Chapitre 17: Insupportable Vérité
Il y avait quelque chose de malsain dans l'atmosphère qui se dégageait de la maison et qui donnait des frissons de dégoût et d'appréhension à Maugrey Fol'Oeil. Le fait que pour une première depuisune éternité Dumbledore se décide à changer ses plans, lui avait déjà fait remonter une hoquet de bile amer, le laissant craindre le pire, mais ce qui se dégageait de la maison Moldus avait de quoi lui filer la nausée.
Le vieil Auror n'était pas du genre à faire dans le sentimentalisme et il n'avait pas pour habitude de laisser ses impressions et pressentiments aussi désagréable fussent-ils, guider sa conduite. Loin de là! Il préférait se baser sur ses observations et son esprit d'analyse.
Pourtant dés qu'il avait reçu l'ordre expresse du directeur de récupérer le jeune Potter le plus vite possible de chez sa famille, il avait instinctivement trouver cela plus que louche et de bien mauvaise augure.
Cependant bien que la demande semblait urgente, il ne pouvait pas mettre au point une récupération du survivant sans prendre un maximum de précaution pour sa sécurité. Inutile d'attirer l'attention du Ministère sur leur action au risque qu'un des espions du Seigneur des Ténèbres ne vendent la mèche à son maître et que cette mission ne tourne au cauchemar!
C'était la raison pour laquelle il se trouvait seul pour l'instant chez Miss Figg pour surveiller les alentours du 4 Privet Drive. Tonks et Shacklebolt ne devraient le rejoindre qu'en fin d'après midi après avoir effectué leur travail habituel au Ministère pour ne pas attirer l'attention. Ils avaient mis au point plusieurs diversions pour s'assurer que les deux Auror puissent s'éclipser une soirée sans que cela paraisse louche aux yeux de leur collègue. Nymphadora était sensée retourner pour un dîner de famille chez ses parents, mais elle n'y ferait qu'un passage éclair avant de le rejoindre ici. Quand à Kingsley, personne ne s'inquiétait de le voir s'enfermer dans son appartement pour se livrer à son passe temps favoris, l'étude des anciens sortilège. Une occupation pour le moins particulière mais qui risquait de s'avérer utile s'il en croyait ce que son œil magique lui montrait depuis qu'il avait transplané.
Depuis qu'il se tenait derrière la fenêtre à observer la maison où se trouvait le survivant, Maugrey ne pouvait résister à l'impression désagréable de catastrophe imminente qui lui rongeait les entrailles. Il avait lutter toute la journée contre cet étrange mal être tout en cherchant des éléments de preuves tangible qui réfuterait ou affirmerait cette intuition de danger. Mais jusqu'à présent, il n'avait rien remarquer d'alarmant, hormis le comportement pour le moins calme et résigné de son hôte.
Elle l'avait accueillit assez froidement avec quelques mots grommeler qu'il avait à peine compris mais dont le sens pouvait se rapprocher de « enfin c'est pas trop tôt », lancé sur un ton de reproche et de mauvaise foie plus qu'évident. Puis elle l'avait laissé s'installer à sa guise à son poste de surveillance sans lui adresser de nouveau la parole. L'attitude de la vieille femme était pour le moins surprenante. Il ne se souvenait pas d'elle comme de quelqu'un de vindicatif et d'amer mais plutôt comme d'une charmante femme altruiste qui s'inquiétait grandement pour les conditions de vie de Potter chez sa famille. Il se souvenait des rapports circonstancier que la femme faisait régulièrement à Dumbledore. Il avait été un des rares privilégiés à assister à ses compte rendus.
A chaque fois Arrabella avait clairement sous entendu que le garçon n'était pas aussi bien traiter qu'il l'aurait dû, mais le directeur maintenait que, pour sa sécurité, il devait resté là bas, et que la manière dont une famille sorcière aurait pu éduquer « le survivant » aurait pu être néfaste si l'enfant avait été par trop choyé. Maugrey se souvenait qu'au fil des années, les remarques d'Arrabella s'étaient faites plus acerbe et mécontentes, jusqu'à ce que le directeur visiblement excédée lui fasse une remarque sur son statut de Cracmol.
Miss Figg ulcérée était partit en maudissant Dumbledore. Maugrey avait été plus qu' étonné par la véhémence de la femme à défendre le jeune Potter, mais il avait été tout aussi surpris de la fureur de Dumbledore. Il s'était alors promit d'ouvrir un œil, et pas seulement le magique, pour comprendre de quoi il retournait vraiment. Le fait que le directeur lui demanda d'assurer les cours de Défense contre les forces du mal l'année passée lui avait semblé être un bon moyen d'approche. Sauf qu'il avait dû passer l'année enfermé dans une malle! Rien que d'y penser il sentait une rage folle l'envahir! Ce n'était pas le moment pour ce genre d'esclandre. Il respira plusieurs fois, tachant d'éloigner les désagréables souvenirs de sa séquestration.
« Bref! Je n'ai pas pu faire grand chose d'utile l'an passé mais cela n'arrivera plus! Je suis assez vieux pour savoir ce qu'il me reste à faire et le faire sans état d'âme! Le gamin est notre espoir contre le seigneur des Ténèbres, il faut non seulement le protéger mais lui apprendre à se battre! D'après les informations que j'ai recueillit à droite à gauche, je sais qu'il a un fort potentiel! On ne survit pas aux épreuves par lesquelles il est passée depuis le début de sa scolarité avec seulement de la chance!»
