Snob.

- Je ne comprends pas pourquoi je n'ai pas hérité de ce village à son décès…

Se dit Elvis, confortablement installé dans l'un de ses trônes qui coûterait une sacrée fortune à la revente. Une nouvelle journée vient de commencer à Haruville et me voilà déjà chez le lion. Etant assis au sol tout en lui faisant face, je l'écoute me raconter l'histoire de sa famille et visiblement, son grand-père vivait déjà ici avant que les maisons naissent en nombre. D'ailleurs, son aïeul avait signé un papier attestant de l'héritage de ce charmant petit coin de campagne et c'est pour cette raison qu'Elvis est aussi aigri. Logiquement, il aurait été le maire de ce village et non cette tortue qui se tient constamment derrière ce bureau, à l'intérieur de la mairie.

- Et cela doit expliquer le coup tordu que tu m'as joué hier ? Lui demandai-je.

- Ben ouais. J'aurais été le vrai patron de ce village, je n'aurais jamais pu te jouer cette blague car tu ne serais pas là.

- Comment ça ?

- Je n'aurais autorisé personne à venir s'installer ici.

- A ce point ?

- Ouais.

Et voilà que le lion sourit suite à ce qu'il vient de me dire. Je savais qu'il était égoïste mais pas à ce point.

- Je suis bien content que le papier qu'a signé ton grand-père était également une belle blague. Il faut croire que chaque membre de ta famille n'est pas digne de la moindre confiance.

- Je te défends de dire ça.

- Et pourtant, ce n'est que la pure vérité mon petit Elvis.

Content de voir qu'il fait moins le malin suite à cette histoire, je décide de ne pas m'attarder davantage et très peu de temps après, me voilà debout face au fauve.

- Je suis sûr que ton grand-père devait jouer au snob au temps de son vivant, suite à cette signature.

- Exactement et j'en aurais fait autant si ce village était à moi.

- Malheureusement, rien ne t'appartient ici et je suis bien content de l'apprendre. Maintenant, je n'attends plus qu'une chose pour être complètement heureux.

- Laquelle ?

- Que tu déménages car il y a très peu de personnes dans ce village qui t'apprécie. J'avais pensé que tu l'aurais remarqué d'ailleurs.

Alors que le lion allait me demander de sortir de chez lui, je ne lui laisse pas le temps puisque je suis déjà en route vers la porte d'entrée de la demeure. Avant de sortir, je me tourne une dernière fois vers le lion qui n'a pas bougé de son siège.

- Quand tu balanceras l'un de tes sièges à la benne, préviens-moi !

- Pourquoi ?

- Tu n'as pas besoin de le savoir mais l'idée de te dépouiller me séduit à un point.

Avec un sourire machiavélique sur les lèvres, je sors enfin de la maison. Dès que je referme l'issue, je reste un moment figé et savoure ma petite victoire. La guerre m'opposant à Elvis est désormais commencée et je ferais de mon mieux pour la remporter.