Chapitre 18:

Pourtant quand Tonks se décida enfin à relever la tête vers ses deux collègues, elle comprit qu'ils voudraient aller jusqu'au bout de ce que pourrait leur montrer la gemme cœur. Au bord de la nausée, elle secoua la tête. Ses cheveux blanchirent exprimant sa peur de devoir affronter la suite des souvenirs.

« Non! » S'exclama-t-elle avant que Maugrey ou Kingsley ne disent un mot. « Je ne veux pas! Je ne peux pas... »

Maugrey se mordit la lèvre inférieur, mal à l'aise, cherchant les arguments qui pourraient convaincre la jeune sorcière, sans se montrer trop abrupte dans ses paroles. Il avait déjà du mal personnellement à encaisser ce qu'il venaient de voir et comprenait les réticences de la jeune Auror à continuer, mais pour lui malgré tout il était indispensable qu'ils sachent tout.

Shacklebolt lui soupira tentant de reprendre contenance afin de traiter la situation avec professionnalisme et tout le détachement émotionnel nécessaire pour traiter ce type d'information avec objectivité mais l'horreur que l'illusion leur avait montré sans édulcorer les événements , les avait tous les trois trop profondément touché pour que cela ne les affecte pas. Il luttait pour maintenir son contrôle et ne pas redescendre dans le salon achever les trois Moldus qui revivaient leurs actions passé en ressentant ce que leur victime avaient dû supporter tout au long de ces années. La seule chose qui le retenait pour le moment était la pensée que les Dursley souffraient, et qu'ils souffriraient encore longtemps avant de pouvoir échapper au sortilège de jugement.

«Nous devons savoir ce qui est arrivé. Tout ce qui est arrivé » annonça le plus vieux en secouant la tête devant l'entêtement de la jeune femme. Il était d'une pâleur mortelle mais semblait avoir retrouvé assez de maîtrise de lui même pour continuer leur investigation. « Nous saurons peut être qui a emmené le jeune Potter et où il est. »

C'était ce point précis qui torturait le vieil Auror Il doutait qu'il exista un sorcier plus puissant que Dumbledore ou le Lord noir, et aucun d'entre eux n'était intervenue dans cette maison Moldu. Il n'avait trouvé aucune signature identifiable dans la magie du sort de jugement, et cela commençait à l'inquiéter.

« On n'en sait suffisamment pour jurer qu'il est mieux là-bas qu'ici! » tempêta Tonks en devenant de plus en plus rouge de colère. Elle eut un mouvement de tête dédaigneux vers les escaliers. « Ces choses en bas, aussi terrible que soit leur punition, n'ont eut que ce qu'ils méritaient. Peu importe qui est venu chercher Harry, ils ont fait ce que nous avions promit de faire... Oh bon sang! Comment peut on vivre après cela!»

« C'est vrai! » intervint Shacklebolt. « Mais comment le retrouver si on ignore qui l'a secouru? »

« Le retrouver? Ah parce qu'après la manière dont nous l'avons abandonné et laisser au main de ces dégénérés, vous voulez encore qu'il reste à notre disposition pour sauver nos fesses?! Il a bien assez payé de sa personne pour qu'on le laisse vivre en paix!» Argumenta Tonks d'une voix aiguë qui frôlait l'hystérie.

Elle devenait grossière mais c'était le cadet de ses soucis. Dans des circonstances normales, ce type d'insubordination était sévèrement punit, mais franchement cela lui paraissait dérisoire. Harry ne devait pas, ne pouvait pas être enrôler dans une guerre parce que un vieux fou, apparemment incompétent, avait décidé qu'il représentait leur seul espoir de victoire!

Un enfant ne devait pas en passer par là! Peu importe pour qui se prenait Albus Dumbledore, il n'avait pas à décider du destin d'Harry et le laisser au main de ses tortionnaires! Si l'un de ses collègues tentaient de lui faire avaler que le vieux fou, insulter le directeur dans sa tête ne prêtait pas à conséquence tant que ses boucliers seraient solide, n'était pas au courant ou bien qu'il avait de bonnes raisons! Non! Impossible et inadmissible!