Maugrey, après la résurrection du Lord noir avait compilé tous les éléments qu'il avait pu rassemblé sur la vie du jeune Potter. Les aventures auxquelles il avait été mêlé dans le monde magique, l'avait pousser à admirer le courage et la force de volonté du garçon. Un peu trop téméraire par moment et manquant parfois de réflexions. Il avait été piqué de curiosité en découvrant que personne ne savait rien de sa vie avant son entrée à Poudlard! Le gamin ne voulait apparemment pas en parler et il se demandait bien pourquoi. Pour autant qu'il puisse en juger, d'après ses connaissances sur les Moldus, le comportement de la famille de Potter lui semblait naturel.
L'oncle était partit travailler montant dans sa voiture en soufflant comme un bœuf sous l'effort que cela lui avait demandé. L'homme ne paraissait pas en bonne condition physique et ne semblait pas porter sur l'activité sportive, ce qui pourtant lui aurait été grandement bénéfique selon Maugrey qui trouvait affligeant un tel laissé aller chez un homme qui devait protéger sa famille.
Le cousin avait traîné un moment dans la rue s'amusant avec des camarades avant de revenir à l'heure du déjeuner, activité qu'il semblait particulièrement prisée, si l'Auror interprétait correctement l'embonpoint qui se développait au dessus de la ceinture du garçon. Le fils ressemblait au père, et apparemment pas que dans ses qualités. Mais chacun étant libre de son corps, il ne voyait rien d'alarmant là dedans.
Il avait aperçu la tante de Harry à la fenêtre du salon puis d'une chambre à l'étage. Maigre et sèche comme une trique, son visage peu avenant, elle se déplaçait nerveusement dans la maison s'activant sur le nettoyage de fond de celle-ci. Rien dans leur comportement ne semblait dangereux ou expliquer la colère et les remontrances d'Arrabella.
Cependant, Maugrey n'avait pas vu le jeune Potter et cela commençait à l'inquiéter. A l'extérieur le temps était magnifique, et l'Auror ne comprenait pas qu'un garçon en pleine forme reste enfermé alors qu'il aurait pu soit accompagner son cousin, soit s'occuper d'une manière ou d'une autre dans le jardin.
Au cour de son observation, il avait fait une découverte qui, sans l'inquiéter outre mesure dans un premier temps, lui parut au fil des heures plus ou moins saugrenue. Son œil magique lui avait montré que les protections sur la maison s'étaient renforcé.
Pas un peu, non, elles dégageaient plus de puissance qu'elles ne l'avaient jamais fait. Maugrey avait d'abord pensé que le directeur de Poudlard avait lui même renforcé les barrières de protections, excellente initiative compte tenu du retour de vous savez qui, mais si les protections irradiaient d'une magie puissante, aucune d'elles ne portait la signature magique de Dumbledore! Alors qui aurait pu avoir les capacités d'effectuer un tel prodige?
Il avait interroger Arrabella Figg sur les modifications qui avaient été apporter aux barrières, mais la vieille femme n'avait pas la moindre idée de ce qui avait bien pu se passer. En temps que Cracmol, sa sensibilité à la magie était assez basse, et sans sa remarque, elle reconnut qu'elle n'aurait rien sentit de particulier. Explication qui aurait pu tenir la route si son flaire d'enquêteur n'avait pas sentit une piste. La vieille femme mentait.
Il détourna la tête de la maison pour regarder Arrabella, qui assise dans un fauteuil tricotait tranquillement avec un chat sur ses genoux, pendant qu'un autre sommeillait à ses pieds, et qu'un troisième plus jeune apparemment jouait avec sa pelote de laine. Il aurait pu lui accorder le bénéfice du doute. Après tout elle ne connaissait pratiquement rien de la magie, elle ne pouvait pas être responsable de cette amélioration spectaculaire. Ce qui bien entendu ne voulait pas dire qu'elle ignorait qui avait pu le faire. Connaissant les sentiments de la vieille femme au sujet de la famille de Potter, il se demandait s'il n'y avait pas anguille sous roche! Enfin...vue le regard noir que lui accordait Arrabella, il devait peut être ré estimer la taille de l'anguille. Les Cracmols avaient la réputation de jalouser les sorciers, mais ce n'était pas ce qu'il pouvait lire dans les yeux gris qui se posait sur lui. Aucune jalousie. Aucune haine. Peut être un peu de rancune? Et, il en aurait mit sa main à couper, un certain éclat de fierté et de satisfaction.
Depuis qu'il était parvenu à cette conclusion Maugrey rongeait son frein, cherchant un moyen de faire parler la vieille femme qui ne semblait pas lui tenir rigueur pour son air bougon et ses invectives à son encontre quelque peu vexante. Mais Arrabella restait de marbre, comme insensible ou sourde à ses récriminations. Elle savait quelque chose et son refus de coopérer lui faisait voir rouge.
« Cessez de vous agiter de la sorte mon cher, vous allez me donner la migraine! » Finit elle par soupirer en relevant la tête de son ouvrage.
«Tout serait plus simple si vous me révéliez ce qui ce passe ici ! » Gronda Maugrey en faisant les cents pas dans le salon en prenant bien garde de garder un œil sur la fenêtre d'où il pouvait surveiller la demeure de Potter. L'après midi était bien avancé et ses collègues n'allaient pas tarder à le rejoindre.
« Qui vous concerne, rien pour le moment! » répondit Arrabella avec un éclat froid dans le regard qui fit tiquer Maugrey. « Ne soyez pas trop pressé de découvrir la vérité. Vous n'y êtes pas préparé et cela va vous faire mal...Même si on ne peu plus rien y faire maintenant. »
« Si le jeune Potter est en danger... »
« Ah parce que maintenant cela à un quelconque intérêt pour vous? » ironisa Arrabella en levant les yeux au ciel.
