Humer.

C'est une nouvelle journée qui commence pour Haruville. Ne voulant pas rester enfermer chez moi alors que dehors, le soleil ne cesse de briller, je décide de risquer mon nez à l'extérieur par l'intermédiaire d'une promenade. Cette fois, je délaisse complètement les plages pour marcher le long des nombreux sentiers qui se trouvent dans cette bourgade. Au bout de quelques minutes, je vois Biquette qui est agenouillée sur l'herbe, occuper à respirer le parfum d'une très belle rose rouge.

- Bonjour, lui dis-je.

A ce moment, l'ovin tourne sa tête dans ma direction et se relève aussitôt pour venir dans ma direction. Une fois que nous sommes à quelques centimètres l'un de l'autre, la petite chèvre peut se montrer polie.

- Bonjour Jaysher. Je constate que tu profites aussi de cette belle journée pour te promener.

- C'est vrai et je dois avouer que la température de l'air est vraiment appréciable. Au fait, tu étais en train d'humer l'odeur de cette fleur ?

- Oui.

- Pourquoi ne pas l'arracher pour la planter autour de chez toi ?

- Parce que je déteste faire du mal aux fleurs, voilà pourquoi.

Et je comprends parfaitement ce qu'elle veut dire. Néanmoins, je ne vois pas le mal qu'elle pourrait lui faire si elle veillait à sa croissance en l'ayant sous les yeux, tous les jours. En étant ici, cette fleur a toutes les chances de se faire écraser par un voyageur inattentif ou même, par l'un des habitants de ce village. Toutefois, Biquette est libre de faire ce qu'elle veut et ce n'est pas moi qui vais lui dire de quelle façon elle doit agir.

- Et tu fais ça à chaque fois que tu croises une fleur ?

- Non. Je déteste les cosmos.

- Il est vrai qu'elles ne sont pas très belles.

- A qui le dis-tu ? Avec les roses, j'ai l'impression d'être une personne importante et exigence car j'estime que ce sont des fleurs de qualités. Les cosmos, elles, ressemblent davantage à de vulgaires fleurs des champs et on ne peut pas dire qu'elles sont jolies sur le plan esthétique.

Là encore, je suis tout à fait d'accord avec elle. Cependant, je regrette que le village ne compte davantage d'espèce de fleurs car il est clair que j'aurais aimé voir des crocus recouvrir les nombreux carrées de pelouses se trouvant par ici, par exemple. Et puis la nature pourrait s'y mettre un peu. Ben oui, imaginons qu'une fleur d'un village voisin fasse des graines. Ces dernières pourraient très bien venir jusqu'ici grâce à l'action d'un puissant coup de vent.

Même s'il nous arrive d'avoir des orages, les fleurs du coin ne semblent pas avoir changées et c'est ça qui est dommage. Ne voulant pas m'attarder davantage en compagnie de la chèvre, je lui fais savoir en espérant ne pas la rendre triste.

- Tu m'excuseras Biquette si je te laisse mais j'ai plusieurs choses à faire aujourd'hui et je ne veux pas prendre de retard.

- Et c'est tout à fait compréhensible. A bientôt Jaysher.