Elle avait dû mal à encaisser le choc des découvertes sur l'enfance de Harry et l'implication plus ou moins passive de Dumbledore lui laissait un goût amer et écœurant sur la langue. Elle doutait que le directeur ne soit pas au courant de plus de chose qu'il n'en avait laisser voir. Et même s'il avait ignoré la situation réelle de l'enfant, les rapports de Miss Figg auraient dû lui mettre la puce à l'oreille. Il aurait dû prendre des mesures dès que la vieille femme avait exprimé des doutes quand à la capacité des Dursley à élever le gamin! Mais le plus grand sorcier du monde magique n'avait rien fait! Pourquoi ?

« Comment réparer nos tords, si nous ne le retrouvons pas? » Marmonna Maugrey d'une voix lasse la sortant de ses réflexions. Dans les paroles de son collègue, elle sentait la honte et la colère. « Comment payer pour nos erreurs si nous ne sommes pas déterminer à accepter de regarder la vérité en face? Il est encore en danger. Vous-savez-qui ne lui laissera pas de répit. »

Tonks devait admettre que Maugrey n'avait pas tord et qu'au moins il ne cherchait pas d'excuse à Dumbledore pour son laxisme effarant à prendre soin du survivant. Elle savait parfaitement qu'aucun d'entre eux ne pourrait se présenter devant le gamin sans éprouver de la honte et de la culpabilité s'ils n'affrontaient pas l'illusion jusqu'à son terme . De plus aussi navrant que soit cette constatation, le Seigneur des ténèbres n'allait certainement pas abandonner ses ambitions personnelles et oublier que Harry était à l'origine de sa disparition pour permettre au garçon de vivre une vie « normale » et tranquille! Surtout depuis qu'onavait fait du gamin un emblème de la lumière!

Mais l'idée même de ressentir dans sa chair, les sensations liées au viol lui donnait l'envie de s'enfuir à toutes jambes de l'autre côté du monde et de se terrer dans une caverne jusqu'à la fin de ses jours. Elle ne se sentait pas prête et peut être ne le serait elle jamais, mais pourrait-elle regarder l'enfant dans les yeux sans honte si elle refusait de voir ce qui devait être une des pires expériences de sa vie! Une parmi tant d'autre.

« Si vous voulez mon avis, quelqu'un capable de lancer un sort pareil, n'a rien à craindre du Seigneur des Ténèbres! » répondit la jeune femme en croisant les bras sur la poitrine visiblement contrarié mais nettement moins apeuré, dans une dernière tentative de les convaincre d'en rester là. Ces cheveux reprenaient une teinte normale en passant par un dégradé de gris pour finir par s'arrêter sur un noir profond.

« Certainement. » convint Maugrey en s'épongeant le front d'une main lasse. «Mais qui que ce soit cela reste un personnage puissant et dangereux dont on ignore tout. Cette menace pourrait être pire que le seigneur noir pour le monde magique... »

« Menace? J'ai dû mal à le croire. » demanda Tonks en haussant les sourcils. « Sauver un enfant est loin d'être une action répréhensible que je sache, non? »

« Non, mais la manière dont son ou ses sauveurs se sont substitués à la justice en temps que juge et bourreau cela peut être interprété comme une attaque contre le ministère et notre système juridique. »

« Ah une question de politique! » S'écria Tonks en levant les bras au ciel. « Comme si c'était ce qui comptait dans le cas présent! Par Merlin, ouvrez les yeux, un enfant a été torturé sous notre nez pendant des années et nous avons laisser faire! »

Tout comme son collègue, Tonks doutait fortement que ceux qui avait sauvé Harry se contenteraient d'agir dans l'ombre sans s'attaquer à des institutions importantes du monde magique. Peu importe qui avait agit, l'important c'était qu'ils étaient puissants et qu'ils n'hésitaient pas à agir en dehors des sentiers battu pour atteindre leurs objectifs. Car logiquement les sauveurs de Harry devaient poursuivre un but. Harry n'était qu'une étape sur leur parcours. Eux non plus ne devaient pas s'être attendu à découvrir que l'enfant béni du monde sorcier était torturé depuis son plus jeune âge!

Son enlèvement, Tonks aurait préféré employé un autre terme plus approprié comme libération où sauvetage était un véritable coup porté aussi bien contre Dumbledore que contre Voldemort.

Bien entendu peu importait au Lord sombre que l'adolescent fût maltraité, mais sa disparition entraînerait forcement des changements de plan chez le Lord. Merlin seul savait comment Il allait accueillir la nouvelle, mais la jeune femme était prête à parier que cela n'allait pas arranger les affaires de Voldemort.

