Je tiens encore à vous présenter mes excuses pour cette absence plus ou moins dépendante de ma volonté et je vous remercie pour avoir eut la patience d'attendre et pour votre confiance et soutien. Malheureusement je ne peux pas vous certifier qu'il n'y aura plus de soucis du même genre et je le regrette mais je ferais mon possible pour y remèdier
Merci encore et bonne lecture!
Chapitre 34: Chacun sa route.
« A votre avis, ils en ont pour combien de temps ? » demanda Fred à la cantonade avec un soupçon d'ironie provocante sans cesser d'observer les deux adolescents enchevêtrés sur le sol du salon de ses parents et qui semblaient décidé à régler leur querelle à la manière des moldus. Coup pour coup dans un déchaînement de rage brut, pratiquement animale.
Pas qu'on leur avait laissé d'autre option me direz vous. Dés que Ron avait montré des signes de réveil, Harry s'était approché pour tenter de mettre les choses au clair avec son camarade et la discussion avait rapidement tournée au vinaigre !
Plus vite qu'il ne le faut pour le dire, les propos avaient laissé place aux insultes et le premiers coup était partit. Qui l'avait asséné ? Ron ou Harry ? Peu importait mais pour parer tout éventuel débordement, Alyd avait désarmé les deux jeunes sorciers et confier leurs baguettes à Molly qui avait regardé les deux garçons s'empoigner avec tristesse.
Etant mère de plusieurs adolescents au sang chaud, elle savait que ce genre de débordement arrivait parfois, trop souvent selon ses critères. Elle le regrettait et ne le cautionnait pas mais par expérience , elle savait qu'il était inutile de tenter de les séparer. Opinion que partageaient les autres adultes présents dans la maison qui se gardèrent bien d'intervenir soupirant devant l' enchevêtrement de membre des deux adolescents qui se roulaient par terre.
Raison pour laquelle après s'être assuré que les deux combattants ne pourraient pas se causer de blessures irréversibles, les adultes étaient retournés discuter dans la cuisine, laissant les autres adolescents en spectateurs attentifs de la rixe qui opposait les deux griffondors.
Ce que les Weasley, Hermione et Funestar ignoraient, c'était que tout ceci avait été mis au point, assez rapidement, par Harry. Le survivant avait chercher le meilleur plan pour découvrir ce qui causait la rancune et l'amertume de son ami, à son encontre et vis à vis des créatures magiques. Le brun connaissait bien son camarade pour savoir que le rouquin ne livrerait pas le fond de sa pensée tant qu'il aurait l'énergie de défendre son point de vue.
Tant qu'il serait habité par sa rage, Ron serait sûr d'être dans son bon droit. Tant que la colère et la jalousie lui obtureraient la raison, le roux serait incapable de réaliser que quelqu'un s'était servit de lui. Qu'on avait tout fait pour le convaincre que les créatures magiques étaient des êtres en qui on ne pouvait avoir confiance. Impossible alors de lui faire comprendre qu'il était la victime d'une machination dans le seul but de saper son amitié avec le brun.
Alors il avait plus ou moins volontairement déclenché les hostilités afin d'épuiser l'énergie et l'esprit combatif de Ron, tout en espérant qu'il aurait suffisamment d'endurance pour tenir jusqu'au point de rupture de son ami. Pour parer aux accidents, il avait demandé à Alyd de neutraliser leurs baguettes, mais Harry avait aussi demandé à son aîné de canaliser la magie pour qu'elle n'interfère pas de manière instinctive ou accidentelle dans leur petit combat de boxe.
Harry voulait un combat à arme égal avec Ron. Enfin presque parce qu'il ne pouvait pas lutter contre les réflexes d'auto-défense que son corps avait acquis au cour de son enfance quand il devait se défendre des coups de son oncle. Ainsi il avait été assez facile pour lui d'encaisser les mouvements désordonnés et peu puissant de son ami. Ses ripostes ne s'avéraient pas dangereuses non plus pour le roux car Harry avait plus appris à encaisser qu'à donner. Enfin cela avait été valable tant qu'ils avaient pu garder une certaine distance de sécurité entre eux.
