura ? Le ton de la femme était méfiant.

Je m'appelle Angela Rizzoli, ma fille est amie avec Maura. Angela inspira profondément. Maura est arrivée à la maison gravement malade, nous sommes à l'hôpital.

Quoi ?! Hurla la femme au bout du fil. Qu'est-ce qui s'est passé ? Et où est sa mère ? Demanda rapidement la femme, de plus en plus inquiète.

Je l'ignore, ma fille ne connaît Maura que depuis quelques jours et elle a perdu conscience avant de pouvoir nous dire ce qui s'était passé, mais son état est vraiment inquiétant ! La voix d'Angela se brisa.

J'arrive ! Ou êtes-vous ? Demanda la femme à bout de souffle.

Hôpital général de Boston !

Je serais là très vite ! Merci d'avoir appelé. Elle raccrocha immédiatement.

Angela regarda le téléphone un moment avant de retourner auprès de sa fille. Jane avait replié ces jambes contre elle. Elle pleurait toujours. Angela posa une main dans son dos et la caressa doucement.

Voilà deux heures qu'elles étaient arrivées et elles n'avaient encore eu aucune nouvelle de Maura. L'attente était une torture et l'inquiétude un poignard. Jane était silencieuse et repliée sur elle-même, la veste en cuir de Maura toujours serrer contre elle. Angela arpentait la salle d'attente avant de revenir s'asseoir, pour ensuite se relever.

Une femme approcha, c'était la même infirmière qui leur avait parlé plus tôt. Son expression était forcée, ainsi que son sourire, les nouvelles n'étaient pas bonnes.

Angela se racla la gorge. Comment va-t-elle ? demanda la maman impatiente.

L'infirmière soupira. Malheureusement les nouvelles ne sont pas bonnes, elle souffre d'une pneumonie. Ces deux poumons sont atteints. Sa fièvre ne tombe pas. Dans un soupire d'effroi, Angela porta une main à sa bouche afin de contenir son cri. Les médecins ont également trouvé un épanchement pleural, ils vont tenter de réduire la pression sur ces poumons, mais une opération peut-être à envisager. Elle est actuellement sous respirateur artificiel.

Angela pleurait, tandis que Jane s'accrochait de toutes ses forces au corps de sa mère.

Avez-vous appelé sa famille ? Demanda l'infirmière.

Oui, elle sera bientôt là ! Angela reniflait.

Très bien, je reviendrais vous voir pour vous donner plus de nouvelle. Alors qu'elle se préparait à repartir, l'infirmière sentit sa blouse tirer en arrière. Elle se retourna et tomba dans le regard le plus beau et le plus douloureux qu'elle avait vu. Les yeux sombres de la jeune fille qui la tenait étaient intenses et déchirants.

Je veux la voir ! La voix de Jane était grave et rauque.

L'infirmière allait refuser, mais le regard de Jane était tellement suppliant qu'elle acquiesça. Jane regarda sa mère. Va ma fille, je t'attends là ! Elle embrassa le dessus de la tête de Jane et celle-ci suivit l'infirmière.

Plus elle avançait et plus le cœur de Jane battait vite. Elle entra dans une petite pièce et son corps se figea. Maura était allongée dans un lit, elle avait un énorme tuyau qui sortait de sa bouche, il y avait plusieurs câbles qui sortaient un peu partout de sa robe d'hôpital. Elle avait une perfusion dans sa main gauche et un tuyau avec une poche au bout, qui sortait de sous ces draps. Sa peau était blanche, ces cheveux étaient étalés autour de sa tête.

Jane s'approcha d'elle fébrilement, des larmes silencieuses coulaient sur ces joues. Elle se pencha et le plus délicatement possible et elle embrassa son front. Près de son oreille, elle parla d'une voix tremblante et brisée.

Je te demande pardon, j'aurais dû te chercher lorsque je ne t'ai pas vu ce matin. Jane l'embrassa de nouveau mais cette fois sur sa joue. Tu es forte Maura, tu vas passer à travers cela, pour moi ! Maintenant que je t'ai trouvé, tu ne vas pas m'abandonner si facilement.

L'infirmière regardait Jane silencieusement, elle était touchée par la douceur et les sentiments forts de Jane.

