Ch. 3 - L'invitation
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Hermione entra dans la salle commune des Gryffondor. Quelques élèves étaient encore debout malgré l'heure tardive. Parmi eux, il y avait Ron et Harry qui jouaient aux échecs version sorcier, assis en tailleur sur le tapis non loin de la cheminée. Elle s'approcha timidement et vint s'asseoir près d'eux.
- Tu rentres tard... tonna Harry en lui jetant un regard suspicieux. On t'a cherché partout, tu étais où?
- Quelle question! Elle était avec son nouvel ami bien sûr, s'indigna Ron.
Hermione ravala son envie de gifler le rouquin et inspira profondément avant de leur répondre.
- Effectivement, j'étais avec Malefoy... On avait des choses à régler, à mettre au clair.
- Hermione... qu'est-ce qui se passe entre vous, demanda Harry.
- C'est compliqué...
- Tu nous l'as déjà dit, ça! s'énerva Ron.
- Vous avez vraiment passé l'année ensemble?
- Oui Harry. On n'avait pas le choix, ordre du Ministère... Et je t'assure que c'était loin d'être une sinécure, grimaça-t-elle.
- C'est pour ça qu'on n'a pas reçu la moindre lettre de ta part? insista le brun.
- On n'avait pas le droit d'utiliser la magie, ni de communiquer avec d'autres sorciers... On devait se fondre parmi les moldus, c'était les ordres...
- Et pourquoi ils t'ont choisi toi, demanda Ron.
- Je ne sais pas... Je suppose que c'est parce que je viens du monde moldu, que je n'ai plus de liens avec ma famille, et que je connaissais déjà l'animal... grogna-t-elle en repensant à tout ce que le blond lui avait fait subir, entre ses crises de nerfs et ses caprices d'enfant gâté...
- Et toi tu as accepté sans broncher, lui reprocha le roux.
- Bien sûr que non enfin, s'écria-t-elle. Ron... tu as l'air déterminé à croire que j'ai sauté sur l'occasion et franchement ça commence à me mettre les nerfs en pelote, gronda-t-elle.
- Tu t'attendais à quoi exactement, que je saute de joie en te voyant fricoter avec l'ennemi?!
- Fricoter avec l'ennemi?! Non mais est-ce que tu t'entends, là?! Et toi tu ne dis rien, demanda-t-elle à Harry, vexée par le silence de son meilleur ami qui haussa simplement les épaules pour toute réponse. Ok, prenez-le comme vous voudrez... Mais votre intolérance est une honte pour Gryffondor!
Sur ces mots, Hermione se releva précipitamment et ressortit de la salle commune en retenant ses larmes. Elle fut encore plus dévastée lorsqu'elle constata qu'aucun des deux n'essaya de la rattraper. Elle marcha d'un pas vif, allant d'un couloir à un autre, sans prêter attention à la direction qu'elle empruntait. C'est ainsi qu'elle se retrouva dans le Hall, devant les portes closes de la grande salle. Elle se sentait perdue et ne savait pas où aller. Dans l'obscurité, elle se laissa glisser contre le mur jusqu'à se retrouver assise sur le sol froid. Un courant d'air lui donna des frissons et lui fit presque claquer des dents.
- Il y a quelqu'un ici? Qui est là? fit soudain une voix qu'Hermione eut du mal à reconnaître.
Elle se remit debout, essuya toute trace de larmes sur ses joues et s'approcha prudemment de la voix, baguette à la main.
- Zabini?!
Le jeune homme lança un Lumos en direction de la personne qui venait de lui répondre.
- Granger?! Mais qu'est-ce que tu fiches ici, fit-il, incrédule.
- Je pourrais te retourner la question, sourit-elle, soulagée que ce soit un autre élève et non un professeur ou pire, elle aurait pu tomber sur Rusard.
- Je suis allé me ravitailler chez les Serdaigle, pour Drac' et moi, expliqua-t-il en lui montrant une sacoche pleine de petites bouteilles de Bièraubeurre
- How... d'accord.
- Tu ne diras rien, hein?
- Non, ne t'en fais pas. Bonne nuit, dit-elle à voix basse en se retournant pour s'en aller.
- Granger, attend... fit-il en faisant quelques pas pour la rattraper. Drac' m'a dit tout ce que tu as fait pour lui cette année...
- Il t'a dit quoi, s'étrangla-t-elle, surprise d'apprendre que Drago avait déjà tout raconté à son ami, et apparemment ce n'était pas pour se plaindre d'elle, ce qui l'étonna d'autant plus.
