Chapitre 52 : Alice

Elle dormait. Cela faisait une éternité qu'elle dormait. En fait, pas vraiment, dormir ne convenait pas comme terme pour expliquer sa situation. Dormir impliquait forcément de se réveiller à un moment ou à un autre. Mais dans son cas, elle savait que le réveil tant espéré ne viendrait pas, ou bien plus, ou peu être espérer se réveiller n'avait été qu'un leurre, un fantasme de son esprit perturbé.

Enfin peu importait, elle était coincé dans ce sommeil sans fin, faute de mot plus adéquat, depuis bien trop de temps pour que ce qui se passa à l'extérieur ait un quelconque sens pour elle. Sa situation était sans issue. Elle le savait depuis longtemps mais elle avait maintenue une lueur d' espoir aussi longtemps qu'elle l'avait put et puis finalement s'était résignée.

Dans sa prison de chair, elle avait, dans les premiers temps, lutté contre le désespoir et cette force omniprésente qui la maintenait ainsi à l'écart de la vie. Elle avait frappé autant qu'elle le pouvait les murs qui l'emprisonnaient, tout comme elle s'était flagellée, au sens propre comme au figuré, pour se punir de son impuissance. Elle avait hurlé en silence n'ayant plus de voix pour se faire entendre. Elle avait déchiré les parois invisibles qui la retenaient, maudit son sort et tous ceux qu'elle en estimait responsable. Elle avait prié tout ce qu'il était possible de prier, supplié en promettant de se plier à toutes les exigences pour qu'on la libère, mais rien n'avait changé. Rien. Elle était restée prisonnière de son propre corps, prisonnière de son âme ravagée par la folie meurtrière d'une autre.

Elle n'avait pas oublié les derniers instants de sa vie. Elle n'avait qu'a y penser pour reprendre le fil de cette soirée maudite qui avait marqué la destruction de sa vie et de sa famille. Son maris était mort le premier et elle s'attendait à ce qu'il lui arrive la même chose après la torture sans nom que venait de lui infliger cette sorcière complètement folle qu'était Bellatrix Lestrange.

Elle avait continuer à lutter pour essayer d'éloigner le danger de la seule personne encore en vie dans leur petite maison qui commençait à se consumer. Elle devait tenir pour que son fils ait une chance d'être sauvé. Mais tout avait une fin et une fois à bout de sa résistance, quand les remparts protégeant son esprit, s'étaient rompu sous l'assaut du sortilège impardonnable, elle n'avait pu que maudire sa propre faiblesse et la folie de cette femme impitoyable qui la surplombait avec un rire démentiel tout en s'apprêtant à mettre un terme définitif à son existence.

Alors l'espoir l'avait quitté et Alice Londubat avait finit par se résigner. Pas plus qu'elle n'avait d'avenir, elle n'aurait de vengeance. Elle avait alors perdu pied dans sa propre tête et s'était enfoncé profondément dans le complexe labyrinthe de sa raison ou du peu qu'il en restait. Elle resterait là comme un pantin désarticulé, comme un fauve en cage dans les méandre de son cerveau ravagé. Elle n'eut pas conscience de l'arrivée des renforts et des secours. Elle se trouvait bien trop profondément enfouie dans sa propre folie pour voir son ennemis fuir frustré de ne pouvoir finir la mission qu'on lui avait confié.

Cela n'aurait pas eut d'importance ,si elle n'avait pas eut un fils. Un enfant à protéger et élever. Elle se serait résigner à son sort depuis bien longtemps et aurait abandonné la lutte sans remord, ni regret avec l'espoir de retrouver Franck de l'autre côté, si elle n'avait pas eut son enfant. Son garçon. Son fils. Neville.

Elle ignorait, car le temps n'avait pas d'importance de ce côté ci de la raison ou de la folie, combien de temps elle avait espéré pouvoir retrouver conscience et se rendre auprès de lui pour l'aimer et le voir grandir. Elle l'ignorait mais elle estimait que c'était bien trop de temps et que quoi qu'elle fasse, c'était du temps perdu qui ne pourrait se rattraper. Elle avait perdu tout espoir. Elle n'était plus qu'une toute petite étincelle de conscience qui brillait faiblement au cœur d'un néant absolue, d'un froid intense qui l'engourdissait toujours un peu plus et dont elle savait qu'il annonçait la fin. La délivrance.

