Chapitre 37 : Salle du rituel
Ce voyage astral avait été un peu plus long que le premier, ce qui eut pour conséquence de lui faire ressentir un froid comme il n'en avait jamais éprouvé avant. La distance qu'il avait eut à parcourir pour rejoindre l'avatar de la magie n'avait pas été assez grande pour qu'il ressente le froid du vide dans lequel le faisait évoluer ses deux accompagnateurs. De plus l'avatar avait certainement plus l'habitude que les deux servants fantômes à aider un novice dans ce genre d'expérience. Il comprenait mieux pourquoi ils avaient insisté pour qu'il laisse son corps dans un endroit sécurisé et chaud. Ce n'était pas l'air qui était froid. Il n'y avait pas de vent. Juste le vide, l'absence de tout.
« Plus la distance parcouru est longue plus le froid est intense. » Lui expliqua Cédric alors qu'il apparaissait dans une salle de pierre nue. « Le voyage est quasi instantané si on s'en tient à la notion de durée. Le temps ne s'écoule pas dans le monde vide de l'immatériel. »
Dénal écoutait avec attention ce que lui expliquait le fantôme de son camarade. Tout ce qu'il pourrait retenir serait autant qu'il pourrait considérer comme acquis et ainsi il pourrait étudier d'autres sujets dans la pensine et cela lui ferait économiser du temps et qu'il y avait tellement de chose qu'il voulait savoir et comprendre qu'il doutait d'avoir suffisamment de temps.
Il jeta un coup d'œil à la pièce ou il se trouvait. Il ne se souvenait pas y avoir déjà mis les pieds lors de sa scolarité. Les murs en pierre semblaient ruisselé d'eau et de la mousse poussait un peu partout sur toute leur hauteur. Il était évident que s'il avait eut son sens de l'odorat à disposition, l'odeur dans la salle n'aurait rien eut de plaisante. Entre pourriture, confinement et humidité. Rien de très ragoutant.
Il y avait une seule et unique porte en bois. Massive et ornée de runes anciennes qui luisaient sous l'influence de la magie que leurs présences avaient réveillé. Pas la moindre fenêtre ou ouverture. Au centre de la pièce trônait des morceaux métalliques usés et corrodés qui rappela à la jeune chimère les restes d'un chaudron ayant explosé et en observant plus attentivement les murs, Dénal nota que la mousse ne poussait pas à certains endroits et que ceux ci formaient d'étranges zones aux formes plus qu'inattendue. A commencer par celle situé sur le mur opposé à la porte et qui aurait pu appartenir à une silhouette humaine. Comme si celle-ci s'était incrusté dans la matière de façon brutale et irréversible.
« Cet endroit est vraiment glauque. » Marmonna Milicent en serrant ses bras contre sa poitrine. « Même pour un fantôme...Il s'en dégage quelque chose de malsain. »
« Vous savez ou nous nous trouvons exactement dans le château ? » demanda Dénal en s'approchant du mur où se détachait la silhouette pour l'examiner de plus près.
« Non, pas exactement. Nous devons nous situer quelque part dans les profondeurs du château, dans une partie inexploité des cachots. » Reprit Cédric qui semblait tout aussi impressionné que les deux autres par l'atmosphère étrange qui émanait de la pièce.
« Même si sa dernière utilisation ne date pas d'hier, elle a pourtant été utilisé au cours des vingt dernières années. » décréta Milicent en examinant la mousse. « Ce genre de lichen a une durée de vie assez longue quand on rassemble les bonnes conditions et vu son développement dans le cas présent, je dirais que la porte à été scellé il y a moins de quinze ans. »
« Encore un sujet qu'il me faudra étudier en rentrant. » soupira Dénal s'attirant un rire de la part de la jeune serpentarde. Même si Harry appréciait les cours de botanique, il n'avait pas la même passion que Neville pour les plantes.
« Oh ,si tu veux je peux partager mes connaissances avec toi. Cela te permettrais de gagner du temps et de te concentrer sur d'autres sujets plus passionnant !» déclara-t-elle en se tapotant les lèvres d'un index pensif. « En contre partie tu pourrais me rendre un petit service... »
« Milicent ! » S'opposa Cédric visiblement offusqué par le marché que tentait d'établir sa camarade.