Bien qu'elle ignorait pourquoi, il lui semblait que le garçon était la pierre d'angle sur laquelle s'appuyait le futur du monde magique. Intuition de sorcière, certainement. Elle se demandait juste si les intérêts du gamin les intéresseraient vraiment ou s'il s'agissait d'une manœuvre pour l'attirer dans leur camps.

«Le ministère pense déjà que le gamin est fou! Avec une histoire pareille on apporte de l'eau à leur moulin » Expliqua Maugrey. « Avec tout ce qu'on vient de voir, moi même je me demande comment le garçon a bien pu s'en sortir tout en étant aussi équilibré. »

Tonks hocha la tête, elle avait encore lu la Gazette du sorcier ce matin, et les articles concernant Harry n'était pas des plus flatteurs, surtout depuis qu'il avait annoncé le retour de vous savez qui! Elle savait que ce n'était pas la première fois que le garçon était attaqué dans la presse. Elle ne doutait pas non plus que ce qu'ils venaient de découvrir risquait fort d'attiser les rumeurs sur la mauvaise santé mentale du survivant! Pourtant, avec tout ce qu'elle savait du garçon, elle savait qu'il y avait vraiment de quoi se poser la question sur la manière dont Harry avait pu garder son équilibre mental. Ce que le vieil Auror ajouta ensuite la fit grimacer de dégoût.

« Et je mettrais ma main à couper que la réponse se trouve à la fin de l'illusion qui nous entourait tout à l'heure. »

« Sa magie instinctive a certainement protéger son esprit... » Tenta Shacklebolt d'une voix hésitante. Apparemment lui non plus n'était pas très chaud pour replonger dans l'illusion et il cherchait un compromis mais Maugrey n'était pas quelqu'un qu'on pouvait facilement détourner de son objectif.

« A ce niveau, cela frise le miracle! Je ne crois pas au miracle! » répondit fermement Maugrey. « Ceux qui l'ont aidé on dû nous laisser un indice, qui, je pense, nous mènera à eux, et nous en donnera aussi sur qui ils sont. »

La jeune sorcière devait admettre que la logique de Maugrey se tenait. S'il faisait éclater au grand jour ce scandale, le ministère se débrouillerais pour prouver que Harry était complètement fou, et cela finirait de le discréditer, lui et tout ceux qui l'avait soutenu quand il avait annoncé le retour de Vous savez qui. Pas que de voir le directeur de Poudlard dans une fâcheuse situation lui déplaise. Elle se demandait ce que les sauveurs de Harry avait prévu pour lui. Parce que s'ils avaient vraiment l'intention d'agir dans l'intérêt de l'enfant, ils avaient forcement envisager de punir Dumbledore.

Elle soupira. Retourner dans l'illusion leur donnerait peut être des réponses pour éviter de discréditer le garçon. De plus, quand ils rentreraient au square sans Harry, il leur faudrait tout expliquer dans le moindre détail aux membres de l'Ordre! A Sirius!

Elle se figea en réalisant la mission qu'ils leur incombaient en tant que témoins du sortilège de jugement. Un haut le cœur manqua d'avoir raison de son estomac, elle se raccrocha à un mur. Ils allaient devoir expliquer à ceux qui aimaient Harry que son enfance n'avait été qu'une succession de torture plus horrible les unes que les autres, et que tous autant qu'ils étaient, aveugles et sourds, ils n'avaient rien fait. Et à ceux qui ne les croiraient pas sur parole, à ceux qui douteraient, ils devraient leur faire partager leur souvenirs. Ils devraient tous se partager le fardeau de la honte et de la culpabilité.

Avait elle le droit de tronquer la vérité qu'on avait mis sur leurs épaules, seulement par refus de s'impliquer davantage dans les souffrances de l'enfant? Allait-elle laisser sa peur la diriger et lui interdire de saisir l'opportunité qu'ils avaient de témoigner pour l'enfant. Elle était Auror, et elle avait jurer de protéger les plus faibles. Harry avait besoin d'elle, de sa voix d'adulte pour que son calvaire ne soit plus garder sous silence. Elle avait vu la déception de l'enfant quand il avait chercher du secours auprès du directeur. Elle avait ressenti sa peur et sa colère, son sentiment de trahison, d'abandon. Pouvait elle aussi réussir à fermer les yeux sur la douleur de l'enfant par pur égoïsme?

