Chapitre 30: Pendant ce temps là, ailleurs et nulle part...

Le bruit d'un bâton frappant le sol plusieurs fois attira l'attention de toutes les personnes se trouvant dans l'immense salle. Le bruit résonna et s'amplifia dans la grande pièce qui se trouvait être aussi une cavité souterraine de grande taille, attirant l'attention de tous les convives. Les lumières magiques qui éclairaient les invités augmentèrent d'intensité suivant la même progression que le martèlement lent et puissant du bâton sur le sol pierreux de la grotte.

Un homme vêtu d'un élégant costume noir actionnait l' imposant morceau de bois presque aussi grand que lui, sur un rythme soutenu comme si l'imposant bâton ne pesait rien pour lui. Le bâton était une œuvre d'art en lui même, tant le bois, du chêne certainement, dont il était constitué avait été taillé de manière harmonieuse lui conférant des courbes sinueuses autour d'un axe droit. Sur toute sa longueur un serpent se découpait s'enroulant autour du manche principal qui semblait être d'un bois plus sombre que celui du reptile. Le pommeau représentait la tête de l'animal qui fixait les invités d'un regard rouge vif alors que deux excroissances de bois, formant des ailes se déployaient vers le haut et l'arrière masquant le visage de l'homme.

« Que mademoiselle Fleur Delacour s'avance !» Cria-t-il d' une voix forte et claire qui finit d'attirer l'attention de tous.

Parfois, rarement mais régulièrement, il arrivait à l'aînée des Delacour de maudire ses parents pour le prénom qu'ils lui avaient donné. Surtout quand elle rencontrait des jeunes gens de son âge et encore plus quand il s'agissait de moldu. Fleur bien que n'étant pas un prénom des plus usité chez les sorciers, n'était pas si excentrique et farfelu que d'autre et pouvait facilement passer dans la conversation, mais avec les moldus, elle ne comptait plus le nombre de regard interloqué et ou moqueur qu'on lui avait lancé après qu'elle se fut présentée. Pourquoi ses géniteurs ne lui avaient ils pas donné un nom élégant et passe partout comme celui de sa petite sœur. Gabrielle ne rencontrerait jamais les mêmes difficultés qu'elle!

Bref sa rancœur envers ses parents n'avait pas lieu de s'exprimer ici et maintenant. Dans un premier temps parce qu'elle leur avait déjà fait par de son ressentiment et d'autre par parce que les personnes qui l'entouraient, n'étaient en aucun cas de simple moldu. Donc elle n'avait pas à avoir honte de son prénom. Elle n'avait pas à rougir et pouvait affronter la situation la tête haute. Enfin cela c'était avant...

« Fleur! » la tira de ses pensées la voix tendue de son père tout en lui posant une main réconfortante sur son épaule. Elle soupira se gardant bien de répondre, car elle savait que sa langue la trahirait et laisserait sa rancune s'exprimer au lieu de sa raison. Et ce n'était pas le moment ni l'endroit. Son père tout comme elle, n'était pas responsable des rumeurs et cancans qui faisaient d'elle la risée des sorciers français.

Sans dire un mot, elle se faufila entre les personnes qui se trouvaient devant elle et qui s'écartèrent pour la laisser passer. Les sorciers lui cédaient le passage comme si elle était une pestiférée, comme si le moindre contact avec sa personne pouvait les contaminer avec une maladie honteuse et inavouable. Les autres créatures présentes affichaient un air condescendant qui ne lui plaisait pas plus. Elle n'avait rien à faire de leur pitié! Qu'il aille se la mettre où elle pensait! Seuls certains de ses plus vieux amis lui sourirent pour lui apporter leur soutien. Cela la réconforta, eux la croyaient quand elle certifiait n'avoir rien fait qui trahissait l'honneur des sorciers. Il y avait aussi parmi la foule quelques regards neutres qui ne s'autorisaient pas à émettre de jugement et elle appréciait leur réserve.

Elle pouvait toujours sentir la main de son père dans son dos et cela la réconfortait. Elle aurait tellement aimé pouvoir se trouver ailleurs. Mais elle refusait de se montrer lâche. Elle avait fait de son mieux pour remplir sa mission et remporter le tournois des trois sorciers! Elle avait lutté de toutes ses forces et de tout son pouvoir! Elle avait été au de là de ses limites et de sa résistance physique. Elle n'avait pas honte d'avoir échoué. Elle savait qu'elle n'aurait pas pu faire plus. Elle ne considérait pas cela comme un échec. Plutôt comme une regrettable défaite qui lui avait permit de se remettre en question et de chercher à progresser pour éliminer ses faiblesses.

Alors elle fit un pas puis un autre s'avançant d'une démarche assurée vers l'estrade ou se tenait le crieur. Elle ne prêtait aucune attention aux murmures et aux rumeurs qui la suivaient. Peu lui importait les ragots, comme si cela allait changer quelque chose, comme si ces gens avaient une idée précise des évènements. Elle savait cependant qu'ils étaient comme elle. Ils ignoraient le motif de cette convocation et ne pouvaient que supposer. La seule personne qui pouvait avoir une idée claire de la situation se tenait sur l'estrade à la gauche de l'homme qui l'avait appelé.

Elle sentit la main de son père quitter son dos alors qu'elle faisait les derniers pas pour s'incliner dans une révérence parfaite devant le trône qui se trouvait sur l'estrade. Elle garda un instant la tête basse attendant l'autorisation de se relever alors que les murmures se calmaient doucement.