Ce fut certainement pourquoi elle en voulu dans un premier temps à cette voix qui parvenait à l'atteindre. Dans les premier temps, elle ne comprenait pas les paroles. D'ailleurs en y songeant, elle n'était pas certaine qu'il y ait eut des mots précis et signifiant quelque chose dans les premiers sons qui brisèrent la monotonie de son silence. Cela avait plus ressemblé à un baragouinage vide de sens.

Le son était juste comme un bourdonnement sourd qui perturbait son monde de silence et la tirait de son apathie. Un peu comme un moustique qui volerait alors que vous essayer de vous endormir. Elle avait tenter de repousser ce bruit intrus, jusqu'au moment ou malgré tous ses efforts pour le repousser l'espoir avait de nouveau commencer à germer dans son âme. Peut être que les médicomages avaient fait suffisamment de progrès pour la sortir de là ? Peut être, deux mot qu'elle détestait.

Avec une régularité déconcertante, pour quelqu'un pour qui le temps était devenu une notion abstraite, Alice pouvait entendre ce bourdonnement et il avait quelque chose de familier et de rassurant. Il lui fallut beaucoup de patience pour arriver à mettre des mots sur ce qu'elle percevait et ce jour là si elle avait pu , si elle en avait eut encore la capacité, elle en aurait pleurer de joie et de reconnaissance. Ce bruit ce n'était ni plus ni moins que la voix de son fils. La seule qui puisse , allez savoir comment pénétrer si profondément au cœur de sa prison. Un cadeau à double tranchant. Car si elle lui avait rendu l'espoir et qu'elle attendait avec impatience chaque nouvelle conversation que lui faisait son fils, elle réalisait aussi à chaque fois qu'elle ne pouvait pas lui répondre, qu'elle ne le pourrait jamais. Elle était condamnée à cette douce torture pour le temps qui lui restait à vivre et cela lui paraissait pire parfois que le silence.

Neville venait et lui parlait tout le temps qu'il restait. Comme si son fils savait qu'elle pouvait l'entendre. Dans les bons jours, quand l'espoir la soutenait, elle accueillait les paroles de son fils comme un cadeau inestimable et buvait ses longs monologues comme on goûtait les plus précieux des nectars. Dans les mauvais jour, quand elle aurait souhaité que tout se termine le plus rapidement, elle ne recevait les mots de son enfant que comme un reproche pour l'avoir abandonné ou comme une torture supplémentaire, restant sourde au sens profond que désirait lui communiquer Neville. Il lui était arriver de hurler silencieusement à son fils de ne pas revenir et elle était aller même jusqu'à' à le supplier de la libérer définitivement de cette souffrance, mais bien evidemment, Neville ne l'avait pas entendu.

Elle apprit donc tout de la vie de son fils par les long monologues auxquels il se livrait sans aucune fausse pudeur. Même si parfois elle avait l'intuition qu'il ne lui disait pas tout. Ce qu'il devait garder pour lui devait être quelque chose de particulier finit elle par estimer. Il lui donnait vraiment le sentiment de ne pas parler non pour lui cacher quelque chose, mais plutôt car il était toujours possible que des oreilles indiscrètes puissent entendre ce qu'il aurait à lui dire. Elle connaissait donc tout de la vie de son fils, son enfance, son entrée à Poudlard, les rencontres qu'il y avait faites, les difficultés qu'il avait affronté. Elle s'était sentit fière de lui quand il lui avait raconté comment son acte de bravoure avait fait remporté la coupe des maisons à Griffondor, en première année. Elle s'inquiéta des dangers que pourrait rencontrer plus tard Neville. Et ce qu'il lui confia les années suivante fût bien loin de la rassurer.

Et puis à un moment donné, la routine de son emprisonnement fut rompu. Quand, comment et pourquoi, elle l'ignorait. Tout ce qu'elle savait c'était que son fils ne devrait pas tarder à revenir et qu'elle l'attendait avec impatience. Mais ce ne fût pas la voix tant aimée de Neville qui rompit la monotonie de son monde silencieux.

