Chapitre 38 : Rituel de sentence

Seules les supplication du père de famille troublaient en cet instant le silence pesant qui s'était installé. Même les souvenirs s'étaient figés. Dénal ferma les yeux puis déplaçant sa main fantomatique de Miss Teigne, il étreignit le bras du vieux concierge.

« C'est peut être trop vous demander et je le regrette, mais c'est ce qui doit être fait. » déclara la jeune chimère. « Melissandre ne peut pas rester ici plus longtemps dans cet état ! Ce n'est pas bien ! Ce n'est pas ce qu'elle mérite. L'âme de Melissandre ne peut pas rester ainsi éparpiller sur le sol et dans le corps de Miss Teigne !»

« Ce qu'elle mérite ? » Répéta l'homme inquiet du sens que pouvait donner Dénal à ces paroles énigmatiques. Sa petite fille n'avait elle pas assez payé pour une erreur dont elle n'était qu'en partie responsable d'après les propres révélations de la chimère !

« Milicent à dit que la magie qu'à utiliser votre fille pour créer son Horcruxe était incomplète et pervertit. Je ne comprenais pas jusqu'à présent à quel point elle avait raison. Mais ses deniers souvenirs... »

Dénal marqua une pause se mordant la lèvre et détournant un instant le regard. Il réfléchit quelques instants puis alors qu'il reprenait la parole les souvenirs s'estompèrent. Il avait vu les derniers souvenirs de la jeune Serdaigle. Il savait l'horreur qui avait déchiré ses derniers instants et il savait que Rusard ne supporterait pas de voir la vérité en image. Les mots à entendre serait déjà bien suffisamment horrible pour ce père qui aurait tout sacrifié pour sa fille unique. Alors il décida de seulement la lui conter. Cela restera un macabre récit mais au moins aucune image de ce désastre ne se gravera dans la mémoire du vieil homme. Ce serait lui infliger une peine dont il n'avait pas besoin. Rusard souffrait déjà bien assez en temps qu'homme et père.

« Elle ne voulait pas accomplir le rituel car elle trouvait que le prix était bien trop élevé. » Reprit il en se mettant à caresser la fourrure de Miss Teigne qui sous l'attention se mit doucement à ronronner comme si elle comprenait l'intention de la jeune chimère et lui accordait son soutien pour l'aider à conter les derniers instants de sa maîtresse. « Elle avait pourtant tout préparer dans cette salle. Tout y était réunit. Elle avait même trouvé d'anciens enchantements de protection pour protéger la salle et prévenir tout danger potentiel. Elle avait pris la peine aussi de fabriquer dans le plus grand secret une potion assez complexe pour contrer les effets secondaires dû à la création d'un horcruxe, soit dit en passant c'est une précaution que le lord n'a jamais prise et ce qui explique en partie, le résultat et l'état de dégradation avancé de sa santé mentale. »

Un sourire ironique étira les traits de son visage et la chatte émit un miaulement satisfait. Milicent et Cédric se regardèrent échangeant un regard interrogatif puis dans un bel ensemble haussèrent les épaules et se sourirent. Rusard lui ne s'arrêta pas sur le trait d'humour de la jeune chimère. Peu lui importait le Seigneur des Ténèbres. Il voulait savoir pourquoi si sa fille avait reculer à réaliser le rituel, pourquoi était elle morte dans ce tourbillon de magie dans lequel il l'avait vu disparaitre?

« Il n'y a qu'un seul moyen de créer un Horcruxe, c'est de commettre un meurtre et de prononcer un sortilège pour séparer l'âme qui se déchire sous le poids de cet acte intolérable. Tuer de sang froid et sans état d'âme. Avoir la volonté de tuer et exécuter l'acte déchire l'âme et si on dispose suffisamment de maîtrise de soi on peut déplacer la partie de son âme qui s'est détaché dans un réceptacle et ainsi gagné l'immortalité tant que celui-ci n'est pas détruit. Dans le même temps on perd toute notion de culpabilité et de remord. Finalement crée un seul horcruxe est l'étape la plus dur. En faire plus devient de plus en plus facile car des la création du premier, l'âme perd ce qui la rend capable de compassion d'empathie et la capacité à se repentir de son acte. Après plus d'un horcruxe, elle perd aussi en stabilité et en capacité de réflexion. » expliqua Dénal en plongeant de nouveau son regard dans celui du concierge dont les larmes ne semblait pas vouloir se tarir. « Votre fille ne pouvait se résoudre à l'idée de tuer un autre être vivant. »

«Alors pourquoi ? » Balbutia le vieil homme.