Mais maintenant qu'ils se roulaient sur le vieux tapis du salon des Weasley, le brun avait plus de mal à éviter les coup de genoux, pieds, poings de son opposant, quand celui-ci n'essayait pas de lui arracher les oreilles avec les dents en poussant des cris de rage qui ne devaient rien avoir à envier avec les hurlements des loups garou à la pleine lune.
« Aucune idée. » Intervint Draco en haussant les épaules avec un soupir las avant de se détourner de la scène de pugilat pour se tourner vers Hermione qui grimaçait de dégoût et d'appréhension devant les coups qu'échangeaient ses deux meilleurs amis. « Dis, Granger, au lieu de regarder ces deux là perdre leur temps pourquoi ne discuterions nous pas de manière civilisée des changements que tu juges nécessaire pour le monde magique...J'ai moi même quelques idées sur la question... »
Draco savait parfaitement ce que tramait Harry. Il n'approuvait pas vraiment le plan du griffondor mais il admettait volontiers ne pas connaître la belette aussi bien que le brun et n'avoir aucune envie pour le moment d'approfondir le sujet, donc le blond n'avait eut aucune option de rechange à lui proposer. Il laissait donc les deux rouge et or s'expliquer à leur manière.
Cependant il n'était pas disposé à perdre son temps. Découvrir que Granger avait des envies de réforme du monde magique, avait attisé sa curiosité et il était bien décidé à savoir si tous les deux partageaient certains point de vue. L'idée de débattre avec le jeune fille ne lui déplaisait pas et serait certainement plus profitable que de regarder Ron et Harry se crêper le chignon.
Son initiative avait été approuvé par Alyd et Harry. La chimère avait même décidé de son côté de poursuivre sa conversation avec les adultes pour découvrir leur propres motivations. La châtain espérait pouvoir soutirer quelques informations au Langue de plomb qui avait bien l'intention lui aussi d'apaiser sa curiosité vis à vis de la chimère.
Hermione le fixa bouche bée, légèrement abasourdis devant la proposition que lui faisait le blond alors que Harry et Ron étaient en train de se rouler dans le salon pour savoir lequel allait faire ravaler son bulletin de naissance à l'autre. La situation actuelle avait un côté irréelle et irrationnelle pour la jeune fille. Elle avait l'impression d'avoir changé de dimension : Malfoy lui proposait de discuter alors que Harry et Ron se comportait comme des enfants de cinq ans et se battaient comme des chiffonniers !
« J'aimerais bien discuter avec toi, Malfoy mais on en peut pas... » Commença-t-elle en lui indiquant du doigt les deux belligérants qui se rendaient coup pour coup sans aucune retenue et avec une rage quasi palpable.
« Ce qui se passe entre eux ne nous concerne pas. Et franchement je n'ai pas envie de me prendre un mauvais coup en tentant de les séparer. » L'interrompit Draco en commençant de s'éloigner vers le jardin des Weasley. « Si maître Alyd n'a pas jugé bon de les interrompre, c'est qu'il estime que c'est le moyen le plus rapide et le plus efficace pour que ces deux ânes arrivent à régler leur différent ! »
Draco soupira intérieurement. Si un jour on lui avait annoncé qu'il donnerait du « maitre » à quelqu'un, il aurait certainement soupçonné cet individu de ne pas avoir toute sa raison. Encore plus si on lui avait précisé que le maître en question serait Neville Londubat ! Mais dans la situation présente sa soumission et son respect envers la chimère servait leur cause et il s'y pliait de bonne grâce, bien décidé à renforcer la confiance qu'éprouvait la majorité des Weasley vis à vis des chimères.
