Chapitre 32:Visite de courtoisie.

« Allez, mon garçon! Tu ne vas pas reculer si prêt du but? Ne me dis pas qu'un griffondor comme toi, tremble à l'idée de revenir parmi les siens? »

Depuis qu'il avait fait la connaissance du langue de plomb, deux jours plutôt, Percy se demandait ce qu'il avait bien pu faire au destin ou à l'entité supérieur qui supervisait le bon déroulement de son existence pour mériter l'intérêt que lui accordait Funestar.

Non, parce que l'homme lui avait caché ses intentions premières. Le langue de plomb s'était d'ailleurs montré des plus explicite quand à ses motivations ce qui n'avait en rien rassuré le jeune homme. La franchise dont avait fait preuve le châtain avait été des plus déstabilisant pour le jeune homme qui commençait à s'habituer à l'hypocrisie qui se suintait habituellement du ministère et de ses employés. Le rouquin se demandait même s'il n'aurait pas préféré que l'autre homme garde ses informations pour lui. Rien que de sentir le poids du sortilège de secret absolu autour de son cou lui donnait la sensation désagréable d'étouffer et il n'aimait pas vraiment cette sensation.

Percy en avait appris plus sur les lois qui gouvernaient, enfin celles qui auraient dû gouverner, le monde magique qu'il ne l'avait jamais souhaité dans ses rêves. Et quand il parlait de loi, il ne faisait pas référence à celle mises en place par les différents gouvernements sorciers au cour des siècles. Non, il faisait référence aux vieilles règles archaïques datant presque de l'origine du monde. Percy avait été profondément perturbé par ce que lui avait appris Funestar. Peut être pas autant que ne l'avait été Fudge qui avait été à deux doigts de l'apoplexie, mais bien assez retourné pour avoir souhaité n'avoir jamais rien entendu!

Admettre que ce que lui avait révélé le langue de plomb était vrai, c'était reconnaître que le monde qu'il connaissait n'était qu'une illusion. C'était admettre que les sorciers faisaient fausse route dans leurs croyances depuis des générations. Cela revenait à reconnaître que les sorciers n'étaient pas infaillible et tout puissant! Et c'était dérangeant, surtout quand on avait eut l'ambition, comme Percy ne s'en était jamais caché, de se joindre à ceux qui détenaient le pouvoir, histoire de se faire une place au soleil!

Il avait maudit Funestar pour avoir détruit l'image idéale qu'il avait du monde sorcier. Il l'avait maudit et le faisait encore en son fort intérieur pour l'obliger à regarder la vérité en face et attendre de lui qu'il agisse et prennent les bonnes décisions. Enfin celles que le langue de plomb estimait être les bonnes.

Percy détestait la manière dont le langue de plomb lisait en lui comme dans un livre ouvert. Ce n'était pas humainement possible cette capacité à trouver les failles chez ses interlocuteurs et à les utiliser sans vergogne pour obtenir ce qu'il voulait! Depuis le début de leur étrange association, le jeune Weasley s'était bien rendu compte que rien ne semblait perturber ou détourner Funestar de son objectif. Même pas Fudge.

L'homme se jouait du ministre le menant par le bout du nez. Même si Fudge faisait l'impossible pour ne pas se laisser manipuler, Percy savait que le ministre finissait pas se ranger aux arguments du langue de plomb, de mauvaise grâce et à regret mais toujours le ministre avait rendu les armes s'abandonnant à la décision de Funestar.

Fudge avait beau se débattre et opposer de la résistance, il finissait toujours par se ranger à l'opinion du langue de plomb. Et pas uniquement pour avoir l'esprit tranquille ou la paix. Non, car malgré le manque évident de diplomatie de Funestar, il était indéniable que sa solution était à chaque fois la meilleure et la plus adaptée à la situation.

Si Fudge avait été convaincu qu'il devait participer à ce concile, c'était uniquement grâce à la force de persuasion du langue de plomb.

Si Percy et Funestar allaient y participer en tant que secrétaires particulier du ministre, c'était uniquement parce que le langue de plomb avait réussi à convaincre le ministre qu'il ne pouvait pas se permettre de mettre trop de personne dans la confidence pour le moment. Tout comme Fudge, il avait sentit le sceau du secret absolu chauffer légèrement autour de son cou quand le châtain avait fait cette allusion et l'avertissement était bien passé, leur ôtant la possibilité d'en discuter avec quiconque sans l'approbation du langue de plomb. Ce qui avait fait ruminer de rage le ministre un assez long moment.