« Oh, Mister éthique, il n'y a pas de quoi en faire un chaudron ! Ce n'est qu'un petit arrangement à l'amiable ! Tu es peut être disposé à partager tes connaissances sans contre partie, mais je me trahirais moi même si je n'essayais pas de tirer un quelconque profit...»
« Ce serait un marché équitable. » Appuya Dénal toujours concentré sur les formes étranges du mur. « Je ne vois pas de raison pour refuser. »
« C'est entendu alors ! » s'extasia la jeune fille en tourbillonnant sur elle même.
« Tu joue avec le feu, Harry. Tu aurais dû au moins lui demander de préciser quel genre de service, elle comptait te soutirer. Et puis personne ne s'attend à ce que tu saches tout tout de suite... »
« Oh mais j'ai déjà ma petite idée sur ce qu'elle attend de moi... Et je suis convaincue que Milicent sait très bien qu'en l'état actuel des choses, je ne peux rien lui promettre. » Marmonna la jeune chimère en se tournant vers eux en souriant. Milicent fronça les sourcils avec une moue dubitative qui fit rire la jeune chimère. « Je sais que tes amis, en dehors de Draco, ont dû faire face à un choix impossible. Tout ce que je peux t'assurer c'est que je leur accorderais le bénéfice du doute. Mais nous continuerons cette conversation plus tard, je crois que nous avons activé quelque chose en pénétrant dans cette salle et que quelque chose va commencer d'ici peu. »
Il leur indiqua d'un signe de la tête les runes de la porte qui se mettaient à luire de manière de plus en plus soutenue. La lueur qu'elles émettaient, variait de couleur suivant le spectre de la lumière blanche, tout en augmentant d'intensité et de fréquence de rotation des différentes couleurs. Sur le sol apparut un cercle de rituel avec de nombreux signe cabalistique placé régulièrement sur la circonférence du cercle. Près de chaque signe, qui n'avait qu'un sens confus pour lui, Dénal remarqua un point brillant qui pulsait lentement
« Un conseil, n'approchez pas du cercle, c'est un sceau de restriction. » déclara Cédric en fronçant les sourcils. « Même pour des esprits, ce type de sceau est assez désagréable. Il est encore actif et quelqu'un a dû s'assurer qu'il serait alimenter en énergie pour ne jamais se rompre »
« Encore un truc que je ne maîtrise pas ! » soupira Dénal vaincu par son manque de connaissance.
La magie ne se limitait vraiment pas aux seules disciplines enseignées à Poudlard et il commençait juste à sonder l'ampleur du gouffre que les sorciers avaient creusé en élaguant des branches de leur don dans le vif sans prendre la peine de s'y intéresser, enfin certains sorciers s'étaient bien penché sur certaines branches obsolètes de la magie et vu le résultat, il doutait que cela soit une expérience à reproduire.
« Mais je peux deviner qu'il a été placé ici en mesure de protection vis à vis des émanations négatives que nous ressentons depuis que nous sommes entré ici et pour y contenir quelque chose. » continua la jeune chimère.
« Il y a de grande chance que tu ais raison. Le sortilège qui a été utilisé ici pour la fabrication d'un Horcruxe était corrompu au de là du raisonnable et incomplet. Ceux qui ont apposé ce verrou magique l'ont fait avec une grande dextérité et cela à dû leur demander une grande puissance. » déclara Cédric alors que la porte commençait à bouger, lentement, grinçante à vous en faire dresser les cheveux sur la tête.
Une maigre silhouette apparue sur le pas de celle-ci et s'avança d'un pas dans la pièce avant de se protéger les yeux de la lumière qui étincelait dans la salle et qui était assez intense pour aveugler. Cela ne gênait en rien les esprits mais le nouveau venu était un être vivant. Il était accompagné de sa fidèle partenaire et Dénal ne fut pas surpris de le voir se joindre à eux.
Rusard prononça de sa voix cassée un mot et la lumière décrut de plusieurs niveaux, lui permettant de mieux voir ce qui se passait dans cet endroit maudit, où il aurait préféré ne jamais avoir à remettre les pieds. Mais s'il ne se trompait pas sur l'identité des personnes se trouvant face à lui, alors, il n' avait pas à regretter car tout allait prendre fin et enfin sa fille serait libérée.