Dans la salle d'attente, Angela arpentait la pièce de long en large. Une femme aux cheveux roux entra en courant dans les urgences et alla directement vers les infirmières.

Je cherche Maura Isles ! Demanda la femme à bout de souffle.

Angela s'approcha d'elle. C'était une jeune femme d'environ trente ans, elle avait les cheveux mi- longs roux. Ces yeux étaient bleus, elle était élancée. Vous êtes Susan ? Demanda-t-elle maintenant plus proche.

Susan se retourna vivement et regarda la belle femme brune qui venait de lui parler. Elle avait les traits italiens, sa voix et sa posture laissaient apparaître une femme forte et féroce, pourtant une douceur émanait de la maman italienne, une chaleur réconfortante. Vous êtes Madame Rizzoli ?

Angela acquiesça.

Comment va Maura ? Demanda rapidement Susan.

Angela soupira. Pas bien, les médecins parlent d'une pneumonie, avec un épanchement pleural et une terrible fièvre.

Susan soupira, elle passa une main dans ces cheveux.

Je peux vous demander qui vous êtes ? Demanda Angela.

Susan fut surprise d'entendre le ton protecteur de la femme, elle la regarda un moment avant de répondre. Je suis la gouvernante de Maura. J'étais parti chez ma sœur quatre jours. Susan se laissa tomber dans l'un des fauteuils. C'est ma faute ! Souffla-t-elle.

Pourquoi ? demanda Angela, confuse. Vous n'étiez même pas là !

Susan regarda un moment Angela, elle avait été surprise d'entendre que Maura c'était faite une amie et qu'elle avait été chez elle lorsqu'elle avait besoin d'aide. Que savez-vous sur Maura ? demanda-t-elle.

Les deux femmes n'avaient pas remarqué le retour de Jane, qui les écoutaient attentivement. Elle porta la veste a son nez et respirait l'odeur particulière de Maura, encore présente sur le vêtement.

Pas grand-chose pour être honnête. Je sais que c'est une jeune femme incroyablement intelligente, je sais que c'est une protectrice acharnée. Angela passa une main dans ces cheveux. Elle a sauvé la vie de ma fille deux fois et protéger mon fils de blessures graves.

Oh ! Fut tout ce que Susan pouvait dire, elle était surprise d'entendre cela de Maura.

Je sais que c'est une enfant terriblement malheureuse, et qu'elle a vécu de terrible chose. Angela soupira au bord des larmes.

Plus que vous ne l'imaginer ! Souffla Susan. Elle avait rencontré Maura alors qu'elle avait 5 ans. Elle était encore à l'hôpital à cette époque. Elle c'était immédiatement attacher à cette petite fille blessée pourtant si courageuse. Mais avec les années, elle avait vu l'enfant se replier sur elle-même, se fabriquer la plus grande carapace possible pour se protéger. Elle avait vu Maura s'éteindre lentement malgré tous ces soins.

Laissez-moi vous raconter une terrible histoire.Susan inspira profondément.

« Mr et Mme Isles étaient de riches personnes, ils avaient tout l'argent qu'ils pouvaient rêver, la vie qu'ils avaient imaginée. Mais avec les années, un manque apparut dans le couple, Richards Isles voulait des enfants. Il voulait entendre des rires, voire l'émerveillement dans les yeux d'un enfant.

Seulement la vie ne leur fit pas ce cadeau. Constance, n'avait jamais vraiment voulu devenir mère, mais pour l'amour de son mari, elle accepta l'adoption. Il fut le plus heureux des hommes le jour où il rencontra pour la première fois sa fille, Maura !

Elle avait à peine quelques heures de vie lorsqu'elle fut posée dans ces bras. Il l'aima immédiatement et elle l'aimait aussi. Ils pouvaient passer des heures à se regarder l'un l'autre. Alors que Richard était un homme très occupé, qui voyageait beaucoup, le jour où il ramena sa fille à la maison, il ne repartit plus jamais.

Il voulait profiter d'elle, la voir grandir, tout partager. C'était une relation fusionnelle entre eux. Constance se sentait un peu rejetée et jalouse de l'enfant. Mais elle l'aimait aussi, elle profitait à chacun de ces retours à Boston pour passer du temps tous les trois.

