Poches.
Content d'avoir pu rendre service à Kabuki, je reprends ma promenade et m'arrête à l'endroit où se situait la demeure de Myrtille. J'utilise ce verbe au passé parce que désormais, il n'y a plus que de l'herbe sur cette zone et plus aucune trace de la maisonnée. Aussitôt, je suis inquiet et je me demande bien ce qui s'est passé entre eux. Serait-il possible que notre amie a jugé utile de nous quitter au beau milieu de la nuit sans prévenir personne ? Si c'est le cas, c'est vraiment cruel de sa part et je suis en train de réaliser à quel point je suis déçu.
Alors que l'idée de me rendre à la mairie pour obtenir des réponses germe dans ma tête, voilà que Cédric arrive vers moi.
- Bonjour Jaysher. Belle journée pour faire du sport aujourd'hui ?
- Bonjour et peut-être.
Lorsqu'il me regarde, l'oiseau vert se rend compte que quelque chose me tracasse et souhaite connaître la raison de ma tristesse.
- Que se passe-t-il ? Tu sais que tu peux tout dire à ton vieil ami.
- Je le sais Cédric. Tu étais au courant que Myrtille voulait nous quitter ?
A la fin de cette question, l'habitant se retourne et constate l'absence de la demeure appartenant à la petite souris. De suite, il comprend ce qui se passe et pourquoi je ne déborde pas de joie.
- Je suis surpris, finit-il par dire.
- Moi aussi.
- Remarque, ce sont les choses de la vie mon ami. Des gens arrivent, d'autres partent, nous n'y pouvons rien.
- Ouais mais je suis sûr que si elle aurait discuté avec certains d'entre nous, elle serait restée. Je suis dégoûté de son comportement et je regrette de l'avoir considéré comme une amie.
- Tu es un peu dur tu ne trouves pas ?
- Du tout car je peux me montrer un peu plus méchant.
Soudain, Cédric tente de ranger ses ailes dans des poches mais ses membres ne rencontrent que de l'air. A ce moment, l'oiseau est un peu surpris.
- Tiens, il m'avait semblé avoir enfilé un pull avec des manches ce matin.
- Vraiment ?
- Oui.
- Bizarre. C'est bien la première fois que je verrais quelqu'un d'ici porter un vêtement avec des poches, à part moi et mes pantalons.
- Tu penses que je l'ai rêvé ?
- Oui.
- Cela devient inquiétant. Peut-être qu'un peu de sport m'aiderait à me réveiller complètement.
Sans me consulter, l'oiseau s'éloigne de moi au pas de courses et commence à faire un petit footing. Désormais, je me retrouve seul et bizarrement, j'ai l'impression que mes larmes sont en train de monter mais qu'elles n'arrivent pas à sortir. Ouais, je suis vraiment triste mais rempli de rage. J'ai vraiment eu tort de considérer ce rongeur comme une véritable amie car si c'était le cas, elle m'aurait prévenu au lieu de partir comme une voleuse. Essayant de me calmer, je quitte les lieux à mon tour pour me rendre dans l'autre partie du village.
