Chapitre 55 : Section H

Quand le lien fut rompu, il fallut quelques secondes à Neville pour faire surface et récupérer ses repères sensoriels ce qui manqua, de peu, de le faire tomber du lit de sa mère. Une fois son équilibre revenu, il soupira profondément. Bien qu'il accepta le choix d'Alice, il trouvait difficile, insupportable, de devoir la perdre. Il aurait tellement voulu que cela se passe autrement et qu'il y ait eu une autre solution, que sa mère puisse ou ait fait un autre choix.

Il ne pouvait se résoudre à la laisser partir et ce qui le retenait de piquer une crise de nerf était le respect pour le courage et l'abnégation de sa mère. Il ne pouvait pas craquer maintenant. Pas ici alors qu'elle pouvait l'entendre. Mais il ne pouvait pas la quitter sans lui dire, lui assurer, lui montrer combien il l'aimait. Il lui avait déjà dit, utilisant la lumière de son âme, mais il voulait qu'elle l'entende dans sa voix, qu'elle sente les fêlures et la force que l'émotion faisait naître dans sa manière de s'exprimer, pour qu'elle sache qu'elle compterait toujours pour lui. Elle serait sûrement frustré de cet étrange cadeau que s'apprêtait à lui faire son fils car elle ne pourrait pas y répondre mais Neville sentait au plus profond de lui qu'il ne pouvait pas la laisser mourir sans lui exprimer son amour.

Alice était encore là, coincé dans son esprit avec Lily et Tobias. Tous les trois discutaient de ce qu'il comptaient faire à leur retour de l'autre côté du voile. Ils avaient du pain sur la planche, mais l'ampleur de la tâche qu'ils avaient pris sur eux d'accomplir ne les effrayaient pas, pas vraiment car tout les trois semblaient galvaniser et prêt à relever le défi. Ils ignoraient par quoi commencer, ne sachant trop par quel bout prendre l'idée de révolutionner le monde des morts qui leur étaient apparut comme immuable. D'un commun accord, ils avaient décidé de se renseigner sur le Ciboire. Ils n'avait pas la moindre informations sur ce qu'était le Ciboire et pourquoi leurs supérieurs avaient pris autant de risques pour en détourner l'attention des Chimères et tenter de les manipuler. Ils étaient bien décidé à découvrir de quoi il retournait et en même temps à s'interroger sur ce qui pouvait être changé dans leur monde. Ils avaient cru que le monde des morts était intemporel mais était ce vraiment la cas ?

Ils s'étaient donné pour premier objectif de trouver une réponse à cette question. Ils mettaient les derniers détails au point avant de regagner l'au de là. Ils avaient aussi décidé qu'Alice ne devrait pas mourir tout de suite après la visite de son fils, qu'elle devait lui laisser le temps de s'éloigner de manière à ce qu'il soit bien entouré quand on lui rapporterait la nouvelle de sa mort. Ils en avaient avertit Neville avant qu'il s'en aille, ce fut la raison pour laquelle ils sursautèrent en entendant la voix de la jeune chimère leur parvenir comme un écho lointain.

« Maman, je voulais que tu saches combien je t'aime et combien tu va me manquer. » Commençait la voix enrouée par l'émotion. « Je sais bien que je viens de te le dire et de te le montrer par ma lumière d'âme mais je voulais te le dire de ma propre voix en temps que ton fils et non plus seulement en utilisant le pouvoir de l'artefact qui m'a permit de te rejoindre. Je sais que ta décision est la meilleure pour nous tous mais elle me fait peur. Bientôt tu ne seras plus là. »

Neville marqua une pause et inspira profondément. Ouvrir son cœur avec des mots était plus difficile que de laisser sa lumière d'âme refléter ses émotions mais il voulait aller jusqu'au bout de l'épreuve pour lui même et pour Alice.

