Chapitre 06 : Passer outre ses préjugés
Beaucoup plus nerveuse qu'elle ne l'avait laissé tout d'abord percevoir à son petit-fils, madame Londubat faisait les cents pas dans le salon. Elle ne voulait pas qu'il s'inquiète plus que de raison, même si se retrouver dans le manoir de l'aînée des chimères l'angoissait. Les propos que lui avait tenus Neville au sujet de Awa l'avaient grandement déconcertée. A aucun moment son petit-fils n'avait révélé son identité.
Machinalement, elle porta sa main gauche sur son avant-bras droit. Il pulsait de manière anormale depuis qu'elle avait atterri dans ce manoir. Augusta Londubat connaissait l'origine de l'inconfort qui irradiait dans son bras. Maintenant que le clan était complet, elle n'avait plus de raisons de cacher son rôle en tant que servant du clan. Elle n'avait plus besoin de dissimuler sa fonction à qui que ce soit. La magie le lui faisait clairement comprendre : Neville avait vu juste, on allait avoir besoin d'elle. Peu importe l'identité de celui qui allait franchir cette porte, servant ou chimère, elle devrait l'accepter sans hésitation et cela l'effrayait.
Pour ne pas se laisser submerger par ses appréhensions, elle examina avec soin la décoration du salon. Visiblement, le propriétaire ne suivait pas les dernières tendances en ameublement chic. Les meubles, bien que correctement entretenus, dataient d'au moins une vingtaine d'année et, malgré les soins des elfes de maison, les couleurs étaient complètement dépassées et surannées. Les rideaux n'échappaient pas non plus au passage du temps et le soleil avait décoloré les teintes des tissus jusqu'à les rendre diaphanes.
La grand-mère de Neville en déduisit qu'il manquait une présence féminine dans cette demeure. Si une femme avait habité ces lieux, elle n'aurait jamais permis que le temps ternisse l'éclat et l'élégance de sa maison. Bien entendu, les elfes faisaient de l'excellent travail, mais cela ne suffisait malheureusement pas à lutter contre le passage du temps.
Elle s'attarda sur les tableaux qui couvraient les murs sous le regard méfiant des elfes de maison qui faisaient semblant de s'occuper de la cheminée. En dehors de quelques représentations de la nature et du manoir, une des peintures lui sembla familière. Elle se pencha pour l'examiner de plus près et ne put empêcher un hoquet de stupéfaction quand elle reconnut les personnages du portrait. Elle ne pouvait plus douter de l'identité du propriétaire de la demeure.
Elle se remémorait avoir déjà rencontré cette jeune femme au port altier et à la beauté aristocratique par le passé. Si mince et pâle qu'on ne pouvait que s'inquiéter de son état de santé. Un regard doux, pénétrant mais si sombre qu'il donnait l'impression de vous attirer dans un puits sans fond. Si jeune encore, plus en tout cas que lorsqu'elle l'avait rencontré la première fois, Eileen Prince avait toujours eu ce charisme fragile qui imposait le respect de part la force que son attitude calme et posée en toute occasion inspirait.
Madame Londubat n'accorda que peu d'importance aux deux autres personnes qui se trouvaient debout derrière la jeune fille au magnifique sourire qui la fixait sans bouger, elle n'avait jamais fréquenté les mêmes cercles mondains que les parents de la jeune fille. La peinture n'était pas une œuvre sorcière. Elle chercha le nom son auteur et ne fut pas surprise d'y trouver un nom qui jusqu'à présent ne lui avait inspiré aucune sympathie, ni aucun respect, mais qui maintenant donnait une tournure dérangeante à sa situation. Le nom futur époux : Tobias Rogue.
« Une toile qui permit à mon père d'entrer dans les bonnes grâces de mes grands-parents maternels. Même si ce ne fût jamais suffisant pour qu'ils l'acceptent à sa juste valeur » déclara une voix dans son dos. Elle se retourna, pas vraiment surprise de se trouver face au professeur de potion de Neville.
Severus Rogue avait repris son apparence habituelle afin de discuter avec elle. Il tentait de se rendre le plus aimable possible, bien que la trouver devant ce portrait en particulier l'avait contrarié.
