Planète.
Ce matin, je suis de bonne humeur et j'aurais même tendance à dire que j'ai très envie de jouer. D'ailleurs, Gulliver vient de faire les frais de cette joie qui m'anime depuis que j'ai sorti mes pieds hors du lit. Comme il se promenait dans le ciel et que j'avais mon lance-pierre dans l'une de mes mains, je ne me suis pas fait prier. Tant pis s'il devait perdre des pièces de son vaisseau, je voulais vraiment m'amuser et j'ai bien réussi mon coup. Maintenant, je me tiens face à lui et je me rends compte à quel point cet animal peut se montrer si amnésique, surtout qu'il parle à voix haute.
- Tiens, sûrement un autochtone de cette étrange planète. Voyons vois si nous pouvons communiquer. Bonjour cher ami.
- Bonjour Gulliver.
Rapidement, l'oiseau recule d'un pas et ouvre les yeux en grands. Visiblement, il ne s'attendait pas à ce que je le nomme par son prénom. Cela me prouve bien que ce n'est pas la première fois qu'on se parle mais avec lui, rien n'est jamais acquis d'avance. Remarque, avec les coups qu'il doit se prendre dans la tête à chaque fois qu'on lui vise dans le vaisseau, c'est un peu normal qu'il soit si tête en l'air.
- Comment connais-tu mon prénom ? Me demande-t-il.
- Parce que ce n'est pas la première fois qu'on se parle.
- Tu es sûr ? J'ai l'impression de ne t'avoir jamais vu.
- Comme quoi. J'imagine que tu veux que je t'aide à récupérer les morceaux qui sont tombés de ta marsouine ?
- Oui, comment as-tu deviné ?
Sincèrement, je préfère abandonner car j'ai la sensation qu'il me prend pour un demeuré bien malgré lui. Moi qui voulais parler des nombreuses planètes sur lesquelles il a du se poser pendant ses nombreux voyages, je crois que je vais devoir attendre encore un petit peu. Tout en lui tournant le dos, je commence à m'avancer lorsque je l'entends qu'il me parle.
- Tu sais, si tu retrouves toutes les pièces, je saurais te récompenser par un merveilleux cadeau.
Je le sais bien puisque j'en ai déjà quatre chez moi. L'Arc de triomphe, des poupées russes qui se rangent les unes dans les autres lorsqu'on les actionne, une tête de lion qui fait fontaine et j'ai un Manneken-Pis. Par contre, le jour où il m'a dit que ces objets étaient plutôt rares, j'ai voulu vérifier et c'est ainsi que je me suis rendu jusqu'à la boutique de Nook. Quand j'ai entendu le bruit, j'étais partagé entre l'envie de pleurer et celle de rire bêtement. Objets rares ? Mon cul ouais !
Sans lui prêter davantage d'attention, je quitte le secteur où il s'est crashé pour partir à la recherche de ses rouages. Si je m'en souviens bien, il doit y en avoir sept ou huit, ou peut-être moins. J'ai tellement peu l'occasion de le faire descendre de son ciel que j'ai le droit de perdre certaines informations le concernant. Une fois que je les aurais toutes trouvées, Gulliver me refilera une de ces daubes que j'irai probablement revendre, qui c'est ?
