Miel.
Trois jours sont passés depuis que j'ai croisé Céleste au pied de l'arbre. Alors que je chasse les papillons devant le musée tandis que le soleil du matin continue sa course vers le zénith, j'attrape une brocatelle d'or et la glisse dans mon sac. De suite, je me pose la question de savoir si Thibou possède un exemplaire et pour en avoir le cœur net, je décide de me rendre dans le bâtiment. Une fois à l'intérieur, je vois le hibou qui se tient debout au centre de la pièce d'accueil mais à son visage, je me rends compte que quelque chose ne va pas. En effet, ses joues sont rouges et il présente de sacrées cernes sous les yeux.
- Bonjour Thibou ? Ton rhume n'est toujours pas parti ?
Reniflant bruyamment, l'oiseau me répond lorsqu'il s'estime un peu plus présentable.
- Bonjour Jaysher et non, il ne m'a pas quitté. Il serait sage que tu ne t'attardes pas ici d'ailleurs.
- Je veux bien mais je t'ai ramené une brocatelle d'or pour savoir si tu en détiens un exemplaire.
Là, le gardien des lieux trouve la force de me sourire avant de me quitter pour s'approcher de la grande pendule. A ses pieds se trouve un petit thermos qu'il attrape dans ses ailes et revient vers moi juste après. Aussitôt, il retire la tasse de la forme cylindrique et se verse un liquide coloré et fumant.
- C'est du thé ?
- Oui. Le médecin m'a conseillé d'en boire plusieurs fois par jour pour m'aider à garder la forme.
- Je vois et tu le bois pur ?
- Ben oui. Pourquoi cette question ?
- Tu y mettrais du miel dedans, tu irais beaucoup mieux et très vite.
- Tu crois ?
Je hoche positivement de la tête avant de ramener mon sac en bandoulière devant ma ceinture pour plonger mes mains à l'intérieur. Très vite, mes doigts rencontrent une matière froide, dure et lisse que je dévoile aux yeux de Thibou.
- Mets une cuillère dans ta tasse et tu me diras ce que tu en penses.
Je tends le pot de miel tout neuf à l'oiseau qui tente de le prendre dans ses ailes mais comme ces dernières sont déjà très chargées, le gardien des lieux se retrouve très vite embêté. D'ailleurs, je viens de songer que je n'ai pas de cuillère sur moi et lui non plus.
- Allons voir Robusto, je suis sûr qu'il sera d'accord pour nous en prêter une. Après tout, il ne peut rien te refuser.
- D'accord.
Ni une ni deux, nous marchons en direction du perchoir et quelques minutes plus tard, nous en ressortons. Thibou hume l'odeur sucré qui se dégage de sa tasse et avale une première gorgée une fois que nous avons retrouvé nos places.
- Alors ?
- Je dois avouer que c'est un peu spécial comme mélange mais je ne peux pas dire que je n'aime pas.
- C'est une bonne nouvelle. Au fait, pour ma brocatelle d'or ?
- Je te signale que tu m'en as ramené une il y a de cela deux mois.
- Vraiment ?