« Je regrette de devoir vous imposer ma présence sans m'être annoncée » commença Augusta Londubat en s'inclinant légèrement avec politesse en signe de salut, tout en essayant de maîtriser le tremblement nerveux qui agitait ses mains.
« Si votre petit-fils estime que votre présence est nécessaire… Nous devons nous en assurer avant de prendre une décision qui pourrait s'avérer inopportune pour le clan » la rassura-t-il en lui rendant son salut.
Il était agréablement surpris que la vieille femme ne lui hurle pas dessus en réclamant qu'elle lui rende son descendant séance tenante. Visiblement Augusta Londubat était capable mettre son mouchoir sur ses préjugées et cette qualité allait forcement rendre la conversation nettement plus facile et plus instructive.
« Nous nous trouvons donc au manoir Prince ? J'avoue que je ne m'attendais pas particulièrement à vous rencontrer en ces circonstances » admit la vieille femme avec un sourire en coin. « Je comprends mieux les hésitations de Neville. »
Les elfes de maison s'éclipsèrent sans bruit en constatant que le maître de maison prenait les choses en main.
« Effectivement, madame. Un héritage bien utile » répondit Rogue en l'invitant à venir le rejoindre vers la cheminée. « Désireriez-vous un rafraîchissement ? »
Severus souriait avec ironie. Lui non plus ne s'était pas attendu à voir débarquer l'adolescent dans sa salle de cours, peu de temps avant les vacances. Sa stupéfaction ce jour-là, devait égaler celle ressentie par sa visiteuse.
« Si cela ne vous dérange pas, je crois que je vais me permettre de prendre un apéritif, histoire de me préparer aux révélations que vous allez m'apporter. »
« Un cherry ? » questionna-t-il
« Parfait ! Merci » répondit la vieille femme en venant s'asseoir sur le canapé.
« Neville semble particulièrement convaincu que vous pouvez aider le clan. Je ne remets pas en cause votre loyauté mais j'avoue que je m'interroge sur votre capacité à mettre de côté votre animosité à mon égard » déclara Severus, préférant cerner l'un des principaux problèmes tout de suite avant de débuter les choses sérieuses.
Il tendit un verre à la vieille femme et se servit un whisky avant de s'asseoir dans un fauteuil. Son invitée reprit alors la parole, répondant à sa question par une autre ce qui le fit légèrement se crisper.
« Savez-vous que lors du dernier jugement l'une des chimères du clan était un de vos ancêtres ? » déclara Augusta Londubat après avoir trempé ses lèvres dans le verre que lui avait donné Severus.
Le professeur eut un petit sourire pincé. Apparemment la vieille femme ne comptait pas répondre à ses interrogations sans lui donner un peu de fils à retordre. Mais il était tout de même surpris que son invitée en sache autant.
« Cela remonte à plus de deux siècles. Je me demande comment vous pouvez vous en souvenir. Les sorciers ont tendance à oublier l'Histoire quand elle ne les présente pas à leur avantage » risqua Rogue aussi directement que possible, bien décidé à montrer qu'il ne désirait pas tourner autour du pot et qu'il dirigeait l'entretien.
Elle soupira buvant encore une gorgée de son apéritif avant de lui sourire aimablement.
« Vous n'ignorez pas que la Magie est le seul guide de ce que nous sommes libres de révéler ou non. Neville n'a jamais pu dévoiler qui était l'aîné du clan. Ni même me parler de vous en tant que servant du clan. Je suis parfaitement au courant que votre famille maternelle est liée au clan de chimère précédent, donc il n'est pas vraiment surprenant que vous soyez mêlé de près à cette histoire. Il se trouve aussi que je connais, comme tout sorcier, votre passé pour le moins équivoque en certains domaines. Cependant, si vous êtes un servant sorcier, vous ne pourrez jamais trahir le clan. C'est aller contre notre nature. »
« Et si je n'étais pas un servant sorcier ? »
« Alors j'aimerais savoir qui vous êtes. Ialon ou Dénal ? La seule raison pour laquelle vous ne serviriez pas une chimère, c'est d'en être une vous-même. La facilité avec laquelle la Magie me permet de formuler cette idée tend à me prouver la véracité de mes propos. »
La vieille femme reprit une gorgée de son cordial, puis finit finalement son verre d'une traite, manquant de s'étouffer. Elle commençait à ressentir ce que Neville avait dû expérimenter quand il avait rassemblé son courage avant d'aller trouver son professeur et de lui parler de Harry à Poudlard.