« Malfoy a raison. » Intervint à son tour Georges en se grattant l'arrière du crâne avec un sourire moqueur à l'égard des deux garçons qui se débattaient toujours sur le sol, avec il fallait l'admettre un peu moins de vigueur que quelques instants plus tôt. « C'était marrant il y a dix minutes mais là cela devient lassant...Fred n'avions nous pas un travail plus urgent à finir après le déjeuner ? »
« Hum » fit semblant d'hésiter son jumeau en lui rendant son sourire. « Effectivement, il me semble bien que nous avions un emploi du temps plus que chargé et que nous sommes attendu pour une affaire urgente…. »
Les jumeaux connaissaient assez bien leur frère pour savoir que celui-ci après vingt minutes de combat devait atteindre les limites de sa résistance physique et qu'il se sentirait honteux de son attitude quand il réaliserait les erreurs qu'il avait commises et combien il s'en voudrait pour son attitude envers Harry. Alors autant ménager son amour propre mis à mal par cette erreur de jugement en limitant le nombre de témoin. Enfin cela s'était dans le cas ou il accepterait d'ouvrir les yeux. La meilleure option.
Dans le pire des cas, si Ron refusait d'admettre que les propos qu'il tenait sur les créatures magiques n'étaient qu'un ramassis d' aprioris et de croyances racistes et bien leurs parents seraient plus à même qu'eux pour trouver une solution, pour le guider et le faire revenir dans le droit chemin. Enfin si cela s'avérait encore possible ! Parce que borné comme pouvait l'être leur petit frère, il allait être particulièrement compliqué de lui faire reconnaître qu'il avait tord !
« Ce n'est vraiment pas dangereux de les laisser... » Tenta Ginny inquiète. En entendant les cris de rage et de douleur mêlés que poussaient son frère et celui pour qui son cœur soupirait depuis de si nombreuses années déjà.
Son cœur battait la chamade. Elle avait bien compris que Ron ne semblait pas accepter la condition de créature magique de Harry et que son frère se sentait trahis et bafoué, en plus d'être jaloux de la manière dont sa famille avait accueillis et encensé les exploits de l'apollon brun alors que lui avait eut toutes les peines du monde à tirer la couverture à lui au milieu de ses frères possédant tous une personnalité et un caractère fort ! Elle avait suffisamment observé Ron tout au long de ces années pour connaître les blessures d'amour propre qui rongeaient son aîné.
Elle en avait suffisamment tiré profit au cour du temps et savait ou appuyer pour le faire réagir. Elle savait orienter son jugement pour le faire plier à son point de vue. Lors de la discussion qu'ils avaient eut au square Grimmaud, elle avait bien pris conscience que quelqu'un d'autre avait influencé Ron pour lui bourrer le crâne avec de vieux préceptes ségrégationniste sur les créatures magiques.
Elle n'avait pas compris pourquoi et dans quel but, raison pour laquelle elle avait jouer les ingénues, laissant les autres confronter leurs opinions, pour réfléchir à l'objectif poursuivit par celui qui avait farcie la tête du son frère. Avec les paroles échangées quelques instants plus tôt, elle avait deviné l'identité de celui qui se trouvait derrière tout cela et cela n'avait fait qu'attiser sa curiosité. Elle voulait savoir pourquoi le professeur Dumbledore avait manigancer pour séparer Ron et Harry.
Elle avait observer suffisamment les deux garçons au cour de l'année précédentes pour tirer certaines conclusions. Elle avait vu les réactions de Ron quand le nom de Harry était sortie de la coupe de feu. Elle avait assisté de loin à l'éloignement des deux garçons et à l'étrange influence qu'avait pris, mine de rien, le directeur sur son frère, sans réaliser à l'époque l'objectif de Dumbledore.
Personne ne semblait l'avoir remarquer, mais Ron livré à lui même alors que les deux autres se penchaient sur les tâches difficiles qui attendaient le brun, s'était laissé approcher et manipuler par le directeur qui avait su orienter petit à petit les pensées de son frère. Elle avait observé de loin et avait admiré la manière dont Dumbledore manœuvrait pour attirer Ron dans ses filets.
Ginny avait alors fait, le plus discrètement possible, des recherches sur les méthodes utilisées par le directeur. Elle n'avait pas vraiment été choquée de découvrir que les techniques du directeur n'appartenaient pas à la magie dite blanche. Elle avait gardé ses découvertes pour elle, attendant la meilleure occasion pour révéler ce qu'elle savait pour en tirer un maximum de profit. Elle aurait pu en parler pour soutenir les propos de Harry , mais elle voulait plus que la reconnaissance du brun. Elle voulait lire de l'admiration de la dévotion dans le regard vert du brun à chaque fois que son regard se posait sur elle. Voilà pourquoi elle n'était pas intervenu attendant le moment idéal.