Quand il pu se fier de nouveau à ses yeux, il fixa chacun des fantômes avant de fixer son attention sur le plus jeune des spectres qui le regardait impassible mais avec dans le fond de son regard qui à l'instant paraissait tout aussi gris que le reste de sa personne, un éclat de respect qu'il ne s'était pas attendu à trouver. Ebahi, il avança péniblement vers l'esprit et s'inclina profondément devant lui.
« C'est un honneur pour moi de vous rencontrer. Depuis que Poudlard s'est éveillé et que les choses ont commencé à changer ici, je sais , enfin ... » Déclara Rusard tout en voulant mettre un genoux au sol devant l'esprit de la chimère avant que Dénal ne l'en empêche en agitant ses mains devant lui , souriant et invitant le vieil homme à continuer à parler. « Enfin nous savons que nous allons enfin obtenir justice pour le drame qui a déchiré nos existences. Mais je ne m'attendais pas à ce que vous veniez si rapidement... »
« Nous ne sommes pas les seuls à nous intéresser aux événements qui ce sont déroulé dans cette salle. Nous savons comment et par qui toute l'affaire à été classé et passé sous silence. » Déclara Dénal d'une voix douce. « Nous souhaitons éviter que la vérité quand elle éclatera soit tronqué. Cet endroit a baigné dans assez de magie pour que Poudlard puisse nous montrer les faits sans que quiconque puisse douter de leur véracité. A nous mais aussi à tous ceux qui chercheront à connaître la vérité.»
Dénal marqua une pause, inclinant légèrement la tête sur le côté.
«Je crains que cela n'allège en rien votre fardeau. Vous n'avez pas encore tous les morceaux du puzzle pour appréhender la vérité et je crains que cela s'avère vraiment douloureux.» Reprit il en tendant une main fantomatique vers l'homme qui se sentit glacé jusqu'à la moelle quand la main effleura son bras. Pourtant il ne se recula pas, fermant les poings, il regarda le spectre devant lui.
« La souffrance, je peux continuer à faire avec. » Murmura-t-il avec détermination alors qu'un nuage d'air frais s'échappait de ses lèvres.
Il y eut un miaulement plaintif à ses pieds et avec un sourire triste et las, il se pencha pour prendre sa chatte aux yeux rouges dans ses bras. La main spectrale de la chimère se déplaça du bras de l'homme vers l'animal qui sembla apprécier l'attention alors que la main se figeait dans ses poils qui malgré leur aspect ternes étaient soyeux. Le regard rouge vibrant d'un feu ardent plongea dans son vis à vis argenté. Bien qu'aucun lien physique ne les reliait, Dénal sentit qu'il partageait beaucoup de chose avec le petit félin. Une connexion magique : tous deux avait hébergé pour lui, et possédait encore en elle pour Miss Teigne, un horcruxe.
« Dénal... » tenta d'intervenir Cédric mais il fut stopper par Milicent qui secouait négativement la tête avec un air résigné.
« Trop tard Cédric, cela à déjà commencé . » déclara la jeune fille.
« Mais nous n'avons pas eut le temps de lui expliquer... » répliqua Cédric.
« et bien c'est qu'il devait en être ainsi. » Soupira la jeune fille résignée.
La jeune chimère se mordit les lèvres. La magie avait reconnut une connexion entre le félin et l' esprit du garçon et ce lien venait de s'activer. C'était comme s'il avait reconnut sur la chatte les même stigmates que les siens. Pas sur le plan physique. Mais au de là du plan émotionnel, au de là de ce qu'ils étaient ou de ce qu'ils avaient pu être. Une appartenance qui les unissait plus profondément que n'importe quel lien de sang ou d'amitié.
Une part d'eux même fusionnait et pas pour partager, non plus certainement pour compléter. En accordant à l'un la connaissance et à l'autre un sentiment de paix qu'elle s'était vu refuser jusque là. Mais le plus beau cadeau que leur faisait ce lien étrange fût de les unir, de faire qu'aucun des deux ne soient plus jamais seul face à cette blessure qui torturait leur âmes.
Les glyphes qui brillaient de nouveau intensément sur le sceau de restriction s'élevèrent doucement comme portées par une main invisible. Quand elles furent à plus d'un mètre du sol, elles se mirent à battre dans un bel ensemble commençant à se rassembler au centre de la pièce pour fusionner les une avec les autres.