- Bah, il m'a raconté ce que le Ministère t'a obligé à faire, et tout ce que tu as fait pour lui malgré son sale caractère... Franchement, je suis admiratif, Granger! Moi même, bien qu'étant son meilleur ami, je ne sais pas si j'aurais pu tenir toute une année en tête à tête avec lui, rit-il. On aurait finit par se taper dessus, c'est certain!
Hermione fut émue par la réaction de Zabini qui avait l'air de bien prendre la chose, contrairement à ses propres amis qui la traitaient comme si elle avait commis un crime.
- Ce n'est pas l'envie qui m'a manqué, rigola-t-elle.
- J'imagine, oui... lui sourit Zabini. Tu te joins à nous?
- Quoi!
- On avait prévu de se goinfrer en cachette comme deux mômes... ce serait sympa d'avoir une fille comme toi avec nous.
- Une fille comme moi?
- D'après Drago t'es plus cool que ce qu'on croyait à l'époque.
- Il a vraiment dit ça, s'étrangla-t-elle, agréablement surprise.
- Comme je te le dis! Alors, tu veux venir?
- Parkinson n'est pas avec vous?
- Non. Pansy n'a pas voulu revenir à Poudlard...
- How...
- Aller, viens Granger, insista-t-il. On ne va pas te manger, promis juré!
- Bon, d'accord... mais pas longtemps.
Zabini l'entraîna alors dans les escaliers en passant son bras autour des épaules de la jeune femme, ce qui l'étonna et la fit sourire.
- Les cachots? C'est ici que vous venez vous goinfrer en cachette, fit Hermione en arquant un sourcil dubitatif.
- Tout à fait, fit-il en l'invitant à entrer dans une salle qu'elle ne connaissait pas. C'est dans cette salle que Rogue venait s'isoler parfois. Il y avait une tonne de livres sur ces étagères mais tout a disparu en même temps que lui.. ajouta-t-il d'une voix triste.
- Le professeur Rogue vous manque, lui demanda Hermione timidement.
- Bien sûr qu'il nous manque. Je sais que vous autres vous le voyiez comme une sorte d'ogre ou je ne sais quoi, mais pour nous il était comme... un grand frère, ou plutôt un oncle... enfin tu vois. C'était le seul qui était vraiment de notre coté, le seul qui prenait notre défense quand on était injustement montré du doigt... Le seul qui nous accordait le bénéfice du doute. On lui faisait confiance, et lorsqu'on a appris son rôle d'agent double on s'est d'abord senti trahis... mais on a eu toute une année pour comprendre... Certains, comme Pansy par exemple, n'ont pas réussi à lui pardonner. Mais d'autres, comme moi et comme tout ceux qui ont acceptés de revenir à Poudlard, ont ouvert les yeux... On voit les choses différemment maintenant, et c'est en grande partie grâce à lui.
- J'aimerais pouvoir en dire autant des Gryffondor... soupira Hermione en s'asseyant à coté de Zabini sur le vieux canapé. Malefoy n'est pas là?
- Il devrait déjà être ici, j'espère qu'il ne s'est pas fait attrapé par Rusard...
Au même moment, la porte s'ouvrit et le blond entra, les bras chargés d'une taie d'oreiller pleine d'objets qui s'entrechoquaient.
- Hermione?! Mais qu'est-ce que tu fais là, s'étrangla Drago, surpris.
- Ton copain m'a invité... répondit-elle en souriant à Zabini. Mais j'ai l'impression que je dérange, alors je vais vous laisser... ajouta-t-elle en se levant.
- Ne sois pas idiote, tu peux rester, dit Drago en lâchant sa charge sur le canapé, à coté de son ami.
- Oui, reste avec nous Granger, insista le métis en lui lançant un regard suppliant. En plus, je sens qu'on va avoir besoin de tes lumières... marmonna Zabini en jetant un oeil intrigué à l'intérieur de la taie.
- Ok je reste... accepta-t-elle en prenant un muffin dans une boîte que Zabini avait ramené des cuisines un peu plus tôt. Y'a quoi là-dedans, demanda-t-elle la bouche pleine en pointant du doigt la taie qui servait de sac.
Drago s'assit sur le large accoudoir puis il en vida le contenu sur l'assise du canapé. Une multitude d'objets s'étalèrent sur le coussin élimé, des objets que Hermione connaissait bien.