Si Fudge avait opté pour rendre une visite au directeur de Poudlard accompagné d'Ombrage, c'était uniquement parce que Funestar l'avait convaincu qu'il y aurait quelque chose à en retirer. Si Dumbledore était vraiment en mauvaise santé, comme le leur avait appris Augusta Londubat, il ne fallait pas perdre cette opportunité pour récupérer l'école de sorcellerie sous l'influence du ministère.

Percy doutait que ce fût le seul intérêt que poursuivait le langue de plomb en envoyant le ministre à Poudlard. Le rouquin soupçonnait que Funestar avait profité de l'occasion pour tenir à l'écart Fudge de ce qu'il comptait faire maintenant.

Car si lui Percival Weasley se tenait présentement à la limite des protections magiques disposées autour du Terrier, la maison de ses parents, c'était uniquement à cause du langue de plomb qui avait su se montrer persuasif pour le conduire en ces lieux.

«Un grand garçon comme toi aurait peur de ses parents? Ou bien est ce la honte de tes origines qui te fait hésiter? »

Il lança un regard noir au langue de plomb qui émit un petit rire sarcastique, l'irritant encore davantage si c'était possible. Percy se demandait comment il avait bien pu se laisser embobiner. Il se remémora la conversation qu'il avait eut la veille au soir avec son étrange supérieur, histoire de trouver un argument qui lui permettrait d'éviter de franchir le pas qui l'obligerais à affronter le regard des siens.

« Depuis le temps que je travaille pour le ministère en tant que langue de plomb j'ai recueillit tout un tas d'informations. Elles ne servent à rien tant qu'il est impossible d'établir des connections entre elles. C'est le travail d'une vie que de leur donner un sens et il y a une grande part d'intuition dans la démarche de nos recherches mais quand on touche au but, on le sent...C'est dans nos tripes! Je sais que j'ai raison. Et ta famille est un des éléments important du problème alors tu va renouer des relations amicales avec eux! » Lui avait dit le langue de plomb les yeux scintillant d'excitation et d'anticipation.

Percy soupira. Il fallait qu'il l'admette rien ne pourrait détourner le langue de plomb de son objectif. Les chimères. Funestar estimait que sa famille avait quelque chose à voir avec les créatures qui le fascinaient tant et rien ne le ferait abandonner la piste tant qu'il ne se serait pas assuré soit de son erreur, soit de la justesse de son intuition.

Si le ministre qui se prêtait depuis plus longtemps que lui au jeu de la politique et de la manipulation, n'était pas parvenu à faire entendre ses arguments au langue de plomb, ce n'était pas lui, Percy simple débutant en la matière, qui allait y arriver. Il avait bien chercher à obtenir plus d'informations sur ce que croyait savoir Funestar au sujet de l'implication de sa famille, mais l'autre homme n'avait rien révélé de plus, lui répétant qu'il lui en avait assez dit pour qu'il comprenne par lui même ce qu'il tenait à vérifier.

« Je ne veux pas trahir ma famille. » Objecta-t-il en désespoir de cause. C'était exactement le sentiment qu'il avait à propos de ce qu'il s'apprêtait à faire s'il franchissait le dernier pas qui le séparait des siens. Trahir les siens, il ne pouvait s'y résoudre.

« Argument qui serait recevable que si tu n'avais pas déjà vendu ton âme au ministère, mon cher ! » ricana Funestar, savourant la grimace qui déforma le visage de Percy après sa déclaration. « Oh, tu peux te mentir à toi même sur le sujet mais je n'ai que faire de ta révolte d'adolescent attardé, alors si tu ne te décides pas à continuer d'avancer, je vais te botter les fesses jusqu'à ce qu'on soit arriver à destination! Que cela te plaise ou non! »

Percy l'avait découvert au cours de leur courte collaboration, passer quarante huit heures en permanence avec un personne pouvait provoquer ce type d'effet : Funestar n'avait pas vraiment de patience avec ses semblables. Le langue de plomb pouvait être d'une grande patience quand il cherchait des informations et montré un caractère d'ange quand il enquêtait, mais en dehors de cela, il avait un caractère bougon frisant l'anti social. Il l'avait découvert à ses risques et péril au cour de leur collaboration. Ne voulant pas en faire, une nouvelle fois, douloureusement, les frais, il s'avança d'un pas en prenant une respiration profonde.