Deux présences envahirent l'espace de sa prison. Leur aura était si puissante qu'elle se sentit agressée et repoussée dans un coin encore plus reculé de son esprit. Si la flamme de son âme n'était plus qu'une petite braise à peine rougeoyante, les deux intrus devaient être un feu de joie ! Elle se sentait écrasée par leur présence. Alice n'avait aucun moyen de lutter contre cette invasion, hormis celle de se réfugier si loin que nul ne pourrait plus l'atteindre, mais elle ne pouvait s'y résoudre. Son fils devait venir. Neville allait arriver. Elle avait besoin de l'entendre. Elle ne voulait pas se couper du fils ténu qui la retenait à son enfant. Pas tant qu'elle aurait suffisamment d'énergie pour se maintenir consciente. Pas tant qu'elle serait là.

Elle décida donc de rester caché en attendant que Neville se manifeste. De plus dans sa position, elle pouvait espionner les intrus qui semblaient vouloir s'installer en elle pour un moment. Les deux envahisseurs n'avaient pas de forme physique à proprement parlé. Ils ressemblaient à deux flammes vives qui brûlaient plus ou moins intensément en suivant une variation d'intensité qui semblait rythmé et qu' Alice associa à de la musique. Peut être étaient ils en train de parler ? Et peut être pouvait elle les écouter sans se faire remarquer. Ils devaient avoir une raison pour s'être introduit en elle de cette manière et elle ne pouvait s'empêcher de craindre que cela est un rapport avec son fils. Son intuition lui criait que cela avait un lien avec ce que Neville lui avait toujours caché.

« Elle n'est pas là » constata une voix qui lui parut masculine avec un soupçon de tristesse à peine perceptible dans le ton. Cependant cette voix n'avait rien de familier pour Alice alors elle préféra rester dans sa retraite et continuer à observer. « Peut être qu'il n'en reste rien... »

« Elle doit se trouver plus profondément enfouie. Elle ne peut être que là, si elle avait traversé nous l'aurions su. » Répondit une voix de femme qui elle lui rappela quelque chose. Même si elle ne pouvait s'en souvenir avec certitude elle connaissait la voix féminine.

«Nous avion prévu cette éventualité. » Reprit l'homme sur un ton résigné.

« Oui mais j'aurais préféré agir autrement. Usurper son identité risque d'être compliqué, nous devrions peut être dire qu'elle est déjà partie et que nous avons...»

« Peu importe ce que nous dirons, cela reste un mensonge. » assura l'homme sans la moindre trace d'hésitation dans la voix. « Mais c'est le seul moyen de pression que nous ayons pour faire passer notre message aux Chimères sans gêner la mise en place de notre plan d'origine !Nous ne voulons pas qu'elles prennent trop de liberté. Cela est déjà arrivé et au final cela nous a causé beaucoup de tord et de complications inutiles »

« Je le sais très bien » Répliqua la femme de manière assez sèche. « Mais cela ne veut pas dire que j'apprécie. C'est tout de même de mon fils dont il s'agit. »

L'homme donna à Alice l'impression de soupirer et de ne pas chercher à avoir le dernier mot fasse à la colère de sa compagne qui plus le temps passait lui rappelait quelqu'un qu'elle avait côtoyé par le passé.

« Les hautes instances de l'au de là devaient savoir que leur plan n'était pas viable, comment espéraient elles leurrer les Chimères ? »Reprit à mi voix la femme en maugréant plus pour elle même que pour son compagnon, ou que pour Alice. « Comment ais je pu me laisser convaincre que le jeu en valait la chandelle ! Avant que tu ne dises quoi que ce soit, je reconnais que je suis on ne peu plus d'accord avec le but poursuivit et que c'est la seule raison pour laquelle je me plie à leur directive, mais si il n'y avait qu'un infime espoir de parvenir au même résultat sans sacrifier nos servants alors oui je choisirais cette autre option sans remords ! Bien trop de sacrifice pour quel résultat ? »

« Je comprends. » Répondit l'homme avec toujours cette froide assurance qui finalement rappelait quelque chose à Alice. Elle se souvenait de quelqu'un qui avait le même trait de caractère « Après tout il s'agit aussi de mon fils. »

Alice de son côté avait tout entendu et elle avait appris plus qu'elle ne l'aurait imaginé. Premier élément, les intrus appartenait au monde des morts. Ce qui en soit était déjà une information capitale. Étaient ils venu pour mettre fin à son emprisonnement ? Pour la libérer de cet état végétatif et lui permettre de rejoindre son époux ? Visiblement ce n'était pas le but premier de leur intrusion dans son esprit, mais cependant elle n'arrivait pas à s'enlever de la tête qu'ils ne repartiraient pas sans elle.