En attendant les voir se rouler dans la poussière du salon avait quelque chose d'enivrant, d'excitant. Un peu comme dans ces livres romantiques où pour l'honneur de l'héroïne, les chevaliers en armure se livraient à un combat épique où le plus fort remportait la bataille et la fille.
Avec un peu d'imagination, elle avait le sentiment que les deux adolescents se battaient pour elle. Cette idée était grisante, enivrante et faisait d'elle une héroïne, un personnage important de l'histoire et non plus seulement la petite dernière et seule fille d'une famille nombreuse. Présenté ainsi les choses prenait une tournure plaisante pour son ego qu'elle plongea dedans sans regret.
Son frère pour défendre son honneur qu'il estimait bafoué par le fait qu' Harry avait maintenue son statue de créature magique secrète, leur mentant à tous. Quand à Harry, de son point de vue déformé par son cœur de midinette, il luttait pour avoir le droit de la courtiser, ne se sentant inférieur en rien par rapport aux sorciers. Réclamant par son sang son autorisation pour la courtiser.
Elle se garda bien de faire part de son opinion aux autres car elle était sûr que personne ne comprenait l'enjeu du duel qui se déroulait sous leur yeux et à leur pied. A ses pieds.
Il ne s'agissait pas d'une simple querelle d'opinion sur la place des créatures magiques ! Mais bien de décider par un combat du droit de Harry à la séduire. Personne ne pourrait envisager la situation sous le même angle qu'elle ! Elle le savait, cependant cela ne voulait pas dire qu'elle avait tord ! Elle se moquait de ce que les autres pouvaient bien penser ! Elle était convaincu d'être la seule à avoir su découvrir les véritables motifs de cette rixe. Harry n'avait il pas déjà risqué sa vie pour elle ? N'avait-il pas affronter un énorme serpent pour la sauver ? Comme dans les livres romantiques qui s'échangeaient dans le dortoir des filles de toutes les maisons de Poudlard !
Non ! Même mieux puisque ce qui se passait à ce moment précis, était réelle et c'était pour elle. Elle sentit ses joues s'enflammer en s'imaginant le moment ou Ron vaincu, laissait enfin son preux chevalier, où peut être si son frère s'en sortait vainqueur le moment ou rampant devant elle, Harry quémandait une seconde chance de lui prouver son attachement.
« Effectivement vu sous cet angle, Malfoy, je crois qu'il sera plus constructif que nous ayons tous les deux cette conversation. » finit par répondre Hermione la sortant de ses merveilleux songes. « Tu viens Ginny ? »
La petite rousse serait bien resté à admirer et continuer de rêvasser sur la fin de ce combat , mais elle ne voyait pas d'excuse valable à donner. Comment leur expliquer qu'étant la principale cause de leur désaccord et le trophée de leur bataille, elle devait assister à la scène jusqu'au dénouement sans détourner les yeux, comme dans le dernier roman qu'elle avait lu et ou la princesse prisonnière d'un château assistait par l'intermédiaire d'un miroir magique au périple de ses prétendants, jusqu'à l'affrontement final qui voyait la mise en scène d'un duel fratricide entre deux amis, presque des frères.
Ne trouvant rien de satisfaisant comme excuse, elle soupira et hocha la tête en signe d' acquiescement sans remarquer l'étrange regard chargé de mépris que lui accorda Draco. Elle refusa cependant de les accompagner dehors et s'éclipsa dans sa chambre. Dans le scénario qu'elle avait échafaudé, Harry vainqueur se présentait devant elle dans sa chambre et lui volait un baiser passionné en lui promettant de la rendre heureuse.
Hermione la regarda s'éloigner en haussant les épaules, ne comprenant pas l'origine du sourire niais qui ourlait les lèvres de Ginny alors qu'elle montait à l'étage sous le regard goguenard de Draco qui émit un gloussement moqueur.