« Nous avons toujours eut à cœur les intérêts du garçon, Arrabella! Dumbledore l'a protéger... »
« Suffit! » Coupa sèchement la vieille femme. « Croyez tant que vous le pouvez à ces mensonges mais la vérité va alors d'autant plus vous donner l'impression de tomber de haut, mon cher! Ne me parlez pas de ce que Dumbledore a fait pour l'enfant, car sinon je me verrais dans l'obligation de vous parler de ce qu'il n'a pas fait et de ce qu'il a laissé faire. Et je sais que personne ne veut entendre cela! Personne!»
Il y eut un temps de silence pendant lequel la vieille femme reprit sa respiration avant de se lever après avoir déposé délicatement le chat qui dormait sur ses genoux sur le fauteuil où elle était assise et de s'avancer vers lui tout en le pointant de l'index jusqu'à le toucher comme pour l'accuser.
« Vous saviez, vous! Vous étiez l'un des rares que Dumbledore autorisait à assister à mes rapports mensuel sur Harry. Vous, tout comme lui, avez entendu mes doutes et mes peurs concernant ce qui se passait dans cette maison! Mais vous n'avez rien fait! Vous n'avez pas voulu me croire! »
« Vos rapports n'était pas des plus explicites » Se défendit Maugrey en écartant le doigt accusateur d'un geste de la main, mais la femme n'en avait pas fini.
« Explicite? Aurait il fallut que je vous apporte des photos pour que vous ouvriez les yeux sur le calvaire que vivait cet enfant? » demanda-t-elle d'une voix sourde. « Il m'a fallut du temps pour pouvoir approcher les Dursley sans attirer leur méfiance. Il m'a fallut beaucoup de patience et de temps pour comprendre que Harry n'était pas traiter correctement. En l'observant jour après jour, en parlant de temps en temps avec lui, en écoutant la manière dont sa tante parle de lui dans le quartier, j'ai sentit qu'ils ne le traitaient pas comme leur neveu mais plus comme un elfe de maison! Quand j'en ai eut la certitude, j'ai fait mon rapport en conséquence, mais encore une fois, je me suis fait renvoyer sur les roses par le directeur!»
« Vous n'aviez aucune preuve pour étayer votre théorie! Vous manquiez d'objectivité! »
« Pfeuh! Des preuves! Mais ne réalisez vous pas que lorsqu'on a des preuves, il est déjà trop tard! Beaucoup trop tard pour agir dans l'intérêt de l'enfant qui a subit assez des mauvais traitements pour le marquer à vie! Si j'avais vraiment manqué d'objectivité et de retenu, j'aurais retirer le gamin de sa famille. Si j'avais eut une once de courage...Si, mais il est trop tard...»
La voix de la vieille femme se brisa sur ses derniers mots et elle renifla cherchant péniblement à retenir ses larmes qu'elle essuya dans un mouchoir en dentelle qu'elle sortit de sa robe.
« Que voulez vous dire? »
« Vous le découvrirez bien assez tôt. » Marmonna la vieille femme en se détournant pour retourner s'asseoir sur son fauteuil. « Le retour de bâton sera certainement plus douloureux pour vous que pour moi... Moi, je m'attendais à quelque chose, même si ce n'était pas à cela, pas à cette horreur, alors pour vous, qui pensez que le pauvre gosse n'avait rien à craindre dans sa famille, la punition sera terrible! »
Maugrey fronça des sourcils. Il ne comprenait pas les insinuations à peine voiler de la Cracmol. En fait il refusait de voir ce qu'elle sous entendait avec tant de véhémence. Il ne pouvait pas s'être trompé sur les véritables conditions de vie du survivant. Il ne pouvait pas s'être fourvoyé et avoir traiter à la légère une maltraitance sur un enfant.
Dumbledore ne pouvait pas avoir laisser une telle atrocité se produire. Maugrey se raccrochait a cette idée avec force. Il voulait y croire, mais le regard d'Arrabella ne pouvait pas mentir. Il ignorait ce qu'elle avait vu, mais cela l'avait profondément secoué.
Décidé à mettre un terme à cette situation plus que déplaisante, il se dirigea vers la porte pour sortir et gagner la maison des Dursley. Mais il fut dans l'incapacité d'ouvrir la porte. Un puissant sortilège semblait la maintenir close. Il tenta plusieurs incantation pour libérer la porte du sortilège mais aucun ne fut efficace. Il entendit la vieille femme derrière lui éclater d'un rire hystérique qui le fit frissonner.
« Comment faites vous cela? » Demanda l'ancien Auror sans pouvoir masquer sa stupeur.
« Ce n'est pas moi, enfin pas vraiment moi qui vous retient ici. » Répondit Arrabella en caressant le chat qu'elle avait reprit sur ses genoux. « Il savait que le directeur finirait par envoyer quelqu'un pour chercher le garçon. Il a alors pris quelques précautions pour que tout se déroule selon son plan! Vous ne pourrez pas aller chez les Dursley seul, il vous faudra attendre que d'autres témoins soient là, pour que cette fois la vérité ne soit pas endormie »
« Mais si Harry est en danger... » Tenta Maugrey en s'acharnant sur la serrure qui ne céda pas.