Non! Pas si elle voulait prendre soin de Harry. Pas si elle voulait agir dans son intérêt sans en tirer un quelconque profit. Elle devait aller jusqu'au bout. Elle devait affronter ce cauchemar comme lui l'avait vécu pour pouvoir non pas le comprendre ou même compatir mais seulement par souci d'honnêteté, et pour reconnaître que sa souffrance n'avait pas été vaine, qu'il existait des personnes sur lesquelles il pouvait compter et qui n'attendaient rien de lui.

«Entendu » finit par décider Tonks d'une voix ferme en s'écartant du mur. « Essayons de reprendre là ou nous en étions! »

A peine avait elle prononcé ces mots qu'ils se sentirent aspirer de nouveau dans l'illusion. Comme si la maison, ou la pierre-cœur allez savoir, n'avait attendu que leur signal pour se déclencher à nouveau. Kingsley y réfléchissait alors que le décors de la scène se remettait en action autour d'eux. Les signaux d'arrêt et de remise en route avaient été donné par Tonks qui se trouvait être celle qui avait touché la gemme dans le placard. Il devait exister un lien aussi ténu soit il entre la magie de la jeune femme et celle qui émanait de la pierre.

Le souvenir reprit au moment où, abandonnant l'idée de continuer à frapper à mort son neveu, le Moldu se décidait à utiliser des arguments plus pénétrants mais tout aussi dévastateur pour le corps et l'esprit du garçon qui semblait se perdre dans un néant absolue bien au de là de la souffrance physique. L'enfant n'avait plus la force de crier, encore moins celle de se défendre, et certainement pas celle de s'enfuir.

Tonks serra les mâchoires et crispa ses poings jusqu'à faire entrer ses ongles dans la chair de ses paumes. La douleur qu'elle ressentit lui donna l'impression d'être parcourut par la foudre. Son corps tout entier trembla et sursauta mais elle ne desserra pas les mains. Elle sentit une puissante force magique se rassembler autour d'elle et former comme un cocon protecteur. La pression des émotions de l'enfant se fit un peu moins pressante sur son esprit. Comme s'il ne s'agissait plus que de très ancien souvenir dont le temps aurait pris soin d'atténuer la peine et d'éroder les émotions dévastatrices qui en émanaient. Les sentiments de Harry ne l'agressaient plus mais pourtant cela ne les rendaient pas agréable à regarder. Du coin de l'œil, elle s'aperçut qu'il en allait de même pour ses deux collègues.

Sans se poser davantage de question sur l'origine de cette énergie qui se liait à elle comme pour lui indiquer la marche à suivre pour se détacher des émotions de l'enfant, elle se concentra pour maintenir et renforcer la barrière entre la douleur qui provenait de l'enfant et celle qu'elle s'infligeait. Cela lui permettait de résister, de tenir bon devant la torture à laquelle elle assistait impuissante. La distance qu'elle pouvait distinguer entre les deux origines de souffrance lui assurait une sécurité pour son esprit qu'elle fut soulager de maîtriser de mieux en mieux de minute en minutes.

Principalement, parce que le spectacle devant ses yeux ne semblaient pas vouloir s'arrêter de ci-tôt. L'homme n'avait plus aucune retenu, agissant seulement pour satisfaire un besoin de dominer et de briser les dernières résistances de l'enfant.

Ensuite, parce qu'ainsi, les effets des émotions de l'enfant se faisait moins ressentir dans son corps et dans son cœur. Cela n'enlevait rien à l'horreur de la scène, mais au moins elle pouvait garder l'impression que ce n'était pas elle. Elle en éprouvait du soulagement et une honte incommensurable. Soulager car ce n'était pas elle sur ce lit. Honteuse car elle culpabilisait de se sentir protégée des émotions de l'enfant et d'en éprouver de l'apaisement .

« Personne n'est capable de supporter ce qu'il a vécu, surtout sur la fin, c'est pour cela que vous avez été placé sous un bouclier » Intervint une voix dans leur tête. « On voit que vous avez l'habitude de réagir promptement vu votre habileté à maîtriser ce sortilège de bouclier. Il a fallut un certain temps à Harry pour le maîtriser mais il s'est appliqué dès son plus jeune âge, question de survie»

Tonks redressa la tête cherchant à découvrir qui leur parlait. Mais en dehors des deux autres et elle il n'y avait personne. Pourtant elle pouvait sentir une présence. Il y avait comme les battements réguliers d'un cœur qui se faisait entendre en sourdine.