«Relève-toi, mon enfant. » L'autorisa une voix suave et charmeuse.

Fleur se redressa alors et fixa la femme qui se tenait sur le trône dans une pause royale et qui dardait sur elle des yeux couleur rubis. La robe que portait la femme avait une coupe simple qui la mettait en valeur. De couleur vert jade, elle moulait parfaitement le haut du corps voluptueux pour finir par s'évaser de la taille aux chevilles. Une longue chevelure brune et lisse cascadait dans le dos de la femme qui dégageait un charme envoûtant qui ne pouvait s'expliquer que par la nature magique de la créature qui lui faisait face. Le seul ornement qu'elle portait était une escarboucle incrusté au milieu de son front et qui brillait d'un éclat rouge vif rappelant la couleur de son regard. Et celui du serpent sur le bâton

Son apparence actuelle n'était que celle qu'elle prenait pour les réunions formelles et officielles, mais Fleur connaissait bien l'aspect réel de la créature qui avait la lourde charge de garder la cohésion au sein de la communauté magique française. La Dame Vouivre vivait dans un des lieux les plus magique de son pays dans un immense réseau de grotte et n'en sortait que rarement veillant sur la source de pouvoir que se trouvait un peu plus profond dans le réseau souterrain, source de magie qui avait été confié à la Dame Vouivre et dont elle était le gardien depuis bien des saisons. Son apparence ne reflétait pas son âge véritable. Fleur le savait. La Dame était bien pus âgée que son visage enjôleur et les courbes harmonieuses de son corps ne le laissaient supposer.

Fleur n'avait pas peur de la Dame. Elle la côtoyait depuis sa plus tendre enfance. Elle savait que les évènements auxquels elle avait été mêlé pendant l'année qu'elle avait passé en Angleterre, avait attiré l'attention de la créature et que celle ci ne jugeait pas sa défaite comme une déception. Fleur espérait que cette convocation officielle mettrait les choses au clair avec le restant de la communauté magique et qu'elle ne serait plus traiter en paria pour n'avoir pas remporté la coupe. Lors de son premier rapport avec la Dame Vouivre, Fleur avait dû rapporter tous les évènements dont elle avait été témoin mais elle n'avait pas pu se résoudre à révéler ce qui lui faisait vraiment honte. Ce qui la rongeait bien plus que sa défaite. Au fond d'elle, elle se sentait vraiment soulagée de n'avoir pas été capable de se maîtriser et d'avoir perdu tout contrôle dans le labyrinthe.

Si cela n'avait pas été le cas, elle serait morte. Morte à la place de Cédric. Et elle éprouvait beaucoup de remord à ressentir un tel soulagement. Pas qu'elle aurait pu faire quelque chose de plus que le garçon si elle s'était retrouvée confrontée au puissant mage noir. Elle n'aurait eut aucune chance, mais elle avait dû mal à vivre avec la culpabilité qu'elle ressentait.

Sans oublier qu'elle pensait que pour Harry la situation devait être encore plus embarrassante et stressante. Lui avait vu mourir son camarade devant lui. La culpabilité qui devait ronger le garçon devait être monstrueuse. Et Personne ne semblait vouloir lui accorder de soutien! Les journaux le faisaient passer pour fou et Dumbledore laissait faire! C'était honteux et rageant!

Si elle avait pu se mêler de cette affaire. Si elle avait eut à sa disposition un moyen de venir en aide au jeune homme, elle l'aurait saisit sans hésitation! Elle lui devait bien cela! Il avait sauvé sa sœur dans le lac! Rien ne l'y obligeait! Mais avec courage et allant au delà de ses propres limites, il avait sauvé Gabrielle. Elle avait une dette énorme envers le sorcier anglais surtout si on ajoutait au sauvetage de sa sœur, le sien lors de l'épreuve du labyrinthe. C'était grâce à Harry qu'elle s'en était sortit!

Mais elle n'avait aucune possibilité, aucune marge de manœuvre pour convaincre les hauts dignitaires français qu'il fallait aider le jeune Potter. Et pour Fleur c'était cela l'échec, ne pas pouvoir rendre la pareil au jeune sorcier qui leur avait sauvé la vie à sa sœur et elle.

Depuis son retour en France et la fin des cours, elle avait senti grandir comme un mal être ambiant. Comme la montée d'un orage quand le ciel devient bas et l'air étouffant. Pour une raison qui lui était inconnue, pour la première fois depuis bien longtemps, la magie s'agitait. Elle n'aurait pas su dire si cela avait un rapport directe avec ce qu'elle avait vu en Angleterre mais elle était prête à mettre sa main au feu que quelque chose se préparait. Quelque chose de terrible mais aussi de très attendu qui rendait fébrile toutes les créatures magiques. Il n'y avait qu'à voir les regards inquiets qu'échangeaient les différents représentants des races magiques présents ce jour pour se rendre compte qu'un événement majeur allait se produire.

De son point de vue, elle sentait sa magie velane s'agiter et son cœur se troubler. Elle n'arrivait pas à déterminer si les sentiments contradictoires qu'elle éprouvait étaient un bien ou un mal. Elle se sentait perdue. Tellement qu'elle avait fini par attirer l'attention de la Dame sur sa personne, ce qui pouvait s'avérer être un grand honneur, comme un grand problème. Surtout si Fleur l'avait déçu et cela elle ne pourrait se le pardonner.

