Chapitre 56 : Colère
Sirius s'ennuyait. Tout le monde était parti vaquer à différentes occupations et lui s'était retrouvé désœuvré. Sa condition d'évadé de prison et la manière dont Dumbledore l'avait maintenue à l'écart de la société active ne lui laissait aucune obligation qui pu occuper son temps et cela influait grandement sur son humeur. Il avait été laissé livrer à lui même et avait fini par atterrir dans la bibliothèque du rez de chaussée du Manoir. Pas qu'il avait prévue de s'instruire mais ayant fait trois fois le tour de la demeure et des jardins, il se sentait un peu fatigué physiquement tout en ayant le cerveau en ébulition. Même s'il avait bien dormit cela ne s'avérait pas suffisant pour récupérer du choc qu'il avait ressentit après les révélations de ses derniers jours. Il n'aimait pas tourner comme un lion en cage mais ne pouvait se résoudre à se poser. Il avait besoin de bouger, de se sentir libre de ses mouvements pour réfléchir.
Tout ce qu'il avait appris se bousculait dans sa tête et voulant vraiment faire quelque chose pour se sentir utile, il cherchait un moyen d'aider à sa manière. Les autres semblaient savoir pertinemment ce qu'ils avaient à faire et ce que les chimères attendaient d'eux. Contrairement à lui. Il se morigéna mentalement pour ce comportement d'auto apitoiement qui ne le mènerait nulle part, s'attendant presque à attendre la petite voix ironique qui le soutenait depuis son emprisonnement. Mais elle ne vint pas et il se figea fronçant les sourcils véritablement surpris que pour la première fois depuis des années elle manque une occasion de le rabrouer.
Maintenant qu'il savait à qui appartenait cette voix, Sirius se sentait quelque peu rassurer. L'idée de partager son esprit avec une voix imaginaire ne lui avait pas parut être une affirmation de bonne santé mentale mais il s'en était accommodé pour survivre à Azkaban puis pour supporter la manière dont Dumbledore le tenait à l'écart de Harry. Peu lui importait ce qu'elle était à l'époque, il savait qu'il pouvait compter sur elle et c'était tout ce qui importait. A présent qu'il savait qu'il s'agissait de la voix mental de l'Awa du clan des chimères, il se sentait soulagé de ne pas être complètement fou Finir à la section H ne lui disait rien. Et même s'il n'y avait jamais mis les pieds ce qu'il en avait entendu dans les racontars de salon, lui suffisait pour lui faire admettre qu'il n'aurait pas aimer y finir ses jours.
Mais jamais cette voix n'avait manqué une occasion de le remettre en place. Jamais elle n'avait cédé devant sa tendance de jeune noble arrogant à se croire au centre de l'attention du monde. Elle avait toujours été là pour lui secouer les puces, alors pourquoi se taisait elle ? Ialon était il trop occupé à Gringotts?
Sirius en doutait. L'argument ne tenait pas la route Il ne savait pas pourquoi et comment mais il pouvait sentir que si toutes ses années la voix mentale de la chimère l'avait suivit et soutenu, elle ne l'abandonnerait pas maintenant. Au cour de tout ce temps qu'ils avaient partagé, Ialon avait continué sa propre vie de son côté et cela ne semblait ne jamais l'avoir gêné pour intervenir quand le besoin s'en faisait sentir dans la sienne. Peu importe ce que la chimère avait fait de son côté, sirius savait que la voix mentale était resté fidèlement en poste auprès de lui et ce depuis le premier jour ou il l'avait perçu jusqu'à ce jour.
Alors ne restait que la possibilité qu'il était arrivé quelque chose d'assez grave pour perturber l'aîné des chimères voir peut être le clan en entier. Et l'ennuie fit place à l'inquiétude dans son cerveau. Ce qui fut loin d'arranger l'état d'agitation dans lequel il se trouvait. Sirius se mordit la lèvre inférieur se demandant ce qui avait bien pu se passer et ce qu'il pouvait bien faire. Il espérait grandement se tromper et ne devoir cete crise qu'a sa paranoïa,mais le vide qu'il ressentait quand à l'absence de la voix le mettait bien trop mal à l'aise pour qu'il puisse faire une croix dessus.