« Je suis le gardien de la sentence. Mon créateur m'a demandé de veiller à ce que les premiers sorciers qui oseraient franchir mes portes ,sachent le traitement dont a été victime l'enfant de la magie qui avait été confié à ceux qui s'abritaient sous mon toit.»

« La maison? Vous êtes la maison? » S'étonna Kingsley en écarquillant les yeux de stupeur.

« Oui. J'applique la sentence comme me l'a ordonné mon créateur, car pendant des années ,j'ai été le témoin impuissant des actes insensés qui ont été commis sur un enfant. Heureusement la magie était avec lui, et elle l'a guidé dans la confection de son bouclier. Elle m'a imprégnée moi aussi tout au long de ces années, c'est pourquoi mon créateur à pu cristalliser mon cœur.»

« C'est grâce à cela que le garçon n'est pas devenu fou, n'est ce pas? » Interrogea Kingsley. « Ce bouclier est une protection de l'esprit. »

«Oui, elle lui a montrer comment se détacher de ce qu'il subissait, comme si ce n'était qu'un cauchemar ou quelqu'un d'autre qui se trouvait à sa place. »

« Pouvez vous nous parler de votre créateur? » questionna Maugrey.

« Non, je ne peux communiquer avec vous qu'à propos des faits qui ont eu lieu en mon sein. »

Il y eut un temps de silence pendant lequel les sorciers réfléchir et Maugrey fut le plus rapide pour poser la question suivante.

« Vous pouvez donc nous montrer votre naissance ? »

« Oui, cela arrivera...Après... »

« Après quoi? » demanda Tonks à bout de patience. Malgré le bouclier le spectacle restait plus qu'affligeant.

Le gros Moldu s'acharnait toujours sur son neveu en émettant des sons qui n'avait plus rien d'humain et que par respect pour les animaux, Tonks refusait à qualifier de bestiales. Puis les traits de l'homme se figèrent, restant contracté un court instant avant de se détendre et que sa bouche se torde dans un rictus suffisant.

« Voilà qui est bien mieux! Les animaux de ton espèce devraient toujours être comme tu es en ce moment: silencieux, soumis, et reconnaissant pour le bien qu'on leur procure » Marmonnait d'une voix désagréablement rauque et fatigué l'affreux gros bonhomme à l'oreille de Harry.

Repu, il se rhabilla quittant la pièce sans aucun regard pour sa victime qui ressemblait à un pantin désarticulé, brisé sans plus aucune étincelle de vie. Le sang s'écoulait des nombreuses plaies de l'adolescent. Mais pas de larme. Les hématomes et les contusions se coloraient sur l'ensemble du corps meurtris. Mais plus aucun gémissement.

« Ce n'est que la première mort. » annonça la voix de la gemme-cœur avec détachement.

« Première mort? » répéta Shacklebolt en fronçant des sourcils. Il lui semblait avoir lu quelque chose à ce propos dans un vieux texte mais il ne parvenait pas à s'en souvenir.

Dans l'illusion désormais, l'adolescent se trouvait seul dans la petite chambre. La porte avait été refermé et les verrous tirés. La cage thoracique se soulevait avec peine. Ses yeux fixaient un point vague au plafond, ils n'exprimaient plus rien. Mais le plus insupportable fut quand plus aucune émotion ne leur parvint de Harry. Jusque là ils avaient partager sa souffrance mais à partir de cette instant, le garçon était bien au de là de tout et plus rien ne semblait pouvoir l'atteindre. Son esprit ne semblait pas seulement vide, il était comme anéantis.

« Voici la seconde mort »

Kingsley poussa un gémissement et s'effondra à genoux sur le sol de la petite chambre, pleurant comme il n'avait jamais pleurer de sa vie auparavant et frappant de ses deux poings le parquet défoncé. Pour lui, il était évident qu'ils étaient arrivé trop tard. Beaucoup trop tard. L'adolescent sur lequel reposait tous leurs espoirs était mort, sans avoir eut le soutien et l'affection que mérite tout enfant. Ils l'avaientt trahis eux aussi!

Maugrey lui était livide et tremblait sans chercher à l'arrêter, sans chercher à le cacher. Son regard fixé sur l'enfant au corps brisé, comme si les mots de la voix avaient du mal à faire leur chemin dans son esprit. Comme si a chaque fois qu'il voyait la poitrine de l'adolescent se lever, cela repoussait au loin la véracité de ces paroles. Au plus profond de lui, il se repassait la conversation qu'il avait eut avec Miss Figg. Elle lui avait dit que Harry était parti. Cela ne voulait pas dire mort! Non impossible! Le gamin ne pouvait pas être mort! Pas maintenant qu'il savait et qu'il n'avait pas eut l'opportunité de se faire pardonner, de se racheter!