« Vous croyez vraiment que ma famille cache quelque chose au sujet des chimères? » Demanda-t-il en sentant vibrer autour de lui la magie de la barrière protectrice le toucher et le reconnaître.

« Évidemment. » Répondit Funestar en franchissant la protection à son tour avec un sourire satisfait.

« Dans tout ce que vous nous avez appris, je ne vois pas ce qui a un rapport avec ma famille! » bougonna Percy en se mettant en marche d'un pas décidé. Maintenant qu'il avait pris sa décision, il était prêt à aller jusqu'au bout.

« As tu oublier la première règle? La première loi primordiale? » Répliqua le langue de plomb en levant les yeux au ciel tout en le suivant d'un bon pas visiblement ravie de la détermination de son coéquipier.

« Créature en quête d'espoir, accepte la magie, énergie de vie. Pour atteindre ton but, sans faillir ton être elle soutiendra. Pour peu que tu es la foi, la magie y pourvoira. » Récita sans hésitation Percy, cherchant ce que cela pouvait bien avoir comme lien avec les membres de sa famille.

« Je t'ai fournit toutes les informations pour que tu trouves par toi même, Percy. Réfléchis! »l'encouragea Funestar en accélérant le pas ce qui força le roux à courir pour être à ses côtés.

Percy d'une certaine manière se sentit flatté par la confiance que le langue de plomb accordait à ses capacités d'analyse. Cela lui mettait un peu de pression mais il était loin de détester cela. Funestar aurait pu lui donner la solution mais comme il le croyait capable de la trouver par lui même avec les éléments qu'il lui avait confié, le langue de plomb allait attendre que Percy trouve la réponse lui même.

Il rassembla les brides d'informations qu'il avait à sa dispositions et comme le lui avait dit la veille le châtain, il se mit à essayer de les assembler et les recouper pour leur donner du sens. En premier lieu, il y avait la première règle de la magie. Rien de révolutionnaire. Percy trouvait même que cette loi était pour le moins naïve par certain côté. Comme s'il suffisait de croire en quelque chose pour que cela se réalise! Même avec la magie, Percy savait que seul le travail payait.

Dans un deuxième temps, il se rappelait tout ce que Funestar avait raconté au ministre à propos de la formation de la barrière magique qui les séparait des moldus. Il leur avait expliqué le rôle des sources de pouvoir et leurs différents emplacements. Bien entendu, il en avait déjà entendu parler dans de très vieilles légendes et rien qu'à l'idée que ces artefacts existaient vraiment lui donnait la chair de poule. Mais il ne voyait toujours pas le rapport avec sa famille...a moins que... Il fronça les sourcils. Une idée venait de lui traverser l'esprit et il pouvait sentir cette fameuse sensation dans ses tripes dont lui avait parlé le langue de plomb frétiller. Il était sur une piste et son intuition voulait l'avertir qu'il avait flairé la bonne. Il pouvait sentir presque viscéralement qu'il était sur la bonne voie.

« Vous pensez que l'un d'entre eux est lié à une source d'énergie? Qu'un membre de ma famille est le gardien d'une source » Mamonna Percy.

« Dans le mille! Et tu va me dire de qui il s'agit! » Lui répondit Funestar visiblement satisfait de la réponse de Percy.

« Comme si vous n'aviez pas déjà votre idée sur la question. » Rétorqua le rouquin en haussant les épaules.

« Effectivement, c'est assez facile une fois qu'on a rassemblé tous les éléments n'est ce pas? » lui répondit le langue de plomb avec le regard pétillant de malice. La formation accélérée qu'il donnait à Percy sur les déductions et l'analyse logique semblait porté ses fruits et en tant que professeur improvisé celui lui donnait du baume au coeur et l'amusait grandement.

Percy s'en rendait bien compte et il aurait bien rétorqué quelque chose à son étrange supérieur mais ils venait d'atteindre la maison et son père les attendait sur le pas de la porte. Pas étonnant vu que leur arrivée avait dû être annoncée dés qu'ils avaient franchis la barrière. Son père les attendait visiblement surpris par l'arrivée impromptu de Percy, mais son air incrédule se fit encore plus intrigué quand il reconnut le compagnon de son fils. Le plus jeune eut un sourire crispé à l'intention de son père et le salua rapidement d'un simple geste de la tête.