Il ne restait au Manoir que peu de personne vers qui se tourner pour obtenir des informations. Les deux loups-garou mâle du clan de Rémus qui se trouvaient dans le jardin à travailler la transformation en dehors de la pleine lune et qui ne devait pas connaître grand chose des plans des chimères, car ils n'étaient pas là depuis plus longtemps que lui.
Narcissa et Augusta complotaient de leur côté avec semblait il la bénédiction des chimères pour faire rentrer Tonks en politique. A cette idée il ne pouvait que plaindre la jeune auror et se satisfaire qu'elles n'aient pas jeter leur dévolu sur lui, bien qu'il se demanda ce qu'elles avaient exactement en tête . Parfois en croisant leur regard, l'animagus ne pouvait s'empêcher de frissonner devant l'expression conspiratrice de leur visage. Peu importait ce qu'elles préparaient, il était certain que le monde magique n'y était pas préparé et que cela ferait énormément de bruit. Mais la n'était pas la question pour le moment. Il ne se voyait pas aller les déranger de peur de se faire embarquer dans leur plan, ce dont il se garderait bien volontier mais en dehors d'elles ne restait que Severus au Manoir.
Sirius eut une grimace désabusé. Il savait qu'il devait beaucoup au maître de potion, plus qu'il n'aurait été capable de l'admettre sans la présence de sa petite voix intérieur mais il ne se voyait pas aller expliquer ses états d'âmes à celui qu'il avait considéré comme son principal ennemi d'enfance. Bien entendu Sirius en adulte responsable avait tirer un trait sur leur animosité passée et était capable de reconnaître ses tords dans leur passé commun. N'empêche qu'il n'avait aucune envie d'affronter la mauvaise humeur du maître de potion et son irascibilité surtout si son intuition était bonne et que quelque chose était allé de travers dans les missions qu'étaient partie remplir les chimères. Il était aussi possible que cela concerne la mission des trois adolescents, partie rendre visite à la mère de Neville à sainte Mangouste. Sirius eut à nouveau une grimace, comme s'il avait mordu dans un citron. Vu la situation dans laquelle se trouvait Alice, il y avait pas mal de probabilité pour que quelque chose se passe mal, sans oublier que la section H n'était pas un endroit ou il aurait voulu envoyer Harry. Son filleul s'était pourtant porté volontaire pour accompagné son ami et rien dans leur argumentation ne l'avait persuader d'y renoncer. Sirius soupira et se résigan à aller chercher des informations.
Entre ces dames et le professeur, il était plus que probable que Severus soit plus à même de le rassurer ou de confirmer ses doutes et craintes. Il avait bien remarqué que l'homme avaient l'entière confiance des trois chimères et d'ailleurs il se trouvait dans le manoir ancestral des Prince alors cela devait forcement avoir de l'importance dans la relation qu'entretenait le professeur et les chimères. Mais aussi bon que soit ces arguments, Sirius ne pouvait se résoudre à demander à Severus. Il aurait apprécier avoir l'aide de sa voix intérieur mais comme précédemment celle ci resta silencieuse. Sirius passa une main rageuse dans ses cheveux les ébouriffant légèrement en grognant. Il devait se décider et agir ou il allait devenir fou d'inquiétude.
Il se dirigea vers la porte et s'apprêtait à poser la main sur la poignée quand un grand bruit se fit entendre dans la pièce d'à côté le faisant sursauter. Le bruit reprit plus fort comme si des objets heurtaient les murs à intervalle plus ou moins long.
Sirius déglutis difficilement. Au moins il avait un début de réponse. Quelqu'un dans la pièce à côté devait expérimenter un sentiment de rage dévastateur et avait entreprit de se soulager sur le mobilier. Pour le moment tout du moins. Donc il devait être arrivé quelque chose. Il ne savait pas qui se trouvait à côté mais il se souvenait de l'agencement des pièces du château et il savait qu'il s'agissait du bureau de Ialon ou ils avaient été reçu le jour de leur arrivé. Il ne devait pas y avoir beaucoup de personne qui se permettrait d'y entrer en l'absence de l'Awa du clan. Personne dans ceux présent au manoir hormis Severus.
