Faucon.
Sept heures du matin. Je suis levé depuis un sacré moment et voilà que j'ouvre la porte d'entrée de ma demeure. Aussitôt, j'aperçois une ombre près de ma boîte aux lettres et comme il fait encore un peu sombre, je sens mon cœur qui bat à la chamade. Qui cela peut-il bien être ? Un voleur ? Un assassin recherché ?
- Bonjour Jaysher.
Cette voix, je la reconnais de suite, c'est celle d'Antoine, notre facteur. Donc, l'individu qui se tient près de ma boîte aux lettres ne peut être que lui et du coup, je me sens un peu plus rassuré. Me sentant un peu idiot sur le moment, je m'accorde plusieurs secondes afin de me calmer. Lorsque je vais mieux, j'entame la conversation avec l'oiseau.
- Bonjour Antoine. C'est moi ou tu passes tôt aujourd'hui ?
- Je constate que tu es observateur. Félicitations. Si je suis ici à cette heure aussi matinale de la journée, c'est parce que j'ai su qu'un faucon rôdait dans les parages.
- Oui et quel est le problème ?
- Le souci est qu'il a déjà blessé deux de mes collègues et je ne tiens pas vraiment à subir le même sort.
- Quoi ?
J'ouvre les yeux en grand suite à cette nouvelle. Je ne pensais pas qu'il pouvait y avoir des animaux agressifs dans le coin et je suis d'autant surpris d'apprendre que ce rapace a décidé de s'en prendre à nos chers facteurs. De suite, mon inquiétude va à ses deux collègues dont je veux avoir des nouvelles même si je ne les connais pas.
- Comment se porte tes deux amis ?
- Mieux maintenant depuis qu'ils ont été reçus à l'hôpital mais avant, ce n'était pas très joli à voir.
- J'imagine bien.
Je m'y connais assez en ornithologie pour savoir les dégâts que peuvent causer les faucons sur les autres oiseaux. Le seul de cette famille de rapace dont on peut être tranquille, ce sont les crécerelles. Par contre, on doit se méfier des pèlerins mais surtout, des faucons hobereau. Ce sont des chasseurs hors pair et même les hirondelles et les martinets, des volatiles experts en vitesse, ne leur échappent pas. D'ailleurs, je me demande bien quelle était la race de celui qui s'est attaqué aux camarades d'Antoine mais bon, ce détail ne changera pas à grand-chose.
Toutefois, je me demande si des mesures ont été prises.
- Vous avez informé les policiers des villages voisins ?
- Oui et ils vont faire leur maximum.
- D'accord. Tu n'hésiteras pas à me donner des nouvelles de cette histoire mais surtout, sur la santé de tes collègues ?
- Je n'y manquerais pas et merci beaucoup de t'inquiéter pour eux.
- C'est normal.
- Bon, maintenant que j'ai glissé ton courrier dans ta boîte, je vais poursuivre ma distribuer, bonne journée Jaysher.
- Bonne journée à toi Antoine et fais très attention avec ce faucon.
- Pas de soucis.
Et suite à cette conversation, l'oiseau ouvre ses ailes et commence à les battre pour s'envoler.