« Cela te paraîtra sûrement étrange mais pouvoir venir te parler ici malgré ta condition m'a beaucoup plus soutenu que je ne le pensais. Cela a toujours constitué un des piliers de mon existence, quelque chose à quoi je pouvais me raccrocher. Je sais bien que m'entendre à été pour toi autant un soulagement qu'une profonde torture »

Neville marqua une nouvelle pause et Alice aurait bien voulu pouvoir essuyer les larmes qu'elle devinait en train de dévaler les joues de son enfant. Elle ne les voyait pas mais elle pouvait les sentir dans la voix de son fils. Elle aurait voulu lui dire combien elle regrettait les peines et l'angoisse que son état avait causé. Alice savait aussi que venir la voir avait été une épreuve terrible pour Neville et qu'il avait su en tirer le meilleur.

« Tu penseras peut être que c'est lâche de ma part de te révéler tout cela maintenant que tu ne peux plus me répondre, mais savoir que je ne pourrais plus me confier à toi me terrifie et j'espère que tu me pardonneras de me raccrocher encore à toi et de penser que malgré l'endroit où tu vas, tu pourras encore entendre ma voix et que je pourrais encore en retenir tous le soutien et la force que j'y ais puisé toutes ces années. Laisse moi penser que cela reste possible, Maman, j'ai encore besoin de toi. »

Alice sentait la vérité dans la voix de son fils. Elle regretta de ne pas pouvoir lui répondre. De ne pas pouvoir le secouer et lui dire qu'il avait intérêt à continuer à lui parler. Pour qu'il continue à lui raconter ce qui faisait sa vie, ses peurs, et ses envies ! Peu lui importait ce qu'il dirait, elle était certaine de pouvoir continuer à l'entendre. Et ce n'était certainement pas la lumière d'âme désolé et résigné des deux autres qui allait la détromper. Non, car même si cela s'avérait impossible, elle relèverait le défi ! Même s'il fallait défier toutes les lois de l'univers des morts et des vivants !

«Alors je ferais comme si ma voix pouvait t'atteindre aussi longtemps que ma vie me le permettra et quand nous nous reverrons j'espère que tu pourras me dire encore une fois combien tu es fière de moi et que tu m'as entendu. » finit par déclarer Neville avant un dernier soupir. « Voilà je vais devoir y aller. Les autres doivent m'attendre nous n'en avons pas encore fini ici et je ne compte pas laisser cet endroit comme il était. Je ne te dirais pas adieu, mais tout simplement au revoir. Au revoir Maman et bon courage pour la route sur laquelle tu t'avances. Mon cœur saigne mais que mes pensées t'accompagne et te soutienne. »

Neville essuya ses yeux dans le revers de sa manche et renifla. Geste fort peu élégant mais personne ne lui en teindrait rigueur vu les circonstances. Les mains tremblantes, il se résolue à ôter le diadème du front d'Alice et il déposa un baiser léger sur la joue de sa mère avant de se lever et de quitter la chambre sans un regard en arrière.

Alice avait tout entendu et tout accepté, même si cela s'avérait difficile de laisser son fils aller sur son propre chemin sans pouvoir lui souhaiter la même chose de vive voix. Elle avait reçu et intégré en elle le sens des paroles de Neville presque tout au temps que les émotions qui en avaient émanées et elle en avait fait un précieux trésor qu'elle chérirait pour l'éternité et qui lui fournirait la force nécessaire pour accomplir la tâche qu'elle avait décidé de prendre en charge.

Une fois à l'extérieur de la chambre, Neville se concentra sur le lien qui le reliait à Harry et Draco pour tenter de les localiser dans le dédale de couloir qu'était la section H de Sainte Mangouste. D'un rapide sortilège informulé, il avait appris qu'il s'était écoulé près de vingt minutes depuis qu'il avait laissé ses deux camarades seuls. Il commençait à s'inquiéter du calme qui régnait dans le service qu'il traversait comme si celui ci avait été déserté par tous ses occupants habituels. Sentant le lien mentale reprendre de la puissance entre lui et les deux autres, il continua dans la direction que lui indiquait la pulsation de leur lien. Plus il se rapprochait plus il pouvait sentir l'agitation et la colère de Harry, mêlé à un étrange sentiment de frustration et d'exaltation. Harry sembla enfin remarqué qu'il se dirigeait vers eux.