« Harry n'est plus là. » Lui avoua le vieille femme avec un sourire entendu et un éclat de joie sincère dans le fond de ses yeux. « Il l'a emmené chez lui où il sera nettement mieux traiter qu'ici. Ici, il ne reste que le témoignage du temps et la punition adapté à ses bourreaux d'enfant! »
« Qui? » Questionna Maugrey. « Qui il? »
Il redoutait d'entendre que le Lord avait fait main basse sur le gamin. Pas que Harry est démontré un quelconque intérêt à vouloir rejoindre le mage noir, sans opposer de résistance. Mais qui aurait eut suffisamment de pouvoir en dehors de Dumbledore et du Lord pour renforcer les barrières de la maison de façon aussi significative?
« Cessez vos divagations! » le stoppa avec un rire moqueur la vieille femme. « Je ne me tiendrais pas là tranquillement devant vous si Harry avait été enlevé par vous savez qui! Je serais soit morte pour tenter d'intervenir et empêcher qu'il ne l'emmène, soit en train de rameuter l'Ordre! »
« Bien entendu, mais la consolidation des barrières autour de la demeure n'est pas à la portée de n'importe qui, sans vouloir vous vexer, Arrabella! »
« Très certainement. » Reconnut Arrabella en haussant les épaules dans un geste désinvolte. « Je vous l'accorde, mais c'est seulement parce que vous ne connaissez rien encore de leur existence, et comme ce n'est pas dans mes attributions de vous révéler qui ils sont, vous devrez donc patienter jusqu'à l'arrivée de vos collègues, ce qui ne serait plus tarder. Je vous conseillerais donc de vous installer confortablement sur ce fauteuil et de prendre votre mal en patience. »
Elle lui indiquait d'un geste l'un de fauteuil vide de la pièce. Le ton ferme et définitif qu'elle avait utilisé suffisait à lui faire comprendre qu'elle ne céderait sur aucun point. Peu importerait les méthodes d'interrogatoire qu'il utiliserait, elle ne dirait rien. Et franchement même si l'envie l'en démangeait, il se voyait mal utiliser la torture et les sort impardonnable sur la vieille femme. Elle l'exaspérait, oui, mais pas ou point de lui faire perdre le sens des réalité!
Harry ne se trouvait plus à Privet Drive. Quelqu'un de puissant était venu le chercher et avait fait quelque chose au Dursley. Voilà les conclusion auxquelles il arrivait. Rien dans tout cela ne ferait plaisir à Dumbledore, Maugrey en aurait mit sa main à couper. Peut être même le changement de plan du directeur était dû à des informations que Dumbledore avait récupéré Merlin savait comment, et que cela concernait ce « il » qui avait fortement impressionné Arrabella.
Dans un soupir résigné, il accepta donc de s'installer dans le confortable siège en croisant les bras sur sa poitrine, en marmonnant sur l'entêtement des vieilles filles. Arrabella ne sembla pas s'offusquer de son attitude bourru.
« Peut être une tasse de thé vous permettrait de patienter plus aisément? » Proposa Arrabella après quelques minutes de silence
Il acquiesça de la tête alors qu'elle se levait pour gagner sa cuisine attenant au salon et que lui reprenait la surveillance de la maison des Dursley. Pendant leur conversation l'oncle de Potter était apparemment revenu de son travail et toute la petite famille se trouvait dans le salon d'après ce qu'il pouvait en déduire de sa place grâce à son œil magique. Rien ne laissait penser qu'il se passait quelque chose de particulier à l'intérieur.
Maugrey avait l'impression de bouillir de l'intérieur. Ne pas savoir ce qui se tramait lui mettait les nerfs à vif, et devoir attendre sans aucune autre possibilité que ressasser les propos de la Cracmol lui donnait l'impression de tourner en rond et d'être complètement inutile. Ce qu'il détestait par dessus tout.
Si bien que lorsque la cheminée d'Arrabella s'alluma d'une lueur verte caractéristique, il poussa un soupir de soulagement avant de se lever de son siège comme un diable sortant de sa boite. Après les confirmations d'usage et les mesures de sécurité habituelles, Tonks et Shacklebolt sortirent de l'âtre.
C'est à peine s'il leur laissa le temps de saluer la vieille femme que déjà d'un ordre sec, ils les obligeaient à le suivre dans la rue. Habitué à son attitude bourrus, les deux Aurors suivirent dans un premier temps sans poser de question, oubliant même de changer leurs vêtements sorcier en vêtements Moldus plus passe partout, mais plus ils se rapprochèrent de la demeure, plus ils remarquèrent eux aussi que les barrières qui l'entouraient, avaient été renforcées par une puissante magie.
En traversant la rue, Maugrey leur fit un rapide résumé de ce que lui avait révélé Arrabella. Tonks se retourna pour regarder vers la maison qu'ils venaient de quitter. La vieille femme se trouvait devant la fenêtre du salon qui avait servit de poste d'observation à Maugrey pendant toute la journée. Kingsley lui fronça les sourcils. D'après les anciens écrits qu'il avait l'habitude de compulser des qu'il avait un moment de libre, il avait le sentiment qu'aucun d'entre eux n'allaient apprécier le spectacle qui les attendait à l'intérieur de la maison.
« Selon Miss Figg, le jeune Potter n'est plus là. Il aurait été emmené par quelqu'un ce matin dans un endroit où il serait plus en sécurité. Nous devons cependant le vérifier par nous même et découvrir de quoi il retourne dans cette maison Moldue! » Expliqua Maugrey alors qu'ils atteignaient la porte d'entrée à laquelle il frappa assez fortement.
