Murmures.

Un matin, alors que je suis en train de me promener vers les plages comme à mon habitude, voilà que j'entends des murmures. Tendant les oreilles à leurs maximums, je me rends compte que ce sont deux personnes qui sont en train de parler et en me concentrant un peu plus, je tombe sur la conclusion que ce sont des garçons. Curieux, j'abandonne l'idée première de me promener pour savoir ce qui se passe et c'est ainsi que je me retrouve à marcher vers un gros rocher, tout en me montrant le plus discret possible. Une fois derrière ma cachette, je poursuis dans mes indiscrétions et au bout de quelques secondes, je sais désormais qui se trouve de l'autre côté. Si j'ai vu juste, il doit s'agir des deux sportifs du village, Câlin et Cédric.

- Il paraît que le Maire va prendre sa retraite et qu'il va désigner le nouveau parmi les villageois, commence l'oiseau vert.

- Tu es sérieux ?

L'oiseau se contente d'hocher positivement de la tête avant de poursuivre dans ses explications.

- En tout cas, j'espère que cela ne sera pas moi.

- Pourquoi ? Etre Maire doit avoir beaucoup d'avantages.

- Comme … ?

- Comme pouvoir faire du sport à l'heure qu'on veut, annuler les rendez-vous au dernier moment, ne pas se rendre au bureau…

Alors que le chat continuait sa liste, Cédric place l'une de ses ailes devant sa bouche afin de le faire taire. Ne comprenant plus rien, celui qui est réduit au silence se pose des questions tandis que son ami regarde à droite et à gauche. Lorsqu'il est rassuré, le volatile retire son membre afin de libérer son compagnon.

- Désolé, j'avais cru entendre du bruit.

- Oui et si cela avait été le cas ?

- Ben il aurait fallu trouver très vite un autre sujet de conversation.

- Pourquoi ?

- Parce que je ne veux pas que les habitants du village le sachent.

Sincèrement, je ne pensais pas que Cédric pouvait être ainsi et je suis un peu déçu de le constater. Néanmoins, j'ai bien envie de lui présenter le côté caché de la médaille en racontant la rumeur aux autres villageois. Bien sûr, l'oiseau n'aimerait sûrement pas ma plaisanterie mais je suis d'humeur à jouer des tours aujourd'hui. Alors que je commence à me décaler du rocher pour me rendre dans le cœur du village, voilà que mon pied se pose sur un coquillage vide. Forcément, avec mon poids, la coquille se brise et émet un bruit distinctif.

- Il y a quelqu'un ? Demande Cédric d'une voix tremblante.

Chouette, je vais peut-être pouvoir lui faire peur mais à ma façon. Peu de temps après, ce dernier approche tout doucement et je peux suivre son évolution grâce à son ombre projetée sur le sable. Au moment où il s'apprête à jeter un coup d'œil par-dessus le rocher, je profite pour lui bondir dessus en criant un gros « Roar ». Ne s'attendant pas à cette surprise, l'oiseau devient silencieux, vire du vert au blanc avant de s'écrouler sur le sol, raide.