Sirius soupira. Le destin venait de couper court à ses hésitations. Il maudit d'ailleurs copieusement celui qui tirait les ficelles derrière cela, qui qu'il fut, mais n'étant pas du genre à fuir une situation car elle présentait quelques inconforts, il se dirigea vers la porte du bureau et resta un instant figé sur le seuil de celle-ci quand il aperçu le résultat de la rage sauvage qui avait secoué le professeur comme un ouragan. Il n'y avait plus aucun meuble qui tenait debout dans la pièce. Tout était éparpillé à même le sol. Seul des confettis de papier, vestiges de ce qui avaient du être soient des documents soit des livres, volaient de ci de là comme une tempête de neige. Un blizzard plus tranchant que froid qui s'enroulait autours de la silhouette sombre du professeur de potion. L'animagus pouvait sentir la tension qui habitait le corps du brun. Même après avoir réduit la pièce en charpie, celui-ci était encore rempli de colère qui ne semblait ne plus pouvoir trouver d'exutoire dans la pièce.
Tout griffondor qu'il soit, Sirius aurait bien refermé la porte. Pas par peur, enfin pas uniquement. Toute personne sensé aurait éprouvé de la peur devant une telle explosion de fureur . Toute personne ayant un instinct de survie développé aurait chercher à mettre un maximum de distance entre lui et la rage du potionniste. Mais ce qui le poussait véritablement à vouloir refermer la porte c'était la certitude qu'il était la dernière personne que le brun voulait voir. Jamais Sirius n'avait vu l'ancien serpentard perdre le contrôle. Que ce fût de ses émotions et ou l'expression impassible de son visage et d'aussi loin qu'il puisse s'en souvenir. Alors là pour une première démonstration de la puissance rageuse qui se cachait si bien derrière son masque inflexible, c'était plus qu'impressionnant. Cela aurait pu le rendre plus humain aux yeux de l'animagus. Aurait pu si le fait de le voir craquer et arriver dans ses derniers retranchements comme tout être humain, avait été d'un quelconque réconfort pour l'animagus, devant l'état de dévastation qu'il lu dans les yeux sombre du professeur et qui n'était le reflet de celui de son âme. Sirius était tenté de faire demi tour pour lui laisser retrouver ses esprits. Il était certain que l'autre ne s'était pas apperçu de son intruision et qu'il y avait un témoin de sa folie. Sirius aurait voulu s'éclipser pour lui laisser le temps de se il ne bougea pas.
Il ne fit cependant rien pour attirer l'attention de Severus sur lui. Il resta là attendant que le brun fut le premier à réagir à sa présence. Quand enfin Severus sembla sortir de sa transe et se rendre compte qu'il n'était plus seul, il se tourna lentement vers l'intrus. Et Sirius fut happer par les sentiments qui défilait dans le regard du maître de potion. Non pas sur son visage qui restait impassible mais bien par les émotions qui semblait torturé le brun et qui transparait dans l'éclat sombre de son regard hanté. Culpabilité, regret, honte. Colère non ce n'était pas un mot assez fort pour décrire le feu qui brillait à ce moment précis dans le regard de son vis à vis. Mais Sirius n'en connaissait aucun qui puisse exprimer avec justesse le brasier qui consumait le professeur.
« Sort Black ! » Claqua sèchement et froidement la voix de Severus.
Sirius secoua juste là tête en signe de dénégation. Non il ne sortirait pas. Pas parce qu'il n'en mourrait pas d'envie, pas non plus parce qu'il savourait le spectacle qu'il avait devant les yeux. Non seulement parce que sa voix intérieur était revenu.
« Aide le. » susurrait elle faiblement au fond de lui.
Et si Sirius ignorait encore ce qui avait pu bouleverser à ce point le maître de potion, il ne faisait aucun doute dans son esprit que cela avait tout aussi profondément marqué l'Awa du clan et qu'il ne pouvait pas les abandonner sans chercher à comprendre.
« Sort Black ! » Cracha Severus alors que le blizzard de papier se mit à virevolter violemment dans l'a direction de l'animagus qui leva instinctivement les bras pour se protéger.