Tonks ne comprenait pas : Mourir une fois lui semblait amplement suffisant. Si ce que la maison leur communiquait était vrai, ils étaient arrivé trop tard. Harry était mort. Non si Harry était décédé, les Dursley ne serait pas en bas prit dans leurs visions cauchemardesques, il seraient mort à leur tour! Et cela n'aurait été que justice!

Certainement après d'atroces souffrances et une lente et longue agonie, mais ils n'auraient retrouvé que des cadavres!Ou mieux encore rien du tout! Harry n'était donc pas mort! Impossible! Elle voulait s'en convaincre alors elle tenta d'avoir le fin mot de l'histoire.

« On ne peut plus rien faire, n'est ce pas? » demanda-t-elle à la voix. « Ce que vous montrez c'est le passé, il est trop tard. Si je m'approchais de ce lit pour le serrer dans mes bras, cela ne changerait rien. Harry est mort. »

« Pourquoi feriez vous cela? »

Drôle de question! Pensa Tonks tout en cherchant la réponse. Lui assurer qu'il n'était pas seul? Superbe consolation au moment de mourir après avoir vécu en enfer pendant plus que quinze ans! Lui dire qu'il devait encore se battre? Et pourquoi? Pour qui? Des hypocrites? Des gens, dont elle avait fait partie et qui préféraient se voiler la face plutôt que d'agir et de se prendre en main? Lui dire que ses parents seraient fiers de lui et qu'ils l'attendaient certainement dans un monde meilleur? Non! Ces mots là sonnaient tout aussi faux que les autres! Ses parents ne pouvaient pas l'attendre ci tôt ! Ses parents auraient voulu qu'il est une enfance, une vie d'adulte, pas qu'il termine comme un paria sur un lit miteux à quinze ans!

Il n'y avait qu'une seule chose qu'elle avait envie de demander à l'enfant meurtris qui s'éteignait doucement sous leurs yeux.

« Pour lui demander pardon, et s'il l'acceptait, l'aimer et le protéger »

« Protéger? » Répéta la voix avec ce qui sembla être une ironie froide et mordante.

« Oui » reprit elle sans hésitation. A sa place la jeune sorcière devait bien admettre qu'elle aurait aussi douté des intentions des sorciers qui se trouvaient sous son toit, mais elle était déterminé. Maugrey avait eu raison quand il avait assurer que pour pouvoir aider le garçon il leur faudrait regarder la vérité en face.

« Comment compterais-tu t'y prendre? » demanda la voix avec curiosité et attente comme si ce qu'allait décider de faire Tonks pouvait encore tout changer. Après tout la voix ne lui avait pas dit qu'elle ne pouvait pas s'approcher du lit de Harry. Elle ne le lui avait pas interdit.

« Juste comme cela. » fit la jeune sorcière en s'avançant vers l'enfant et en laissant sa magie s'échapper pour l'entourer et avec d'infini précaution le soulever alors qu'elle s'asseyait sur le lit. Tonks n'avait jamais auparavant utiliser sa magie de la sorte. En fait, elle ne réfléchit pas trop sur le comment elle faisait pour que sa magie donne l'impression d'être un prolongement de son corps et de son esprit, pour uniquement se focaliser sur pourquoi elle le faisait.

Harry fut déposé sur ses genoux et elle le serra dans ses bras sans mettre de force dans son étreinte pour ne pas prendre le risque de le blesser davantage. Puis elle laissa sa magie pulser autour d'eux au même rythme que le battement lancinant et parfois hésitant du cœur de l'enfant. Elle chassa de ses émotions tout ce qui pouvait être mal interprété pour ne laisser place qu'à un seul sentiment. Elle repoussa la pitié, la peur, la colère pour une émotion plus forte qui venait du plus profond d'elle même. Un sentiment qu'elle avait appris de sa mère. Un cadeau qu'elle ignorait posséder, mais qu'elle était disposée à partager avec l'adolescent meurtris. Un trésor précieux qu'elle chérirait davantage à partir de cet instant. Un bonheur qui se suffisait à lui même et qui de tout temps avait été un guide pour l'humanité.