« Je ne sais pas ce à quoi pense la belette fille mais je suis prêt à parier qu'elle se fait des films... »
« Comme toutes les gamines de son âge, mais... » Intervint Alyd dans les pensées du blond avec une pointe d'inquiétude qui attira l'attention de Draco. « Son esprit est étrange. Je vais me renseigner auprès de ses parents pour découvrir si l'incursion des souvenirs du seigneur des ténèbres n'a pas eut plus de répercussion sur son esprit que ce que tout le monde a put envisager jusqu' à présent. »
« Quelle belle perspective ! Non seulement il va falloir garder à l'oeil cet arriviste de rouquin, mais aussi sa petite sainte nitouche de frangine... »
« Pas de jugement hâtif, Draco. Je m'inquiète peut être à tord ! »
« Avec Harry dans l'équation ? Je suis prêt à parier que non. De plus vue ce qu'il a déjà enduré, il vaut mieux pêcher par excès de zèle plutôt que de prendre le risque de laisser couler un danger potentiel. »
« Harry ne va certainement pas apprécier si nous suspectons tous ses amis, un par un, de vouloir le trahir... »
« Il n'a pas apprécier ! D'accord ou non je veillerai sur lui à ma manière ! Il le sait et j'espère qu'il comprends ce que cela implique... il ne sait jamais montrer assez méfiant et pointilleux dans le choix de ses connaissances !» Soupira Draco d'un ton mi bougon mi inquiet en suivant Hermione hors du salon après avoir jeté un dernier coup d'œil aux deux combattants qui venaient de se séparer à bout de souffle et de forces physique.
« J'en ai conscience, Draco. » Lui parvint la voix mentale du brun avec une onde rassurante qui lui soutira un sourire satisfait. « Je crois qu'on arrive au moment de vérité entre Ron et moi. Merci de nous accordé un peu d'espace et d'intimité pour cette discussion qui promet d'être douloureuse. »
Aux mots employés par le griffondor, Alyd et Draco eurent le certitude que Harry savait que Ron ne changerait pas d'opinion et que même s'il en était peiné, il commençait à se faire à cette option. Aussi dérangeant et déplaisante soit elle, sa décision était inébranlable et cela le brun l'avait ressentit au cour de leur duel.
Ni la chimère ni le serpentard ne firent de commentaire, laissant le soin à Harry de gérer cela en privée avec Ron dans un premier temps, tout en lui assurant que chacun d'eux serait là pour le soutenir quand il en sentirait le besoin, ce dont il leur fut reconnaissant.
A présent seul avec Ron dans le salon, allongé sur le vieux tapis , Harry tentait de retrouver un rythme de respiration plus calme et moins désordonné. Les bras étendus en croix de part et d'autre de son corps, il fixait le plafond et ses lézardes cherchant le meilleur moyen pour entamer la discussion. Ron se trouvait allongé tout comme lui sur le vieux tapis, légèrement recroquevillé en boule sur sa gauche. Le brun tourna la tête et vit son camarade qui tentait tout comme lui de reprendre son souffle.
Vu la vision qu'offrait Ron, vêtements déchirés, lèvres fendues, quelques hématomes épars sur son visage ses bras et ses jambes ils ne devaient pas donné à eux deux un tableau très flatteur de leur situation. Harry savait qu'il n'était pas dans un meilleur état que son ami. Il avait mal partout et il avait essuyé dans sa chemise le sang qui coulait d'une plaie à l'arcade droite et qui l'empêchait de voir correctement et le pavillon de son oreille droite le lançait douloureusement.
« Franchement, Ron, je ne comprends pas pourquoi cette fois tu m'en veux précisément ! Je n'y peut rien si je suis une créature magique ! Je n'imaginais même pas qu'il était possible d'avoir un esprit aussi étroit et en même temps si perméable aux arguments racistes ! » Lacha Harry avec amertume.