D'après ce qu'elle pouvait percevoir de la situation et à l'aide des informations qu'elle avait, il était plus que probable que l'homme brun antipathique qui lui faisait face soit une chimère.
Severus sentit un poids immense quitter ses épaules. Il pouvait faire confiance à Augusta Londubat. Elle n'était pas n'importe qui pour pouvoir connaître le nom des glyphes de chaque chimère. Ces informations étaient bien trop précises pour qu'elle ne soit qu'un simple servant du clan. Il commençait à se demander si la Magie ne lui avait pas trouvé ce gardien de la tradition orale qu'il aurait tant voulu à ses côtés afin d'éduquer les deux plus jeunes chimères.
« Je suis vraiment désolée » s'exclama Augusta avant qu'il ne puisse répondre ou intervenir pour vérifier ses soupçons. « J'ai manqué à mon devoir. »
Ses mains tremblaient autour de son verre et visiblement elle n'osait pas le regarder en face. Severus ne comprenait pas ce qui l'affolait maintenant qu'il s'était assuré de son acceptation pour ce qu'il était véritablement et non pas pour ce qu'elle croyait savoir de lui.
« Quand Neville m'a annoncé qu'il existait une chimère plus âgée que lui, j'ai réalisé que je n'avais pas été présente pour elle, comme je l'aurais dû en tant que Gardien de la tradition orale. »
« Ah ! » s'écria Severus sans grande surprise en lui resservant un verre et en remplissant le sien de whisky. « Vous n'avez pas à vous sentir responsable. La Magie ne vous a pas permis de me joindre quand j'ai reçu mon héritage magique car je n'étais certainement pas en état de vous accepter. »
« Vu sous cet angle... On dirait presque que la faute est entièrement vôtre » ironisa la vieille femme en haussant les épaules.
« Et c'est certainement le cas. Je ne nierai pas ma responsabilité. La Magie a dû prendre certaines précautions pour s'assurer que j'avais pris conscience de l'ampleur de ma mission. Il n'en reste pas moins que cette marque me rappelle définitivement que je suis faillible et que seul, je ne peux parvenir à rien ! »
Il releva la manche de sa robe dévoilant la marque du Seigneur des Ténèbres. Il fixait avec dégoût l'ornement hideux qui défigurait son bras. Augusta Londubat jeta un coup d'œil mi curieux, mi craintif à la marque et soupira.
« J'ai commis beaucoup d'erreurs » admit Severus en replaçant correctement sa robe. « Je sais combien il peut être difficile d'admettre que j'ai changé mais... »
« Je vous crois. Sans l'ombre d'un doute. Et votre histoire sera conservée par la tradition orale avec vos propres mots » annonça-t-elle en saisissant la main libre du professeur et en la serrant fermement. « Quand vous serez prêt à me la confier, la Magie l'enregistrera et la scellera dans mon esprit et dans le livre de votre jugement. Et je prie pour que votre récit éclaire les futures générations qui viendront juger le monde magique. »
Un léger filet d'énergie magique doré quitta son bras droit pour frapper Severus au niveau de sa poitrine, plus précisément au niveau de son glyphe. Les derniers doutes et les dernières hésitations du professeur de potion s'effacèrent définitivement de son esprit comme de son cœur. Il savait que ces mots avaient la valeur d'un serment inviolable et que Neville avait eu raison de venir avec son aïeule, elle allait lui apporter un soutien et un regard extérieur sur l'éducation des garçons.
Quand la ligne de magie eut disparu, il remarqua que la vieille femme se massait douloureusement l'avant-bras droit où se trouvaient les runes attestant de son rang de gardien. Il libéra gentiment sa main et d'un mouvement fluide du poignet, il lança un sortilège de soin afin de la soulager rapidement. Puis, il se rappela de ce que sa mère lui avait appris sur le servant chargé de garder la tradition orale.