Il y eut un peu de bruit à l'intérieur et la tante de Potter finit par venir ouvrir la porte. Tonks eut un mouvement de recul en voyant la femme. Des trois Aurors, elle était la plus jeune et la moins expérimentée. Elle n'avait jamais encore eu l'occasion de voir l'effet de certain sorts prohibés sur un être vivant. Se retrouver face à face avec cette femme resterait l'une des visions les plus horrible qui puisse lui être donné de voir au cour de sa carrière.
Pas parce que la femme était défigurée. Son visage à l'état naturel n'avait aucun charme ni aucune beauté. Si elle avait dû décrire le visage de la jeune femme aurait dit qu'il était banal, voir austère, et que la tante d'Harry ne devait pas rire souvent. Pas que l'expression de ses traits soit marqué par un quelconque rictus de peur ou de douleur. Non, elle affichait une moue indifférente et à peine polie envers ses visiteurs. Ce n'était pas sa tenue vestimentaire, tout aussi fade et typiquement Moldue qui causait cette réaction d'horreur chez Tonks. Ce qui mettait la jeune femme si mal à l'aise, c'était les yeux de la tante de Harry.
On dit souvent que les yeux sont des fenêtre donnant sur l'âme, et que pour ceux qui savent pénétrer par ces ouvertures, il est possible de déchiffrer les secrets les plus profond de ceux en qui ils sont entré. Tonks, comme ses deux collègues avait été formé à ce genre d'exercice pour les interrogatoires et la recherche d'informations. Ce n'était pas vraiment une capacité où elle excellait mais cela n'avait que peu d'importance dans le cas présent, car n'importe quel sorcier aurait vu, grâce à son lien avec la magie, les tortures qui écrasait l'esprit de la femme. Elle avait les pupilles dilatées, tant et si bien qu'on ne distinguait plus la couleur de ses iris. Des larmes coulaient sans discontinuer du coin de ses yeux sans qu'elle cherche à les stopper ou les retenir, comme si elle était insensible et qu'elle ne sentait pas qu'elle pleurait.
Au centre du rond d'un noir profond brillait un éclat de lumière allant du marron foncé au vert. Mais pas une des couleurs qui s'allumaient dans ce regard vitreux n'avait un jolie ton, elles semblaient toutes complètement terne et moche pour ne pas dire hideuse. Ce regard luttait contre quelque chose qu'elle était seul à voir pour le moment. Ces yeux suppliaient pour qu'on l'aide et que ce cauchemar s'arrête. Ces yeux étaient la seule chose qui semblait être encore vivant, alors que le reste du corps semblait agir machinalement, comme s'il n'était plus qu'un coquille vide.
Perdu dans sa contemplation horrifiée de la femme ce fut à peine si elle s'aperçut des réactions des deux autres Aurors, qui avaient reprit plus rapidement le contrôle d'eux même, et avait fini par poliment demander à la femme s'il pouvait entrer pour voir Harry. La femme les laissa entrer en leur précisant que son neveu n'était pas là, qu'il avait été emmené chez des amis et qu'il ne reviendrait plus chez eux dorénavant.
Puis sans plus se préoccuper d'eux, elle les laissa pour rejoindre son maris et son fils qui se trouvaient toujours assis dans le salon. Tout comme, Pétunia seuls leurs regards hantés semblaient encore en vie, même si ce qui en émanait donnait au trois Aurors de désagréable frissons dans le dos et des sueurs froides.
« Que s'est il passé ici? » Balbutia Tonks évitant sciemment de croiser leur regard de nouveau et se focalisant sur la décoration de la pièce et le mobilier. Elle ne remarqua rien de particulier.
« Rien de bon. » Lança Kingsley en se penchant un peu plus près sur les trois Moldus pour les examiner.
Les Dursley fixaient une boite, sans plus se soucier de leur présence. Des images défilait sur la surface vitrée de la boite. Une télévision leur explique la jeune Auror avant de pousser une exclamation en reconnaissant les personnes qui apparaissaient à l'écran. Même avec quelques années en moins ainsi que quelques kilos pour les deux mâles de la famille, il n'était pas difficile de faire le lien entre les Dursley et les acteurs. Elle allait regarder plus attentivement ce qui passait sur l'écran quand Maugrey prit la parole pour la première fois depuis qu'ils étaient entrés.
« Kingsley tu sais quel sortilège ont leur à lancé? » Demanda Maugrey en essayant de détournée l'attention des trois Moldus de l'écran mais rien ne semblait pouvoir les empêcher de fixer l'écran ou défilait des images qui apparemment leur causait pas mal de tourment. « Pour ma part je ne connais aucun sort qui puisse avoir un effet aussi dévastateur sur une âme! »
Voyant l'effet du film sur les Moldus, il préféra empêcher la jeune femme de se laisser entraîner par sa curiosité naturelle. La situation était vraiment inhabituelle et demandait d'être traité avec la plus grande vigilance.
« En gros, je pense... » Finit par marmonner l'Auror noir en se redressant avec un certain dédain pour les trois Moldus. Son attitude parut pour le moins étrange aux deux autres mais quand il commença à s'éloigner en sortant sa baguette, ils le suivirent en faisant de même.
« C'est affreux ce qui leur est arrivé...Y a t-il un moyen pour les soigner? » Questionna Tonks alors qu'ils étaient revenu dans le couloir.
« Ne compatit pas trop vite à leur sort, ils pourraient l'avoir mérité! » reprit Kingsley d'une voix ferme en s'avançant en direction de la pièce au fond du couloir et qui devait être la cuisine.