Il avait bien insisté sur le « cette fois » pour marquer qu'il se souvenait parfaitement de toutes les querelles qui les avaient opposé et qui avait souvent eut pour origine la jalousie et le sentiment d'infériorité de l'adolescent roux.
« Ne me met pas tout sur le dos ! » ricana méchamment Ron en tentant vainement de se redresser. « Et ne te place pas en victime innocente incapable de se défendre ! Tu as ta part de responsabilité...Je suis peut être d'un naturel jaloux et quelque peu borné, mais moi au moins je n'imagine pas être le centre du monde et je ne pique pas de crise quand l'univers ne tourne pas comme je le souhaiterais ! »
« Avec l'image que tu as de moi, je me demande comment tu as pu donner le change sur notre amitié autant de temps ! » Ironisa Harry en se redressant sur un coude.
« Parfois je me le demande ! » Reprit Ron en s'asseyant. « Il m'a fallut un peu de temps pour réaliser que notre amitié était à sens unique et que je n'en ressortais pas gagnant et si cela peut te rassurer je l'ai compris un peu avant d'apprendre que tu étais une créature magique ! »
« Tu veux dire que notre amitié était finit même si mon ascendance ne te révulsait pas autant qu'elle le fait ? Sympathique ! Je ne comprends pas ce que tu me reproches !»
« Mes parents t'ont accueillit comme un fils ! Naturellement, comme si ta place se trouvait parmi nous alors que j'ai passé toute mon enfance à essayer d'exister au milieu d'une ribambelle de gamin qui avait tous un plus par rapport a moi : plus grand, plus fort, plus intelligent, plus malin. Et toi tu débarque comme une fleur et le peu que j'avais pu glaner tu me le prend ! Sans aucune peine tu deviens le centre de l'attention de ma famille et je passe à la trappe ! Le monde magique t'a accueillit comme un héros. Tes exploits à Poudlard t'ont peut être apporté quelques désagréments mais tu as tout de même obtenu la reconnaissance et l'admiration de tes pairs. Mon nom est à peine connut alors que j'ai partagé chacun des dangers de ces moments difficiles ! Au mieux je suis un faire valoir anonyme au pire je suis le chien fidèle obéissant ! Cela ne pouvait pas durer ! Pas quand en plus tu ne fais rien pour me donner l'impression d'être important, que mon soutien, mon avis compte ne serais ce qu'un peu...Pas un mot de remerciement ou de reconnaissance comme si c'était normal que je me tienne a tes côté et que je devrais m'en estimer heureux ! Mais ce n'est pas cela l'amitié ! Si tu crois que je n'ai pas vue la complicité et la connivence qu'il y a entre toi et Malfoy, tu te trompes ! J'ai bien vu et même si votre amitié est récente on voit comme le nez au milieu de la figure qu'elle est plus solide et sincère que la notre ! Lui tu le considère comme un égal et un ami, moi je fais parti des meubles !»
Harry écoutait attentivement la tirade enflammée de son camarade. Il aurait voulut pouvoir s'offusquer des paroles de Ron mais il ne pouvait s'empêcher de culpabiliser. Une part de lui semblait facilement admettre que les arguments du rouquin tenaient la route et qu'il n'avait pas traité Ron comme il le méritait. Pas qu'il aurait pu agir autrement si il y réfléchissait bien. On ne lui avait jamais appris à se comporter avec les autres de manière amical. On ne lui avait jamais expliqué la complexité des relations. On s'était arrangé pour qu'il estime acquis les relations qu'il se ferait dans le monde magique. Que celles-ci seraient comme immuables et ne pouvaient en aucun cas évoluer. Encore une fois on l'avait trompé. Et pas uniquement lui, Ron aussi d'une certaine manière avait été floué.
« On peut encore changer... » tenta d'intervenir Harry légèrement contrit en se mordant la lèvre inférieur devant le regard méprisant que lui accorda Ron.