« Comment est ce possible ? » Balbutia Rusard hypnotisé et inquiet. « Le sceau ! Il se brise ! »
« N'ayez crainte et faites confiance à Dénal. » Lui répondit Cédric tout en se voulant rassurant malgré une certaine appréhension perceptible dans le ton de sa voix. Pas qu'il douta ni ne sache ce qui se passait, juste qu'il n'avait pas pensé que les choses se passeraient aussi vite et naturellement.
Milicent tout comme lui fixait le spectacle devant eux avec un émerveillement non feint et un respect grandissant pour la jeune chimère. Même si Cédric et elle n'avait rien dit encore sur la tache que la jeune chimère devait accomplir ici, tout deux avaient amené Dénal dans cette endroit de Poudlard, pour qu'il opère ce miracle magique qui avait commencé devant eux.
Ils avaient estimé qu'ils auraient le temps de parler de la théorie avant de passer à la pratique. Il avaient pensé et réfléchis et ce avec le soutien de leur mentor au meilleurs moyen de faire comprendre à Harry ce qu'il lui faudrait faire. Mais leur plan ne s'était pas déroulé comme il s'y était attendu ! Avaient-ils commis une erreur ? Milicent était prête à jurer que non. Alors il ne restait plus qu'à espérer que tout ce qui allait suivre allait bien se passer et que la magie instinctive de la jeune chimère aussi puissante soit elle le guide correctement.
Cette dernière pensée lui fit froncer les sourcils avant qu'elle ne laisse un petit rire moqueur s'échapper de ses lèvres alors qu'une aura dorée et argenté irradiait de plus en plus de Dénal jusqu'à englobé le concierge de l'école. Les glyhes brillantes, elles aussi se mirent à luire de la même aura de puissance pour se rassembler se fondre les unes dans autres pour prendre la forme d'une sphère irrégulière.
Milicent soupira tout se passait bien pour le moment. Tout était sous contrôle et suivait le développement logique de ce que leur avait enseigné leurs mentors. Comme elle l'avait pensé un peu plutôt elle fût vraiment soulager que les enfants de griffondor aient un très bon instinct, pas forcement de survie mais un très bon instinct quand même.
Bientôt défilèrent, devant eux, les images des événements qui avaient marqué cette salle mais aussi tous ceux qui avaient contribué à conduire Melissandre à plonger dans la magie noire la plus sombre qui pouvait exister. Tout comme Max n'avait pas livrer au Clan une vision édulcoré de l'histoire de la fille de Rusard, les souvenirs emprisonnés dans l'âme du félin et ceux éparpillée dans la pièce ne faisait pas dans le détail et leur livraient la vérité de manière crue et sans artifices. La jeune chimère semblaient avoir un temps d'avance sur eux dans sa lecture des événements.
Il y eut d'abord des moments heureux, scène de la vie de famille au temps du bonheur. Rusard y apparaissait plus jeune et nettement moins marqué. L'homme n'était pas beau mais le bonheur qui éclairait les traits de son visage quand il posait son regard sur sa femme et sa fille, suffisait à lui donné un éclat et un charisme qui communiquait à tous ceux qui l'entourait un sentiment de calme et de sérénité.
Sa femme au long cheveux blond lumineux et aux yeux océan, posait sur lui un regard bienveillant et aimant. Melissandre savant mélange équilibré de ses deux parents mais dont la beauté enfantine laissait présager la femme magnifique qu'elle deviendrait dansait entre ses deux parents un sourire radieux ornant ses lèvres. Malgré la guerre qui à l'époque faisait encore des dégâts dans le monde magique, la petite famille vivait heureuse et de manière simple dans un petit village loin de toute l'agitation politique et guerrière.
Milicent avait beau connaître l'identité de la femme de Rusard, elle était surprise que la jeune femme un peu trop pâle qui se serrait amoureusement dans les bras de son époux n'est pas été impliqué plus que cela dans ce qui se tramait, ou que sa famille n'ait pas mis plus d' embûches dans la petite vie gentillette de cette famille. Leur mentor ne leur avait pas donné de détail sur la vie passée de la mère de Melissandre. Ils avaient juste évoqué son nom et sa maladie. Une affection magique qui touchait le sang et héréditaire même si elle ne se déclenchait pas forcement chez tous les descendants.
