Enfiler.
Lorsque je ressors de la maison de Myrtille, je dois bien reconnaître que j'ai le ventre plein. De plus, la souris est une excellente cuisinière et je ne regrette nullement le fait d'avoir accepté son invitation. Maintenant, j'ignore ce que je vais faire pour m'occuper quand tout à coup, un air plutôt frais me caresse le visage et me fait grelotter par la même occasion. Intrigué, je lève les yeux au ciel et je remarque les nombreux nuages gris qui s'amusent à faire la course entre temps.
- Si je ne rentre pas chez moi, j'ai un peu peur de me prendre de la pluie sur la figure, dis-je.
Ni une ni deux, je fonce vers ma résidence afin de me rendre à l'intérieur lorsque je vois Antoine déposer une lettre dans la boîte métallique prévue à cet effet.
- Bonjour monsieur le facteur.
Dès qu'il m'entend, l'oiseau tourne sa tête dans ma direction et me sourit.
- Bonjour Jaysher, comment vas-tu aujourd'hui ?
- Très bien. Je sors tout juste de la maison de Myrtille.
- Ha bon ?
- Oui. Elle m'a invité à manger chez elle ce midi et je dois avouer qu'elle sait se débrouiller aux fourneaux.
- A ce point ?
- Ho que oui.
- Tu as bien de la chance d'avoir une petite femme qui te prépare de bons petits plats pendant ton absence.
Heu… dois-je comprendre qu'Antoine est en train de s'imaginer des choses suite à ce que je viens de lui dire. Si c'est le cas, je me dois de replacer correctement le contexte pour que son esprit ne se montre pas bavard dans les jours à venir.
- Antoine, Myrtille n'est pas ma femme.
- Ha bon ?
- Ben oui. Elle m'a juste invité parce que nous sommes amis, rien de plus.
- Dans ce cas, tu as doublement de la chance.
Tranquillement, Antoine referme sa besace alors qu'une première goutte de pluie vient s'écraser sur sa casquette. Voyant ça, je ne tiens pas à rester une minute de plus dehors et j'en fais part au facteur.
- Je vais rentrer chez moi Antoine car il commence à pleuvoir.
- Et tu fais bien. Moi, j'ai encore de la distribution à faire.
- Même sous la pluie ?
- Ben oui.
- Rentre chez toi pour enfiler quelque chose au moins.
- J'aimerai bien mais je n'ai pas le temps. Par contre, il m'est déjà arrivé de travailler sous la pluie et jusqu'à aujourd'hui, je n'ai jamais rien attrapé.
- Peut-être mais ce n'est pas une raison pour te montrer aussi désinvolte. Reste ici, je vais te chercher une veste un peu plus correcte.
- D'accord.
J'abandonne l'oiseau pour disparaître à l'intérieur de ma demeure. Quelques secondes plus tard, je suis de retour devant Antoine et je tiens un blouson vert à capuche dans les mains. Là, je tends le vêtement au facteur.
- Tiens.
- Merci beaucoup Jaysher.
L'habit passe de mes mains aux ailes d'Antoine.
- Je dois te le ramener quand ?
- Dès que le beau temps sera de retour si tu es d'accord ?
- Entendu.