« Parce que Dumbledore l'y à forcé. » avoua Dénal d'une voix dure et froide à fendre la pierre.

« Mais comment a-t-il pu faire pour la convaincre ? » Demanda Cédric abasourdis. Bien sûr depuis sa mort et son entraînement auprès de ses mentors, le jeune homme avait ouvert les yeux sur le véritable visage du directeur mais il éprouvait encore des difficultés à accepter la perfidie du vieux sorcier. Il savait que le vieil homme avait de manière détourné réussi à guider la jeune fille dans ses recherches. Il avait guidé sa main vers les bon livres, mais il n'avait jamais envisagé que le directeur ait pu faire plus.

« Oh mais il n'a pas essayé de le faire. Il savait depuis longtemps que la jeune fille ne pourrait se résoudre à tuer qui que ce soit alors il l'y a contrainte. » expliqua Dénal en fixant les servants fantômes.

« Il a utilisé l'imperium ? » Balbutia Milicent comme au bord de la nausée. La jeune fille de serpentard avait moins de scrupule à accepter le côté sombre du directeur de Poudlard, cependant la portée d'un tel acte lui semblait être un risque bien trop grand pour que le vieil homme ai agit de la sorte, prenant le risque de se faire prendre et d'en payer le prix. « Mais tu as parlé de garder son sang froid et d'avoir la volonté de tuer, sous un tel sort de contrainte on n'a plus de volonté propre... »

« Oui il a bien utiliser un sort qui se rapproche de l'imperium mais remanié pour passer inaperçu et surtout il ne lui a pas ordonner de tuer. Il lui a fortement suggéré d'aller jusqu'au bout du rituel pour lequel elle avait sacrifié tant de temps et d'énergie. Il lui à ordonné d'accomplir le rituel. C'est pour cela que celui-ci est perverti. La volonté de Melissandre était intacte, lui permettant d'achever la création de l'horcruxe mais la magie a bien sentit la contrainte et elle a tenté de se rebeller ce qui a eu pour conséquence de ne pas achever le rituel. L'horcruxe imparfait a trouvé refuge dans le corps de Miss Teigne alors que l'âme déchiré de Melissandre s'auto détruisait sous l'influence de la magie !»

« D'après vous, ma fille ne serait jamais allé au bout sans l'influence de Dumbledore ! » S'exclama en tremblant de rage Rusard fixant la jeune chimère à la recherche d'une réponse. Jamais à l'époque il n'avait soupçonné l'implication du directeur.

Même encore maintenant, après des années à chercher à comprendre et s'instruire en secret, il n'avait eut que de fortes suppositions quand à l'intervention de Dumbledore. Il avait découvert que le vieil homme n'était pas aussi bienveillant qu'il y paraissait et il avait fait de son mieux avec ses maigres capacités pour protéger les élèves des discours mielleux et tendancieux du vieux directeur. Parfois il se demandait comment les autres professeurs n'avait pas vu le manigances du vieil homme ! A ce demander qui était le cacmol !

Et puis discrètement il avait fini par apprendre que le professeur MacGonagal etait soumise à un sort de contrainte et d'oublis. Tout comme les autres quand ils commençaient à poser trop de question embarrassantes. Seul Le professeur Rogue et l'infirmière semblaient échapper à ce genre de sévices. Rogue était coincé à servir le directeur car c'était le seul moyen pour lui d'échapper à Azkaban, bien que le concierge se demandait si le professeur de potion ne poursuivait pas ses propres objectifs qui restaient nébuleux pour lui et auxquels il n'était pas pressés de se mêler.

Quand à Poppy, elle ne manquait jamais une occasion en privée de faire part de son courroux au directeur. Jamais en public et il avait bien compris pourquoi quand surprenant par hasard une conversation entre Dumbledore et Poppy, il avait réaliser que le directeur faisait chanter l'infirmière et ce à propos de ce qu'elle était et d'ou elle venait. L'infirmière en dehors de Max était sa meilleure allié et l'une des personnes qui l'avait le plus aidé après la mort de sa petite fille.