Nom qui avait plus que fait sursauter la jeune serpentarde. Un nom qui ne lui était pas inconnu. Maladie qui aurait dû être bien autre chose si les circonstances avaient été différentes. Si les sorciers n'avaient pas dénigré au cours des siècles passés leurs accords avec certaines créatures magiques. Maladie dont souffrirait aussi la petite fille quand le temps serait venu Elle la regardait courir ivre de joie en direction de ses parents en affichant un sourire radieux.
Maladie qui à la mort de Melissandre s'était transmise à une autre branche de la famille, condamnant l'un de ses proches amis à un sort peu enviable à moins que Dénal n'y mette son grain de sel.
D'un soupir, elle chassa un pincement de jalousie qui l'avait étreinte en assistant à ses moments de liesse, qu'elle même n'avait jamais partagé avec sa famille. Ce genre de sentiment n'avait pas lieu d'être. Pas quand on connaissait le destin peu enviable qui allait s'abattre sur la petite famille.
Les souvenir commencèrent à se faire plus sombre. Lentement, silencieusement mais inexorablement, la santé de la mère de Melissandre se dégrada de plus en plus. Ce ne fut dans un premier temps que quelques malaises qui passèrent plus ou moins inaperçu aux yeux de sa famille . Plus les mois passaient plus ils la rendaient faible et pour les plus violents d'entre eux dans un tel état de dépendance vis à vis de son époux et de sa fille que la honte, l'humiliation rendait cette femme magnifique et aimante plus aigrie et renfermée que jamais. Et finalement il ne fut plus question de compter en mois le temps qui séparaient les crises. Ils commencèrent à compter en semaines, puis en jour.
Depuis le tout début, elle savait qu'elle allait mourir. Depuis plusieurs mois, son mari savait qu'elle se rapprochait inévitablement de sa fin. Il savait lui aussi qu'un jour proche, il devrait lui dire définitivement adieu.
Melissandre du haut de ses huit ans, essayait de comprendre pourquoi sa mère devait souffrir autant. Pourquoi parfois sans qu'elle n'en saisisse la raison exacte, sa mère ne supportait plus malgré sa douleur qu'elle l'aide et la soutienne. Pourquoi parfois quand elle lui racontait ce qu'elle avait fait de sa journée, sa mère se mettait à sangloter sans pouvoir s'arrêter en la serrant dans ses bras fortement , comme si elle avait peur de la voir disparaître.
Ses parentes avaient bien tenté de lui expliquer ce qu'était la mort, mais elle tout ce qu'elle en avait retenue c'était que sa mère allait partir, la quitter pour ne plus jamais revenir et quand justement elle avait demandé pourquoi , aucune des réponses que lui avait donné les deux adultes ne lui avaient apporté ce qu'elle cherchait.
Melissandre ne voulait pas que sa mère parte. Elle faisait de son mieux pour être la petite fille idéale pour ne pas donner de motif de départ à la mourante. Elle remuait ciel et terre pour trouver un remède à la maladie de sa mère. Elle luttait contre le fatalisme qui semblait avoir étreint d'un manteau sombre l'atmosphère qui régnait dans sa maison. Tout plutôt que se résigner.
Son courage, sa détermination, sa rage était un des moteurs qui maintenait à flot sa famille. Ce à quoi se raccrochait sa mère pour tenir un jour de plus. Pour sourire encore une fois. Pour refouler sa peur et sa douleur. La lueur d'espoir qui guidait son père et le soutenait au quotidien. Peu importait la guerre au dehors, ils avançait déjà tous les trois sur un chemin bien sombre pour s'inquiéter de la tournure que prendrait les événements qui finalement ne les touchaient en rien.