«Notre système est bien différent de celui des Anglais. Nous n'envisageons pas les choses de la même manière. Il ne nous appartient pas de juger de leurs actes ni de nous mêler de leurs affaires » Reprit la Dame en fixant la jeune fille droit dans les yeux. « D'après ce que tu nous a raconté, la menace du retour de ce mage noir ne doit pas être prise à la légère. »

Fleur inclina gracieusement la tête tout en serrant discrètement les poings. Là, la Dame Vouivre ne lui apprenait rien et aux autres personnes présentes non plus. Tous connaissaient les principales différences entre leur système politique et celui des Anglais. La plus importante étant que le système français intégrait toutes les races magiques existantes dans son pouvoir politique et exécutif. Bien sûr leur gouvernement n'était pas parfait et il y avait comme partout quelques dysfonctionnements et des brebis galeuses, mais tous les citoyens magiques possédaient les mêmes droits et les mêmes devoirs!

« Je sais bien, jeune fille que tu souhaiterais retourner là-bas pour apporter ton aide à tes amis. En tant que sorcière sous ma responsabilité, je ne peux te laisser aller risquer ta vie pour un idéal qui n'est pas celui que nous défendons. » Lui dit la Dame Vouivre d'une voix douce mais ferme qui ne laissait aucun doute sur l'intransigeance des paroles de la créature.

Fleur savait aussi que s'impliquer dans la vie politique anglaise même avec les meilleures intentions du monde ne seraient pas bien vue. Aussi bien par les Anglais que par les autres communautés magiques étrangères alors que faire? Que faire si politiquement, les sorciers français ne pouvaient pas venir en aide à leur compatriotes anglais? Devaient ils laissé la guerre enflée et attendre qu'elle se déversé dans leur monde?

Parce que tous le pressentaient, la guerre si le Seigneur des ténèbres imposait son règne, il ne s'arrêterait pas à la frontière! Et enfin d'un point de vue tout à fait personnel: Devait elle abandonner les amis qu'elle s'était fait là bas? Devait elle oublier la dette qu'elle avait contracté envers le jeune Harry? Elle se mordit l'intérieure des joues pour ne pas hurler sa frustration et défier la Dame.

« Cependant d'autre fait que je me dois de vous révéler change sensiblement la donne. » dit la Dame Vouivre en laissant errer son regard sur l'ensemble des convives. « La magie s'agite comme elle ne l'a pas fait depuis bien longtemps, mais je sais qu'elle nous annonce un renouveau. Un bouleversement qui place le retour de ce Lord noir au second plan. »

Fleur sursauta et ouvrit la bouche pour intervenir mais l'éclat rougeoyant dans les yeux de la Dame Vouivre fût suffisant pour la faire taire. Elle devait se maîtriser. La Dame avait un plan en tête et elle ne semblait pas s'opposer à aider les sorciers anglais, mais elle cherchait juste un bon arguments pour convaincre et ses partisans et les autres communautés.

«Très peu parmi vous sont assez vieux pour se souvenir du dernier jugement, mais vous savez tous ce que l'apparition d'un Clan Chimère annonce. » Continua la Dame alors que tous palissaient dans l'assemblée et qu'un murmure se répandit . « Fleur, en temps que Héritière par le sang des vélanes qui circule dans tes veines, tu dois te présenter devant les chimères. »

Fleur devint blême mais elle comprenait ce que l'arrivée d'un clan chimère annonçait et elle se mit à réfléchir rapidement à ce que cela impliquait pour son pays, son gouvernement et pour elle. Elle n'était pas l'héritière de sa famille pour rien. Elle connaissait les implications et l'engagement dont les races magique devaient faire preuve à l'égard des Chimères. Elle sourit doucement. Si en tant que sorcière, elle ne pouvait pas intervenir, de part ses devoirs envers le clan chimère sous le couvert de son ascendance velane, elle devait se présenter à elles quand elle la convoquerait, comme beaucoup d'autre dans cette salle.

« J 'ai reçu une lettre de la part de Gringotts. Elle est adressée aux représentants des races magiques exilés sur notre sol mais ayant des intérêts en Angleterre. Comme tous ici vous m'avez accordé votre confiance et placé votre destin entre mes mains, c'est à moi que les gobelins ont envoyé cette invitation et c'est donc à moi de décider qui s'y rendra. » Expliqua la Dame Vouivre alors que les murmures qui s'étaient calmé quand elle avait parlé, reprenaient de plus belle avec un peu plus d'intensité.

Fleur se sentait soulagée. La Dame ne l'avait pas appelé pour la punir ou pour cette histoire de tournois qui n'était rien comparé à l'arrivée d'un clan de chimère. Non, elle l'avait appelé devant elle pour lui confier une mission. Une quête qui lui permettrait de se rapprocher de ses amis et de leur rembourser sa dette.

« J'entends bien dans vos marmonnements que cette façon de faire ne vous convient pas. » Intervint de nouveau la Dame d'une voix sifflante et vibrante où elle laissait filtrer une partie de sa puissance pour calmer les esprits. « Je peux comprendre votre colère de vous voir imposer mon choix, mais accordez moi votre confiance une fois de plus jusqu'au jugement. Vous connaissez mon intégrité et vous savez que je défendrais l'intérêt de chacun avec impartialité.»

Le calme revint dans l'assemblée. Aucune personne présente n'ayant l'intention de remettre en cause la parole de la Dame. Personne n'était assez fou pour douter de son jugement et de sa parole. Cependant les regards qui fixaient la jeune femme sur son trône était assez sévère. Les représentants des races magique auraient voulu décider par eux même qui envoyer auprès des chimères. Et certains parmi eux ne voyaient pas d'un bon œil que cette mission soit confiée en partie à Fleur.