Après ces découvertes, Rusard avait bien compris que dans l'imbroglio d'intrigue et de manipulation qu'était devenu Poudlard de part l'influence du directeur, plus personne ne s'inquiétait vraiment de la sécurité des enfants. Et quand par le plus grand des hasard, quelqu'un s'inquiétait pour l'un des élèves, par exemple dans les plus récents, le jeune Potter ou le jeune Nott, le directeur prenait soit disant les choses en main et réglait le problème. Enfin c'était ce qu'il prétendait !

Rusard savait bien qu'il n'en était rien. Cela lui avait pris du temps et il avait dû agir avec beaucoup de circonspection pour ne pas attirer l'attention du vieux fou, comme il avait pris l'habitude de le nommer dans son fort intérieur, mais il avait pris sur lui de protéger les gamins. Peut être pas avec les meilleurs arguments mais avec les seules armes qu'il avaient à sa disposition : roder dans les couloirs avec Miss Teigne pour veiller à ce qu'aucun ne s'écarte de trop du droit chemin.

Bien sûr il y avait certains éléments qui semblaient échapper à sa surveillance, comme le jeune Potter. Mais il avait fait de son mieux et avec l'aide de Max il avait put remplir sa mission avec plus de moyen et d'assurance. La voix de la jeune chimère le tira de ses réflexions. L'enfant le regardait avec toujours cette lueur de respect à son égard qui le faisait frémir. Il ne comprenait pas pourquoi l'enfant lui accordait autant d'intérêt.

« C'est ce que j'affirme. Peu importait à Dumbledore qui votre fille tuerait pour accomplir le rituel, même si la victime était un autre élève, il était prêt à trouver une explication. Malgré le sort de contrainte Melissandre ne pouvait se résoudre à tuer un autre être vivant. Elle à lutter pour résister au sortilège, pendant de longues heures, mais comment une simple jeune fille, aussi puissante soit elle, aurait put s'opposer à la volonté de fer d'un sorcier aussi vieux et puissant et ayant parfaitement la maîtrise de son pouvoir ? La mort dans l'âme, elle a dû se résoudre à obtempérer et sacrifier le seul être vivant qui l'assistait depuis le début. Mais cela vous le savez déjà, n'est ce pas ? »

Rusard hocha la tête, caressant machinalement la chatte qui se trouvait toujours dans ses bras et qui émit un miaulement.

« Ce lâche n'était même pas là ! Si vous avez raison, il n'est pas resté pour assister au rituel. Quand nous sommes arrivée dans cette salle, il n'était pas là ! Il a laissé ma pauvre enfant lutter et... » Cracha Rusard sa peine cédant la place à la colère.

« Je n'ai pas de raison de vous mentir. » assura Dénal. « Le directeur a lancé son sort de contrainte et à attendu, plusieurs heures mais votre fille à résister de tout son cœur et de toute son âme. Bien que sa place à Serdaigle ne soit pas dû au hasard, Melissandre possédait aussi le courage et la droiture de ceux et celles de la maison de griffondor. Lassé, Dumbledore la laissé pour vaquer à d'autres occupations qui requerrait sa présence. Votre fille a encore lutter, résister de son mieux mais à bout de force, elle a... »

Dénal s'arrêta. Inutile d'en dire plus. Tous savait ce que la jeune fille avait fait par la suite et ce qui avait déchire son âme. Sous sa main resté dans la fourrure de Miss Teigne, il pouvait sentir la cicatrice.

Lui avait vu la scène, comme l'avait vécu la jeune fille ainsi que Miss Teigne. Melissandre sous l'emprise du sort de contrainte donnait l'impression de ne rien ressentir. Simple pantin, coquille vide. Non pas vide mais prisonnière car il pouvait presque entendre hurler son âme alors que son bras frappait sans retenue le corps de l'animal qu'elle avait tant de fois étreint. Il pouvait entendre, percevoir le moment ou brisé l'esprit de la jeune fille s'était déchiré.

Étrangement chez Miss Teigne, il n'y avait aucune peur quand le poignard l'avait frappé. Seulement un sentiment insupportable d'acceptation et d'amour. Quelque chose de fort et de profond qui dépassait la compréhension, car cette émotion ne pouvait s'expliquer par la raison.