Mais tous savait que cela ne serait qu'un répit. Le courage ne peu rien contre la maladie. Il arrive toujours cet instant ou le corps et l'esprit ne peuvent plus luter et ou il faut enfin rendre les armes. Ce jour là la mère de Melissandre étrangement s'étonna de ne plus avoir peur. Tout du moins plus pour ce qui allait lui arriver. Elle s'inquiétait encore du futur qui attendait son mari et sa fille. Mais plus pour elle. Elle s'éteignit doucement dans son sommeil. Un sourire soulagé ornant délicatement ses lèvres froides et pâles
La douleur, le chagrin de Melissandre et de son père furent déchirant à voir dans les souvenirs. A croire qu' après avoir partagé les moments heureux de la petite famille, Dénal partageait leur souffrance et la leur communiquait comme si il s'agissait de la sienne, de la leur. Comme si il leur imposait de reconnaître ce deuil comme un des leurs. Milicent réalisa alors la puissance de la jeune chimère et en aurait eut le souffle coupé si elle avait été encore capable de respirer, mais cela lui permit de comprendre aussi pourquoi Denal était Ce qui est à la lumière.
L'enfant mettait en évidence tout ce qui aurait voulu être cacher. Pas la vérité de chacun mais la vérité entière dans toute la complexité de la situation en tenant compte de leur motivation profonde. Elle se souvint du nom qu'avait utiliser leurs mentors pour le dénommer dans le monde des morts, Celui qui révèle. Elle commençait à peine à comprendre ce que cela pouvait bien signifier. Elle redoutait même de saisir ce que cela impliquait véritablement.
Elle sentit une douce brise sur sa joue qui tira son esprit vers ce qui se passait dans la pièce et non plus vers les digressions où la menait son esprit d'analyse. Elle aurait pu résister, ou tout du moins essayer, mais au fond d'elle même, elle n'avait pas vraiment envie de savoir et puis la caresse du vent était si douce, si réconfortante qu'elle se laissa entraîner et oubliant ses interrogations, oubliant que le vent n'existait pas dans le monde immatériel, oubliant de s'inquiéter de l'identité de la personnes qui en ce moment orientait son esprit ailleurs, elle replongea dans les souvenirs de la fille de Rusard, sans plus s'inquiéter des méandres tortueux où elle s'était égarée.
Les années avaient passé. Maintenant dans les images que leur montraient Dénal, ils voyaient Melissandre se préparer pour son entrée à Poudlard avec toute l'impatience et l'inquiétude des enfants qui vont vivre cette expérience pour la première fois. Sa mère lui manquait encore. Elle lui manquerait toujours. Tout comme à son père mais la vie continuait. Sa mère voulait les voir heureux alors ils s'appliquaient tous deux à sourire et se soutenir mutuellement. Melissandre fût envoyé à Serdaigle. Sa soif de connaissance. Sa quête éperdue pour comprendre la maladie qui lui avait enlevé sa mère et qui commençait à se faire sentir dans son corps avait convaincu le choixpeau de l'abnégation de la jeune fille. Sa détermination avait fait le reste.
La première année de Melissandre ne fût pas de tout repos. Rien de comparable avec celle de Harry, mais être la fille du concierge cracmol de l'école n'avait pas aidé la jeune fille à s'intégrer. Entre les enfants de sang-pur qui la prenaient de haut et la méprisaient et les autres qui la maudissaient pour être la fille de l'homme qui gardait un œil sur eux pour leur éviter de faire de trop grosse bêtises, la jeune fille n'avait pas beaucoup d'ami, même dans sa propre maison.
Alors quand elle avait découvert, l'étrange chaton plus mort que vif dans le parc du château, visiblement la pauvre victime de jeunes tortionnaires en mal d'amusement puéril, elle s'était attaché à l'animal et l'avait recueillit et soigné. La chatte bien que jeune avait un très mauvais caractère et ne supportait la présence de personne d'autre que Melissandre. Elle seule pouvait panser ses plaies et elle seule pouvait la caresser. Même Rusard s'abstenait de toute tentative, après s'être fait plusieurs fois profondément griffé. Sa fille et la chatte, baptisé Miss Teigne par l'ensemble des élèves ayant eut maille à partir avec le félin qui prenait à cœur de défendre envers et contre tous sa jeune maîtresse, étaient devenue inséparable à la fin de la première année. La jeune fille avait fini par se faire une place au sein de ses camarades, mais elle ne leur avait pas accordé sa confiance, juste l'intérêt nécessaire pour ne pas se faire définitivement exclure.
Melissandre entrait en troisième année quand le lord fût défait à Godric'sHollow. Comme l'ensemble de la population sorcière, elle fêta la nouvelle avec son père. Malheureusement les crises dû à sa maladie s'aggravait chaque jour davantage et elle passait de plus en plus de temps à l'infirmerie de l'école. Elle avait une grande confiance en Madame Pomfresh qui faisait tout son possible pour l'aider, mais tout comme ses propres recherches, celle de l'infirmière semblait infructueuse.