- Mais... ce sont nos affaires, s'exclama-t-elle en écarquillant les yeux. Drago, pourquoi as-tu ramené tous ces trucs ici?
- C'est moi qui lui ai demandé, intervint son ami.
- C'est une des raisons qui m'a poussé à revenir au château, avoua Drago. Blaise voulait voir tous ces trucs de moldus...
- Pourquoi, demanda-t-elle perplexe.
- Parce que c'est mon meilleur ami et que lui il s'intéresse à ce qui m'est arrivé cette année, répondit Drago, irrité par le ton d'Hermione. Peux-tu en dire autant des tiens?
Piquée par la réplique du blond, la jeune femme se redressa et son regard s'assombrit.
- Drac'! gronda Zabini. Excuse-le Hermione, il est un peu à cran... au fait, tu permets que je t'appelle Hermione, lui demanda-t-il, tout sourire.
- Heum... oui, pourquoi pas... répondit-elle après quelques secondes d'hésitation.
- Cool! Alors à partir de maintenant, on s'appelle par nos prénoms, okvous deux ?
Hermione et Drago acquiescèrent.
- Puisqu'on est d'accord, commençons... ajouta-t-il. Expliquez-moi donc ce que c'est que cette chose là... demanda-t-il en tournant dans ses mains un objet cylindrique et coloré entre ses mains.
- C'est une canette, une sorte de bouteille remplis d'une délicieuse boisson, expliqua la jeune femme. Celle-ci est ma préférée... précisa-t-elle en jetant un regard complice à Drago. Et je te conseille vivement de ne pas la secouer si tu veux la goûter sans qu'elle ne t'explose à la figure...
- Ce truc peut exploser, s'étonna Blaise en posant prudemment l'objet sur le sol. Je savais que les moldus aimaient la boisson, mais de là à piéger leurs bouteilles...
Hermione éclata de rire et Drago ricana, se moquant gentiment de son ami, mais aussi de lui-même en se rappelant combien il était ignorant à propos de toutes ces choses avant de devoir cohabiter avec cette sorcière née-moldue au caractère de feu...
- Mais non, tu n'y es pas, il n'y a aucun piège là dedans. C'est simplement que la boisson contient du gaz et que si on l'agite, le gaz s'échappe tout d'un coup et on se fait asperger. N'est-ce pas Drago... se moqua-t-elle.
- Je confirme... répondit le blond, ne pouvant s'empêcher de rire au souvenir que cela lui évoquait.
- Du gaz dans une boisson? Les moldus sont vraiment bizarres, soupira Blaise en secouant la tête.
- Dit comme ça, ça paraît bizarre c'est vrai... en fait c'est juste un jus de fruit qui pétille. Je suis sûre que tu aimeras. Drago... la moitié de ces trucs sont à moi, quand les as-tu pris, s'enquit-elle d'un air soupçonneux.
- Aucune importance... explique plutôt ça à Blaise, éluda-t-il en lui lançant un trousseau de clefs qu'elle attrapa au vol.
- Tu as gardé les clefs de la maison?! Je croyais que tu les avais rendu étant donné que tu détestais cet endroit et que tu es finalement revenu à Poudlard...
- Je n'ai jamais dit que je ne voulais pas y retourner, répliqua le blond. C'est juste que... je n'ai aucune envie d'être tout seul là bas...
Hermione ne put s'empêcher de sourire à cet aveu qu'elle trouva touchant.
- Vous savez que vous êtes adorables tous les deux, minauda Blaise sur un ton taquin.
- Ne dis pas n'importe quoi, grogna Drago, mal à l'aise.
- Attend une minute... fit la jeune femme en reprenant le trousseau de clefs qu'elle venait de donner à Blaise qui voulait les voir de plus près. Que fait la clef de ma voiture sur ce trousseau?
- Tu as une voiture, s'étonna Blaise, impressionné.
- C'est pas la sienne, Hermione a volé celle de ses parents, ricana Drago.
- Non, ce n'est pas tout à fait ça... répliqua-t-elle en lui jetant un regard noir. En fait j'ai... 'emprunté' celle de mon père... Je ne vais pas entrer dans les détails mais il ne s'en sert plus. Elle prenait la poussière dans un box depuis des années, alors... Donc, tu es allé la récupérerdans le box, accusa-t-elle en pointant le blond du doigt.
- Il fallait bien que je me rende à la gare, se défendit Drago.
- Quoi?! Tu as laissé la voiture de mon père sur le parking de la gare?! Mais enfin, pourquoi n'as-tu pas pris un taxi, aboya-t-elle.
