Humiliant.

Après ma petite conversation avec le maire, je décide de me rendre au perchoir afin de m'offrir une petite tasse de café. Comme d'habitude, je retrouve Robusto derrière son comptoir, occupé à nettoyer sa petite vaisselle alors que je prends place sur le tabouret central.

- Bonjour Jaysher.

- Bonjour Robusto.

- Une petite tasse de café ?

- Oui, s'il te plait.

- Tu me fais confiance ou tu souhaites une tasse de café normale ?

- Etonnes-moi.

Un sourire sur le bec, Robusto pose son chiffon et sa tasse sur le rebord de son évier et se déplace jusqu'au bout de sa table de travail pour se poster face à sa cafetière. Là, il s'active pour me servir du café et quelques secondes plus tard, la boisson chaude se trouve sous mes yeux. Ensuite, l'oiseau reprend son morceau de tissu et recommence à nettoyer son petit brin de vaisselle.

- Cela tombe bien que tu sois là Jaysher car j'ai besoin de me confier.

- Ha bon ?

- Oui. J'ai reçu un appel téléphonique de la part de Kéké et ce dernier n'a pas le moral.

- Encore ?

En guise de réponse, le propriétaire des lieux se contente d'hocher positivement de la tête. Cela fait un petit moment que l'artiste n'est pas au mieux de sa forme et il va être temps pour moi d'avoir une petite conversation avec lui. Néanmoins, le seul moment où je peux l'attraper est le samedi soir car la semaine, il ne passe pas du tout. Inquiet pour ce chien, je me montre curieux vis-à-vis du pigeon.

- Que se passe-t-il ?

- Le représentant d'une maison de disques est venu le voir la semaine passée et s'est permis de lui faire une critique sur sa musique.

- Et qu'a-t-il dit ?

- Que ses titres étaient plutôt humiliant pour le talent qu'il possédait.

- Quoi ?

Et du coup, je ne suis pas vraiment étonné de savoir Kéké en pleine dépression. Même s'il se montre un tantinet insoucieux en tant normal, il ne faut pas oublier que c'est un artiste et que son cœur est extrêmement sensible. Ce genre de remarque n'est pas très bonne à entendre mais bon, cela ressemblait davantage à une critique constructive qu'à de la méchanceté gratuite. Toutefois, connaissant un peu le chanteur, je sais très bien qu'il a dû mal le prendre.

- Tu lui as dit quelque chose pour lui remonter le moral ? Demandai-je au volatile.

- Bien sûr mais tu te doutes bien qu'il ne m'a pas écouté. Du coup, je ne sais pas quoi faire pour l'aider.

- Attendons samedi soir et s'il n'a toujours pas le moral lorsqu'il va donner sa petite représentation, je discuterai avec lui.

- Je pourrais me joindre à toi pour le raisonner ?

- Bien sûr. Après tout, nous sommes tous les deux ses amis.

- Ouais et encore heureux que nous sommes là pour lui car je n'ose pas imaginer ce qu'il ferait si jamais il était tout seul.