Rien de la conversation que Neville avait eut avec sa mère et les deux autres n'avait échappé au Brun mais il avait réussit pour le moment à occulté les sentiments que cela généraient en lui pour se concentrer sur ce qui se trouvait devant lui. Et d'après ce que percevait Alyd par leur lien, il avait déjà fort à faire pour se contrôler.

« Tu devrais reprendre ton apparence de chimère. »Lui conseilla avec douceur le brun. « Tu va avoir des choses à faire ici que ... »

« Je sais. » L'interrompit Neville avec un sourire las. Il savait en venant qu'il devrait agir en temps que Chimère. Qu'il était de son devoir de chimère de condamnée l'utilisation que l'on faisait de la magie entre ses murs « Ou êtes vous et qu'avez vous fait pour que tout soit si silencieux ? »

Il sentait aussi dans la voix de son ami son inquiétude à son sujet et le soutien que lui apportait Harry sans aucune restriction ou le moindre doute et il apprécia d'avoir cette épaule sur laquelle s'appuyer. Refoulant son chagrin au fond de lui même car il ne pouvait se permettre de se laisser submerger par le moment, il s'avança dans le service de soin. Plus tard. Vraiment plus tard quand il serait au Nid, en sécurité il se laisserait aller mais pas maintenant. Maintenant il avait encore beaucoup à faire en tant que chimère et il n'allait pas négliger son devoir.

« Et bien nous sommes, je croie, dans ce qu'ils appellent la salle commune. » Répondit Harry avec un soupçon d'irone dans la voix qui n'échappa pas à Neville. « Le calme n'est qu'illusion, tu t'en rendra vite compte en arrivant. »

Étonné par la réponse pour le moins énigmatique de Harry, Neville reprit son apparence de chimère, profitant qu'il n'y ait personne dans le couloir qu'il traversait. Non pas celle animale ce qui n'aurait pas manqué de créer un mouvement de panique, s'il avait croisé quelqu'un, ce qui s'avérait fort peu probable vu l'absence pour le moins incongrus d'aller et venue dans les couloirs du service. Il ne croisa pas un membre du personnel, pas un seul des patients résidant dans la section H. Certaines portes de chambre étaient ouverte et il pouvait voir qu'elles étaient vide. Il n'osa pas malgré sa curiosité vérifier si derrières les quelques portes closes, les lit étaient occupé ou non. Neville savait que c'était inhabituel. A chacune de ses visites antérieures, il avait croisé patients désœuvrés et personnels débordés dans le dédale de couloir que formait le service de la section H. Mais là personne Et surtout pas un cris. Comme si tout était mort.

« Quand Draco m'a fait visité les lieux, ce qui n'a pas pris tant de temps que cela vu le confinement de cet endroit, il m'a révéler les conditions de sa première visite ici et ce qui en a découlé pour lui. » Reprit Harry et Alyd pouvait presque le voir se mordre la lèvre inférieur pour contenir la rage qui couvait en lui.

Pas seulement pour ce qu'il avait découvert, caché derrière les murs bien trop blanc et lisse de l'hôpital sorcier. Découvrir les patients de la section H avait déjà du être un choc pour le brun, mais le récit qu'avait fait le serpentard semblait avoir raviver la colère que lui et Ialon avait eut beaucoup de mal à gérer à son retour de chez les vampires. Bien entendu, ce que Neville lui même avait mis en évidence lors de sa rencontre avec les deux mentors de Milicent et Cédric, n'arrangeait en rien l'état d'esprit de Dénal ce qui se répercutait sans peine sur son golem.