« Je suis devenu une chimère il y a longtemps maintenant, et j'ai eu le soutien nécessaire. Quand j'étais enfant, ma mère me racontait les légendes de la famille Prince avant de me coucher. Elle parlait aussi du Gardien du savoir oral et de ses fonctions. Cela me paraissait incroyable et fantastique. Je n'ai jamais oublié sa voix douce et rassurante qui me berçait avant que je ne ferme les yeux. Elle me répétait sans cesse que le Gardien était tout aussi précieux que nos livres de jugement et que nous pouvions plus facilement le consulter en dehors du clan, puisque les livres ne doivent pas quitter le nid. »
« C'est bien mon rôle. Je connais tout ce qu'il faut savoir, mais il faut un certain rituel pour activer l'intégralité de mes compétences et c'est un peu douloureux. Alors, si vous n'avez pas de questions précises, je préférerais qu'on en reste à la tradition orale que m'a transmise ma propre grand-mère » révéla Augusta avec une certaine réticence en buvant une gorgé.
« Ne vous inquiétez pas, vos connaissances actuelles suffiront amplement pour le moment afin de m'aider à éduquer le tout petit qui vient de nous rejoindre. Pour le familiariser avec nos lois, je comptais utiliser les contes que me racontait ma mère dans mon enfance... »
« Votre mère était une femme de caractère et une puissante sorcière » fit remarquer la vieille femme avec quelques hésitations mais un profond respect.
« Oui, et j'étais un enfant idiot... Mais je ne veux pas revenir sur le passé. »
« Bien, je comprends » répondit l'aïeule en hochant la tête.
Passant sa main sur son visage dans un geste ample et gracieux, Severus dissipa l'illusion qui le masquait et apparut sous son vrai jour devant une Augusta souriante. D'un autre geste, il détacha les boutons de sa robe et la quitta pour la déposer sur le dossier de son fauteuil.
Augusta remarqua le glyphe bleu qui scintillait sur la poitrine de son hôte et fut soulagée. Elle s'aperçut que le bras de la chimère ne portait aucune trace de la marque des ténèbres. Severus avait relevé la manche de sa chemise avec un sourire teinté d'ironie en voyant son apaisement. Elle rougit légèrement, honteuse de son attitude.
« D'après mon glyphe, je suis Ialon, ce qui peut se traduire par « ce qui est dans l'ombre ». Ma nature de chimère m'affranchit de tout asservissement magique en dehors de celui que je dois à la Magie elle-même. Il en va de même pour le tout petit. Le dernier né du clan, Dénal, « ce qui est dans la lumière », est celui que vous connaissez sous l'identité de Harry Potter. »
« En reconnaissant l'elfe que vous avez utilisé comme messager, j'ai eu l'intuition qu'effectivement la troisième chimère dont Alyd, « ce qui rend vivant », le nom de chimère de mon petit-fils selon son glyphe, m'a parlé, ne pouvait être que le jeune Potter. Il va être très difficile de dissimuler cette information... De plus, malgré vos pouvoirs, vous ne pourrez pas empêcher que Dumbledore ne découvre rapidement la disparition de Harry de chez sa tante. »
« J'avoue que tout ceci me tracassait moi aussi. Mais maintenant que je sais pouvoir compter sur votre soutien, il me semble plus facile de trouver une solution adaptée à chacun de ces problématiques. »
« Vous me faites trop d'honneur... » se moqua gentiment la vieille femme en souriant avant d'être interrompue.
Il y eut un léger heurt à la porte avant que Twit ne passe lentement la tête par l'entrebâillement.
« Maître, pardonnez-moi de vous déranger » s'excusa la créature aux yeux globuleux.
L'elfe était soulagé que le maître ait repris l'apparence qu'il considérait comme étant la plus « normale ». Sa forme animale l'effrayait de par son imposante stature et celle du professeur de potion était bien trop sinistre pour lui. De plus, voir le maître sous cet aspect face à la sorcière confirmait qu'elle était une personne de confiance.
« Un hibou vient d'arriver et il porte un message important de Gringotts. Il a été transporté par une de leurs chouettes d'ombre de nuit » reprit l'elfe de maison, se dandinant d'un pied sur l'autre alors que sur son bras s'ébattait un hibou de taille respectable.
« Les gobelins ne perdent pas de temps ! » s'exclama Augusta, une moue de dédain sur ses lèvres fines.
« Toujours les premiers informés. Toujours à défendre leurs intérêts. Mais qui leur en voudrait quand on connaît le prix qu'ils ont eu à payer » répondit Severus en faisant signe à Twit d'entrer avec son messager.