Aucune larme jusqu'à ce que le rituel fût accompli et que Melissandre réalisa la porté de son acte. Son âme instable n'avait pas accepté et même la création de l'Horcruxe ne fut pas suffisante pour apaiser l'affreuse douleur qui lui dévorait l'âme. Peut être était ce dû aussi à l'influence du sort de contrainte du directeur, toujours fut il que la jeune fille perdit tout contrôle et que sa magie se répandit dans toute la pièce dévastant tout. Brulant, déchiquetant, arrachant, brisant. Il savait aussi que c'était à ce moment que Rusard et les autres avaient découvert la jeune fille.

« Quand nous sommes entré dans cette pièce, Max, le professeur MacGonagall et moi, le mal était déjà fait. » reprit Rusard le regard vague perdu dans ses souvenirs douloureux.

Il se rappelait combien sa petite fille lui avait parut étrange et inquiète ce jour là. Il ne pouvait pas oublier l'inquiétude qui l'avait étreint quand il ne l'avait pas vu dans la grande salle à l'heure du déjeuner. Vite remplacé par l'angoisse quand le professeur de métamorphose lui avait demandé pourquoi Melissandre n'avait pas assisté au cours de l'après midi. Rongé d'inquiétude, ils s'étaient déplacés tous le deux jusqu'à l'infirmerie ou Poppy leur avait assuré n'avoir pas vue la jeune fille depuis deux jours. Ce fût à ce moment qu'ils furent rejoint dans leur recherche par Max qui venait de revenir à Poudlard. Et puis il y avait eu comme un tremblement. Comme si le château avait bougé de ses fondations et le jeune Marcheur d'Ombre avait eut une moue de dégoût comme si il y avait eu une mauvaise odeur dans la bouche et le nez. Ce fût en le suivant qu'ils découvrirent la salle ou était Melissandre. Trop tard pour empêcher quoi que ce soit.

Toute l'horreur de la situation était encore gravé dans la mémoire du concierge. Si seulement il avait eut le courage et la force de sa fille pour résister au mensonge du directeur. Si il avait eut à l'époque le moindre doute sur l'implication de Dumbledore.

« Si Dumbledore avait eut le moindre doute sur votre loyauté à l'époque, il n'aurait pas hésité à vous éliminer. Vous n'auriez été qu'une gène pour lui et contrairement à Minerva il n'aurait pas pu vous contrôler.» Le tira de ses réflexions Milicent.

« Détrompez vous jeune fille, à l'époque je n'avais pas les moyens de m'opposer à lui. » avoua dans un soupir las le vieux concierge. « J'étais l'un de ses moutons dociles qui n'ont pas besoin d'être contrôler pour suivre le chemin qu'on leurs dicte. Quand il fut informé des événement et du décès de ma fille, il m'a servit des platitudes réconfortantes. Un tissus de mensonge et d'hypocrisie dans lequel je me suis vautré sans honte... »

« Mais c'est bien vous qui avez apposé le sceau de restriction ? » questionna Milicent en fronçant les sourcils.

« Pas le premier. » affirma Rusard. « Il m'a fallut de nombreuses années et le soutien de certaines personnes pour comprendre ce qu'implique le statut de cracmol. Il m'a fallut dix ans pour comprendre que nous n'étions pas si faible et sans magie que ce qu'on voulait nous faire croire. Depuis si longtemps il est ancré dans le monde magique que nous sommes des erreurs de la nature que le don que nous a fait la magie est méconnu. Sans l'aide de Poppy, Max et du professeur Rogue je n'aurais certainement pas découvert le secret de notre sang. »

Dénal fronça les sourcils un court instant. Il avait lu dans la pensine quelque chose à propos des cracmols et de certaines races magiques comme les vampires et les loups garou. Il n'avait pas approfondie sa lecture dans ce domaine mais si il rassemblait correctement les éléments dont il disposait, il réalisait combien l'ignorance pouvait s'avérer être la source de drame absurde.

« Le premier à posé le sceau a été Max des que nous sommes entré dans cette salle ce qui a éviter quand l'âme de Melissandre à éclatée qu'elle ne se retrouve réduite en poussière et qu'elle n'aille se perdre dans le néant.. » Reprit le concierge perdu dans les souvenirs de ce qu'il avait vu ce jour là. « Dans cette pièce sombre éclairée par la lumière vacillante des torches, malmenée par le vent magique qui attisait leur flamme autant qu'il menaçait de les éteindre, ma fille se désagrégeait dans le courant de magie incontrôlable qui la dévorait de l'intérieur vers l'extérieur. Elle a tendu avec désespoir une main dans ma direction et j'ai tenté de l'attraper et de la ramener vers moi mais le courant était bien trop fort et son corps déjà bien trop faible.»