« Savais tu que monsieur Malfoy avait une sœur ? » Continuait Harry alors que Neville avançait dans les couloirs se rapprochant de la salle ou se trouvaient ses amis. « Savais tu qu'il était de pratique courant chez les sang pur de tester la puissance magique de leur progéniture afin de mesurer leur puissance magique potentiel ? »

Neville fronça les sourcils. Il ignorait que le père de Draco eut une sœur et malheureusement il avait entendu parler de cette vielle tradition venu d'un autre âge qui avait cours chez les sangs purs les plus traditionalistes. Il commençait à se faire une idée de ce qui avait pu mener Draco en visite à Sainte Mangouste et il serra les poings attendant que Harry continue.

« Aurais tu la moindre idée de ce que les patriarches faisaient à leurs enfants pour tenter de développer la puissance de leurs descendant quand leur affinité avec la magie n'était pas suffisante selon leurs critères ? »

Malheureusement Neville en avait une petite idée. Cela l'avait horrifié quand il avait constaté le degré de perversion auquel étaient arrivé les sorciers vis à vis des règles primordiales de la magie. Et il comprenait aussi parfaitement à quoi faisait allusion Harry. Rapidement en écho à la propre colère du brun la sienne commença à enfler. Alyd se souvenait encore de sa réaction horrifié quand il avait compris que les traditionalistes, qu'il préférait traiter intérieurement de primitif rétrograde, utilisait le sorctilère du Doloris pour stimuler la magie de leur descendant. Il n'avait cependant pas imaginer que Lucius Malfoy soit ce genre d'individu primaire.

« Tu sais malgré toute notre bonne volonté on a toujours tendance à regarder la situation par le bout de notre lorgnette. » Reprit d'un ton las mais empli d'une certaine douceur le brun. « C'est humain, je pense, mais ce qui compte vraiment quand tu veux comprendre sincèrement l'autre c'est de pouvoir se taire émotionnellement et rationnellement parlant pour recevoir ce que l'autre dit vraiment et faire abstraction de notre propre perception et de notre système de valeurs qui est unique et qui ne cadre définitivement pas avec celui des autres. »

Neville ne connaissait pas l'expression concernant cette lorgnette, dont il ignorait tout mais il savait à quoi faisait référence son ami. Et il comprenait et tout comme Harry, il savait que l'exercice était difficile et que tous n'était pas capable de réaliser cet exercice.

Tout le monde évoluait avec un cadre de référence et des valeurs différentes, façonnée par tout un tas de paramètre socio culturel et educatif sans oublier l'expérience de la vie qui restait propre à chacun. Se mettre à la place de quelqu'un était chose impossible objectivement parlant. Il restait toujours un parasitage dû à ce que la vie avait fait de nous et ce malgré toute la bonne volonté qu'on pouvait mettre à ne pas juger et espérer comprendre l'autre. Il était important de savoir que cette limite existait et qu'il fallait en tenir comte.

Neville fût soulager de constater que le brun avait bien assimiler ce principe et qu'il avait chercher un moyen de limiter le parasitage. Lui personnellement n'aurait pas utiliser ses termes pour expliquer comme faire abstraction de son cadre de référence mais il convenait que la methode de Harry était adapté et des plus facile à comprendre.

« C'est loin d'être évident et je n'y arrive pas encore très bien. » reconnut Harry

Il y avait un rien de honte dans la voix de Harry mais Neville ne s'en inquiéta pas car il percevait la détermination du brun à vouloir progresser dans ce domaine et à travailler d'arrache-pied pour garder l'esprit ouvert et à connaître ses propres limites. Il perçut aussi une onde rassurante de magie provenant de Draco. Le serpentard comprenait, acceptait et partageait même le point de vue du Brun et il ne lui tenait aucunement rigueur d'avoir un court instant penser un « Moi à ta place » tout à fait inapproprié mais humain.