« Bonjour Arthur, désolée de débarquer à l'improviste! » Salua à son tour Funestar en serrant la main que lui tendait le père de famille sans pouvoir retirer l'expression d'incrédulité de son visage . Il y avait aussi un peu d'appréhension en découvrant un de ses enfants au côté d'un langue de plomb, ou bien étais ce dû à autre chose? La curiosité des deux arrivants fût piquée au vif et ils attendirent la réponse d'Arthur avec une certaine impatience.

« Bonjour, j'espère que ce qui vous amène ici n'est pas un ennuie dont Percy ou un autre de mes enfants serait la cause? » questionna le plus âgé sans détourner les yeux de Percy qui ne se sentait absolument pas à son aise sous le regard inquisiteur de son père.

« Non, rassure toi, rien de grave! Fudge a décidé de remanier certaines choses au ministère et par le plus grand des hasard, ton fils se voit ouvrir de nouvelles opportunités de carrière. Il tenait à vous informer de son évolution de carrière! » continua Funestar en agitant les mains en signe de dénégation pour rassurer le père de famille.

« Ah! J'ai pris quelque jour de congé, je ne suis donc pas au courant de ce qui se passe... » S'excusa Arthur en passant une main dans sa nuque, visiblement gêné. « Ainsi les choses bougent aussi au ministère? Et Percy viendrait travailler chez vous?»

Funestar eut un sourire qui donna froid dans le dos à Percy. Le langue de plomb ressemblait à un prédateur ayant flairé la piste encore chaude d'une proie. Il se demandait ce qui dans les paroles de son père avait bien pu éveiller l'attention du châtain. Il se repassa dans sa tête la dernière phrase prononcé par son père. Arthur avait dit « Aussi », cela ne pouvait signifier qu'une chose: des évènements avaient eut lieu récemment autour des Weasley et pas de petits incidents s'il en croyait la pâleur du visage de son père et les cernes sous ses yeux, signes auxquels il n'avait pas particulièrement prêté d'attention jusque là.

« Non même si nous collaborons sur un énorme projet. » Corrigea Funestar. « Percy reste l'assistant personnel de notre cher ministre qui n'arriverait même pas à retrouver une plume sur son bureau sans ton fils! » S'exclama le langue de plomb en riant franchement ce qui détendit légèrement Arthur en le faisant sourire à son tour.

« Vous exagérez » répondit Percy en lançant un regard noir au langue de plomb. « Le ministre sait encore ce qu'il fait... »

« Passons, nous avons déjà eut cette conversation et nous sommes parvenue à nous accorder sur un seul point. » Coupa Funestar qui ne voulait pas se laisser embringuer dans de la propagande pour Fudge. « Aucun de nous ne pourrait convaincre l'autre de revoir son opinion sur les politiciens! »

« Il en faut pour tous les goûts, comme disent les moldus » Intervint Arthur en hochant la tête. « Même si en ces temps troublé, il est fort possible de douter des décisions prises par ceux en qui nous avons placé notre confiance. »

Encore une fois les paroles de son père parurent suspectes à Percy. Il fronça les sourcils et comme le lui avait appris le langue de plomb, il rassembla ce qu'il savait et qui pourrait lui apporter une explication. Son père ne semblait pas paniqué ou affolé, juste éreinté et résigné. Etait il au courant pour les chimères?

Comment aurait il pu le savoir? Percy savait que ses parents avait une confiance totale en Dumbledore, celui-ci leur en avait il parler? Percy savait ce qu' Augusta Londubat avait raconté au ministre. Il savait que la maladie dont souffrait Dumbledore était dû aux chimères, mais ses parents étaient ils informé? Et ses frères et soeur ?

Mais le plus troublant était qu'il n'avait encore pas fait allusion au retour possible de Vous savez qui et cela ne pouvait confirmer qu'une seule chose: ses parents savaient pour les chimères et ils s'étaient même résigné au verdict que celles-ci rendraient.

« Je ne suis pas viré au moins ? » Demanda Arthur avec un embarras qui n'était pas feint, comme si il réalisait en avoir trop dit et qu'il cherchait une échappatoire. Parce qu'il ne donnait pas l'impression d'attaché d'importance à son poste au ministère. Il semblait plutôt contrarié d'avoir attiré l'attention de ses visiteurs sur quelque chose qui lui échappait. A lui mais visiblement pas à Funestar.