Il marqua une légère pause resserrant sa prise sur l'animal dans ses bras, sans tenir compte des larmes qui coulaient sans discontinuer de ses yeux rendu vague par le chagrin.

« Je n'ai pu que frôler ses doigts avant qu'elle ne disparaisse dans une explosion assourdissante et aveuglante, ne lassant derrière elle qu'une immense masse d'énergie menaçant de tout exploser. Sans la présence d'esprit de Max et du professeur MacGonagall qui ont par je ne sais qu'elle stratagème réussi à la confiner ici, je crois que je me serait laisser engloutir par ce feu qui ne demandait qu'à être nourrit. Je ne savais pas ce qu'ils faisaient à l'époque mais je me suis renseigné depuis et Max m'a bien expliqué ce que je devais faire pour garder par la suite les choses en l'état. Le professeur McGonagall m'aurait certainement aidé mais elle s'était porté volontaire pour informer le directeur. Nous sommes rapidement arrivé à la conclusion que le directeur avait utilisé son pouvoir de persuasion sur elle et qu'il avait convaincu que ma fille était morte des suite de sa maladie et qu'il valait mieux éviter d'en parler. Ce fût d'ailleurs la version qui fut donnée à l'ensemble des élèves. Tous savait que ma fille était malade, alors personne ne fut vraiment surpris. Et puis aucun d'entre eux n'avait pris la peine de connaître ma princesse. Et elle tomba dans l'oublie. » termina le vieil homme avec amertume.

« Donc si je comprends bien Melissandre est morte ici mais son âme n'a jamais atteint l'au de là du voile ? » questionna Dénal tout en caressant la chatte.

« C'est ce qui aurait dû arriver si l'horcruxe avait été détruit. » Reprit Cédric en soupirant. « Les âmes déchirée par ce sortilège sont banni du monde immatériel. C 'est un des plus vieux précepte qui fut souvent illustré dans les mythologies du temps passé, comme dans la mythologie égyptienne par exemple. L'âme était pesé et devait être plus légère qu'une plume pour gagner le droit à la rédemption dans le cas contraire elle était plonger dans un abîme de souffrance et d'errance. Mais dans le cas de Melissandre, d'autre paramètre sont intervenu qui ont fait penché la balance pour la première fois d'une manière improbable. A ce que nos mentors nous ont révélé, Melissandre aurait déposé l'horcruxe dans Miss teigne pour lui sauver la vie même si pour cela elle disparaissait dans le néant. Un dernier sacrifice au prix de son immortalité, mais ce qui n'empêchait pas son âme de se voir refuser la traversée.»

«Mais la magie est intervenue. » s'exclama Dénal en écarquillant les yeux. Il avait l'intuition que la situation ne s'était pas réglé facilement et qu'il y avait peut être encore quelque chose à faire. Il ignorait encore quoi mais il avait l'impression de se rapprocher d'une solution.

« Oui ainsi que les gardiens du monde immatériel. Mais ni les uns ni l'autre partie ne pouvaient enfreindre les lois du monde et de l'équilibre assurant la cohésion ente le monde tangible et l'immatériel. Il était impossible d'accorder le repos dans l'au de là à Melissandre mais elle ne pouvait plus être sauvé et retourné à sa vie d'avant. Alors... »

« Alors si je comprend bien , ils ont décidé par l'intermédiaire de Max et de MacGonagall de la sceller ici ! De l'emprisonner ? » s'étonna Dénal.

« Pas pour l'emprisonner, mais effectivement pour la sceller jusqu'à ce que quelqu'un puisse statuer sur son cas. Comme son crime est lié à la magie, il fût convenue que ce serait à un Juge de la Bénédiction Magique de le faire et les gardiens imposèrent que ce soit celui qui aurait la glyphe Dénal de s'y coller. » finit de révéler Milicent.