« Mais comme me l'a si gentiment fait remarquer Draco, je ne suis pas parfait, je suis un griffondor qui ne pense que trop rarement avec sa tête, donc tout va bien. »

Neville sentit ses lèvres s'étirer malgré lui en un sourire amusé. Si ces deux là trouvaient encore la force de plaisanter entre eux la situation devait être sous contrôle. Ou pas corrigea-t-il mentalement en déboulant dans le couloir central où se trouvait la salle commune. Toutes les personnes qu'il s'était attendu à voir déambuler dans les couloirs se retrouvaient là rassemblées et figées scrutant l'intérieur de la pièce qui leur faisait face avec pour la plus part des membres du personnel présent une fascination qui s'apparentait à de la stupéfaction alors que chez les patients, ils pouvaient ressentir une crainte et une exaltation nouvelle que certains n'osaient à peine identifier de peur de se réveiller, comme si ce qui se passait sous leurs yeux n'était que le fruit d'un rêve. Un agréable rêve.

En fait la salle commune était une grande pièce aux murs vitrés qui se trouvait au centre du service de soin. Les vitres avaient été magiquement traité pour être incassable, inrayable et ce quelque soit le traitement qu'on leur fient subir. Le sol de la pièce était une espèce de moquette souple qui elle aussi avait reçu une traitement spécifique pour qu'en cas de chute d'objet ou de personne, la réception se fasse sans douleur. La pièce ne contenait rien d'autre. Pas de mobilier. Pas de décoration. Rien, hormis des personnes, des patients qui habituellement étaient placé ici pour être surveiller par les membres du personnel. La salle de soin et le bureau médical se trouvaient non loin de là et cela permettait aux agents en poste de toujours garder un œil sur les résidents des lieux. Tous n'étaient pas rassemblé là en même temps et l'accès à la salle commune était réglementé. Enfin habituellement.

Mais en ce jour rien ne semblait vouloir aller selon les règles établis par la direction, surtout depuis l'arrivée des deux adolescents. Alyd profitant que les infirmiers et autres personnels soient encore sous le choc du spectacle qui avait lieu dans la pièce, en profita pour s'approcher et malgré sa colère, il ne pu s'empêcher de sourire en voyant ce qui paralysait autant de monde à l'extérieur et faisait vibrer de joie autant de monde à l'intèrieur.

Un feux d'artifice. A l'intérieur de la pièce, ce n'était qu'explosion de lumière et de couleur dans un bruit assourdissant qu'il était impossible à imaginer vu le silence qui régnait à l'extérieur. Nul doute que la magie était à l'œuvre et qu'il fallait y voir l'intervention de Harry et Draco. Le blond se tenait debout non loin de l'unique porte donnant accès à la salle commune, les bras croisés sur la poitrine et souriant narquoisement aux médicomages qui avaient bien l'intention de mettre fin à cette représentation.

Harry lui était allongé à même le sol, en compagnie de quelques patients de la section H et tous riaient aux éclats en s'exclamant sur les explosions de couleur. En s'approchant plus près, Alyd constata que ce n'était pas seulement un spectacle visuel et auditif qu'il avait devant lui. A chaque nouvelle explosion lumineuses correspondait un parfum ainsi qu'une texture du sol et cela variait à chaque fois. Comme il n'y avait jamais deux fois exactement la même couleur, il n'y avait pas deux fois le même parfum ou la même structure à toucher. Le son bien qu'assourdissant n'était pas uniquement celui des explosions, lui aussi différait et indiquait que chaque vibration acoustique était différentes, uniques.

Et c'était là tout l'intérêt de ce spectacle grandiose. Différent. Voilà le point commun qu'avait tout les patients qui se trouvaient dans la section H. Ils étaient différents. Bien trop diffèrent pour rentrer dans le moule imposé par la société sorcière. Que ce soit à cause d'un handicap physique ou mental,ou bien à cause de l'association des deux, ils se retrouvaient tous là parce qu'on avait pas voulut d'eux et qu'on avait eut nulle part ou les mettre ailleurs..