« Non, bien sûr que non. » Lui assura le langue de plomb avec un petit rire. « La réorganisation du ministère ne dépend pas de nous mais je ne pense pas que tu ais à craindre quoi que ce soit... »

« Cependant, j'ai du mal à croire qu'il s'agisse d'une simple visite de courtoisie. » Déclara d'un ton plus ferme Arthur en croisant les bras sur sa poitrine et attendant visiblement plus d'explication avant de les laisser aller plus loin.

« En effet, nous sommes ici pour obtenir des renseignements sur les chimères. » Lança le langue de plomb d'emblée provoquant un hoquet de surprise chez les deux Weasley qui ne s'attendait pas à un entrée en matière aussi directe. Enfin Arthur surtout, car Percy commençait à comprendre la manière de fonctionner de son compagnon et l'attaque directe était l'une de ses armes favorites quand il se sentait en position de force. Il plaignait son père de devoir en faire les frais.

« Pardon? » S'étonna Arthur.

« Les chimères, tu sais les créatures mythiques qui sont sensées juger notre capacité à faire fonctionner le monde magique. Allons Arthur, je suis prêt à parier mon salaire que tu sais de qui je parle... Peut être les as tu même déjà rencontré? » L'encouragea Funestar avec toujours sur son visage le sourire carnassier du prédateur s'apprêtant à sauter sur sa proie.

«Inutile de nier père, et vous pas besoin de parier, ces propos et réactions parlent suffisamment clairement pour lui. Il sait quelque chose. » Intervint Percy assez sèchement devant les manœuvres peu subtiles du langue de plomb pour déstabiliser son père.

Il y eut un temps de silence pendant lequel les deux adultes le fixèrent surpris de son intervention. Son père visiblement étonné qu'il ose intervenir dans la conversation pour réprimander en quelque sorte, des interlocuteurs plus âgé et respecté que lui. Et le langue de plomb parce que son intervention coupait son effet. Funestar affichait d'ailleurs un air boudeur mais Percy ne se laissa pas abusé captant le pétillement amusé dans les yeux du châtain, il soupira s'apprêtant à reprendre la parole quand Arthur le devança.

« J'ai toujours détesté cette fâcheuse habitude que tu as de m'appeler père, Percy. » grimaça Arthur en soupirant. « Ce n'est pas parce que je n'ai pas l'esprit aussi retord que le tien que tu dois me mépriser. »

« Ce n'était pas mon intention. » Marmonna Percy en rougissant, réalisant qu'effectivment son attitude pouvait être mal interprétée. « C'est une manière de vous exprimer mon respect...Et je n'ai pas l'esprit retord... »

« Peut être oui mais moi je préférerais que tu exprimes ton affection à ta famille, plutôt que ton respect. » souligna Arthur en les invitant à le suivre à l'intérieur. « Entrez, nous allions nous mettre à table pour le déjeuner, nous discuterons après... Et je maintien que tu as un esprit alambiqué pour pouvoir tenir une conversation avec un langue de plomb sans y perdre ta santé mentale. »

« Voyons Arthur que de flatterie! » s'offusqua faussement Funestar en lui donnant une claque amicale dans le dos. « Le petit, c'est vrai montre certaine disposition qui pourrait s'avérer utile dans ma branche. Avoue que ce serait dommage qu'il se cantonne aux devoirs d'un politicien quand le monde de la recherche et de l'analyse s'offre à lui... »

Percy en resta coi, la bouche ouverte et rougissant. Ainsi entre autre chose évidemment, le but du langue de plomb était de le tester pour découvrir s'il avait les capacités à travailler au département des mystères! Et personne n'avait jugé bon de lui en faire part!

