Baume.
Plus tard dans la journée, vers les coups de dix-sept heures, je croise Cédric pendant l'une de mes promenades et nous sommes tombés d'accord pour faire un petit footing ensemble. L'oiseau s'inquiétait de ne jamais me voir faire du sport et je voulais lui prouver que j'étais bien plus doué qu'il le pensait. Alors que nous sommes en train de courir à un rythme plutôt régulier, Cédric trébuche sur une pierre et tombe lourdement sur le sol. Préoccupé par son état, je fais demi-tour et m'approche de lui afin de prendre de ses nouvelles.
- Tout va bien ?
Lentement mais sûrement, le sportif se relève et une fois debout, il regarde chaque partie de son corps pour être sûr de n'avoir aucune blessure d'ouverte. Toutefois, du sang coule de l'une de ses jambes et de suite, l'oiseau rigole.
- Pas grave, ce sont les risques du métier.
- Si tu veux Cédric, j'ai du baume cicatrisant sur moi.
- Vraiment ?
- Oui.
Comme pour lui prouver la véracité de mes dires, je plonge l'une de mes mains dans la poche droite de mon pantalon et en sort un petit tube de pommade. Ensuite, je passe la crème à mon ami qui ne perd pas une seule seconde pour ouvrir le bouchon avant de presser l'ensemble. Une fois qu'une petite noisette s'est accumulée sur le bout de l'une de ses ailes, Cédric me tend le tube tandis qu'il s'applique le baume sur la blessure. Comme la matière épaisse est plutôt froide, l'oiseau rigole lorsque la pommade entre en contact avec la partie de son corps blessé.
- J'adore me mettre du baume.
- Ha oui ? Pourquoi ?
- Généralement, ce genre de médicament est froid et c'est dans ces rares moments que j'apprécie cette température car d'habitude, je suis du genre frileux.
- Je vois. En tout cas, j'ai bien peur que notre petit footing soit terminé pour aujourd'hui.
- Je le crains mon ami et pour me faire pardonner, je t'invite à manger chez moi ce soir.
- Vraiment ?
- Puisque je te le dis.
A ce moment, je ressens le besoin de me montrer silencieux le cours de quelques secondes afin de réfléchir. Je me pose la question de savoir si j'avais quelque chose de prévu ce soir et lorsqu'une réponse négative me traverse l'esprit, je m'empresse d'en informer le sportif blessé.
- Je suis libre ce soir.
- Super. Tu sais où j'habite donc, pas besoin de te faire un dessin du chemin.
- C'est sûr. Tu veux que je vienne pour quelle heure ?
- Vingt heures, cela te convient ?
- Tout à fait.
- Dans ce cas, je te dis à tout à l'heure.
Tout en boitant légèrement, l'oiseau vert s'éloigne de moi afin de regagner sa maison. Encore une fois, c'est dans ce genre de situation que je regrette que le village ne compte aucun docteur car celui-ci aurait pu se montrer bien utile. Peut-être pourrais-je monter une affaire pour soigner les petits bobos des habitants ? Voilà qui est une excellente idée sur laquelle je dois méditer.