« J'irais donc en personne défendre les intérêts des races magiques afin de rétablir leur droit en Angleterre et pour m'accompagner je demanderais aux héritiers des familles principales de se joindre à ma suite. » Décida la Dame Vouivre. « Si vous avez des objections, je vous prierais de les formuler dés à présent, j'en tiendrais compte et si cela s'avère nécessaire je prendrais vos souhaits en considération, mais si rien ne me convint du contraire j'attends de vous que vous appuyez cette décision à l'unanimité, aussi déplaisante soit elle pour vous! »

Le brouhaha reprit. Fleur se tenait toujours droite devant l'estrade l'esprit en ébullition. Elle attendait impassible que les objections s'il y en avait se face avant que le crieur ne frappe à nouveau le sol de son bâton ce qui annoncerait la fin de la discussion.

« Ma Dame, pourquoi vous rendre en personne et vous exposer au danger? » Tenta un homme à l'allure austère sur la droite de la jeune fille.

« Parce qu'en tant que Gardienne de la source de Magie, je dois me présenter devant les chimères et leur montrer mon allégeance et l'idée de rencontrer mes homologues anglais me réjouie. Il y a si longtemps que je n'ai pas voyagé que cela me distraira un peu. Il y a des choses que seul les Gardiens peuvent faire et il me semble sentir dans les courants magiques que ma présence est attendu là-bas. »

« Alors laissez nous vous accompagner! » Intervint un autre homme. « Nous sommes plus puissant et nous avons plus d'expérience que les Héritiers. Il est risqué de partir pour un tel voyage avec pour seule escorte des jeunes gens pour le moins écervelé ... »

« A cela j'objecterais qu'il va vous falloir faire confiance à vos héritiers, car ils sont l'avenir de notre monde et que c'est ce qui est en jeu dans cette réunion à Gringotts! La nouvelle génération doit faire ses preuves, sinon elle n'acquerra jamais cette expérience dont vous parlez. » souligna la Dame.

« Mais les compétences de certains... » Tenta de continuer le sorcier en lançant un regard dédaigneux à Fleur.

« Douteriez vous de moi, monsieur? » l'invectiva avec un ton poli mais froid la jeune femme.

« Reconnaissez que votre mission à l'étranger, c'est soldée par un échec! » Lui asséna l'homme avec colère en appuyant bien sur le dernier mot de sa phrase histoire de bien marquer ce qu'il en pensait alors que les bavardages reprenaient derrière eux.

Fleur eut l'impression qu'on venait de la gifler au visage. Les rumeurs, elle pouvait faire avec, mais avec une telle accusation devant témoins elle ne pouvait pas la laisser passer.

« Echec? » Répéta-t-elle sentant sa colère s'échapper avec une aura de magie puissante qui les fit tous reculer. « Oseriez vous me reprocher de n'avoir pas remporté la coupe? Me suis je jamais enfuie devant mes responsabilités? Ou auriez vous souhaité ma mort afin que votre enfant soit désignée à ma place comme Héritier de sang? Auriez vous le courage d'assumer ici votre ambition? »

L'homme recula d'un pas devant la fureur de la jeune fille qui ne semblait pas décider à s'en arrêter là. L'enfant de ce sorcier qui n'avait pas plus de quinze ans était sa dauphine dans la succession au titre d'héritière des Vélanes. Gabrielle, sa sœur ne venait qu'après. Cela pouvait paraître chaotique comme ligne de succession mais cela se décidait à la naissance de chaque enfant lors d'un rituel spécifique au velane. Elle n'y pouvait rien. Elle n'avait rien demandé, mais elle avait accepté les devoirs et les responsabilités qui lui incombait.

« Parce que si telle est votre intention, je suis prête à relever le défi! » Gronda Fleur qui à ce moment rayonnait de puissance et de colère. « Sans faillir! C'est notre devise! Si vous estimez que j'ai faillit, je suis prête à vous prouver le contraire! »

«Tu n'as pas remporté le tournois! » L'accusa l'homme tout en se mettant à distance et en sortant sa baguette.

« Vous vous méprenez sur le sens de notre devise, monsieur » intervint une nouvelle voix qui toussota légèrement en s'avançant. Rapidement suivit par trois autres personnes qui vinrent se placer à côté de la jeune femme.

« Oui, vous vous méprenez. Notre devise ne nous demande pas de sacrifier nos vie pour un trophée de pacotille. » Assura une jeune fille qui se tenait à sa droite. « Revenir avec des informations était bien plus précieux que de mourir pour rien. »

« Comment osez vous juger de ce qui est bon ou pas!» tenta d'objecter l'homme avec colère, ne comprenant pas le soutien que les quatre individus accordaient à Fleur.

« Et vous qui vous le permet ? » Intervint avec sarcasme une troisième voix. « Nous sommes les Héritiers et seule la Dame peut estimer si nous avons manqué à notre engagement. Telle est la loi ! »

« Donc vous n'exprimez ici que votre ambition personnel et votre rancœur. Vous ne servez pas les intérêts de la communauté magique comme le devrait un noble de votre rang en apportant le soutien nécessaire à son héritière. » Déclama la dernière des héritières sur un ton méprisant. « Devons nos mes amis considérer cela comme un manquement impardonnable à son engagement envers notre communauté? »

Fleur les connaissait tous. Les Héritiers. Deux jeune filles et deux garçons. Elle les avait déjà rencontré lors de réunion où à l'occasion de grande cérémonie annuelle. Mais c'étaient la première fois qu'ils étaient tous rassemblé ensemble. C'était la première fois qu'ils faisaient front ensemble, mais Fleur avait le sentiment que cela ne serait pas la dernière.