Au manoir Prince au même moment, Dénal toujours sous sa forme animal se mit à scintiller attirant l'attention des autres présent dans le salon.

Après un déjeuner tardif, ils avaient passé l'après midi à mettre au point un emploi du temps adapté aux leçons que comptaient donner les chimères à leur servant, mais aussi pour intégrer les cours que pourraient donner Augusta, Severus et Narcissa aux trois adolescents.

Dire que Drago fut heureux d'apprendre qu'en plus de ses devoirs de vacances, il allait devoir suivre des cours en compagnie de deux Gryffondor, eut été un mensonge, mais s'étant engagé à se montrer civilisé, il n'avait émis aucune récrimination, se contentant d'une moue boudeuse. Augusta avait fait visiter le manoir rapidement aux Malefoy leur expliquant que s'ils se retrouvaient devant une porte qui refusait de s'ouvrir, c'était qu'il n'avait rien à y faire et il était donc inutile d'essayer d'en forcer l'entrée, aussi bien avec un sort qu'avec des stratagèmes Moldus!

Encore fatigué, Harry s'était endormit sur le tapis contre Ialon, lui aussi toujours sous sa forme animale, se laissant bercer par les voix des autres qui discutaient des règles à suivre dans le manoir. Elles n'étaient pas si nombreuses et Drago fut rassuré de savoir que Neville et Potter serait logé à la même enseigne que lui. Ils finissaient tous de prendre une collation dans la salon quand la plus jeune des chimères se mit à briller chaudement.

Alyd fronça les sourcils. Ce qui se passait en ce moment, il ne l'avait pas prévu. La probabilité que cela arrive avait été si infime qu'il l'avait négligé. Il sourit car ce qui arrivait n'était pas si dérangeant qu'il l'aurait crut, même si cela changeait ses plans et qu'il allait devoir se rendre sur place.

Dés que les trois Aurors avaient franchis le seuil du 4 Privet Drive, il avait été avertis de leur présence et avait communiqué aux deux autres chimères l'identité de ceux qui étaient censé récupérer Harry. Severus n'avait pas parut surpris du choix des envoyés de Dumbledore, il avait même ricané marmonnant tout bas, qu'il donnerait tout ce qu'il avait pour voir la tête de Maugrey quand il prendrait conscience des erreurs du vieux directeur.

Dénal quand à lui avait été un peu contrarié quand Alyd lui avait expliqué qu'ils allaient tout voir. La chimère aux mèches argentées savait quelle punition avait infligé Neville aux Durlsey. Il avait trouvé cette condamnation à vivre son cauchemar de l'intérieur, comme si c'était eux que l'on torturait, des plus approprié. Surtout quand Alyd lui avait assuré que leur peine durerait autant que la sienne, quinze ans. Enfin cela s'ils arrivaient à surmonter la douleur physique et moral que cela allait leur infliger. Sinon? Bah ils mourraient certainement, mais ni Dénal ni Alyd n'allaient les plaindre. Ils avaient mérité cette juste punition.

Le scintillement autour de Dénal s'accentua davantage et le sourire qui s'épanouit sur le visage de la jeune chimère trouva un écho sur celui de ses frères. La chaleur et la magie qui se dégageait de cette émanation lumineuse était douce et puissante, enveloppante et aimante comme jamais le tout petit n'en avait ressentis auparavant.

Awa le savait tout comme Alyd et tous les deux s'accordaient pour penser que Dénal chérirait comme un précieux cadeau cette onde apaisante qui malgré la distance aussi bien spatiale que temporelle, parvenait à le toucher au plus profond de son cœur d'enfant. Ialon n'aurait pas crut qu'un membre de l'Ordre fidèle à Dumbledore comme un chien à son maître, aurait démontrer autant de compassion. Parce que cela se sentait dans la magie en cours devant eux, la personne qui réalisait ce miracle n'agissait que pour le bien être de l'enfant qu' Harry avait été. La personne qui l'étreignait chez son oncle et sa tante, lui offrait un repère qui avait manqué à Harry.

Ialon se leva saisissant le tout petit par la peau du cou avec délicatesse sans le réveiller. La lumière continuait de pulser autour d'eux les baignant tous de sa chaleur et de sa douceur.