Maura était la fierté de Richard, alors vous imaginez lorsqu'elle a montré une grande intelligence à un très jeune âge. Il l'emmenait partout, lui faisait tout découvrir. Elle parlait 3 langues à l'âge de 4 ans, elle savait lire et écrire. Elle avait un esprit vif et sans cesse en recherche de nouvelle chose. Tout ce qu'elle découvrait l'émerveillait, elle s'intéressait à tout et surtout au travail d'anthropologie de son père.

Seulement un soir alors qu'ils rentraient tous les trois d'un dîner mondain, ils eurent un terrible accident de voiture. Maura venait d'avoir 4 ans à l'époque. Un chauffard ivre les avait percuté de plein fouet. La voiture avait fait de nombreux tonneaux avant de s'écraser contre un mur.

Constance fut blessée à l'épaule, à la tête et aux côtes, sans parler des contusions, des bleus et des coupures. Les blessures de Richard étaient plus graves, un morceau de métal était fiché dans sa cuisse et il avait des blessures internes.

Les cris et les pleurs de sa fille l'avaient réveillé, il ne pouvait pas bouger, mais sa fille était plus importante. Il s'est retourné comme il le pouvait. Il a trouvé Maura, la tête coincée au milieu de morceaux de métal. Elle s'est dégagé avec force, mais à trancher la peau au niveau de ces oreilles et de ces cheveux. Il a pris sa fille dans ces bras et avec ses mains il a appuyé sur les plaies pour contenir le sang.

Il a sauvé la vie de Maura, mais dans ces mouvements, il a bougé le métal qui a sectionné son artère fémorale. Il est mort avant que les pompiers n'arrivent. Maura et sa mère furent conduites à l'hôpital et mises hors de danger, seulement Constance à reprocher à Maura d'avoir tué son père.

Elle a rejeté et maltraiter sa fille depuis ce jour-là ! L'accusant d'être la cause de son malheur. »

Angela avait pleuré pendant toute l'histoire, parfois un cri d'horreur lui échappait, où elle cessait de respirer. Elle ne pouvait pas croire qu'une femme face du mal à son enfant.

J'ai appelé la maison sur le chemin, Anna, la cuisinière m'a appris que Constance était repartis à Paris se matin. Les larmes de Susan commençaient à tomber. Elle m'a raconté que lorsque Maura était rentré hier soir, Constance lui est tombé dessus et l'aurait jeté hors de la maison, lui interdisant de revenir jusqu'à ce qu'elle soit partie.

Susan pleurait fortement, c'était la première fois qu'elle racontait cette histoire qui était devenu un fardeau au fil des années. Et qu'elle osait parler des mauvais traitements qu'infligeait Constance à sa fille.

Des pleurs attirèrent leur attention. Angela remarqua sa fille pour la première fois, elle était blottie dans les bras de l'infirmière qui l'avait conduite à Maura.

Jane ! Angela se jeta sur elle. Sa fille se cramponna à elle comme si sa vie en dépendait. Pourquoi a-t-elle fait sa maman ? Pourquoi a-t-elle fait du mal à Maura ? Demanda Jane furieuse et triste.

Angela embrassa le dessus de la tête de Jane. Je ne sais pas bébé, je ne sais pas. Jane s'écarta de sa mère et regarda Susan. Elle est presque sourde depuis l'accident n'est-ce pas ? Demanda Jane toujours en larmes.

Oui ! Répondit Susan surprise, personne ne savait pour la surdité de Maura, avec les années, elle avait appris à lire sur les lèvres et avec ces appareille, elle arrivait à parfaitement cacher son handicap. Comment le sais-tu ? Demanda Susan intriguée.

J'ai vu son oreille et l'appareil. Jane respirait plus calmement.

Vraiment ?! Demanda Susan. Jane hocha la tête. Parle-moi de toi et de votre rencontre ? Demanda-t-elle.

Jane prit place sur les genoux et dans les bras de sa mère qui c'était assise à côté de la femme rousse.