L'homme recula blanchissant davantage devant l'accusation de la jeune femme et les regards colérique des cinq jeunes gens.

« Je crois que nous pouvons considérer la question comme étant réglée, n'est ce pas messire? » intervint la Dame avec ironie, visiblement satisfaite par la tournure des évènements. L'homme acquiesça de la tête et retourna dans le rang sans demander son reste.

La Dame Vouivre eut un petit sourire puis elle inclina la tête et le crieur frappa le sol de son bâton. La conversation était close et les décisions entérinées.


Rien.

Il n'y avait rien.

Aucune lumière, aucune odeur, aucun bruit, aucune sensation.

Ce qui avait quelque chose de rassurant puisqu'elle était morte. Elle le savait. Elle n'avait aucun regret. Elle se souvenait parfaitement du pourquoi sa vie s'était achevée. Elle n'en concevait aucune gloire, aucun sentiment de satisfaction hormis celui d'avoir l'intime conviction d'avoir sauvegardé son âme.

Refuser de prendre la marque des ténèbres était suicidaire. Elle le savait. Elle avait eut peur mais mourir ne lui avait pas parut moins insurmontable que de perdre une part de son âme. Peut être la traiterait on de lâche pour avoir opté pour la mort, pour la facilité en quelque sorte mais elle s'en moquait. Peu lui importait les états d'âme des vivants, elle était libérée de tout cela. Ils pouvaient bien la maudire pour avoir choisit d'abandonner sa vie mais elle s'en moquait. Elle avait gardé son intégrité et c'était le principal. A ses yeux tout du moins.

Quand elle y repensait, elle se disait qu'elle avait eut énormément de chance. L'autre fou hideux avait tellement été choqué quand elle avait dit « non » qu'il l'avait tué rapidement sans la faire souffrir, sans la torturer, sans faire durer son agonie plus longtemps que celui qu'il lui avait fallut pour lancer le sort de mort. Elle s'estimait heureuse, cela aurait pu être bien pire.

Elle aurait pu subir la colère de Voldemort comme Monsieur Malfoy. Mais son refus, inattendu et catégorique, avait plongé le Seigneur des Ténèbres dans un tel état de rage qu'il n'avait pas réfléchi et l'avait exterminé d'un seul mouvement de baguette. En une fraction de seconde, elle était passée de jeune fille de serpentard à l'aube de son existence à corps sans vie, à âme errante.

Tout était donc terminé. Enfin là pour ce qui était d'avoir atteint le terminus, elle avait un doute. Parce que si tout avait été fini, pourquoi avait elle le sentiment qu'elle se déplaçait vers quelque part? Pourquoi le vide qui l'entourait se changeait en un blanc aveuglant ?

Et puis tout lui revint. La vue, le son, les odeurs, les sensation sur sa peau? Non, pas vraiment sur sa peau. Son corps ne se trouvait pas là. Il ne devait même plus exister d'ailleurs, réduit à l'état de cendre lors d'un bûcher anonyme ou elle n'était même pas certaine que ses parents s'étaient rendu pour lui rendre un dernier hommage. Peu importait! Cela ne devait pas compter, ne devait plus compter pour elle. C'était fini et elle n'avait aucun regret.

Elle avait juste son apparence familière et habituelle vêtu d'une des robes qu'elle préférait mais elle n'avait pas de masse et encore moins de consistance. Ce qu'elle percevait et qui s'apparentait au sens du toucher était bien différent d'un coup où d'une caresse, juste une brise d'air sur son bras nu. Cependant instinctivement, elle savait que c'était bien plus que cela mais elle avait beaucoup de mal à saisir ce que cela impliquait.

Elle regarda autour d'elle et fut assez surprise quand elle arriva à distingué qu'elle se trouvait dans un espace plus grand que ce qu'elle avait imaginé au départ. Elle ne se trouvait pas dans une grande pièce blanche mais plus tôt dans une sorte de gare. Un peu comme celle ou elle allait prendre le Poudlard Express. Mais il n'y avait personne en dehors d'elle. L'espace blanc où elle se tenait était gigantesque, silencieux et vide. Presque effrayant!

Enfin cela ce fût ce qu'elle crut pendant un certain temps alors qu'elle marchait sans but sur le quai où elle se trouvait. Il n'y avait même pas de train dans cet étrange endroit. Elle soupira se demandant ce qu'elle faisait là.

Et puis elle arriva devant un banc sur lequel se tenait assis un grand adolescent qui lui rappelait quelqu'un mais pour le moment elle ne se rappelait pas qui. Le garçon fixait quelque chose d'invisible en face de lui et ne semblait pas avoir remarquer sa présence.

« Hello! » Dit elle en agitant la main devant les yeux du garçon qui sursauta avant de se tourner vers elle.

Ce fut à ce moment qu'elle le reconnut. Cédric Diggory. La première victime de Lord Voldemort à son retour. Même si techniquement ce n'était pas le Seigneur des Ténèbres qui l'avait tué, cela avait était fait sûr son ordre et cela suffisait pour l'en rendre responsable, non?