Il y avait certaines choses que la magie pouvait compenser. Tous les aveugles ou sourd ou paralytique de la société sorcière ne se retrouvaient pas là. Pour peu qu'on puisse payer et s'offrir les meilleurs, compenser un handicap physique ou même un léger retard mentale était envisageable. Mais pour certaines familles, la honte d'avoir engendré ces êtres imparfaits, dysfonctionnel, était une injure bien trop grande pour être pardonné ou assumé. Encore que quand l'enfant présentait une puissance magique satisfaisante, on faisait l'effort de le stimuler pour provoquer un changement salutaire. D'ou cette fâcheuse manie chez les sang pur d'utiliser le doloris pour stimuler leurs héritiers indolent qui ne satisfaisaient pas leurs critères de puissance et de développement.

Malheureusement comme on pouvait s'y attendre, les répercussion de ce genre de traitement était plus souvent dramatique que curatrice. Preuve en avait été faite mainte fois mais cela n'empêchait pas les plus réactionnaire à continuer à l'encourager. Raison pour laquelle Draco avait déjà mis les pieds ici. A sept ans. Quand son grand père avait estimé que pour le bien de la lignée des Malfoy, il fallait pousser son unique petit fils à développer son potentiel et sevir devant son apathie. Alyd se sentit soulager en comprenant que la décision de soumettre le blond au Doloris, à sept ans par Merlin quelle folie, ne venait pas de son père mais de la génération précédente aux principes éducatifs strictes. Il était bien placé pour le savoir vu le goût immodéré de sa grand mère pour la discipline mais jamais il ne serait venu à l'idée d'Augusta d'ajouter foi aux méthodes barbares soient disant ancestrales qu'utilisaient certains sang purs.

Pour cela le grand père de Draco avait ordonné à son fils d'emmener Draco voir sa tante ici à la section H. Pour la première fois, il avait vu la sœur de son père. La pauvre avait eut le malheur de naître avec une faible puissance magique et un léger retard mentale. Le traitement que lui avait infligéson propre père n'avait en rien améliorer son état. Il lui avait même fait bien plus de mal que de bien. Eurydice Malfoy abandonnée a son triste sort, enfermé à la section H depuis des années restait une petite fille légèrement capricieuse et adorable.

Et Lucius regrettant chaque mot qu'il devait prononcé ce jour là avait expliqué à son unique fils pourquoi malgré son âge sa tante jouait encore à la poupée comme une petite fille. Pourquoi elle piqua une crise de colère quand l'infirmière vint la chercher pour lui faire prendre son traitement. Pourquoi d'autres résidents du service se roulaient continuellement par terre en bavant et gémissant sans que personne ne fasse plus attention à eux. Expérience violente qui avait à jamais marqué l'esprit du petit garçon. Draco se souvenait avoir pleurer et supplier son père qu'il obéirait et qu'il serait le plus sage des petits garçons alors son père n'avait pas besoin de le laisser là. Lucius si froid, si loin jusque là de l'attention nécessaire à l'éducation d'un enfant avait serré son fils dans ses bras et lui avait promis qu'il ne le laisserait pas.

Promesses que l'aristocrate s'était empressé de tenir au mieux mais il n'avait pas pu empêcher son père de montrer à Draco ce qui lui en coûterait de le décevoir et de ne pas développer une puissance magique suffisante pour faire honneur à la maison de ses ancêtres. Le doloris avait frapper le garçon des qu'il avait à nouveau franchit le seuil du manoir. Pas longtemps. Pas assez en tout cas pour lui causer le moindre dommage irréversible, mais suffisamment pour le marquer au fer rouge et lui faire comprendre que la faiblesse ne lui était pas permise.

En voyant Alyd se frayer un chemin vers lui , Draco s'inclina légèrement et se releva du mur sur lequel il était appuyé.

« Vous avez fait de l'excellent travail en m'attendant, messieurs. » Salua la chimère aux mèches dorées en posant une main sur l'épaule du blond et en lui assurant par le lien qui les unissait son soutien et un aperçu de sa colère quand au traitement qu'il avait reçu ce jour là.

Draco sourit sincèrement et se tournant vers le groupe allongé un peu plus loin au centre de la pièce, il désigna une femme blonde habillée d'une longue chemise de nuit de petite fille en dentelle qui souriait aux anges en fixant le plafond tout en battant des mains à chaque nouvelle explosion de couleur.