« Excusez nous pour cette petite démonstration! » dit-il en s'apprêtant à sortir du salon en utilisant sa voix mentale dirigé vers tous. « Dénal a quelques petits ennuis pour contrôler sa magie. »

«Aucun problème! » Assura Drago en secouant la tête comme pour chasser les émotions que faisait naître en lui les vagues de magie parvenant jusqu'à lui. Pas que cela soit désagréable, non c'était même un peu trop bien. Trop fort et trop pur pour ne pas le bouleverser. Il ne voulait pas se laisser attendrir, pas devant les trois chimères qui inspiraient plus la puissance et la maîtrise que la démonstration sentimentale et l'épanchement.

« C'est même pas ma faute! » S'insurgea Harry d'une voix mentale ensommeillée à l'intention de ses aînés.

« Nous le savons, mais c'est une excuse suffisante pour nos invités pour le moment. Je me voie mal leur expliquer que la magie que nous ressentons, vient d'une Auror qui se trouve prise dans une illusion racontant le passé du survivant! » Bougonna Severus en sortant pour se rendre au nid

« Présenté comme cela, évidemment... » Bafouilla Harry avant de sombrer de nouveau dans un sommeil agréable, bercé par la magie de Tonks.

« Je vais devoir aller sur place pour savoir de quoi il retourne » annonça Alyd qui n'avait pas perdu une miette de leur conversation, tout en étant resté avec les Malefoy et sa grand-mère.

« Entendu. » Répondit Severus. « Trouvez une excuse pour nos hôtes et éclipsez vous. Je vais déposer Dénal dans le nid et revenir en temps que Severus pour garder un œil sur eux. »

« N'aviez vous pas prévu de vous rendre au quartier générale de l'Ordre? » Demanda La chimère dorée en levant un sourcils circonspect et cherchant une bonne excuse pour s'absenter à son tour.

« Oui mais... »Répondit avec hésitation Severus tout en déposant son fardeau sur les coussins du nid

« Ne vous inquiétez pas pour moi. » Murmura Dénal dans leur esprit avec une vague de chaleur et de reconnaissance. « Nous devons continuer à avancer dans notre mission et pour cela il faut savoir ce que Dumbledore nous cache. Vous pouvez partir sans crainte »

Severus aurait pu tergiverser et s'opposer à la décision de Dénal, mais il avait raison. S'il se présentait au QG avant l'annonce de la disparition officielle de Harry cela pouvait jouer en leur faveur. Si le directeur de Poudlard se retrouvait acculé dans ses derniers retranchements, il n'auraient pas d'autre choix que de leur révéler ce qu'il tenait à cacher. Il répugnait à laisser le gamin tout seul mais il n'avait pas vraiment d'autres options.

« Et puis je ne serais pas tout seul puisque je serais avec vous au Square Grimmaurd» Annonça malicieusement le gamin en se pelotonnant confortablement au milieu des coussins. « Même si ce n'est que par l'esprit et par vos yeux, je veux voir leur réaction quand ils apprendront ma disparition. »

Severus soupira avant de lécher avec affection le haut du crane de son cadet ce qui fit rire de joie le plus jeune. Harry n'aurait jamais pu l'avouer mais ce genre de démonstration affectueuses, il en avait besoin. Sentir l'inquiétude de son aîné, le souci qu'il avait de lui et de son bien être était vital. N'importe quel autre enfant aurait pu trouver gênantes les marques d'affections de l'adulte, mais Harry en avait tellement manqué dans son enfance. Il avait tellement attendu après ce réconfort et ce sentiment de sécurité qu'il acceptait les câlins un peu rude de Severus. Si on lui avait dit quelques jours plutôt qu'il en serait là avec son professeur de Potion, il aurait conseiller à son interlocuteur d'aller se faire soigner, poliment mais fermement. Il savait aussi que si on avait tenu le même discours à Severus, il aurait eu aussi une tout autre réaction loin d'être aussi compatissante.

Et maintenant?

Maintenant peu lui importait ce que les autres pensaient, Harry découvrait que la vie ce n'était pas qu'une succession d'épreuves désagréables auxquelles il devrait toujours faire face seul. Non ce n'était pas que cela. La vie ne se limitait pas à ça! Il existait des gens qui décidaient de lui venir en aide. Il y avait des gens qui acceptait de changer leur manière de voir le monde pour lui, pour que son histoire ne se reproduise pas. Il y avait encore des gens bien. Severus et Neville n'avaient été que les premiers. Les premiers d'une longue série espérait la jeune chimère.

A suivre...