« Non » Répondit finalement à haute voix Sirius sur un ton déterminé tout en subissant l'assaut des morceaux de papier devenu aussi aiguisé que de petites lames .
Il ne pouvait pas partir, pas tourner le dos au maître de potion. Il ne pouvait pas car il s'était engagé à changer et a se montrer à la hauteur pour recouvrer la confiance de son filleul. Severus et le clan avait été présent pour Harry bien plus que lui. Ils avaient fait tout ce qu'il aurait voulu accomplir pour le garçon et tout cela faisait que Sirius avait une dette envers eux. Dette qu'il comptait bien soldé un jour ou l'autre même s'il savait que cela lui prendrait certainement toute sa vie. Et il n'oubliait pas non plus tout ce qu'il devait à Ialon. Sans la chimère, il n'aurait jamais appris son héritage magique et n'aurait certainement pas survécu à son emprisonnement à Azkaban. Et tellement d'autre chose dont il n'avait parler à personne. Tellement de loyauté pour ce qu'aucun autre n'avait été en mesure de faire pour lui en dehors de cette présence qui le maintenait dans la raison alors qu'il aurait eut toute les raisons de sombrer dans la folie.
Et pour la première fois, elle lui demandait quelque chose. De faire quelque chose pour elle. D'être là et de la soutenir. Alors même s'il ignorait s'il était capable de se montrer à la hauteur de la tâche qu'elle lui confiait. Le cœur rempli de doute, mais déterminé a lui rendre tout ce qu'il lui devait, il se campa sur ses jambes bien décidé à ne pas reculer.
« En admettant que je veuille discuter, Black, tu serais la dernière personne à qui je me confierais ! » Lança Severus sur un ton ou transparaissait plus d' exaspération que de colère.
« Ca je veux bien te croire et je ne t'oblige pas à me parler. » Répondit du tac au tac Sirius, soulagé tout de même de constater que la pluie de confettis tranchants semblait s'être calmé et que la lueur de folie dans les yeux de son vis à vis semblait s'être calmé. Pas éteinte mais assagie comme muselée par la volonté du maître de potion.
Ses vêtements portaient quelques traces de déchirure et il pouvait sentir quelques légères coupures le démanger sur ses avant bras mais vu l'état de colère du potionniste cela aurait pu être pire. Preuve qu'il se contrôlait encore un minimum.
« Tu comptes rester là, planter, à me regarder détruire le mobilier ? Ma colère te sert de divertissement. » fit remarquer ironiquement Severus avec un sourire narquois, cherchant visiblement la confrontation.
« C'est une vision dons je me passerais bien et pas la peine de continuer sur ce registre, Rogue je ne rentrerais pas dans ton jeu de provocation. » Répondit Sirius ne pouvant cependant complètement contenir l'agacement dans sa voix.
Pas de sa faute si il réagissait toujours au quart de tour quand on le cherchait un peu et la relation qu'il avait toujours entretenu avec Severus avait toujours d'aussi loin qu'il s'en souvienne fonctionner sur ce mode de provocation et il lui était difficile d'y résister. Sirius était même prêt à parier que si le professeur ne faisait pas un effort pour se maîtriser de son côté, il serait le premier à craquer et a dire ou faire des choses qu'ils regretteraient plus ou moins tous les deux par la suite.
Severus pinça les lèvres visiblement contrarié par la retenu dont il faisait preuve et ses épaules s'affaissèrent. Comme s'il abandonnait, mais sans se résigner. Et l'idée traversa l'esprit de Sirius que peut être la voix de Ialon se faisait entendre aussi dans l'esprit de Severus et qu'elle lui demandait de faire quelque chose. Merlin seul savait quoi mais il avait la certitude que cette explication était proche de la vérité. Et si c'était bien le cas, il comprenait que tout comme lui, le maître de potion ne puisse résister à l'appel de la voix de la chimère.
« Aide le. » Murmurait en continue comme une douce litanie mélancolique le voix de la chimère résonnant en lui.