L'oiseau n'avait rien avoir avec les chouettes communes qui étaient généralement utilisées par les sorciers. Beaucoup plus grande, avec une envergure d'aile plus qu'imposante, la chouette avait le plumage sombre et un regard gris perçant. Elle quitta le bras chétif de l'elfe sur lequel elle se tenait pour venir se poser sur celui tendu de Severus où elle planta ses serres sans que le professeur ne tressaille. L'oiseau se pencha jusqu'à pincer la peau de son perchoir vivant avant d'hululer, satisfaite, et d'autoriser Severus à récupérer la lettre. Les chouettes d'ombre de nuit ne délivraient leur message qu'en main propre après vérification de l'essence magique du destinataire.
Elle s'envola du bras du maître de potion et se posa sur le dossier d'un fauteuil, attendant visiblement une réponse. Plus intelligente que les simples hiboux postaux, elle savait écouter les ordres simples de leur propriétaire. Seuls les hauts responsables de la hiérarchie gobelin possédaient un tel animal comme familier.
En fait, Severus n'était même pas sûr qu'il faille considérer les chouettes d'ombre de nuit comme de simples animaux. Il devait être plus juste de les traiter comme des créatures magiques à part entière. Un hululement satisfait le tira de ses réflexions. Visiblement la chouette appréciait sa vision des choses et lui en était reconnaissante. Il soupira et se pencha sur la lecture du message.
« Ils savent qu'un clan de chimère a été formé et ils veulent nous informer de leur entière coopération. Un des hauts fonctionnaires de Gringotts est prêt à venir nous rencontrer » annonça Severus avec un froncement de sourcils.
« Coopération ? Vraiment, je pense que le mot de négociation serait plus juste » décréta la sorcière en grimaçant. « J'ai l'impression que les choses se précipitent et je n'aime pas cela. »
« C'est aussi mo opinion, mais nous ne pouvons leur refuser ce droit. En fait, cela pourrait être un atout majeur que d'avoir l'assurance que les gobelins ont compris leurs erreurs du passé » reconnut Severus en passant une main lasse dans ses cheveux.
« Je ne vois pas exactement là où vous voulez en venir, mais je sais que vous ne pouvez refuser de les rencontrer. Si vous le faîte, ils pourraient croire que les juges ont déjà rendu leur sentence. Ce qui, juste après le réveil de la dernière née des chimères, ne pourrait signifier que la fin du monde tel que nous le connaissons. »
Severus acquiesça de la tête. Puis il se tourna vers Twit et lui demanda de transplaner avec la chouette qui le conduirait directement et discrètement à son maître. Une autre des qualités spécifiques de ces oiseaux d'ombre de nuit : ils revenaient toujours auprès de leur propriétaire dès qu'on utilisait un transport magique en leur compagnie.
« Je suis ravie de voir que les protections de ce manoir sont efficaces ! » approuva Augusta alors que Twit disparaissait dans un bruit caractéristique accompagné de la chouette s'installée sur son bras.
Le compliment fit légèrement rougir le professeur. Madame Londubat était connue pour ses sorts de protection qu'elle avait longuement travaillés et cherchés à améliorer au cours des ans. Severus savait pertinemment que si elle avait autant étudié les défenses des demeures, c'était dans le but de trouver les meilleurs moyens de protéger son petit-fils. Le fait qu'elle ait analysé son manoir montrait combien elle voulait s'investir dans le clan. Il acquiesça et donna quelques détails.
« Le manoir n'est pas relié au réseau de cheminette. Son emplacement est protégé magiquement et seuls ceux qui connaissent son existence peuvent le voir. Il est impossible d'y transplaner seul si vous n'êtes pas une chimère, à moins d'être accompagné par un elfe lié à l'une d'entre-elles. Vous connaissez évidemment les raisons de ce haut niveau de sécurité... »
« Oui. La loi 27 : trois chimères au même endroit et le danger s'en trouve immédiat. C'est le seul moyen de vous tuer et d'annuler le jugement. En les rassemblant dans un même lieu, sous leur véritable forme, vous devenez plus fragiles. C'est pour cela que les nids sont sur des emplacements qui doivent être respectés et gardés sous le sceau du secret. »
A suivre...
