Une blague de mauvais goût.
Une nouvelle journée commence pour le village dans lequel je réside depuis plusieurs jours. Ce matin, me voilà déjà devant la porte de la maison appartenant à cette chère Myrtille et je suis vêtu d'une façon un peu spéciale. En effet, je suis habillé comme un policier et j'ai même une fausse moustache collée sous le nez. Si j'ai pu acquérir un tel accoutrement, c'est grâce aux sœurs doigts de fée qui, je dois le reconnaître, on fait des merveilles et on su coudre cette merveille avec une telle rapidité. D'ailleurs, elles ne se sont pas gênées pour me dire qu'elles ont veillé une partie de la nuit pour être sûr que cette commande de dernière minute soit prête à temps.
Tout en tenant ma matraque dans ma main droite, je frappe contre la porte avec l'autre monde et quelques secondes plus tard, Myrtille ouvre l'issue.
- Bonjour, suis-je bien chez une dénommée Myrtille ? Commençais-je en essayant de ne pas rire.
- Oui, c'est bien moi. Je peux faire quelque chose pour vous monsieur l'agent ?
- Je l'espère. Monsieur le maire m'a contacté en me racontant que vous étiez la responsable d'un vol qui a eu lieu il y a de cela quelques jours.
- C'est vrai mais monsieur le maire m'a dit que je n'aurais aucun problème.
- Dans ce village peut-être mais dans la région dont cette bourgade fait partie, c'est une toute autre histoire.
Comme pour appuyer la véracité de ma mauvaise blague, je glisse mes mains sur le côté droit de ma ceinture pour détacher la paire de menottes qui s'y trouvait.
- Vos poignets s'il vous plait.
- Monsieur l'agent… Je sais que j'ai fait un geste qu'on peut juger d'horrible mais s'il vous plait, je ne veux pas me rendre en prison, je suis beaucoup trop jeune pour ça.
- Il fallait réfléchir aux conséquences, ma petite.
Très vite, Myrtille se met à genoux devant moi et baisse la tête pour me supplier. A ce moment, la postiche me démange un peu et très vite, je sens qu'un éternuement est sur le point d'arriver. Au moment où j'en prenais conscience, un atchoum se fait entendre et voilà que ma moustache tombe à mes pieds.
- Monsieur l'agent, votre moust…
Dès que Myrtille lève la tête pour me regarder, son air triste disparaît pour laisser la place à de l'interrogation.
- Jaysher ? C'est toi ?
- Oui.
- Mais… Mais pourquoi tu t'es déguisé en policier ?
- C'était pour te faire une mauvaise blague et je constate que tu as marché en plein dedans.
En colère, la souris bleue se met debout et serre des points tout en fronçant des sourcils.
- Mon petit père, je te jure que tu vas me le payer.
- Myrtille ?
Ecoutant la rage qui anime son cœur, le rongeur fonce sur moi afin de me rosser. Voulant éviter sa portée, je prends mes jambes à mon cou et voilà que je me déplace à vive allure sur les nombreux carrés de pelouse que comprend le village.