Ce fût au cour d'un de ses séjours qu'elle fit la connaissance de Max . Elle avait déjà plusieurs fois croisé l'étrange jeune homme qui circulait dans Poudlard comme une ombre. Même si elle ignorait à quelle race magique il appartenait, elle apprécia leur petite conversation quand ils se croisaient à l'infirmerie. Loin de la mépriser comme ses condisciples, le jeune homme lui donnait l'impression d'avoir pour la première fois un ami. Dénal savait que le sentiment avait été réciproque et que le Marcheur d'Ombre avait lui aussi apprécié l'amitié de la jeune sorcière.
Les jours passant elle finit même par lui confier ce qu'elle n'avait jamais dit à personne. Sa plus grande crainte : laisser son père seul. Elle ne voulait pas l'abandonner à son chagrin. Elle voulait pouvoir lutter encore et encore contre la maladie jusqu'à ce que son père ne décède en premier. C'était son seul souhait. Tenir jusque là. Lutter contre la maladie. Il avait promit de l'aider à chercher un moyen d'y parvenir. Malheureusement Max avait à ce moment là d'autres préoccupations personnelles qui le retenaient bien loin de Poudlard. Elle ignorait tout de la vie de Max. Jamais il ne lui avait fait la moindre confidence, ni ne lui avait révéler le motif de sa présence à Poudlard. Elle n'avait posé aucune question, sachant se contenter du soutien et de l'amitié que lui accordait Max sans rien attendre en retour.
Une autre personne pris alors l'air de rien de l'influence sur la jeune fille. Pas de manière flagrante. Pas de manière excessive. Non, insidieusement distillant ici ou là à chacune de leur rencontre un indice ou un éléments qui attiserait la curiosité et la soif de connaissance de la jeune Serdaigle. Dumbledore la guidait irrémédiablement vers la quête des Horcruxes. Quelques mots soufflés dans une conversation. Quelques mots placé au bon moment. Une ou deux suggestion sur des livres à lire pour approfondir certaines connaissances. Toujours en affichant un sourire bienveillant et un ton doux et suave. Et le piège infernale s'était refermé sur la jeune fille. Tout comme le lui avait expliqué Max.
Dénal serra son poing libre, son autre main toujours perdu dans les poils soyeux de la chatte. Tous les souvenirs de Melissandre lui rappelait comment le directeur opérait pour parvenir à ses fins. Sans en avoir l'air. Faisant mine de ne pas toucher à ce genre d'affaire. Tout lui criait la fourberie et l'ambition de Dumbledore. Les manipulations du vieux sorcier étaient subtiles, quasi imperceptible mais elles ne poursuivaient qu'un seul but et il était évident que le sort de la jeune fille ne le concernait en rien. Elle était juste un élément qui lui permettrait de comprendre le fonctionnement et le mode de fabrication des horcruxes. Il avait réussi à la convaincre que c'était le seul moyen pour ne pas mourir trop tôt. Il l'avait presque persuadé de passer à l'acte. Mais à l'idée de ce qu'elle allait devoir faire Melissandre n'avait put se résoudre à agir.
On touchait à la fin. Tous les spectateurs présent dans la salle le savait. On arrivait aux derniers souvenirs que la jeune fille s'était fait de son vivant dans cette salle. La sphère brillante se mit à se tordre au dessus du seau de restriction qui commençait à s'effacer. Comme si elle se rebellait et luttait pour ne pas disparaître sans avoir livrer l'intégralité de son message. Dénal qui se trouvait encore plongé dans les souvenirs qu'il était le seul avoir maintenant émis une longue plainte, luttant pour garder la magie encore active dans la pièce.
« Non, non, non » Répéta comme une litanie sans fin Rusard dont les yeux débordait de larmes d'impuissance. Il ne savait pas tout ce qu'avait vécu sa fille. Pas plus qu'il n'avait su avant ce jour ses pensées et ses espoirs. « Si le seau disparaît, Melissandre sera définitivement anéantis. S'il vous plaît ! S'il vous plaît ne m'enlever pas mon enfant... »
A suivre...