Elle est arrivée dans ma classe. Jane se rappelait de chaque détail. La directrice l'a présentée à la classe. Je l'ai trouvée si belle ! Jane rougissait à l'admission. Au début je ne savais pas comment l'aborder et pour être honnête j'avais un peu peur qu'elle me repousse. Jane se mit à rire doucement à la grande surprise des deux femmes. Ce qu'elle a finalement fait. Elle est venue à mon secours lorsque Casey et ces copains m'ont coincé dans le parking du lycée. Susan écoutait attentivement chaque mot de Jane. Avant qu'ils ne puissent me toucher, Maura est arrivé. Jane souriait. J'ai pensé qu'elle était folle, elle les a défié, elle se tenait droite, forte et sans peur !

Sans difficulté elle les a tous maîtrisé. Susan retrouvait la petite fille qu'elle avait connue, mais elle ne s'attendait pas à la suite. Elle m'a emmené dans un petit café près de l'école pour me donner le temps de me remettre de ce qui s'était passé. Susan la regardait avec de grands yeux. Nous sommes retournées en classe et elle a disparu. Après mon entrainement de foot, Casey s'en est de nouveau pris à moi et je ne sais pas comment, mais elle était là de nouveau. Elle s'est battue, mais cette fois elle a pris des coups. Jane baissa la tête, elle se sentait un peu coupable. Je l'ai convaincu de me laisser la soigner.

Cette fois Susan ne pouvait contenir sa surprise. Oh ! Jane releva la tête et la regarda. Elle t'a laissé la toucher ?

Oui ! Répondit Jane.

Je n'ai pas pu la toucher, la prendre dans mes bras depuis qu'elle avait 8 ans. Soupira Susan.

Avant que Jane ne puisse continuer, l'infirmière réapparut soudain. Jane se jeta sur ces pieds et le rejoignit rapidement.

Comment va-t-elle ? Demanda Jane.

L'infirmière lui donna un tendre sourire. Susan et Angela se rapprochèrent d'elles. Son état est inchangé pour le moment, sa fièvre refuse de tomber malgré les médicaments et son épanchement continu. Nous allons l'installer dans une chambre pour le moment et attendre.

Elle va s'en sortir ? Demanda Susan d'une voix tremblante.

Je suis désoler, il est trop tôt pour le dire encore. Jane pleurait de nouveau. L'infirmière se baissa et attrapa les joues de Jane dans ses mains. C'était une jeune femme aux cheveux noir tirés dans un chignon. Ces yeux étaient bruns, les traits de son visage étaient doux et fins. Elle était de la même taille qu'Angela, mais elle était plus voluptueuse. Ton amie est forte ! D'un mouvement du pouce elle essuya une larme. Elle se bat très fort, avec ton aide elle peut surmonter tout cela !

Jane retrouva un petit sourire. Merci madame !

Appelle-moi Sarah ! Avec cela elle attrapa la main de Jane. Allons la retrouver !

Jane la suivi avec un hochement de tête. Sarah le mena à travers les couloirs, elle ouvrit la porte d'une chambre et Jane s'y engouffra immédiatement. Angela et Susan derrière elle.

Jane contourna le lit et attrapa la main libre de Maura. Elle se pencha et embrassa sa joue. Angela était attendrie par la douceur de sa fille. Susan était pétrifiée par la vue.

Je suis là Maura, je suis près de toi, tu n'es plus toute seule. Jane chuchotait à son oreille. Elle se redressa rapidement en sentant les doigts de Maura bouger dans sa main. Maura luttait pour ouvrir les yeux et pour respirer. Les appareils sonnaient. Angela sortit de la chambre et appela de l'aide.

Jane attrapa doucement le visage de Maura dans ses mains. Chute ! Chute ! Maura calme-toi. Malgré la panique dans son cœur, sa voix restait douce et rassurante. Elle vit de petits yeux noisette la regarder. La fièvre rendait Maura confuse. Tu dois te calmer Maura, tu risques de t'étouffer. Laisse l'air entrer dans tes poumons, doucement, détends-toi.

Susan regardait la scène devant elle. Maura se calmait lentement avec chaque mot de Jane, chaque touche. Elle faisait confiance à cette fille. Les larmes coulaient sur les joues blanches de Maura. Jane se pencha et embrassa délicatement sa joue.

