Econome.
Je commence enfin ma promenade car depuis ma conversation avec Antoine, je dois avouer que je suis rentré chez moi pour consulter mon courrier. Lorsque j'ai vu que ma mère m'avait envoyé une lettre, je me gardais de l'ouvrir car je savais très bien ce qui se trouvait à l'intérieur. A mon avis, elle devait sûrement me raconter l'une de ses journées et je me suis dit que cette missive pouvait bien attendre un peu. Du coup, me voilà en train de marcher sur l'une des allées du village lorsque je passe devant la maison de Kabuki. Comme sa fenêtre est ouverte, j'entends un petit bruit métallique qui attire mon attention.
Je voudrais bien savoir ce qu'il fait mais si je lui pose la question après m'être rapproché de ses carreaux, il y a de fortes chances pour qu'il me trouve curieux. Dans un sens, je ne pourrais lui en vouloir. Du coup, je décide de jouer une autre carte en jouant le voisin très poli. Une fois que je suis posté juste devant sa fenêtre, je le vois assit face à sa table de salon, occupé à faire ses comptes.
- Bonjour Kabuki.
- Chut !
Mince. Serait-il possible que je l'ai perturbé dans ses opérations ? Si c'est le cas, je suis vraiment désolé et je ne manquerais pas de m'excuser. D'ailleurs, le voilà qu'il lève sa tête dans ma direction et vu à sa mine renfrogner, je devine que j'ai du commettre un impair.
- C'est malin Jaysher. A cause de toi, je vais devoir tout recommencer.
- Je suis vraiment désolé Kabuki.
Avant qu'il se relance dans ses comptes, j'arrive à placer ma question en espérant obtenir une réponse de sa part.
- Pourquoi comptes-tu ton argent ?
- C'est parce que je suis en train de faire des économies pour m'acheter un nouveau service à thé.
- Tu as abimé l'autre ?
- Oui, la semaine dernière. J'étais en train de me servir un thé lorsque je me suis pris les pieds dans mon tapis. Lorsque je me suis retrouvé par terre, mon service gisait à quelques centimètres de moi et il ne restait que des morceaux.
- Je suis vraiment désolé.
- Pas autant que moi. Maintenant, si tu veux bien me laisser, j'ai du boulot.
- Si tu veux, je peux te donner un coup de mains.
- Vraiment ?
- Oui. Comme je n'ai rien à faire pour le moment, cela me ferait très plaisir de t'aider.
- Dans ce cas, entre l'ami.
Sans me faire prier davantage, je quitte la fenêtre pour rejoindre la porte d'entrée de sa maison. Quelques secondes plus tard, je suis installé sur l'une des chaises se situant autour de sa table et j'ai sous les yeux, un joli tas de pièces dorées. Sans perdre une minute, je commence à faire les comptes et une fois que j'ai terminé, j'annonce le résultat.
- Tu as mille deux cents pièces ici.
- Et moi, j'en ai trois mille. Du coup, je vais pouvoir m'en offrir un autre.
- C'est génial. Je suis très content pour toi.
- Merci Jaysher et merci encore pour ton aide.
- De rien.