« Pardon? » hoqueta la sorcière en manquant de s'étouffer. Pour elle rien ne pouvait justifié l'utilisation d'un sort détruisant lentement l'âme.
Maugrey lui se renfrogna davantage. Il n'avait pas oublié la conversation qu'il avait eut avec Arrabella. Il commençait à regretter de n'avoir jamais su écouter les rapports alarmants qu'elle avait fait toutes ses années.
« C'est une magie ancienne de jugement, un sort d'enchantement de lieu assez complexe que seul un maître peut réaliser, et encore s'il dispose d'assez de puissance et de concentration. » Expliqua Shacklebolt tout en marchant avant de se stopper au niveau d'une porte de placard donnant sous l'escalier. « Je pense que c'est un sortilège complexe car il unit en même temps des capacités d'empathie et de psychométrie avant de pouvoir cristalliser le cœur du sortilège et l'activer de manière permanente. Seul les lieux chargés d'une histoire et d'un passé marqué par de fortes émotions peuvent être sujet à un tel enchantement. Celui qui le pratique doit montrer assez de courage et de détermination pour s'ouvrir aux souvenirs et aux émotions qui ont traversé la maison. Puis le lanceur du sort doit se focaliser sur un objet qui renfermera l'énergie permettant au sortilège de se suffire à lui même et de perdurer même après son départ. »
« C'est ce qui te fait penser qu'ils ont certainement mérité ce qui leur arrive? » Questionna Tonks ne pouvant lutter contre sa curiosité alors que Maugrey restait silencieux serrant les poings et se maudissant mentalement pour son manque de vigilance.
l'Auror à la peau mat réfléchissait rapidement pour réunir toutes les informations qu'il avait pu lire et répertorié sur ce genre de sort. Généralement leur complexité et la quantité d'énergie requise pour les activer suffisait à convaincre les lanceurs potentiels de choisir une autre option.
D'après ce qu'il pouvait déduire de l'examen sommaire qu'il avait fait des Moldus, il savait que le sort ne les soumettait que lorsqu'ils était tous les trois dans la maison et que le reste du temps, ils étaient parfaitement capable de mener leur vie comme ils en avaient l'habitude. Mais dès qu'ils se retrouvaient le soir chez eux, l'enfer s'abattait sur eux. Bien sûr l'instigateur du sortilège avait pris quelques précaution élémentaires pour que l'attitude des Dursley n'attire pas l'attention de leur voisinage.
« Oui, personne ne se lancerait dans ce genre de sortilège sans une bonne raison. » Répondit Kingsley en posant sa main sur la serrure du placard après avoir détacher le verrou qui maintenait la porte close. « La réponse au pourquoi de tout ceci se trouve certainement derrière cette porte, une fois ouverte, je pense que nous allons assister à quelque chose qu'on préférait ne pas voir... »
« Peu importe si je le regrette tout à l'heure! » Assura Tonks en secouant la tête de droite à gauche tout en resserrant fermement sa main sur sa baguette. « Je veux connaître les bonnes raisons qui ont pu pousser quelqu'un à lancer un sortilège pareil! »
« La petite a raison.» continua Maugrey. « D'après Arrabella, la vérité que nous allons découvrir ici sera une punition pour nous aussi. Je ne dis pas que j'ai hâte de me retrouver dans le même état qu'eux mais si c'est vrai, autant en finir une bonne fois pour toute! »
« Il n'y a aucun risque pour que nous finissions comme eux. Nous ne sommes que des témoins de la sentence qui à été rendu à leur encontre. » Reprit Kingsley. « Mais cela ne veut pas dire que ce que nous allons découvrir ne sera pas une punition ni que cela ne laissera pas une cicatrice indélébile au plus profond de nous. Nous savons tous où nous sommes. Chez Harry Potter, un garçon que nous avons jurer de protéger et de soutenir. Je crains franchement qu'on nous montre que le confier à cette famille eut été une effroyable erreur! »
Et sans leur laisser le temps d'y réfléchir davantage, il ouvrit la porte donnant sur le petit cagibi qui avait été la chambre de Harry pendant de nombreuse années. L'endroit était petit, étroit, sombre et légèrement humide. Sur le mur en face d'eux, ils pouvaient voir pulser une gemme qui était incrustée dans le mur et qui battait au rythme lent d'un cœur dont le propriétaire dort.
Il n'avait pas la place de rentrer tous les trois dans le placard. Shacklebolt même en s'accroupissant et en ramenant ses robes de sorcier autour de lui n'était pas certain de pouvoir s'y engager. Seule la jeune sorcière pouvait en se contorsionnant légèrement espérer pouvoir atteindre la gemme. Sans hésiter et après avoir respirer à fond, elle avança sa main et laissa sa magie circuler dans la pierre qui devait alimenter le sortilège de jugement.
La pulsation réagit à ce contact tout en douceur. Elle se fit plus rapide et plus soutenu jusqu'à leur donner l'impression de pouvoir entendre le battement régulier d'un cœur et que petit à petit les leurs s'harmonisaient pour suivre le même rythme. Et puis il y eut un flash lumineux qui les aveugla un court instant. Quand ils ouvrirent de nouveau les yeux, même si le décors n'avait pratiquement pas changer, ils sentirent que quelque chose avait perturbé l'atmosphère, leur rappelant ce que l'on ressentait quand on explorait des souvenirs au travers d'une pensine, ce qui ne manqua pas de se confirmer quand une Madame Dursley un peu plus jeune, leur passa au travers pour ouvrir la porte du placard.