« Pourquoi ? »

« Va savoir ce qu'ils avaient en tête ! » Répondit la jeune fille en haussant les épaules. « Mais pour le monde au de là du voile, Dénal est celui qui révèle. Celui qui met à la lumière donc...Cela reste assez logique. »

« Que suis je censé faire ? »

« A ton avis que fait un juge, idiot de Griffondor ! » Ne put s'empêcher de maugréer la Serpentarde en riant. « Il tranche et remet une sentence juste et applicable, alors au boulot ! »

Dénal aurait bien objecter qu'il se voyait mal rendre une quelconque justice alors qu'il avait l'impression que celle qu'on voulait qu'il juge était une victime qui n'avait apparemment jamais eut beaucoup de chance dans la vie. Pas qu'il éprouvait de la pitié, juste qu'il compatissait, qu'il comprenait certaines des décisions de la jeune fille. S il avait eut les mêmes choix à effectuer, il était à peu près certains qu'il aurait fait les mêmes. Sans regret. Alors dans ces conditions comment accepter que l'âme de Melissandre reste dans l'état dans lequel elle se trouvait ?

Un court instant l'image d'Alyd s'imposa à son esprit. Il revit le moment ou il avait accueillit dans une étreinte d'ours son frère revenant de chez les Dursley. Et puis il se souvint de ce qu'avait fait la chimère dorée pour lui et il su ce qu'il devait faire. Ce serait sa première fois mais il ne doutait pas de réussir. Il sentit le soutien des deux autres chimères et soupira d'aise. Il n'avait pas à hésiter. Il était prêt. Il allait pratiquer son premier rituel de sentence. Tout comme Alyd l'avait fait pour lui en prenant Tonk et les deux Aurors comme support. Son rituel serait certainement différent de celui de la chimère dorée mais il savait que c'était ce que les lois de l'équilibre exigeaient. Lui restait à déterminer qui serait les piliers sur lesquels s'appuieraient son enchantement.

Il réfléchissait aussi vite qu'il pouvait. Tentant de rassembler tout ce qu'il savait et d'assembler tous les éléments qui avaient trouver une réponse et ceux qui n'en avait pas trouvé et ce fût dans ceux là précisément qu'il entrevit une faille. Il prit encore quelques secondes pour analyser de manière logique ses conclusions et vérifier que tous les indices convergeaient bien vers cette solution le plus logiquement possible.

Il soupira. Cela semblait si évident maintenant. Un vent doux le toucha l'enveloppant et le réchauffant pendant un court instant. Il reconnaissait cette présence. Il avait déjà suffisamment côtoyer pour reconnaître l'emprunte de la Magie. Il laissa sa réflexion continuer sur sa lancé et l'espace d'un court instant il comprit. Il sut ainsi que les deux autres chimères ou toutes leurs actions allaient mener le monde magique. Il eut une vision fugace de ce que serait leur Jugement. Terrifiant. Irréversible. Mais incroyablement satisfaisant. Il sourit laissant la présence de la Magie s'éloigner après une dernière caresse tendre et confiante. Elle aussi savait et comme elle l'avait déjà promis, elle l'acceptait.

« Poudlard s'est éveillé, n'est ce pas ? » demanda Dénal en fixant le concierge qui s'essuyait les yeux dans le revers de sa manche.

Il avait posé la question bien que connaissant pertinemment la réponse. Il avait suffisamment lu dans la pensine à propos des pierres cœur pour reconnaître leur présence et leur activité. Mais il devait savoir si Rusard en avait conscience. C'était important pour la suite de ce qu'il envisageait de faire.

« Oui » répondit Rusard sans hésitation, se demandant tout de même le rapport avec sa fille. Il avait sentit un changement dans le château, comme si celui-ci était de nouveau vivant.

« Votre femme était de la famille Nott, n'est ce pas ? » Continua Dénal en fixant cette fois Milicent qui fronça les sourcils.

« Oui mais je ne vois pas le rapport... » dit Rusard se demandant de plus en plus ou voulait en venir la jeune chimère et ne voyant aucun rapport entre les deux questions.

« Quel était le nom complet de votre fille ? » questionna encore Dénal sans tenir comptes des interrogations dans la voix du concierge.

« Melissandre Elora Nott Rusard. » Repondit avec une émotion mal contenu le vieil homme

« Donneriez vous votre sang pour votre enfant ? » L'interrompit froidement Dénal voulant éviter que le concierge ne s'effondre complètement. Ce n'était pas le moment, il avait besoin de lui.

