Fait chaud d'un coup.
Souhaitant que cette affaire de vol soit réglé au plus vite, j'ai demandé à Myrtille de m'accompagner jusqu'à la mairie. Bien sûr, cette dernière n'a pas cessé de ronchonner tout le long du trajet mais j'estime que son acte doit être puni et non encouragé. Pour l'heure, le village vit des heures paisibles et je tiens par-dessus tout à ce que sa tranquillité d'existence demeure. Une fois que nous sommes à l'intérieur de la mairie, nous nous approchons du comptoir et aussitôt, Opélie se place face à nous.
- Bonjour Jaysher et Myrtille, que puis-je faire pour nous ?
- Nous voulons avoir une discussion avec le maire si c'est possible ? C'est au sujet du vol dont a été victime Kéké.
- Très bien. Je vais me rendre auprès du maire pour connaître sa disponibilité et pendant ce temps, je vous recommande de patienter.
- Aucun souci.
Le magnifique oiseau blanc s'éloigne du comptoir et s'approche du bureau se situant au fond de la mairie. Derrière ce meuble se tient la célèbre tortue qui écoute avec beaucoup d'amusement la requête que je viens de soumettre à son employée. Comprenant que la tortue est très intéressée par ce que j'ai à lui dire, la voilà qui se lève de sa chaise et se dirige vers nous. Dès qu'elle nous fait face, la conversation peut débuter.
- Bonjour Jaysher et Myrtille, vous voulez me voir au sujet de ce vol ?
- Tout à fait. Je suis triste de vous apprendre que c'est cette jeune fille qui se tient à mes côtés qui est l'auteur de ce méfait.
- Quoi ?
La tortue est choquée par ce que je viens de lui apprendre et elle n'est pas la seule puisque Opélie, qui se tient dans son dos, est dans le même état. De son côté, Myrtille n'en mène pas large et voilà qu'elle commence à transpirer à grosses gouttes.
- Fais chaud ici d'un coup, vous ne trouvez pas ? Dit-elle.
- Myrtille ? Comment as-tu pu oser faire un coup pareil à Keke ?
- Je sais que j'ai agis avec stupidité mais si je me suis comportée de cette façon, c'était pour l'aider à connaître davantage de succès.
- Comment ça ? Lui demande le maire.
- Oui. Je suis triste de voir Keke se rendre de village en village pour faire connaître son talent et j'estime qu'il mérite un peu plus de reconnaissance de la part de ses pairs. Si je lui ai emprunté autant de disques, c'était pour les soumettre à une maison de production.
- Donc, tu prenais le risque de te faire coincer simplement parce que tu voulais l'aider à se faire connaître, c'est bien ça ? L'interroge la tortue.
- Oui. Je ne voulais faire du tort à personne même si je savais que mes actes étaient odieux. Je vous prie d'accepter mes excuses qui sont vraiment sincères.
Myrtille ferme ses paupières et baisse sa tête en signe de honte.
- Tu sais, poursuit le maire. Ce n'est pas à moi dont tu dois présenter des excuses mais à ce bon vieux Kéké. Je compte sur toi pour aller le trouver samedi et lui expliquer ton comportement si tu veux que je me montre clément.
- Entendu monsieur le maire.
