Poignard.

Un matin, Elvis se promène dans le village alors qu'il vient tout juste de sortir de chez lui, après une longue nuit de sommeil. Alors que les aiguilles de la pendule de la mairie indiquent onze heures et demies, le lion déambule tranquillement entre les nombreux arbres se trouvant aux alentours. Alors qu'il approche de la maison de Friga, le lion entend des gémissements qui l'immobilisent.

- Hein ? Qu'est-ce que c'est que ça ?

Dressant correctement ses oreilles au-dessus de la tête, l'animal ne bouge plus et concentre son ouïe pour tenter de trouver l'endroit d'où provenait ce bruit. Quelques secondes plus tard, les gémissements se manifestent une nouvelle fois et tout doucement, l'habitant du village s'approche de la zone d'où s'échappent ces plaintes. Une fois arrivé derrière la maison de Friga, le lion se fige d'effroi. En effet, le corps de l'habitante de la demeure est étendu sur le sol, sur le dos et dans son ventre est planté un poignard. Du sang s'échappe de sa blessure et l'oiseau semble n'avoir plus longtemps à vivre.

- De l'aide… Parvient-elle à gémir.

- Friga !

De suite, le lion se précipite sur elle et l'a prend dans ses bras une fois après avoir posé le genou sur l'herbe.

- Friga, qu'est-ce qui s'est passé ?

- Je n'en sais rien. Je voulais désherber les mauvaises herbes qu'il y avait derrière chez moi et je n'ai pas entendu mon agresseur se glisser dans mon dos. Lorsque je m'en suis aperçue, je me suis retournée et tu connais la suite.

- Très bien. Surtout, tu ne bouges pas, je vais chercher de l'aide.

- Je crois qu'il est trop tard mon pauvre ami.

- Ne dis pas ça, je suis sûr que tu peux encore t'en sortir.

- Je ne me fais pas d'illusion. En tout cas, je suis heureuse de fermer mes yeux sur ton visage, tu es quelqu'un que j'ai su apprécier même si tu ne pouvais pas t'empêcher de te montrer désagréable.

- Si tu savais comme je le regrette d'un coup.

Alors que Friga ferme les yeux tout en rendant son dernier soupir, j'arrive sur les lieux, en compagnie du maire et des autres habitants du village. Là, Elvis s'aperçoit de notre présence et commence à paniquer.

- Non… Ce n'est pas moi qui ai fait ça.

- Si ce n'est pas toi, qui est-ce ? Lui demande Cédric.

- Je n'en sais rien mais je vous jure que ce n'est pas moi.

- De toute façon, ce n'est pas à nous de décider, fis-je savoir. monsieur le maire, que devons-nous faire ?

- Après mure réflexion, comme nous n'avons pas de suspect sous la main à part Elvis, je pense qu'il est en mon devoir de le mettre aux arrêts. Chausset, peux-tu le neutraliser s'il te plait ?

- A vos ordres monsieur le maire.

Alors que le garde des portes du village s'approche du lion, celui-ci se met à trembler et commence à pleurer.

- Mais puisque je vous dis que ce n'est pas moi.

Tout à coup, un rire étouffé se fait entendre dans les bras d'Elvis. Celui-ci baisse son visage sur celui de Friga et se rend compte que celle-ci a les yeux grands ouverts. Ensuite, le pingouin se met à rire et tous les habitants du village en font autant, sauf le lion, ce qui est une évidence. Après quelques secondes de réflexions, le fauve comprend qu'il vient d'être victime d'une blague collective et il est loin d'apprécier cette dernière.