« Arrête de grogner, Percy. » Lui lança le langue de plomb avec un sourire charmeur. «Et non je ne lis pas dans les pensées, l'expression de ton visage suffit amplement à deviner ce qui te trotte dans la tête. Rien ne t'oblige à accepter mais tu as un bon potentiel qu'il serait dommage de gâcher au service de la politique... »

« Tu es encore jeune, Percy et tu ne devais pas te fermer à toutes les opportunités qui se présentent à toi sans essayer de voir ce qui te convient sous prétexte que tu veux te faire une place dans la haute société... » L'encouragea Arthur même si l'idée que son fils devienne un langue de plomb l'effrayait un peu surtout alors que le monde magique semblait si près de s'écrouler. « En même temps si tu pouvais mettre un peu de plomb dans la cervelle de Ron, cela nous rendrait la vie un peu plus...comment dire respirable. »

« Je ne comprends pas... » Répondit Percy qui se demandait si la fatigue qu'il entendait dans la voix de son père n'était dû qu'à la crise d'adolescence de Ron ou s'il y avait autre chose derrière. Ce que venait de lui dire Arthur le touchait plus qu'il ne l'aurait imaginer. Lui qui avait crut s'affranchir de l'influence de sa famille, réalisait qu'il se sentait soulagé que son père malgré ses choix ne lui ait pas complètement fermé la porte du foyer familial et de son coeur.

Et puis pourquoi son père lui demandait de s'occuper de Ron? Il n'avait jamais été vraiment proche. Et pourquoi cela semblait important aux yeux de ses parents? A croire que même les chimères passaient au second plan quand il s'agissait de leur progéniture? Il ne comprenait pas! Sa famille était au coeur des évènements qui risquaient de changer la face du monde sorcier et tout ce qui importait à ses parents c'était que Ronald rentre dans le droit chemin?

D'ailleurs qu'es ce qu'ils estimaient être le droit chemin? Suivre Dumbledore? L'étrange sensation qu'il avait éprouvé au creux du ventre tout à l'heure avait un doute la dessus et Percy devait bien admettre que consciemment il en doutait aussi.

Quand il entrèrent dans la cuisine ou tous les autres membres de la famille présents au Terrier se tenaient rassemblé pour le déjeuner, ils furent saisit de stupeur par le lourd silence qui régnait dans la pièce. Percy avait toujours connu le moment des repas comme un calvaire tant l'agitation et la surexcitation agitaient l'ensemble de sa fratrie. Sa mère veillant au grain et supervisant le déroulement des opérations d'une main de maître et d'un oeil expert. Mais là c'était le calme plat, le silence absolue. C'était oppressant. Cela annonçait une catastrophe imminente.

Les jumeaux assis en face de Ron, Ginny et Hermione scrutaient leur frère avec une animosité presque palpable. Celui-ci le leur rendait bien entendu avec autant de ferveur, exprimant sa colère par un mouvement de fourchette rapide et déterminé sans détourner le regard des deux autres. Ginny semblait se moquer de ce qui se passait autour d'elle, boudant dans son coin pour Merlin savait quelle raison. Hermione poussait régulièrement des soupirs exaspérés mais se gardait bien de faire la moindre réflexion, aux uns comme aux autres. Elle avait essayer de leur présenté les choses de manière pragmatique mais aucun d'entre eux n'avait voulu l'écouter et elle avait donc pris l'option de ne plus s'en préoccuper. Molly, sa mère en bout de table émettait elle aussi par moment des soupirs las et fatigué tout en veillant a ce que les hostilités ne soient pas déclenchées de manière ouverte dans sa cuisine. Manquait seulement Bill et Charlie qui devaient être tout deux pris par les obligations de leur travail. Bill à Gringotts et Charlie en Roumanie avec ses dragons!

« Que se passe-t-il ici ? » Demanda Percy choqué par l'ambiance pour le moins inhabituelle.

« En voilà une surprise! » S'exclama l'un des jumeaux en souriant.

« Tu te souviens encore de l'adresse de la maison? » Continua l'autre avec un sourire identique.

« Et bien vu l'ambiance, je comprends pourquoi tu hésitais à revenir, Percy! » S'exclama Funestar avec un rictus moqueur qui ne plu à aucun des Weasley mais qui eut au moins l'intérêt de tourner leur colère vers cet inconnu qui pénétrait chez eux comme en terrain trois garçons se levèrent d'un bond, pointant leur baguette vers Funestar. Seuls Percy, Arthur, Molly et les deux jeunes filles restèrent impassible devant la provocation du langue de plomb.

Évitant facilement, grâce à un bouclier, les sortilèges mineurs qui se mirent à pleuvoir sur lui, Funestar salua poliment Molly avant de prendre place à table et de s'y installer comme si de rien était alors que les trois garçons s'égosillaient invectivant leur père et leur aîné pour savoir qui se trouvait être l'intrus qui se croyait tout permit. La rage devait couver depuis des jours pour que sa remarque suffise à les faire exploser, sans retenue et sans se soucier des règles de l'hospitalité sorcière.