La détresse de Ialon était un choc pour l'animagus. Il ne voyait pas ce qui pouvait avoir pu provoquer une telle réaction chez une créature si puissante et maîtresse d'elle même. Il n'osait pas se perdre en conjecture mais il savait que cela avait un lien avec l'attitude dévastatrice, peut être même auto destructrice, du professeur de potion.
D'un certain point de vue l'analyse de la situation de Sirius n'était pas complètement erronée, mais elle ne pouvait être complètement juste vu que l'animagus ignorait un élément essentiel. Il ne savait que Ialon et Severus étaient une seule et même personne. Il ne pouvait se douter que tous les deux partageaient plus que de triste souvenirs ou expériences. Il ne savait pas qu'ils partageaient une vie. Bien entendu comme les deux autres chimères, la personnalité sorcière était différentes de celles des chimères mais il n'empêchait pas qu'il s'agissait d'une seule et même personne. Tout cela n'était qu'une mesure de protection. La création de Golem leur permettait juste de pouvoir garder leur couverture active et de pouvoir continuer à agir en tant que Severus Rogue ou bien Neville Londubat.
Tout cela pour dire qu'il n'y avait pas de voix dans l'esprit de Severus. Seulement une prise de conscience. Les bouleversements des dernières heures avaient eu raison de sa résistance. Il commençait à avoir l'habitude de gérer les réaction impulsives et instinctive de Dénal. Mais les événements de Sainte Mangouste ajouté à aux découvertes faites par Dénal chez les vampires, cela s'était avérée trop.
Trop . Beaucoup trop. Même Ialon possédait des limites et là elles avaient été repoussé dans leur dernier retranchement et sans le soutien des autres Chimères et de Max, il n'était pas sûr qu'il aurait pu se contenir encore davantage. Raison pour laquelle il avait utiliser son golem comme soupape de sécurité et l'avait laisser exploser de rage à sa place. Même comme cela, il s'en était fallut de peu pour que sa fureur ne le consume. Car après tout celui que la présence de Tobias dérangeait le plus ce n'était pas tant Ialon que Severus.
Maintenant qu'il y voyait un peu plus claire et en lui, Severus se demandait pourquoi le peu de conscience qui lui était resté s'était tourné vers Black plutôt que vers quiconque d'autre. Peut être à cause du lien mentale qui existait déjà entre eux ? Peut être parce que l'animagus était le plus prêt et qu'il pouvait intervenir plus rapidement que les autres. En fait peu importait pourquoi, maintenant qu'il avait retrouvé son calme Severus savait que rien ne ferait plier l'ancien griffondor et qu'il ne pourrait éviter de s'expliquer. C'était clairement inscrit dans l'esprit têtu, pour ne pas dire obtus, de l'animagus et il ne pu s'empêcher de sourire. Sourire qui s'élargit quand il sentit la consternation et le soulagement céder la place à l'inquiétude dans l'esprit de Sirius. Le maître de potion souriait car l'ironie de sa situation le frappait tout comme elle avait dû sonner Harry quand il s'était trouvé dans la même situation. Et il comprit pourquoi la première personne à recevoir leur confession s'avérait être celui qu'ils avaient considéré comme leur ennemi.
« Je te déteste, Black » Déclara Severus en se laissant tomber sur un fauteuil après qu'il lui eut rendu , d'un geste nonchalant de sa baguette, un minimum son ancien aspect et que la tempête de confettis se calmait.
« Je te retourne le compliment. » répondit Sirius qui se demandait ou allait les conduire la conversation avec une telle entrée en matière, mais bien décidé à ne pas abandonner.
« Maintenant que ceci est établis, peux tu répondre franchement à une question pour le moins personnelle ? » Reprit le professeur en invitant l'animagus à s'asseoir sur le fauteuil jumeaux au sien auquel il avait rendu une assise rembourré et confortable.
« Je ne promet rien mais tu peux toujours poser ta question. Surtout si cela me permet de comprendre pourquoi tu as décidé de refaire la déco !» annonça Sirius en prenant place sans quitter le serpentard des yeux.
« As tu déjà souhaité pouvoir changer le passé ? Changé la nature même de la relation que tu entretenais avec quelqu'un pour la rendre meilleure ? »
« Franchement il n'y a pas un jour ou je regrette que cela ne soit pas possible. »Avoua Sirius sans hésiter, en plissant les yeux se demandant ou l'autre voulait en venir.