« Que fais-tu là? » S'étonna la jeune fille en fronçant les sourcils. Pas que sa présence la dérange. Elle ne s'attendait tout simplement pas à le voir là. Si ses souvenirs étaient bons, le garçon était décédé quelques semaines avant elle. Logiquement selon elle, il aurait déjà dû être passé à autre chose, quoi que cela puisse être, alors que faisait il là à attendre Merlin savait quoi ?

Pour l'accueillir dans ce cadre épuré elle aurait plutôt attendu un membre de sa famille. Sa vieille grand mère. Son oncle Archibald. Un de ses ancêtres lui aurait semblé plus logique que Cédric. Elle connaissait à peine l'adolescent qui se trouvait être de quelques années son aîné. De son vivant bien entendu, quoi que dans la mort aussi vu qu'il était le premier arrivé. Il avait peut être des informations à lui donner.

«Aucune idée. » Répondit il en haussant les épaules. « Et toi? »

Cédric ignorait depuis combien de temps, il attendait sur ce banc. Par moment il avait le sentiment que cela faisait une éternité et puis à d'autre qu'il venait à peine d'arriver. C'était troublant mais pas désagréable. Il fixait la jeune fille en face de lui. Il avait l'impression de la connaître mais son nom lui échappait. Mais il se souvenait l'avoir croisée dans les couloirs de Poudlard, portant la robe d'uniforme de l'école et l'écusson de serpentard, mais il était incapable de se souvenir de son nom.

« Moi? Bah comme je suis morte et vu que personne ne m'attend... »

« Morte? » Répéta Diggory en fronçant les sourcils.

Elle sut en voyant l'expression incrédule qui se peignit sur les traits du garçon que celui ci n'avait pas réalisé qu'il était passé de vie à trépas. D'après les rumeurs qu'elle avait pu entendre, il était possible que certaines âmes après une mort abrupte et foudroyante ne réalise pas qu'il avait franchis le dernier seuil séparant la vie de la mort.

Elle soupira. Elle n'avait aucune envie de voir la réalisation de cet état de fait dans le regard du jeune homme. Se rappelant qu'il avait été répartit à Poufsouffle, elle pria pour qu'il ne lui fasse pas une crise d'hystérie. Mais Cédric sembla rester indifférent à la nouvelle et ce manque de réaction lui parut tout aussi saugrenue qu'une crise de larme et d'angoisse.

«Tout comme toi . » dit elle doucement pour essayer de tirer le jeune homme de sa prostration.

Il la fixa avec encore cet air surpris sur le visage puis un éclat s'alluma dans ses prunelles. Il devait enfin se rappeler de sa mort. Les souvenirs atroces de ce jour frappèrent la mémoire de Cédric avec un impact qui lui donna l'impression d'avoir percuté un mur à pleine vitesse.

Personnellement elle n'avait rien oublié de sa propre mort et elle en était satisfaite. Personne ne pouvait se vanter d'avoir dit « non » au Seigneur des Ténèbres en dehors d'elle et même si elle en avait payé le prix, c'était une victoire qu'elle pourrait savourer pour l'éternité.

« Qu'est il arriver à Harry ? » Demanda Cédric en sortant de ses douloureux souvenirs.

« Potter, Merlin seul sait comment mais il a réussi à s'échapper de là ou vous étiez. Il t'a ramené avec lui et après il s'est mis à hurler que le Seigneur des Ténèbres était de retour! » Expliqua-t-elle en haussant les épaules et en venant s'asseoir à côté de lui sur le banc.

« Il m'a ramené...Je me souviens que je le lui avait demandé...Et après ? » Insista Cédric qui semblait reprendre ses esprits au fur et à mesure qu'elle lui parlait.

« Et bien les vacances ont commencé. Le ministère a nié l'évidence du retour de Voldemort, accusant à moitié Potter de folie. L'autre fou hideux a commencé par rassembler ses anciens fidèles et à recruter une nouvelle générations de mangemorts. C'est tout ce que je sais. »

« Tu l'appelles par son nom? Tu n'as pas peur... » lui demanda le garçon.

Elle haussa les épaules tout en soupirant.

« Je suis morte que peut-il me faire? » Répondit-t-elle sans état d'âme

« Une nouvelle génération ? » Voulu savoir Cédric qui n'avait pas perdu le nord et qui cherchait des informations sur l'état du monde qu'il avait quitté.

« Oui, il a demandé à ses anciens partisans de lui confier leurs enfants afin qu'ils reçoivent la marque et continuent à le servir comme leurs parents avant eux. Ce qui selon lui était un honneur pour lequel on aurait dû le remercier. Bien entendu le refus n'était pas envisageable. Il a fait un exemple avec monsieur Malfoy qui je ne sais trop comment d'ailleurs à épargné à Draco cette déchéance... »

« Malfoy s'est enfui? » Fit remarqué Cédric avec une pointe de mépris.

« Le père ou le fils? » Questionna-t-elle à son tour. « Parce que Malfoy père est resté pour subir la colère du Seigneur des ténèbres. Ce qui était idiot de mon point de vue. Il aurait dû fuir avec son fils. A moins bien sûr qu il ne soit resté que pour retarder le mage noir et accorder plus de temps à Draco pour s'enfuir! Quand à Draco, et bien je ne peux certainement pas lui jeter la pierre. La fuite était la seule conduite valable à tenir si tu comptais refuser la marque et survivre et que tu avais un plan en peau de dragon pour échapper au Lord... »

« Tu as refusé la marque? » Lança l'adolescent en écarquillant les yeux, visiblement surpris et admiratif du courage de sa compagne d'infortune.