«Le sourire de ma tante est la seule récompense valable pour toutes ces souffrances ! Même si je sais pertinemment que son sort n'est pas le pire, je ne l'avais jamais vu aussi radieuse et épanouie qu'aujourd'hui, mon seigneur. » déclara Draco avec un petit haussement d'épaule avant d'ajouter un titre noblesse polie à l'intention de Neville et de l'ensemble de l'auditoire qui ne perdait pas une miette de leur conversation. Pas que donner du mon seigneur à Alyd l'ennuyait. Surtout quand il s'agissait de se montrer déférent envers la chimère devant un publique d'ignare, mais cela le faisait toujours tiquer quand il se rappelait qu'il s'agissait aussi de Neville, le griffondor le plus empoté qu'il ait jamais rencontré.

« Je mentirais si je disais que je m'était attendu à cela. » Reprit Neville sur un ton plaisant. « Même si votre réaction est explosive, j'aurais envisager quelque chose de plus, comment dire, définitif. »

« Moi aussi à dire vrai votre grâce, mais que voulez vous les résidents de cet endroit ont une fâcheuse tendance à réagir à la colère de façon imprévisible et surprenante. » Expliqua Darco. « J'ignore pourquoi mais plus nous avancions dans le service et plus les personnes n'ayant d'autres choix que de vivre ici, se sont agglutinées autours de nous. Et nous ont en quelque sorte apaisé par de solide étreintes. Personnellement j'ignorais qu'il était possible de faire une telle chose »

« Je crois qu'ils nous ont pris pour des nouveaux résidents. » souffla Harry mentalement à l'intention de Neville qui hocha la tête en signe de compréhension. « Leur accueil était quelque peu envahissant et étouffant mais il avait pour but de nous rassurer et de chasser notre colère et notre ressentiment. La tante de Draco qui est une des plus vieille pensionnaires et une des rares à pouvoir communiquer verbalement, nous a dit qu'exprimer ouvertement sa colère ne nous apporterait rien de bon ici. Elle ne sait pas exprimer en ses termes bien évidemment mais c'est ce que cela voulait dire. »

«Peut on savoir ce qui se passe ici ? Comment osez vous débarquer dans mon service et y semer la zizanie ? Déranger le calme et la sérénité de ces lieux peut être dangereux pour les patients ! Leur instabilité psychique ne va certainement pas s'arranger avec tout ce stress ! »

Un sorcier d'une soixantaine d'année semblait être enfin sortit de son hébétude et les poings sur les hanches fixaient les deux adolescents d'un regard peu amène. Comme si sa voix avait servit de signal, les autres soignants présents se remirent peu à peu de leur stupéfaction et commencèrent à marmonner entre eux.

« Avec une telle sur stimulation sensorielle, les accidents de magie vont être nombreux et ingérable ce soir ! » S'exclama une femme dans un soupir las en se passant une main dans les cheveux.

« Avez vous des enfants, madame ? » Demanda poliment Alyd avec un sourire courtois et charmeur qui fit rougir la jeune femme ainsi qu'une grande partie de ses collègues.

« Oui, une petite fille de cinq ans. » Répondit la jeune sorcière avec une pointe de fierté toute maternelle.

« C'est un peu jeune mais je suis certain qu'à son âge, elle a déjà fait preuve de quelques talent de magie. » continua toujours sur le même ton charmeur la chimère alors que Draco levait les yeux au ciel se demandant encore comment Neville avait bien pu atterrir à Griffondor avec un esprit aussi retord.

« Effectivement ! » Reprit la femme avec encore plus de fierté. Ah ces mère toutes les même, branchez les sur leur enfant et elles deviennent toutes plus bavardes les unes que les autres !« L'autre jour, elle avait perdu son doudou et impossible de remettre la main dessus. Elle pleurait et se débattait. Jamais je ne l'avais vu dans un état pareil mais il y a eut un fort éclat de lumière et son doudou est apparut …. »

Ses collègues sourirent et hochèrent la tête comprenant pour la plus part la fierté de voir son enfant réussir un telle exploit mais regrettant cependant de devoir encore entendre cette histoire pour la énième fois en un mois, ayant arrêter de compter au bout de la troisième.