« C'est un langue de plomb. » Expliqua en s'asseyant à son tour Percy, au dessus du bouhaha qui se calma rapidement quand le sens de ces paroles parvint à atteindre le cerveau survolté de ses frères.

« Vous travailler au département des mystères? » demanda Hermione les yeux s'allumant de curiosité.

« A l'évidence, mademoiselle... »

« Granger, Hermione Granger. Je suis amie de Ron. Nous sommes ensemble à Poudlard... »

« Ah! Oui il me semble en avoir entendu parler...Vous êtes ce que l'on surnomme le trio d'or...Vous Ronald et Harry... » enchaîna Funestar qui ne perdait pas le mord et qui voyait là une occasion de recueillir des informations.

Percy leva les yeux au ciel: Hermione regardait l'homme avec les yeux rempli d'étoile. Le langue de plomb allait lui soutirer tout ce qu'il voulait savoir sans avoir à se fatiguer. Enfin cela se serait certainement passé comme cela si Ron ne s'était pas mêlé de la conversation.

« Le trio d'or n'existe plus! » Intervint froidement Ron en s'asseyant sur sa chaise et en se remettant à manger.

« Tien tien » fit Funestar en souriant à la maîtresse de maison qui lui tendait ainsi qu'à Percy une assiette richement garnie pendant qu'Arthur regagnait sa place à l'autre bout de la table. « Comme c'est dommage! D'après les rumeurs votre amitié semblait des plus solides. Il me semblait avoir compris que vous aviez affronté maintes difficulté ensemble... »

Le langue de plomb se tourna vers le plus jeune de ses frères avec un sourire engageant et une expression de surprise qui encouragea Ron à continuer à parler.

« Comme quoi il ne faut pas se fier aux rumeurs...Et pour avoir affronter des dangers, c'est vrai qu'on a eut notre part! »

« Est ce en lien avec le retour probable de Vous savez qui annoncé par votre camarade? »Interrogea Funestar bien décidé à ne pas lâcher l'affaire tant qu'il y aurait des informations à obtenir.

« Non. » Admit sèchement Ron.

« Bien sûr que non, c'est nettement moins... Comment dire cela Georges? » Coupa un des jumeaux sur un ton moqueur.

« Poliment, Fred? J'avoue que je ne sais pas. Ses explications ne tiennent pas la route selon moi. » Reprit l'autre sur le même ton ce qui fit voir rouge à l'adolescent qui se trouvait en face d'eux.

« C'est vous qui ne comprenez rien! » S'emporta Ron en serrant les poings.

« Alors pourquoi tourner le dos à votre ami dans un moment ou il aurait besoin de vous? » S'enquit le langue de plomb d'une voix douce et compatissante.

Ron ne vit pas le piège. Funestar lui parlait calmement dur un ton égal et lui souriait dans une attitude d'écoute ouverte et attentive qui donnait l'impression au jeune sorcier d'être le centre de l'attention. Ce qu'il était à ce moment précis, mais certainement pas de la manière dont il l'espérait.

« Dumbledore nous a appris que Harry était une créature magique! »

« Pardon! » s'exclamèrent en chœur Percy et le langue de plomb, laissant tous les deux retomber leurs couverts dans leur assiette dans un bruit métallique crispant faisant sursauter les autres convives.

« Quelle créature ! » finit par demander le langue de plomb une fois remis de sa surprise.

« Il ne le sait pas. »Fit Ron en haussant les épaules comme si finalement cela n'avait pas d'importance.

« Et en quoi cela te gêne-t-il Ron? » demanda Percy qui ne voyait pas ou était le problème. Il savait que les créatures magiques n'était pas bien vue dans le monde sorcier et que les différentes lois mises en place par le gouvernement n'arrangeaient rien. Il savait que de nombreux préjugée et a prioris causaient du tord aux peuples qui s'avéraient par trop diffèrent des sorciers, mais il n'avait jamais envisager que cela puisse être un problème pour son frère.

Il n'avait pas idée que l'origine du jeune Potter aurait pu être un obstacle entre les deux jeune gens, tant il avait souvenir que le lien qu'il avait vu s'établir entre les deux enfants semblait fort. Il ne comprenait donc pas la réaction de rejet de Ron.