Tonks hoqueta de surprise et d'horreur en voyant un tout jeune garçon, encore un bébé, allongé dans une couverture à même le sol qui pleurait en tendant des bras menus et tremblants vers la femme austère qui le saisit par une jambe pour le traîner sans ménagement jusqu'à la table de la cuisine ou elle le posa violemment pour le changer sans montrer autre chose que du dégoût et du mépris pour le petit être qui pleurait. Une fois propre elle donna au garçon un biberon et le raccompagna dans le placard ou elle l'enferma de nouveau.
« Et qu'on ne t'entende plus avant demain matin, Fainéant! » Gronda méchamment la femme avant de s'éloigner en les traversant de nouveau
Les souvenirs se succèdent. Identiques. Insupportables. Sordides. Avilissants. Violent. Années après années, le garçon grandissait au mieux dans l'indifférence et le dénigrement, au pire sous une pluie de coup qui le laissait à moitié brisé sur le sol de son placard.
Au début le couple avait eut besoin d'une excuse pour battre le garçon: il n'arrêtait pas de pleurer, le repas n'était pas bon, le garçon n'avait pas accompli ses tâches quotidiennes avec la perfection qu'ils attendaient de lui et qui dépassait de loin les capacités d'un enfant de son âge.
Une mauvaise journée au travail ? Et hop! Le gamin écopait d'une séance ! Leur fils avait eut une mauvaise note? Leur neveu était roué de coup jusqu'à ce qu'il ne puisse plus se traîner devant eux. Le temps était mauvais le week-end ? Et voilà l'enfant chétif obligé d'en payer les conséquences sans aucune échappatoire possible.
Il avait fallut quelques années avant que le garçon des deux Moldus ne prenne part au mauvais traitement de son cousin. Mais l'attitude de ses parents finit par le convertir définitivement. Dans l'esprit de Dudley, il était normal que son cousin soit considérer de la sorte. Il n'avait connu que cela, il ne méritait que ce genre de traitement. Il souffla même une fois au petit garçon gémissant qu'il devait lui être reconnaissant de lui accorder l'attention qu'il méritait, pour supporter sa présence, pour accepter qu'il vive au milieu d'eux.
Les pulsations de la pierre augmentèrent à chaque fois un peu plus. En échos leur propre cœur battait la chamade dans leur poitrine donnant l'impression aux Aurors qu'il allait exploser. Ils ne partageaient pas seulement les images, souvenirs des actes atroces qui s'étaient déroulé dans cette maison. Aucun d'eux ne pouvait détourner les yeux des scènes plus atroce les une que les autres qui se succédaient. Malgré eux, quand une de ses illusions les conduisait à suivre les protagonistes dans une autre pièce, ils devaient suivre et assister à toute l'horreur de ces souvenirs, qui leur donnaient l'impression de n'être que des spectateurs impuissant s'ils n'avaient pas eut aussi accès aux émotions du garçon qu'ils partageaient comme si c'était les leurs.
Son cœur qui saignait en permanence. Sa magie instinctive le protégeant et guérissant les nombreuses blessures dont le gamin écopait régulièrement, mais elle s'épuisait plus vite que les coups qui pleuvaient de part et d'autre de l'enfant. Ses blessures physiques disparaissait avec le temps, laissant parfois ici ou là une cicatrice. Mais au fond de lui l'enfant pleurait en permanence, et eux aussi.
Après Merlin seul savait combien de temps, les trois Aurors eurent l'impression que c'était eux que l'on battait, que c'était leur propre chair qui s'infectait par manque de soin, que c'était leur estomac qui se tordait sous la faim, que c'était leur esprit qui pliait sous les insultes et les cris pour se faire oublier et limiter les punitions et les coups.
Les souvenirs continuaient à remonter. Les Aurors assistaient à tout sans pouvoir rien faire d'autre que de subir, comme l'enfant, les mauvais traitements. Ils purent aussi sentir que les Moldus avaient de moins en moins besoin d'une excuse pour maltraiter le petit garçon, et que plus le temps passait plus la souffrance de celui-ci leur apportait à chacun une joie malsaine qui finirait par briser les dernières règles morales et sociales, plongeant l'enfant dans une nouvelle spirale de douleur, ne pouvant conduire qu'à une fin des plus horribles.
L'enfant grandit. Il reçut sa lettre pour Poudlard. Il prit espoir. Le sentiment d'abandon qui l'accompagnait depuis qu'il était capable de raisonner par lui même reflua légèrement. Il allait partir et tout allait changer! Sa « famille » ne semblait pas décidé à le laisser partir. Aucun d'entre eux ne voulait perdre son « jouet favoris ».
Mais ils n'avaient rien pu faire contre Hagrid, donnant à l'enfant le sentiment qu'il n'était pas seul au monde, qu'il existait des gens qui pouvaient le comprendre. La joie qu'il ressentit, les Aurors la partagèrent. Le soulagement, l'émerveillement, l'impression de rêver tout éveillé, ils la partagèrent. Tout comme la désillusion.
Jusqu'à ce qu'il revienne ici. L'été suivant. Même s'il ne le montra pas, il ressentit ce nouvel abandon comme une trahison. Il avait essayer de parler au professeur Dumbledore, au cours de l'année, de ce qui faisait son enfer au quotidien, mais le vieux monsieur lui avait fait un sermon sur ses responsabilités et sur l'utilité du sacrifice de sa mère qu'il devait respecter!