« Effectivement et j'en suis morte. » Conclue-t-elle dans un soupir las. « Et détrompe toi ce n'était pas courageux, juste suicidaire, mais je le savais et c'était mon choix. Mes amis en ont fait un autre mais cela ne veut pas dire qu'ils sont moins respectable que moi. »

« Ils ont accepté. Ils ont plié et vendu leur âme pour servir le mage noir! Comment peux tu...? »

« C'est toi qui ne comprend pas. Je suis fille unique et mes parents sont des mangemorts convaincus depuis la première tentative de prise du pouvoir par cette monstruosité. Ils sont faibles et rampent depuis tellement d'année aux pieds des puissants que le retour de Voldemort est une aubaine pour eux! Moi, je ne voulais pas me faire dicter ma conduite! Choisir de mourir n'avait peut être rien de courageux mais c'était ma décision. » S'emporta la jeune fille avec colère une aura rouge se développant autour d'elle, embrassant l'air qui se mit à crépiter «Mais pour mes amis, la situation était différente! Si Blaise n'avait pas accepté, c'est un des ses petits frères qui aurait dû se sacrifier! Pansy et Théo ne voulaient pas mourir, ils espèrent une échappatoire. Ils ont l'espoir que la situation ne soit pas si horrible qu'elle semble...Enfin peu importe, ils vont tous devoir vivre avec et cela me paraît bien plus lourd à porter que mon choix! »

« Tu aurait pu t'enfuir toi aussi? » Balbutia Cédric qui finalement s'apercevant que la fuite pouvait être une solution envisageable quand la situation était vraiment désespéré. Un souvenir de ce qui s'était déroulé au cimetière lui revint en mémoire. Harry avait voulu fuir l'endroit des qu'ils y avaient pris pied mais sa curiosité à lui avait été le plus forte et il en était mort.

« M'enfuir? Je n'avais pas de plan en peau de dragon, moi! A quoi m'aurai servit de sauver ma vie si c'était pour finir par vivre dans la rue? Mendier ? Travailler? Personne de ma connaissance où de ma famille ne m'aurait recueilli après une telle trahison! Et vivre dans la pauvreté très peu pour moi! »

« Le professeur Dumbledore t'aurait sûrement reçu à Poudlard... » Tenta Cédric. Vu ce qu'elle lui avait révélé sur le ministère, Cédric savait qu'il était inutile d'attendre le moindre soutien de ce côté-ci.

L'aura de colère disparut aussi vite qu'elle avait entouré la jeune fille quand celle-ci partit d'un éclat de rire cristallin. Moqueur, ironique et devenant de plus en plus grinçant au fil des secondes

« Oh mais je n'en doute pas. Il aurait accueillit la jeune fille en détresse que j'étais à bras ouvert! »

« Il y avait donc une autre option... » La sermonna gentiment Cédric avec tristesse.

« Pauvre imbécile naïf! » S'exclama-t-elle en riant toujours. Si elle n'avait apprit à se tenir correctement en société, elle aurait roulé par terre en se tenant les côtes tellement la crédulité du Poufsouffle lui paraissait risible. « Bien sûr qu'il m'aurait accordé son aide, mais en contre partie il aurait attendu de moi que je lui sois utile. Que je lui paye ma dette d'une manière ou d'une autre! Et franchement je ne préfère pas savoir ce qu'il aurait été capable de me demander! »

« Tu exagères! Nous parlons de Dumbledore! » se récria Cédric en se levant d'un bond du banc.

Cédric savait que le directeur était le seul mage assez puissant pour s'opposer au Seigneur des Ténèbres. Il avait déjà participer à plusieurs conflits et par expérience il savait ce qu'il convenait de faire dans ce genre de situation, alors Cédric ne comprenait pas le manque de confiance qu'éprouvait la jeune fille envers le directeur. Peut être parce qu'elle était de serpentard.

« Et pourtant la demoiselle a raison. » dit une voix musicale et douce venant de leur dos.

Ils se retournèrent pour faire face à un couple vêtu à l'identique d'une robe de sorcier blanche avec des liserés rouges et argents sur les manches, le col et le bas de leur vêtement. L'homme était brun et avait dans les traits durs de son visage une expression sévère qui parut familière aux deux adolescents. Quand à la femme, un peu plus jeune que son compagnon, elle avait des cheveux roux et un sourire avenant et des yeux vert lumineux qui donnaient envie de lui faire confiance.

« Dumbledore est loin d'être aussi bon que les gens le pensent » Reprit la femme qui avait parlé en premier. « Mais nous ne sommes pas là pour faire son procès. Comme tout à chacun son heure ici viendra et ici aussi il répondra de ces actes et pensées.»

« Nous sommes réuni dans ce lieu pour vous, les enfants. » enchaîna l'homme d'une voix tout aussi douce que celle de sa compagne, coupant court aux tentatives de Cédric d'en savoir plus sur ce que les deux étranges êtres reprochaient au directeur de l'école de sorcellerie. « Nous avons besoin d'envoyer des messagers dans le monde tangible afin d'assurer notre promesse envers la magie. »

« Qui êtes-vous? » Demanda Cédric en fronçant les sourcils.

« Nous sommes de simples âmes envoyées de l'au de là pour vous proposer un marché. » Déclara l'homme. « Nos identités en tant que vivant ne vous seraient pas utile pour le moment. »

Ni Cédric ni elle n'aimait cette réponse pour le moins étrange mais aucun d'eux ne fit de remarque. Ils ignoraient tout de leurs interlocuteurs alors au tant essayer d'en apprendre le plus possible avant de les braquer ou de se les mettre à dos.