Par contre il connaissait suffisamment Funestar pour comprendre comment fonctionnait les rouages de son cerveau. Il était prêt à parier que le langue de plomb était en train de calculer les probabilités pour que le jeune Harry soit une chimère et ce que cela impliquerait pour la suite des évènements. Selon ses propres calculs, Percy estimait cette possibilité comme étant fortement probable, peut être pas cinquante pour cent, mais pas loin.

Si Funestar avait des informations qu'il ne lui avait pas divulguées encore, il était fort possible que cette probabilité soit augmentée ou revue à la baisse, mais en scrutant le sourire qui étirait les lèvres de son supérieur, il eut le sentiment que s'il devait revoir son jugement, c'était à la hausse et non à la baisse. Il eut alors une pensée pour Fudge. Si Harry s'avérait bien être une chimère, l'avenir politique du ministre avait une espérance de vie assez courte et ce malgré le nombre de compromis que le politicien consentirait à faire.

« Oui, en quoi cela te gêne-t-il Ron? » Demanda une voix sur le pas de la porte.

Tout le monde sursauta et se tourna vers la voix qu'ils avaient tous identifier. Personne ne les avait entendu arriver. Aucune des barrières de protection de la maison n'avaient sourcillé. Harry se tenait là devant eux visiblement en colère. A tous , il sembla différent. Physiquement, il était très pâle et maigre. Son visage affichait une expression qui oscillait entre la colère et la tristesse, mais on pouvait y voir aussi les signes d'une importante fatigue. Ses yeux avaient perdu leur étincelle d'innocence et cela leur donnait un éclat terne presque insoutenable. Percy ne reconnaissait pas dans cet adolescent, le gamin émerveillé qu'il avait vu débarquer dans sa maison à Poudlard quelques année plutôt.

Il n'était pas seul deux jeunes hommes se trouvaient à côté de lui affichant un air tout aussi contrarié que le survivant. Malgré le temps qu'il avait passé loin de Poudlard, Percy reconnut sans mal, le jeune Malfoy. Le blond se tenait à gauche de Harry les bras croisé sur la poitrine et dardait sur Ronald un regard gris métallique des plus froid. Le jeune aristocrate avait grandit tout comme apparemment son arrogance et son mépris pour les petites gens comme les gens de la haute société appelaient ceux qui possédait moins de richesse qu'eux. A première vu, il ne comprenait pas comment Harry et Draco avait pu devenir proche à ce point et apparemment il n'était pas le seul vu les regard incrédules qu'échangeaient les autres membres de sa famille autour de la table.

Par contre il n'arrivait pas à identifier le jeune homme qui se trouvait à droite de Harry et qui affichait un air plus que déçu en fixant le rouquin. Châtain aux mèches dorées, un peu plus grand que les deux autres, il dégageait une prestance et un assurance digne des mages les plus puissant. Son regard ambré et limpide se posa sur chacun d'eux avec une certaine indulgence, sauf quand il revinrent sur Ron où ils se firent glacial.

« Je savais bien qu'il fallait qu'on vienne, Percy! » Lui chuchota Funestar. «L'adolescent derrière le jeune Potter est une chimère. »

Percy déglutis difficilement. Pas qu'il douta des paroles du langue de plomb. Juste qu'il se souvenait quand Fudge leur avait dit avec quelle facilité Augusta Londubat avait été envoyé dans son bureau directement sans déclencher la moindre alarme. Et là se tenait devant lui une des personnes capable d'un tel exploit et la dite personne semblait être navré par le comportement de son petit frère. Il allait falloir se montrer prudent.

Sauf que la prudence, Ron ne semblait pas connaître.

« Mais qui voilà, Harry Potter en compagnie de Malfoy ! Comme c'est surprenant! L'apprenti Mangemort et le soit disant sauveur du monde sorcier. Fréquenter Rogue n'a vraiment pas eut de bonnes répercussions sur ta santé mentale! Je suis sûr que la Gazette serait heureuse d'apprendre tes nouvelles fréquentations! Ou bien es ce tes origines animales qui te font te conduire comme une bête de compagnie fidèle à son maître...»

Il y avait des limites à l'acceptable et Ron venait de les franchir. Il ne termina pas sa tirade insultante. Il poussa un cris d'horreur inarticulé. Un long cris d'agonie en se convulsant sur sa chaise puis glissant sur le sol, dans un hurlement de détresse sans fin.

A suivre...