Dans ce cas, elle devrait alors faire ses adieux à son fils. Elle ne pourrait plus entendre sa voix. Alice décida qu'elle ne pouvait pas accepter de partir sans avoir entendu une dernière fois la voix de Neville. Faute de pouvoir communiquer avec lui, elle voulait s'assurer que tout allait bien pour son fils.

Deuxième élément, non négligeable, un clan chimère arpentait le monde sorcier. Elle savait d'après ce qu'elle avait comprit des discours de son fils que le monde magique allait droit à sa perte à cause de la corruption et d'une politique laxiste et autre joyeusetés du même acabit. Il n'était donc pas étonnant qu'un clan de chimère ait vu le jour pour tenter de remettre de l'ordre dans tous ce fatras. Et peu importe comment le lien s'était créée mais son fils était proche des chimères. Il devait être un de leur servants. Alice se sentit très fière de son enfant.

D'après le peu qu'elle se rappelait au sujet de ses puissantes créatures magiques, il était assez difficile de les approcher et de se voir accorder leur confiance et Neville y était parvenu. Son orgueil maternel s'en trouva revigorer, et elle sentit une nouvelle chaleur se répandre autours d'elle. Rien qui ne pourrait lui permettre de sortir de son état comateux mais suffisamment pour lui donner le courage de tenir encore.

Le troisième point était un peu plus ardu à mettre en évidence mais Alice se doutait que cela devait avoir son importance. L'identité des deux intrus qui avaient fait irruption dans son âme. Elle avait une petite idée de qui ils pouvaient être et se demandait ce que cela pouvait bien pouvoir signifier. Pour la femme elle n'avait pas eut de peine à mettre un nom sur la lumière d'âme qui se trouvait si près d'elle qu'elle aurait pu la toucher. Par le passé, toutes les deux avaient été amies. Pour l'homme cela s'était avéré plus compliqué, mais elle avait finit par se faire une opinion sur son identité probable et bien qu'elle ne l'ait jamais rencontré auparavant, elle était convaincu de ne pas se tromper. Il y avait quelque chose d'instinctif qui lui faisait associé l'homme à quelqu'un qu'elle avait côtoyé de son vivant et qui avait trop de point commun avec la lumière d'âme de l'homme pour que se soit une simple coïncidence.

Quatrième et dernier point qui devait jouer un rôle important dans la balance, le pourquoi ils étaient tous les deux ici et ce qu'ils comptaient faire. Là elle n'en avait qu'une vague idée. Tout ce qu'elle en avait déduit avec certitude c'est qu'elle ne resterait pas plus longtemps dans cet état. D'une manière ou d'une autre elle allait quitter cette prison de chair. Elle allait être délivrer. Elle allait mourir.

Alice n'était pas contre le fait de voir cette fin arrivée. L'existence qui était la sienne était pathétique et ne lui apportait rien. Alors l'idée que tout se termine n'était pas désagréable. Cependant elle sentait bien que les deux âmes intruses avaient pour objectif de l'utiliser pour atteindre son fils et cela elle ne pouvait le permettre. Hors de question qu'elle les laisse agir à leur guise si leur intention était de faire du mal ou de comploter contre son fils.

Si sa détermination était sans faille et augmentait la puissance de son aura, Alice restait consciente qu'elle ne pouvait pas faire grand chose pour s'opposer aux deux intrus. Elle était quasiment à bout de force et ne connaissait rien au loi que maîtrisait les esprits des morts. Elle avait l'intuition que ces deux là étaient puissants et savaient parfaitement ce qu'ils faisaient. Cela ne devait pas être un privilège donné à toutes les âmes mortelle que de pouvoir s'inviter ainsi dans un hôte vivant ou semi vivant dans son cas particulier. Que pouvait t-elle donc faire pour protéger son enfant ?