« Et tu ne nie même pas ! » S'exclama avec dérision le roux en portant une main devant ses yeux les fermant lentement quelques instants avant de reprendre. « Non ! Non je ne m'abaisserais à changer pour mériter ton attention et un peu de ta compassion. C'est peut être une erreur mais je refuse de continuer à me sentir si humilié et impuissant alors que je sais que je suis moi aussi capable de grande chose. Et si pour cela je dois m'opposer à vous, à toi, tant pis ou tant mieux je n'en mettrais que plus de courage et d'ardeur... »
« Je ne pensais pas avoir eut un comportement aussi mauvais à ton égard ! J'ai certainement commis des erreurs... Ron tu es la première personne de mon âge à m'avoir traité en égal, à m'avoir adressé la parole sans chercher à me faire du mal et... » Argumenta Harry bien décidé à ne pas abandonner la partie sans avoir tout tenté.
« Suffit ! Je ne veux aucune excuse, aucune pitié ! Rien. » Lança Ron avec colère
« Pourquoi ? Si on en parlait, je suis sur qu'on arriverait à... » Tenta Harry luttant contre les larmes qui lui montait aux yeux à cause des souvenirs de sa première rencontre avec Ron et de tout ce qu'ils avaient vécu ensemble. Mais il ne voulait pas craquer devant le roux, pas après les mots dures qu'il venait de lui lancer.
« Je ne veux pas que tu me démontres que j'ai tord ou bien que tu me présentes des excuses pour les erreurs que tu aurais commises sciemment ou non. Tout comme je ne veux pas te présenter mes excuses une énième fois, pour me voir récompenser du droit de te suivre dans tes péripéties. J'ai juste envie de suivre ma route ! Celle que j'ai choisit ! »
« Mais Ron, tu pourrais le faire sans qu'on est besoin... » Répliqua Harry qui se sentait perdu.
« Non » fut la réponse ferme et définitive du roux.
« T'est vraiment borné ! Réalises tu au moins que tu te laisses manipuler par le directeur ! Car je sais que c'est à cause de lui que ton esprit est bourré de principes racistes allant contre les créatures magiques ! » S'emporta Harry bien décidé à lui ouvrir les yeux sur la part de responsabilité de Dumbledore dans sa révolte. Il ne voulait pas laisser Ron faire le jeu du vieux directeur.
« Peut être, mais avec ce qu'il m'a apprit je sais quel danger les créatures et les hybrides peuvent représenté pour le monde sorcier ! Il m'a raconté des anecdotes du temps passé et certaines ne remontent pas si loin dans le passé, qui m'ont fait dressé les cheveux sur la tête ! »
« Et toi tu le crois sur parole ! » S'enerva Harry devant l'entêtement du roux
« Il n'y a pas si longtemps tu croyais toi aussi en sa parole ! Ton revirement n'est dû qu' à ton changement de statue !» S'écria Ron en croisant les bras sur sa poitrine.
« Non ! » Corrigea fermement Harry. « Non, je ne sais pas ce qu'il t'a raconté mais moi j'ai eut la preuve plus d'une fois que ses dires n'étaient pas vérité universelle ! Je sais qu'il a tout fait pour que le monde se plie à sa volonté et que franchement cela ne suit pas les enseignements originelles de la magie... »
« Tu ne me fera pas changé d'avis. Pas après le récit qu'il m'a fait sur la fille de Rusard, mais je veux bien t'accorder le bénéfice du doute. Je comptais mener ma petite enquête a ce propos de mon côté pour obtenir un complément d'information. Je n'ai rien trouvé à Poudlard mais... »
« Rusard a une fille ? » S'étonna Harry qui n'en avait jamais entendu parler.
« Elle serait morte, il y a un peu plus de dix ans dans un accident de magie...D'après ce que Dumbledore m'a dit elle cherchait un moyen de devenir immortelle pour pouvoir vivre avec un hybride qui se serait jouer de ses sentiments et auraient finalement disparue après le décès de la jeune fille. Il m'a dit aussi que Tu sais qui avait une fascination assez malsaine pour l'immortalité ! Si comme tu l'a annoncé, il est de retour, je suis prêt à parier qu'il a dû trouver un moyen pour que son âme reste sous une forme ou une autre ici...»
