Epingle.
La nuit vient tout juste de tomber et comme il fait doux dehors, j'ai décidé de m'offrir une balade nocturne afin de faciliter ma digestion mais aussi, de mettre la main sur des insectes qu'on ne voit pas habituellement en journée. Alors que je me promène devant la mairie, je constate que celle-ci est éclairée de l'intérieur. Bien sûr, cela ne m'étonne pas vraiment puisque les sœurs volatiles ont probablement procédé à l'échange des rôles derrière le comptoir. Pour en avoir le cœur net, je décide de m'y rendre et je sais par avance que je vais tomber sur Elisabec. Dès que la porte d'entrée se referme après mon passage, je tourne ma tête en direction du guichet et je souris.
- Je peux savoir pourquoi tu souris ? Espèce d'abruti.
Oui, celle qui se tient derrière le comptoir de service n'est autre que cette grincheuse d'Elisabec mais bizarrement, je suis heureux de la voir. Pourquoi ? Je n'en sais rien. Peut-être avais-je nourris l'espoir de la voir souriante et de bonne humeur, comme ce fut le cas avec Resetti. Tranquillement, je m'approche du meuble de service et me poste face à l'oiseau aux couleurs chatoyantes. Là, je décide de répondre à sa question.
- Tu veux vraiment savoir pourquoi je souris ?
- Ben oui. Sinon, je ne t'aurais pas posé la question, idiot.
- Je souris parce que je pensais te trouver d'excellente humeur, ce qui n'est pas le cas.
- Je ne me suis pas plainte il me semble. De quoi je me mêle ?
- Pour le moment non mais je pense que cela ne devrait pas tarder.
Soudain, mes yeux sont attirés par quelque chose qui brille et qui se trouve sur le chandail violet de la demoiselle. N'étant pas sûr de moi, je concentre mon regard sur son vêtement et me rend compte que l'objet étincelant n'est autre qu'une épingle. Me voyant faire, Elisabec se montre un peu nerveuse et se montre beaucoup moins sympathique que tout à l'heure. De toute façon, venant d'elle, je ne l'ai jamais connu aimable depuis le premier jour où je suis arrivé dans ce village.
- Un problème ? Dépêches-toi de partir s'il te plait !
- Oui. C'est normal qu'une épingle soit prise dans ton chandail ?
Intriguée, l'oiseau baisse la tête et constate que j'ai raison. De suite, elle attrape l'objet avec ses ailes et le retire avant de le déposer sur le comptoir.
-Je me demande bien comment il a fait pour se retrouver ici celui-là ?
- Tu as fait de la couture dernièrement ?
- Non car je ne suis pas très douée dans ce domaine.
- Ta sœur peut-être ?
- Oui. Dès que je la vois, je lui en toucherais deux mots. En tout cas, merci de me l'avoir signalé.
- Il n'y a pas de quoi Elisabec et je vais te laisser car je ne veux pas t'embêter dans ton travail.
- C'est gentil mais pourquoi es-tu venu ?
- Juste pour savoir si tu étais de bonne humeur.
Et ni une ni deux, je quitte la mairie pour partir à la chasse des insectes.
