Madeleine.
Lorsque je sors de la maison d'Apollo, la tristesse me gagne une nouvelle fois car même si je ne lui rendais pas souvent visite, je dois reconnaître que cet animal était vraiment sympathique. Alors que je marche tranquillement en direction de ma demeure, voilà que je vois un nouvel oiseau s'approcher de moi. Celui-ci est vert, présente un bec long et effilé tandis qu'une chemise blanche repose sur son torse. Comme c'est la première fois que je le vois, je m'arrête et attend de savoir de quoi il retourne. Dès qu'il arrive devant moi, la nouvelle personne s'immobilise et me sourit.
- Bonsoir, me dit-elle.
- Bonsoir.
- Vous êtes un habitant de ce village ?
- Oui. Je me nomme Jaysher et vous ?
- Je suis Cédric Pivert, fils de Madeleine Pivert. Enchanté de faire votre connaissance.
Comme pour se montrer très poli, l'oiseau me tend l'une de ses ailes afin d'échanger une poignée. Dès que le signe de politesse a été réalisé, l'oiseau devient très curieux en ce qui me concerne et je dois avouer que je ne suis pas habitué à un tel interrogatoire.
- Cela fait longtemps que vous êtes installés ici ?
- Depuis deux mois je dirais. Et vous ?
- Je suis arrivé hier et ma maison se trouve près de la cascade. Comme je devais ranger mes affaires, cela explique pourquoi je n'ai pas pointé mon nez dehors.
- Je vois.
Alors que je m'apprêtais à le quitter pour rentrer chez moi, une seconde question me tombe dessus.
- Vous avez de nombreux amis ici ?
- Oui mais pourquoi me demandez-vous ça ?
- Parce que je suis un garçon un peu timide et j'aurais bien voulu que vous me présentez aux autres.
Il est marrant cet oiseau. Vu l'aisance avec laquelle il est venu m'aborder, je pensais qu'il aurait été capable d'en faire autant avec les autres. Visiblement, mon impression était plutôt mauvaise et je me dois de lui répondre.
- Si vous voulez mais pas aujourd'hui.
- Pour quelle raison ?
- L'un de mes amis est en train de ranger ses affaires en vue d'un déménagement et cette nouvelle m'a complètement anéanti.
- Je comprends et sachez que j'en suis sincèrement désolé.
- Merci beaucoup.
Du coup, le nouvel arrivant semble un peu déçu que je ne puisse pas l'aider et voilà que de la tristesse s'affiche sur son visage. A cause de ça, je suis en train de culpabiliser et je dois avouer que d'agir de la sorte ne me ressemble pas vraiment. De ce fait, je tente de rattraper le coup afin de voir un nouveau sourire sur le bec de Cédric.
- Par contre, je pourrais le faire demain à n'importe qu'elle heure ?
- Vraiment ?
La tristesse qui était sur la tête de l'oiseau disparait rapidement et voilà que ses yeux brillent d'une féroce envie.
- Oui. Dîtes-moi l'heure qui vous arrange et on se promènera au village pour que je puisse vous présentez tout le monde.
- Dans ce cas, je vous propose onze heures. Cela vous convient ?
- Complètement.