Je suis là ! Tout va bien ! Elle ne cessait de répéter ces mots encore et encore jusqu'à ce que la fatigue ne l'emporte à nouveau et Maura ferma les yeux. Pourtant elle tenait toujours fermement la main de Jane.

Le médecin entra, il examina rapidement Maura, ainsi que les machines. Avec un petit sourire, il parla à Jane. Bravo jeune fille ! Tu as fait ce qu'il fallait. Jane le remercia d'un signe de tête. Le médecin se tourna vers les femmes derrière lui. Je vais devoir la mettre sous sédatif.

Susan approcha et Angela alla immédiatement près de sa fille. Pourquoi ? Demanda la rousse.

Son état est bien trop instable, une autre crise comme celle-ci peut lui être fatal ! Susan porta la main à sa bouche dans l'horreur. Nous allons également l'opérer demain matin si tout se passe bien.

Comment ça si tout se passe bien ? Demanda Susan.

Pour le moment la pression sur ces poumons dus à l'épanchement n'est pas assez importante pour l'étouffer.

Susan leva la main afin de le faire taire. C'est quoi un épanchement ? Demanda-t-elle.

Un épanchement est une accumulation de liquide d'inflammation entre les deux feuillets de la plèvre. La plèvre, c'est une membrane entre les poumons et le reste de la cage thoracique. Le gonflement dû à la présence de liquide, écrase lentement les poumons et empêche les mouvements respiration. Le médecin tentait d'expliquer facilement la situation. Ajouter à cela l'infection dans ces deux poumons et elle s'étouffe lentement.

Je vois ! Soupira Susan qui venait de comprendre la gravité de la situation.

Pour le moment, sa saturation est convenable, mais si elle descend trop, nous l'emmenons au bloc immédiatement. Le médecin sortait une seringue et injecta un produit dans la perfusion du bras de Maura. Il regarda les trois femmes. Elle va dormir jusqu'à demain, vous devriez rentrer vous reposer et s'il y a le moindre changement nous vous contacterons immédiatement.

Hors de question ! Gronda Jane à la surprise de tous. Jane tenait toujours la main de Maura, et même si après le sédatif, la main de la blonde c'était quelque peu desserrer, elle tenait toujours Jane. Je ne la laisse pas seule, elle ne mérite plus d'être abandonnée !

Le médecin quitta la pièce et les laissa discutés. Angela posa une main sur l'épaule de sa fille, elle voulait lui parler, mais celle-ci ne lui en laissa pas l'occasion.

Non maman ! Je sais que tu t'inquiètes pour moi, mais je ne la laisse pas. Avec son autre main, Jane caressa délicatement la tête de Maura. Si c'était moi sur ce lit, tu ne me laisserais pas une seconde. Moi je sais que je suis aimé et voulu dans ce monde. Jane soupira. Maura ne le sait pas, la seule personne qui avait voulu d'elle a disparu. Je veux qu'elle sente qu'elle est aimée et que quelqu'un l'attend. Jane embrassa la joue de Maura. S'il te plaît maman dis-moi que tu comprends, dis-moi que tu es d'accord ?! Jane suppliait sa mère.

Angela enlaça sa fille au niveau des épaules et embrassa le dessus de sa tête. Je le suis ma chérie, je comprends. La maman soupira. Je dois rentrer à la maison, tes frères m'attendent. Si je te laisse ici, promets-moi que tu m'appelleras immédiatement si quelque chose se passe ou que tu veux juste parler, peu importe l'heure ?

Je le promets maman ! Jane avait les yeux rivés sur Maura tout le temps.

Susan s'approcha pour la première fois du lit. Je reste avec elle madame Rizzoli.

Angela acquiesça. Merci ! Appelez-moi Angela !

Susan lui souriait en reconnaissance. Si vous m'appelez Susan.

Angela embrassa sa fille de nouveau avant de partir. Jane prit le fauteuil et s'installa aussi près possible du lit afin de toujours pouvoir tenir la main de Maura. Il était déjà 23 heures, mais elle n'avait pas envie de dormir, alors elle profita de ce moment pour admirer toute la beauté de Maura.

Susan était assise dans un fauteuil de l'autre côté du lit de Maura. Elle regardait attentivement Jane. Elle était fascinée par son dévouement et son amour pour Maura.