« Et bien madame c'est exactement le même phénomène avec les personnes qui se trouvent ici. De fortes émotions engendrent des accidents de magies qu'il faut leur apprendre à comprendre et maîtriser. »

« Impossible ces personnes sont malades ! » Balbutia l'infirmière alors que ses collègues hochaient la tête pour montrer leur accord.

« Non. » Répondit simplement Neville sans se départir de son sourire charmeur ce qui ne faisait qu'augmenter la détermination et l'assurance qui transparaissait de sa réponse.

« Que voulez vous dire ? » Interrogea le médecin toujours renfrogné.

« Ces personnes ne sont pas malades. Tout du moins pas dans le sens que vous donnez à ce thermes !»

« Ah et que sont elle si elles ne sont pas malade ! Elle souffrent de trouble et sont incapable d'apprendre... »

« Ce n'est pas parce qu'un individu ne rentre pas dans le chaudron qu'il est atteint d'une quelconque maladie incurable et doit être condamné à rester enfermé ! » S'entêta Alyd d'une voix forte. « Ce n'est pas parce que vous ne pouvez pas les guérir qu'ils ne peuvent pas vivre libre. C'est simplement que vous n'avez pas pris la peine de leur apprendre à le faire en dehors de ces murs ! »

« Mais comment pourraient ils ! » Hoqueta une des rares voix d'homme qui se trouvait être là parmi le personnel sans être médicomage. « Pour la plus part, ils sont...fou ou attardé, pour ne pas parler de ceux... »

L'homme s'interrompit devant le regard noire que lui lança son supérieur, mais tous savait les mots qui allaient suivre et une boule amère leur noua la gorge quand Alyd sans se départir du ton charmeur de sa voix les lança à haute voix.

« De ceux qui en sont réduit à un état végétatif. C'est ce que vous alliez dire, n'est ce pas ? »

L'homme jeta un dernier regard à son supérieurs qui semblaient le mettre au défi de répondre mais le soignant carra les épaules et hocha la tête. Il n'avait pas fait de longues études. Il n'était pas là depuis longtemps et il accomplissait de nombreuses taches ingrates au sein de la section H. Il n'avait pas l'éducation pour parler des personne hospitalisé ici en se cachant derrière un jargon médicale, tout ce qu'il savait c'était que les patients avaient un grain et qu'il n'avait que peu de chance de voir leur situation s'améliorer.

« Proposeriez vous que nous autorisions les patients à sortir ? A les laisser se débrouiller dans notre société ? » Reprit ulcéré le vieux médicomage

« Comme le font les moldus ? » S'exclamèrent en même temps une infirmière et un apprenti médicomage en échangeant un regard rempli d'espoir.

« Je ne suis pas là pour vous dire quoi faire et comment. » Les avertit Alyd avec un sourire. « La méthode utilisé par les moldus peut être une référence utile mais elle n'est pas non plus parfaite ! Et au cas ou cela vous intéresserait vraiment chaque pays à son organisation propres vis à vis de la prises en charges des personnes traversant une situation comparable. Mais il est indéniable que la manière dont les sorcier se chargent de ces personnes est un problème. Un grave problème qu'il va falloir régler rapidement »

Il marqua une pause laissant jaillir de lui toute la puissance de sa magie, libérant une aura de lumière chaude et apaisante qui recouvrit l'ensemble des personnes présentes.

« Je suis Alyd, chimère de ce qui est vivant, par mon nom et mon pouvoir je suis venu juger de la situation présente et vous avertir qu'elle ne pouvait plus durer. Vous ne pouvez plus continuer à bafouer et ignorer les règles primordiale de la magie ! Tout comme le reste du monde magique vous allez devoir accepter d'évoluer et de changer au risque dans le cas contraire de vous condamner à l'extinction. »

A suivre...