« En gros vous voulez qu'on retourne parmi les vivants? » Questionna -t-elle en se renfrognant un peu. Elle croyait vraiment en avoir fini et cela ne lui déplaisait pas. L'idée d'y retourner par contre l'effrayait. Être le témoin de la décrépitude de son monde très peu pour elle!

« Oui. Vous l'ignorez mais les Juges de la Bénédiction Magique se sont éveillée et réunit. Leur jugement sera sans appel. Le monde des morts n'intervient que rarement dans le monde des vivants, mais nous avons des accords avec les enfants de la magie qu'il nous faut tenir et assumer. C'est pourquoi un couple de représentant fantôme doit être désigné pour remplir cet office. » expliqua la femme d'une voix calme et posée.

Étant issue d'une vieille famille, elle ne fut pas étonnée d'entendre parler des Juges. Elle avait suffisamment entendu de légendes à leur propos durant son enfance pour savoir l'importance de leur présence dans le monde magique. Que les récits fantastiques de son enfance prennent vie, aurait pu la choquer mais après tout elle était morte et discutait avec de parfait inconnus de la possibilité de devenir fantôme, alors...

« Nous? Mais on ignore tout... » fit remarquer judicieusement Cédric.

Tient s'étonna-t-elle, le garçon semblait savoir lui aussi à quoi il avait faire. Elle prit quelques secondes de réflexions pour trouver une explication et se souvint que le père de Cédric travaillait au ministère et plus précisément au Département de contrôle et de régulation des créatures magiques. Il était fort possible que quelque part dans ce coin du ministère, les fonctionnaires aient appris l'existence des chimères. Sa théorie était un peu bancal mais elle ne pouvait l'améliorer pour le moment alors elle se concentra sur la conversation, notant dans un coin de sa tête de demander à Cédric plus tard.

« C'est justement un des éléments important de notre accord avec la magie. » Reprit la femme. « Les représentants des morts ne doivent pas connaître l'au de là car cela influencerait trop leur décision. Ils ne doivent être guider que par leurs connaissances du monde qu'ils viennent de quitter pour agir pour le mieux pour l'avenir de celui-ci. »

« Il y a sûrement des règles à respecter que nous ignorons... » Objecta-t-elle pour la forme car elle se rendait bien compte que finalement leur décision était déjà prise.

« Nous vous les apprendrons quand vous aurez accepté. » Annonça l'homme avec un sourire pour elle ce qui la fit rougir de honte.

Elle n'avait pas imaginé que ces pensées seraient si facilement dévoilées. Elle fixa l'homme dans les yeux et fut assez surprise de plonger dans un regard sombre qui tout comme l'expression sévère de son visage lui semblait familière.

« Parce qu'on peu dire non? » S'étonna-t-elle.

Comme tout bon serpentard, ayant développé le goût de la contradiction et de la mise en scène, à partir de cet instant, elle n'avait plus vraiment envie de refuser mais elle était bien décidée à se faire prier pour accepter. Négocier était aussi dans les qualités défendus par les gens de sa maison. Contrairement à Cédric que l'idée de refuser n'avait même pas traversé mais qui ne se sentait pas vraiment à la hauteur de la tâche tant qu'il en ignorerait les règles.

« Bien entendu. » Lui sourit l'homme brun. « Dans ce cas, un autre couple sera désigné pour remplir cette mission. Mais si cela peu vous convaincre sachez que vous n'avez pas été choisit au hasard! Vous monsieur Diggory, votre mort violente et imprévu a ébranlé l'équilibre entre nos deux mondes. Votre décès est le premier et en annonce des dizaines d'autres, victimes d'un fou sanguinaire qui pour son ambition va sacrifier bien trop d'âmes. Pour ne pas perturber l'équilibre et l'harmonie de l'au de là, vous envoyez dans le monde tangible en tant que représentant est une chance pour nous, car les actions que vous pourrez y mener, donneront du sens à votre mort et rendront l'équilibre à la balance entre nos deux mondes. Quand à vous, mademoiselle Bulstrode, votre choix, refuser la marque, a démontré que votre âme restée pure et entière dans sa mort ne manquait pas de grandeur et de compassion. Votre mort n'est pas un sacrifice inutile, vous pouvez encore intervenir pour guider vos camarades et les sauver de l'inacceptable!»

« A vous de décider. Rien ne vous oblige à accepter. Mais ceux qui iront à votre place, n'auront certainement pas les mêmes intérêts que vous. Ils ne verront pas les choses de la même façon. Car il n'y a pas une seule bonne manière de faire les choses, mais il n'en existe qu'une seule qui tient compte de ce qui compte à vos yeux, celle où vous agissez, celle où vous vous dressez contre ce qui vous révulse, celle où vous vous relevez après un échec pour reprendre le flambeau. » continua la femme rousse en repoussant ses cheveux vers l'arrière dans un geste élégant.

Après un discours pareil Milicent ne voyait aucune objection à partir en croisade pour la magie. A la simple idée qu'elle allait pouvoir apporter son aide à ses amis, cela suffisait à la galvaniser. De son vivant, elle n'avait pas pu faire grand chose, mais peut être avec l'aide des Juges arriverait-elle à sauver ceux qui pouvaient l'être encore. Elle échangea un regard avec Cédric puis hocha la tête.

« Pouvez vous nous dire ce que nous devrons faire? » S'enquit Cédric avec détermination alors qu'elle continuait d'acquiescer avec tout autant de force .

A suivre...