Elle n'avait aucun repère temporel et pour ce qu'elle en savait, Neville pouvait très bien arrivé dans la seconde suivante que dans un laps de temps plus long et qui lui semblerait être une éternité. Comment pouvait elle les chasser de sa tête ? En avait elle au moins la possibilité et les capacités ? Franchement elle en doutait.

Alors peut être pouvait-elle se montrer et essayer de gagner un maximum de temps et peut être découvrir ce que les deux morts voulaient à son fils et quand il viendrait il lui faudrait trouver comment lui faire parvenir l'avertissement et les informations qu'elle avait recueillit. Ce qui aurait put être la partie la plus facile du plan qui commençait à prendre forme dans son esprit, serait certainement celle qui lui poserait le plus de difficultés. Mais elle n'était pas résigné à abandonner et si l'attaque frontale était la seule option, elle n'hésiterait pas !

Rassemblant tout son courage et ses dernières forces, elle sortit de son retranchement et s'approcha lentement et avec prudence des deux intrus qui cessèrent leur conversation pour l'observer. Alice savait que par rapport à eux, l'éclat de sa flamme, bien que déterminé et ravivé par son désir de soutenir Neville, paraissait bien terne et faible par rapport à celui des deux intrus.

«Pour des gens qui complotent, vous n'êtes pas très discret. » Déclara-t-elle méfiante en gardant une certaine distance vis à vis de leur aura.

« Tu nous as entendu ? » S'étonna la voix de femme avec plus de surprise que de contrariété dans sa voix.

« Faudrait être sourd pour ne pas vous entendre, Lily ! Vous êtes quand même dans ma tête ou ce qu'il en reste ! » Annonça Alice en observant la réaction des deux âmes quand elle dévoila l'identité de celle qui était féminine.

Les deux auras avaient vacillé sous la surprise mais elles avaient presque instantanément repris constance. Alice si elle en avait eut encore les moyens, aurait sourit, narquoisement à ces interlocuteurs, apparemment ils ne s'attendaient pas à ce qu'elle les démasque aussi vite et juste.

« Je ne sais pas exactement ce que vous trafiquez mais si c'est pour d'une manière ou d'une autre nuire à mon fils, je ne vous laisserais pas faire. »

« Et que comptez vous faire ? » Fit la voix d'homme presque dans un soupir las. Tous les deux devaient bien savoir qu'Alice était à bout de force et sans possibilité de s'opposer à eux.

« A vrai dire je n'en sais rien mais cela ne veut pas dire que je suis sans ressources , monsieur. » Répliqua Alice sans donner l'identité qu'elle attribuait à l'autre âme qui s'était introduit dans son esprit. Elle préférait garder cet atout dans sa manche « Mais cela ne veut pas dire que je ne tenterais rien ! J'ai bien suivit votre conversation depuis que vous êtes arrivé et si tout n'est pas clair pour moi, il est évident que vous voulez m'utiliser pour atteindre mon fils et je ne le permettrais pas ! »

« Alice, nous ne voulons aucun mal à ton fils. » Assura Lily d'un ton ferme mais doux. « Nous avons quelques petits détails à régler avec les chimères afin qu'elles ne prennent pas de décisions trop hâtive qui aurait des répercussions assez catastrophique sur les deux côtés du voile. »

« Nous avons lâcher la brides à nos envoyés auprès du clan afin qu'ils apportent leur aide au clan mais nous devons veiller à ce qu'il ne s'emballent pas inutilement. Ils ont déjà agit avec beaucoup de liberté et nous devons leur parler avant qu'ils n'aillent trop loin. » Continua l'homme doucement et lentement.

Puis il y eut un temps de silence lourd. Les deux âmes intruses comprenaient que peu importaient leurs arguments, Alice ne céderait pas tant qu'elle estimerait qu'ils représentaient une menace pour Neville..

« Tu l'ignore certainement mais Voldemort est revenu. » Lança sans ménagement la voix de Lily rompant le silence et décidé à ne pas ménager son ancienne amie.