« Même si cette personne t'avait fait beaucoup de mal et qu'elle était morte par ta faute? » demanda Severus en serrant les poings.
« Peut-être » nuança Sirius en guise de réponse et devant le regard interrogateur et intrigué que lui accordait Severus, il crut bon de développer un peu pour éviter toute confusion. « Pour que je puisse effectivement comprendre la situation que tu me décris, il faudrait que tu sois mort et que d'une manière ou d'une autre je m'en estime responsable. »
L'aveu n'avait pas été difficile et la sincérité qui teintait sa voix ne pouvait être remis en cause. Severus ne s'y était pas attendu. Pas plus le sorcier que la chimère en lui n'avait imaginé que tout aurait pu être différent entre eux et qu'il aurait pu être important de changer la relation et les sentiments qui les liaient à l'animagus. Pas de son point de vu en tout cas, mais il pouvait comprendre pourquoi cela comptait autant pour l'ancien griffondor. Si Sirius adolescent avait pu faire fit de ses croyances et de ses préjugés, et de tout un tas d'autres paramètres qui n'avaient eut d'importance que pour lui à l'époque, tout aurait pu être différent et alors... Réalisant cela, il comprit que Sirius n'avait pas finit et il aurait presque pu finir sa phrase avant qu'il ne la prononce.
« Et puis il y a Régulus. » soupira Sirius.
Severus hocha lentement la tête, convaincu par les aveux de Sirius que celui-ci était à même de se faire une idée du dilemme qui le rongeait. Que le destin ne lui jouait pas de mauvais tour et que si quelqu'un pouvait l'aider à se décharger de son fardeau c'était bien l'animagus chien.
« Mais on n'est pas là pour parler de moi. » enchaîna Sirius en se secouant comme pour chasser toutes velléité de monopoliser la conversation. « Je sais aussi qu'on y peut plus rien et que les suppositions ne mènent à rien d'autre qu'à se torturer, alors tu va me cracher le morceau pour que je puisse te remettre les idées au clair et qu'on puisse avancer tous ensemble. »
« Ensemble ? Te voilà bien familier Black ! Ne me place pas dans le même panier que toi ! » Répondit Le professeur en haussant les épaules.
La réponses était froide et sèche, du pur Rogue ! Dans la bouche de n'importe qui d'autre ses paroles n'aurait pas manqué de faire réagir au quart de tour l'animagus. D'ailleurs il ne se retenait qu'à grand renfort de marmonnement renfrogné de ne pas attraper son interlocuteur par le col pour lui faire ravaler ces mots.
Mais ce qui faisait la différence ne tenait qu'au fait qu'ils venaient de Rogue et que cela ressemblait tellement à leur conversation habituelle que Sirius ne pouvait lui en tenir rigueur tellement il se sentait rassuré. Severus devait avoir retrouvé suffisamment de maîtrise de lui même pour le considérer comme il en avait toujours été entre eux et c'était bien. Légèrement insultant et désagréable mais bien. Dans l'ordre naturel des choses quoi.
Et puis il y avait la voix d'Ialon dans son esprit qui riait doucement, visiblement remise de sa frayeur elle aussi et qui les narguaient tous les deux pour leur attitude puéril.
«Vous êtes deux grand nigauds ! Pas un pour rattraper l'autre mais vos conversations me font un bien fou. Et ne crois pas que nous n'aborderons pas le sujet de ton frère un jour ou l'autre .»
« Et si on en revenait à ce qui t'a mis dans un état pareil ? » finit par soupirer Sirius pour ne pas donner une occasion à Severus de se défiler. Régulus pouvait attendre encore un peu et lui aussi. Il n'en était pas encore arrivé au point de non retour contrairement à Rogue qui donnait l'impression d'en avoir trop et sur le cœur et dans la tête pour le garder plus longtemps en lui.
« Mon père. » avoua Severus en fixant l'animagus droit dans les yeux. « Voilà ce qui m'a mis dans un état pareil."
A suivre...