L'enfant était en colère, mais il ne le montra pas. S'il avait bien apprit quelque chose avec « sa famille », c'était qu'il ne fallait jamais montrer ce que l'on éprouvait vraiment sinon les punitions étaient encore pire! Tout s'effondrait une nouvelle fois autour de lui. Cela lui apprenait durement une nouvelle loi sur la vie, durement mais après tout chacun de ses apprentissages précédents s'étaient fait dans la douleur, alors il savait pouvoir y faire face. Mais comprendre qu'il ne pouvait décidément pas faire confiance à un adulte lui avait donné un coup qu'il avait du mal à encaisser, et puis, les jours passant, il finit par s'y faire.
Les battements de la gemme s'accentuèrent encore. Les sorciers eurent l'impression d'avoir courut au-delà de leur limite. Non seulement leur rythme cardiaque leur parut erratique, mais l'air qui parvenait à leur poumon les brûlait et leur donnait l'impression d'étouffer.
Les étés se succédèrent et rien ne changea. Jamais! Rien ne s'améliora dans ce que vivait le jeune sorcier chez les Moldus.
Les corvées restèrent, toujours plus dures et plus avilissantes les une que les autres. Les insultes et les coups se firent encore plus présent, comme pour rattraper ceux qu'il n'avait pas put recevoir tout au long de l'année.
Plus besoin d'excuses, plus aucun motifs pour le passer à tabac. Il émanait des trois Moldus la satisfaction d'accomplir leur devoir en s'assurant que le garçon n'oublie pas sa vrai place . Ils prirent juste quelques précautions pour que rien de trop visible n'attire l'attention des gens, pour le moins étranges, que leur neveu fréquentait à présent. Ils menacèrent même l'enfant des pire représailles s'il osait se plaindre à qui que se soit.
Le garçon avait tenté sa chance auprès du directeur qui ne l'avait pas écouté, et il savait pertinemment que son oncle exécutait toujours ses menaces, alors il garda pour lui ce qu'il endurait. Si le professeur Dumbledore n'avait rien fait pour lui venir en aide, alors qu'il était quelqu'un de bon et de respecté dans le monde magique, c'était que quelque part, il méritait peut être ce qui lui arrivait? Qui pourrait l'aider si le directeur avait refusé?
Pouvait-on vraiment considérer comme une amélioration de passer du placard sous l'escalier à un petit réduit au premier étage, avec fenêtre à barreau et porte verrouillée par des cadenas?
Pouvait on espérer que le retour de son parrain marquerait un changement dans son enfer personnel ? Non, bien sûr que non. Sirius était en fuite, il ne pouvait pas s'encombrer d'un gamin.
Il y avait longtemps que l'enfant avait cesser de se plaindre, cesser d'espérer que tout s'arrête. Alors était-ce vraiment étonnant ce qui se passa à son retour cet été là?
Une nuit, il subit de nouveau la mort de son ami Cédric et le retour du Seigneur des Ténèbres, il crie, hurle, appelle de douleur et de culpabilité, il a perdit tous ses repères, tout du moins jusqu'à ce que son oncle entre dans la petite pièce, armé d'un ceinturon et bien décidé à calmer la crise de son neveu à force de coup. Et si cela ne suffisait pas...
« Si ton copain te manque tant que ça, Bon à rien, j'ai de quoi te le faire oublier... » Grondait la voix désagréable et grinçante de l'adulte qui se rapprochait bien trop près du garçon terrorisé.
Ce fût Tonks qui rompit l'illusion dans un cri de rage, de colère et d'impuissance qui résonna entre les murs si fort que la maison leur donna l'impression de trembler sur ses fondations.
Le rugissement de la jeune Auror avait les mêmes échos que ceux de l'enfant, c'était certainement ce qui avait brisé l'enchantement. Ils se trouvaient tous les trois à l'étage dans la petite pièce qui avait été la chambre de Harry.
Ils avaient déambulé comme des zombis dans la maison, coincé dans le sortilège de jugement, insensible à tout autre chose que les émotions du petit garçon. Maugrey et Shacklebolt se tenaient à côté d'elle, dans un état aussi pitoyable que le sien. C'était bien la première fois qu'elle voyait ses collègues pleurer et afficher de telles expressions de douleurs que s'en était presque aussi insupportable que les gémissements de l'enfant qui restaient en bruits de fond dans ses oreilles.
Elle ne voulait pas voir la suite! Elle avait assez d'imagination pour comprendre ce qui allait arriver. Elle avait assez d'empathie pour se sentir malade quand elle recevait les témoignages de victimes d'agressions. C'était suffisamment pénible de les écouter raconter leur agression avec cette voix éteinte et détaché montrant la profondeur de leur traumatisme, avec leurs propres mots pour décrire les actions de leur bourreau, alors non elle ne pouvait pas en supporter davantage.
Elle refusait de sentir ce souvenir comme le sien! Elle avait tenu bon jusque là, elle avait encaissé de son mieux admirant le courage et la force du gamin pour avoir résisté seul toutes ses années, mais voir cette masse flasque qui se pensait être un humain se rapprocher de l'adolescent avec cette lueur perverse au fond des yeux, elle ne pouvait pas! Entendre cette voix cassante susurrer des propos insultants et pervers à l'oreille du garçon qui se recroquevillait sur le lit, elle ne pouvait pas le supporter. Sentir ses mains avides se déplacer sur le corps brisé de l'enfant, c'était au dessus de ses forces.
Hors de question qu'elle ressente dans sa chair et dans son âme le dernier outrage que l'immonde personnage avait l'intention de faire subir à son neveu. Hors de question!
A suivre...