« Oui, ma vie même. » Répliqua le concierge sans plus chercher à comprendre ou cet interrogatoire les menait. L'amas lumineux qui se trouvait à l'emplacement du sceau augmenta d'intensité et sa surface se fit plus chaotique. Dénal eut un sourire satisfait et rempli de fierté en fixant le père de Melissandre.

« A toi ma belle, me donnerais tu ton âme pour Melissandre ? » Continua Dénal en plongeant son regard dans celui de la chatte sans tenir compte de l'ahurissement grandissant des autres. « Tu as déjà donné ta vie une fois... »

Il n'y eut pas de réponse de vive voix. Comment un chat aussi étrange soit il aurait pu prendre la parole pour donner son avis. Cependant un certain nombres d'images traversèrent l'esprit de la jeune chimère et il comprit le message que voulait lui communiquer l'animal. Son accord était total. Son amour pour sa jeune maîtresse était encore farouche et intact.

« Bien. » reprit la jeune chimère en se tournant vers la sphère qui brillait de manière désordonnée, donnant l'impression de se hérisser de pics comme pour se protéger. « Alors je vais t'enlever cette demie vie. »

La boule réagit de manière agressive à ses dernières paroles et les piquants énergétiques s'élancèrent dans toutes les directions.

« Tu n'a pas ton mot a dire. » Intervint sèchement Dénal semblant s'adresser à la sphère de lumière. « Poudlard ? »

« Oui jeune Seigneur, je suis si heureuse de votre retour parmi nous. »Murmura une douce voix de femme dans leur esprit à tous les faisant sursauter sauf Dénal.

« Donnerais tu une place dans ton cœur à cette enfant ? » Questionna la chimère.

« Mon cœur souffre déjà pour elle et pour tant d'autre. Elle seule peut en refermer la blessure si telle est votre souhait. » Répondit la voix mélodieuse du château. « Melissandre et moi nous connaissons très bien. Aussi endormie que je fus, aussi éparpillée que fut son âme, mes pierres et la terre que nous partagions, nous ont unit. »

« Parfait alors. » Lança à haute voix Dénal en fermant les yeux.

Il y eut un temps de silence que personne n'osa interrompre.

« Par la magie je vous prend pour témoin, devant vous ici et maintenant je prononce mon premier serment ! Afin que le parjure par ceux qu'il a trahis soit jugé, je t'invoque à nouveau parmi les vivants, toi Melissandre Elora Nott Rusard ! Le père apporte le sang. L'amie fidèle attache son âme. Le foyer lui prête chair et par mon devoir de juge, je lui offre du temps ! Telle est ma décision ! »Prononça d'une voix profonde et puissante Dénal, figeant l'assemblée sur place.

Un grand éclair frappa la sphère blanche. Miss teigne émit un sifflement de douleur avant qu'un morceau de quelque chose ne sorte de son corps pour se fixer sur la boule qui commença à changer de forme. Elle grandit et se tordit dans tous les sens. Le bruit de l'énergie qui irradiait se modula de plus en plus lui aussi pour se changer en un cri. La forme qui commença à émergé de toute cette lumière pris une apparence humaine.

Rusard sentit ses jambes le lâcher alors que la lumière décroissait et que la silhouette lumineuse se recouvrait de chair et qu'un regard qu'il ne voyait plus que dans ses souvenirs et ses vieux cliché jauni par les années se posait à nouveau sur lui mélangeant larmes de douleur et de joie.

« Melissandre ? » hoqueta le vieil homme.

La jeune fille lui fit un sourire et se précipita dans les bras de son père.

« Merci » fut le premier mot que prononça l'esprit réincarné.

« Il n'y a pas de quoi. » Répondit Dénal avec lassitude. « Ta nouvelle condition a de nombreuses contrainte et j'attends de toi que tu remplisses les tâches que je vais te confier. »

«Je connais les contraintes et je suis impatiente de remplir ma mission. » assura Melissandre.

« Hum ! » fit Milicent. avec une moue boudeuse « Je serais presque jalouse. »

Devant le regard noir que lui accorda Cédric, Celui interloqué et désapprobateur de Dénal, et le regard inquiet que lui accorda Melissandre elle crut bon de préciser.

« J'ai bien dit presque. »

A suivre...