- J'ai essayé figure-toi! Mais je n'arrivais pas à faire marcher ton télé... je ne sais plus quoi... ce foutu télétruc!
- Drago... souffla-t-elle en secouant la tête, profondément agacée. Tu sais que je m'efforce de ne pas t'étrangler là... grogna-t-elle. Tu ne vas quand même pas me faire croire, qu'au bout d'un an d'immersion totale dans le monde moldu, tu n'as toujours pas compris comment fonctionne un téléphone, fulmina-t-elle en insistant bien sur le dernier mot.
Blaise, spectateur de la scène, dût se mordre la langue pour ne pas céder au fou rire. Néanmoins, il décida d'intervenir avant que ces deux là ne finissent par se crêper le chignon.
- Hermione, s'écria-t-il. Avant que tu ne sortes tes griffes de lionne et que tu ne sautes au visage de mon meilleur pote... Aurais-tu l'extrême gentillesse de me montrer comment on ouvre ta bouteille à gaz?
Interloquée, elle regarda Blaise en fronçant les sourcils, ne comprenant pas très bien ce qu'il venait de lui demander. C'est lorsqu'il lui tendit la canette qu'elle comprit, et un sourire amusé fendit alors son visage. Elle lui montra comment l'ouvrir et le jeune homme goûta prudemment le liquide pétillant.
- Ce n'est pas mauvais du tout, déclara-t-il après plusieurs petites gorgées. Je comprends pourquoi tu l'aimes tant, Hermione.
- Je suis contente que ça te plaise, opina-t-elle. Tiens, goûte ça maintenant, proposa-t-elle en lui tendant un sachet qu'elle venait d'ouvrir.
- C'est quoi, s'enquit-il en arquant un sourcil.
- Des bonbons moldus, répondit Drago. Mais je te préviens, c'est assez... addictif.
Blaise prit un instant pour choisir une friandise, il prit finalement un petit crocodile rouge gélatineux et l'enfourna dans sa bouche.
- Alors? fit Hermione en gobant des vers multicolores acidulés. T'en dis quoi?
- J'en dis que... les bonbons moldus sont bien meilleurs que les dragées surprises!
Drago attrapa un bonbon banane et le tendit à Hermione.
- Tiens... lui dit-il doucement. Ce sont bien ceux-là que tu préfères, non?
- En effet, rougit-elle en prenant la friandise qu'il lui offrait. Je ne pensais pas que tu t'en souviendrais... Merci...
Le blond lui sourit et commença à rougir à son tour, ce qui n'échappa guère à Blaise qui se mit à glousser en remarquant le sourire niais de son meilleur ami.
- Dites-moi si je me trompe... Il y a quelque chose entre vous, se permit-il de leur demander.
- Blaise... gronda Drago pendant que la jeune femme s'étouffa à moitié en ayant avalé de travers.
- Vous ne pouvez pas prétendre le contraire, ça crève les yeux, insista le métis, amusé de mettre son ami dans l'embarra.
- Si tu continues, c'est moi qui vais te crever les yeux, alors ferme-la Blaise, menaça le blond entre ses dents serrées.
- Ne te fais pas de films, Blaise. Il n'y a rien entre Drago et moi...
- Je ne sais pas ce que 'film' signifie, je suppose que c'est moldu? Répliqua-t-il avec curiosité.
Hermione acquiesça, amusée.
- En tout cas, je suis sûr de ce que j'avance, insista-t-il. Il y a quelque chose entre vous deux, c'est une évidence!
- Une évidence, se demanda Hermione abasourdie.
- Par Salazar, ferme ton maudit clapet Blaise, intima Drago en le foudroyant du regard.
- Laisse-le s'expliquer, Drago. Je suis curieuse de savoir comment tu en es venu à cette conclusion... dit-elle à Blaise en lui souriant malicieusement.
Elle se rapprocha un peu du métis, provoquant le blond du regard. Elle voulait que Drago craque et exprime clairement ce qu'il avait sur le coeur et elle allait profiter de l'esprit taquin de Blaise pour y parvenir.
- C'est très simple, je n'ai jamais vu Drac' rougir avant ce soir... expliqua Blaise en souriant à son ami qui lui adressait un regard noir.
- Tu te trompes... en fait, Drago rougit à chaque fois qu'il a envie de m'embrasser, asséna Hermione d'un air tout à fait détaché.
Cette révélation eut l'effet d'une bombe, les deux garçons restèrent bouche bée.