Harry écoutait attentivement Ron. Il écoutait ce qu'il lui disait et la manière dont il le lui communiquait. Le jeune brun avait l'impression ainsi de mieux pouvoir cerner les motivations et les craintes de Ron. Mais aussi le plan machiavélique que le directeur avait intelligemment mis en place pour les mener tous les deux à leur perte.
Un court instant il pensa qu'il devait avertir Ron et puis l'idée lui échappa. Il l'a laissa filer en même temps qu'une larme orpheline sur sa joue qu'il n'essuya même pas. L'espace d'un court instant il entrevit ce qui risquait d'arriver et en fût peiner pour lui et pour Ron, mais il décida qu'il n'y changerait rien.
« Pourquoi prendre ce risque ? » Lui murmura doucement à l'oreille la voix douce et apaisante de la magie. « Il serait si simple... »
Harry soupira. Il se doutait bien que cette vision de l'avenir tombant à propos devait bien provenir de quelqu'un. Il n'était pas étonné que la magie intervienne. Il espérait juste que tout comme lui, elle comprendrait et accepterait la situation.
« Peut être, oui mais justement cela s'avérait trop simple et ne résoudrait rien pour autant j'en suis certain. En l'écoutant parler je me rends compte qu'il s'est donné une mission un but. Il est remplis de passion et d'intérêt pour cette enquête qu'il compte entreprendre. A sa manière il veut défendre et protéger sa famille. Il veut leur montrer qu'il est capable d'accomplir de grande chose par lui même. Je ne peux pas lui enlever cela...Pas si je le considère comme un ami et que je lui suis reconnaissant de ce que nous avons partagé... »
« Même si cela conduit à la mort de Harry, parce qu'il n'aura aucun moyen de découvrir... »
« Oui » répondit le brun en souriant doucement ce qui eut pour effet d'arrêter le monologue dans lequel s'était lancé avec fougue de griffondor roux. « Oui car il a droit à sa chance, à ce choix."
« Je vois que tu es particulièrement déterminé et documenté, Ron » fit remarquer Harry , son sourire s'agrandissant devant l'air abasourdi et contrarié de l'adolescent qui lui faisait face les sourcils froncés et la moue boudeuse s'imaginant déjà les moqueries qui allaient suivre mais qui ne vinrent jamais. « J'espère que tu me tiendras au courant de tes recherches et que tu étudieras toutes les pistes pour connaître la vérité et pas seulement ce qui t'arrange... »
« Hey ! Bien entendu que je vais explorer chaque piste ! Je suis quelqu'un d'intègre ! Par contre faudra pas trop m'en vouloir quand je démontrerais par des preuves irréfutables que Sorciers et créatures magiques ne peuvent partager le même espace vital ! » répliqua Ron oubliant l'espace d'un instant qu'il était toujours en colère contre le brun
« Sans regret et sans remord ? » Questionna Harry en se levant difficilement tout en tendant la main pour aider son vis à vis à en faire autant, mettant ainsi un terme à leur conversation.
Sa main resta dans le vide un moment. Ron la fixait cherchant le piège et se demandant pourquoi tout à coup Harry semblait avoir fait une croix sur sa colère et son ressentiment.
« Sans remord c'est certain. Pour les regrets, reviens me poser la question dans dix ans ! » Répondit finalement le roux en se saisissant de sa main pour se relever en souriant.
Ron ne cherchait pas particulièrement l'approbation de la part de Harry. Mais le fait que le brun lui accorde une chance et le laisse suivre sa route en acceptant de le laisser suivre ses propres expèriences signifiait beaucoup pour lui. Malgré tout et quoi qu'il en dise, il avait eut besoin d'une certaine manière de son assentiment.
Dans dix ans ?
Pourquoi pas...enfin si l'avenir le leur permettait.
Mais pour l'heure actuelle, Harry le savait parfaitement, tout était fini entre eux.
Ils allaient devoir emprunter des routes différentes. Des chemins qui se croiseraient, forcément, mais ou ils retrouveraient dans des camps opposés. Aussi difficile que cela soit à accepter, Harry et Ron au moment où ils en avaient pris conscience ,avaient sentit comme un énorme poids quitter leurs épaules.
A suivre...