« Impossible ! Neville m'a dit qu'il avait été tué... »

« Non, il a usé d'un sortilège interdit pour partager son âme et la rendre immortelle. » Reprit Lily d'un ton docte. « Enfin de notre point de vue, il a commis un crime impardonnable car mutiler ainsi son âme ne lui permettra jamais de franchir le voile et le condamnera à errer comme un monstre à la frontière du vivant à chaque fois que l'on détruira son enveloppe charnelle. »

« Et personne ne peut empêcher ça ! » S'exclama Alice dont la lumière d'âme vacilla dangereusement sous le coups de la nouvelle.

« Il est bien évidemment possible d'y remédier. » La rassura l'homme d'une voix calme et posée « Il suffit de détruire les objets enfermant les morceaux de l'âme déchiré. Nous avons en quelque sorte, autorisé nos subalternes à révéler l'existence de ses objets, leur localisation et leur mode de destruction, aux servants chimères qui vont avoir pour tache de les détruire. »

« Malheureusement cela est contraire à nos lois. Aucun mort ne doit prendre une part aussi active dans le monde des vivant ni par action ni par intention. »

« Vous avez donc envoyé deux autres âmes au casse pipe plutôt que de vous farcir le sale boulot, bel état d'esprit ! » Maugréa Alice avec dédain.

« C'était un risque minime et soit sans crainte nous aurions assumé la responsabilité de nos choix nous aussi et nous étions prêt à en accepter les conséquences. »

« C'est vrai que cela change tout ! » Ironisa Alice. « Vous, vous saviez, mais vos subalternes eux... »

« Nous leur avons expliquer tous les dangers et les sanctions auxquelles ils se risquaient. C'est de leur propre initiative qu'ils ont choisit d'accélérer les chose en franchissant le voile pour aller rejoindre les chimères avant que nous ne leur en donnions l'autorisation. »

« Ben voyons elle est un peu facile celle là ! Vous n'avez rien fait pour les en empêcher !»

« Alice ! S'ils s'en étaient tenu à cela, au plan des instances supérieurs, leur punition aurait été moins lourde de conséquences et nous aurions pu les couvrir ! » Déclara Lily

« Mais ils n'ont pas décidé d'en rester là, hein ? Sinon vous ne seriez pas là, à tenter de me convaincre que vous n'agissez que pour le bien de vos subalternes ! »

«Effectivement, Nos envoyés ont mis dans leur petit papier de hanter Voldemort et de l'espionner pour lui soutirer d'autres informations que celles sur les horcruxes... »

« Je ne vois pas ou est le problème. » Rétorqua Alice et si elle avait pu elle aurait croisé les bras sur sa poitrine histoire de leur signifié qu'ils ne pourraient pas la convaincre du contraire. « Si j'en avais l'occasion et la possibilité croyez bien que je me ferais une joie d'aller m'incruster chez cette folle de Lestrange pour lui faire regretter de ne pas être un peu plus folle et lui faire vivre l'enfer. »

« Hanter une âme ne se fait pas à la légère ! Surtout quand il s'agit d'une âme déchirée ! » Reprit d'un ton professorale l'homme en insistant comme si il s'adressait à une élève récalcitrante. «C'est comme marcher en équilibre sur un fils a plus de cent mètre de hauteur ! Un pas de travers et c'est la survie de votre âme qui est en péril »

« Cela n'a effectivement pas l'air simple. » rugit une voix pourtant calme et donnant l'impression de venir de nulle part. « L'autre côté du voile est vraiment un monde à part !Cependant ne croyez pas pouvoir nous tromper, nous connaissons vos lois et nous savons ce que vous voulez, derrière vos fausses excuses et vos manigances. »

Alice sentit que la chaleur de son âme se réchauffer au contact de cette voix si puissante. Elle était même plus que satisfaite en voyant les deux lumières intruses vaciller sous le poids du charisme de la voix qui avait bercé son errance. Elle reconnaîtrait cette voix entre toute. Celle de son fils.

« Bonjour Maman. » ronronna la voix de Neville.

Et Alice su alors ce que son fils lui avait caché et elle n'en fût encore que plus fière.

A suivre...