Veste en cuir.

Une nouvelle journée commence et je viens tout juste de sortir de chez moi. Avant de me lancer sur le chemin, je regarde à gauche et à droite si je ne vois pas Resetti et je constate que celui-ci est absent des environs. Tant mieux car même s'il était de bonne humeur la dernière fois, ce n'est pas dit qu'il le sera toujours aujourd'hui. Sachant que le chemin est libre, je m'avance sur l'allée et je marche tranquillement en direction de la maison de Friga. Logiquement, elle aurait dû recevoir ma lettre ou celle d'Elvis, suite à notre petit coup monté que nous avons discuté ensemble.

Si je me rends chez elle, c'est pour connaître ses réactions et si je peux alimenter notre mauvaise blague d'une ou deux moqueries supplémentaires, je ne vois pas pourquoi je m'en priverai. Alors que je m'approche doucement de sa résidence, je vois le pingouin bleu sortir de chez lui. Ensuite, il tourne sa tête dans ma direction et vient vers moi après m'avoir remarqué. Dès que nous nous trouvons à quelques centimètres de l'un et de l'autre, nous nous arrêtons de marcher.

- Bonjour Friga.

- Bonjour Jaysher. Cela tombe bien que tu sois là car je voulais discuter avec toi.

- D'accord. De quoi veux-tu parler ?

- De la lettre que tu m'as envoyée.

Suite à ce que je viens d'entendre, j'ouvre mes yeux en grand et je ressens le besoin de reculer d'un pas. J'ignore de quoi elle veut discuter mais sa réponse ne me convient pas du tout. Curieux, je ne peux éviter de lui poser une autre question.

- De quelle lettre veux-tu parler ?

- De celle où tu me déclares ta flamme.

- Quoi ?

- Je trouve ça super mignon, je dois bien le reconnaître mais je dois t'avouer que tu n'es pas du tout mon genre. J'espère que tu ne le prends pas mal ?

- Bien sûr que non mais puis-je voir la lettre s'il te plait ?

- Si tu veux.

Le pingouin femelle fouille dans le petit sac vert qu'elle tient dans l'une de ses ailes et sort une enveloppe blanche sur laquelle est rédigée son adresse. Ensuite, lorsque la missive passe dans mes mains, je m'empresse de l'ouvrir et de sortir la lettre pour lire son contenu. Au fur et à mesure que mes yeux progressent sur les nombreuses lignes, je sens la colère monter en moi mais je tente de me contenir pour ne pas effrayer Friga.

- Quoi ? Je t'offrirais une veste en cuir la prochaine fois qu'on se verra ?

- Oui et je suis surprise de ne pas te voir avec, d'ailleurs.

Je range la lettre dans l'enveloppe avant de la tendre à sa propriétaire.

- Je suis navré Friga mais ce n'est pas moi qui a écrit cette lettre.

- Tu plaisantes ?

- Non et je peux même te dire qui est son véritable auteur. C'est Elvis.

- Quoi ? Mais pourquoi a-t-il fait ça ?

- Parce que monsieur voulait te jouer un mauvais tour après t'avoir entendu ronfler lors d'un matin de la semaine passée.