Chapitre 59 : Plan

« Oui » certifia le Marcheur d'Ombre d'un hochement de tête pour répondre à la question que venait de poser Sirius avec angoisse concernant l'existence d'autres horcruxes. « Nous ignorons combien exacement Voldemort en a fait en tout, mais nous en avons déjà détruit trois. »

« Trois ? Par Merlin, c'est pure folie ! » Marmonna l'animagus les yeux légèrement hagard.

Depuis qu'il était entré dans le salon, poussé par Ialon, il avait découvert de nombreuses choses, pas vraiment envisageable s'il s'en était tenu à ses propres conceptions du monde, mais il avait réussit à fournir l'effort intellectuel et émotionnel pour réfléchir à la situation comme là lui présentait les Chimères et Severus. Mais là il était à la limite de l'implosion.

Severus fit un geste rapide de la main à l'intention du Marcheur d'Ombre qui s'apprêtait à donner de plus ample détail. La conversation glissait selon lui sur une pente dangereuse où il était encore un peu tôt d'engager l'animagus. Il avait voulu se montrer discret mais Sirius avait bien vu sa tentative et fronça les sourcils, émettant un petit claquement de langue de rappel à l'ordre à l'intention du maître de potion qui détourna la tête en croisant les bras sur la poitrine. L'animagus eut un sourire en coin devant ce replis stratégique et l'attitude défensive du maître de potion qui aurait pu se traduire par « Ne viens pas te plaindre après, je t'aurais prévenue. » Mais Sirius lui était bien déterminé à envoyer son propre message, « Je suis peut être à deux doigts de tout péter mais je veux savoir », qui ne fit que se renfrogner le potionniste dans son fauteuil.

Sirius dans son fort intérieur se demandait comment et quand ils avaient développé cette forme de langage silencieux et basé sur l'attitude plus que sur des paroles mais tout aussi explicite et presque discret avant de réaliser que cela avait toujours fait partie de leurs échanges mais qu'il n'y avait jamais accordé la moindre importance auparavant. Sa prise de conscience était elle dû à l'acceptation de cette fameuse part d'Ombre qui rendait leur magie si semblable et qui les liaient à Ialon. Peut être. Sirius n'avait pas le temps de s'y attardé pour le moment mais il se promit d'y revenir plus tard.

« Voilà bien un trait de caractère que vous partagez en tant que Griffondor. Pas un pour se montrer raisonnable et vous ne supportez pas de ne pas être informer. » Soupira Ialon à l'unique attention de Dénal qui pouffa fort peu gracieusement.

« Peut être mais rappelle moi qui veux que nous le tenions informé de nos moindre décisions ? » Minauda Dénal d'une voix doucereuse.

« Moi mais c'est pour votre bien. » reconnut Ialon avec juste un soupçon de mauvaise foi dans le ton de sa voix pour montrer que cet aveu lui coûtait, avant de préciser ce qu'il craignait pour l'animagus. « Là dans ce cas précis, les révélations ne vont pas faire du bien à Sirius, car nous devrons tout lui dire y compris que Harry en était un aussi.»

« Effectivement, mais je crois qu'il a besoin de l' entendre. Il en a besoin pour se trouver un nouveau but et comme il sait déjà pas mal de chose d'après les recherches qu'il a effectué pour Dumbledore, je crois qu'il nous sera grandement utile. »

« Tu as certainement raison. » Admit l'Awa du clan après quelques seconde de réflexion. « On ne peut pas le laisser sur la touche alors qu'il pourrait s'avérer être d'une aide précieuse dans nos recherches et il a un bon flair, ce serait dommage de s'en passer »

« Le poignard sacrificiel et le rituel que j'ai utilisé ne sont pas le seul moyen de se débarrasser d'un horcruxe. Les deux précédents ont plus ou moins été éliminés par hasard. » Expliqua Max en haussant les épaules en signe d'impuissance au maître de potion qui leva les yeux au ciel.

Pour lui et comme Dénal venait de l'expliquer à Ialon maintenant que Sirius était au courant de ce qu'il convenait de faire pour en finir définitivement avec Voldemort, autant tout lui révéler sur ce qu'ils avaient déjà accompli concernant les fragments d'âmes dont le Lord sombre s'était détaché dans le but de devenir immortel. Il pourrait s'avérer être d'une aide précieuse car si Max se souvenait bien de ce que lui avait dit Severus sur ce qui s'était passé au cours de l'année, Sirius et Rémus avaient été en mission pour Dumbledore afin de recueillir des informations sur certains objets particulier et il aurait mit sa main à couper que cela concernait les Horcruxes.

« Le premier a été éliminer alors que celui qui l'a fait ignorait ce qu'il était en train de détruire et pour cela, il a utiliser un croc de Basilic rempli de venin...Il a planté un croc dans un petit carnet maléfique... »

Sirius commença par froncer les sourcils plus fortement en se mordant la lèvre. Il n'osait pas croire ce qu'était en train de suggérer le Marcheur d'Ombre. Cependant il devait bien se rendre compte qu'il n'y avait aucune raison pour que Max lui mente et il avait suffisamment rabâché cette histoire pour la connaître par coeur.

« Harry a...Oh ! Par l'enfer ! »

Sirius se leva d'un bond et commença à déambuler dans la pièce toujours ravagé par la magie de Severus. Il tentait de recoller les éléments qui avaient été mis à sa disposition depuis qu'il avait quitté Azkaban et la conclusion à laquelle il arrivait ne lui plaisait pas. Ce n'était pas un simple carnet enchanté par de la magie noire qui avait manqué de peu de tuer son filleul lors de sa deuxième année, mais une des ces horreurs !

Bon sang et personne n'avait réalisé le danger que cela représentait ! Pourquoi personne n'avait compris de quoi il s'agissait ? Il avait dû mal à envisager que tout cela ait pu d'une quelconque manière échapper à Dumbledore et il avait encore quelques réticences à voir en l'ancien directeur quelqu'un de si sombre qu'il utiliserait un enfant pour sa propre ambition. Mais le voile que la confiance aveugle qu'il avait éprouvé envers Dumbledore avait déjà été bien malmené par ce qu'il soupçonnait sur l'enfance de Harry et qui s'était révélé exact, et il continuait à s'étioler sous les arguments des chimères. La migraine qu'il avait senti poindre éclatait maintenant sous son crâne lui donnant l'impression que mille tambours battaient au centre de son esprit. Et ce n'était pas finit.

« Pour le second, c'est un peu plus compliqué mais à la formation du clan quand nous avons rassemblé nos premiers servants, nous nous sommes aperçu que l'un deux était un horcruxe et Quand je me suis rendu au square Grimaud , j'en ai eut la confirmation par Dumbledore. » Expliqua sereinement Dénal d'une voix qui se voulait apaisante. Ses propos n'étaient pas exactement la vérité mais ils n'étaient pas un mensonge non plus. Et cela restait la version la plus complète et la plus véridique tant qu'il ne déciderait pas de révéler à Sirius qui il était.

Sirius qui faisait les cents pas dans le salon marcha encore un moment en ressassant les paroles de la plus jeune des chimères. Premièrement le Lord avait crée un horcruxe sur un être vivant, ce qui déjà était un acte criminel impardonnable, mais l'idée qu'il est réussi sur un humain avait encore quelque chose de plus révoltant. Deuxièmement Dumbledore était au courant. Le directeur avait eut pendant toutes ses années un horcruxe a porté de main et n'avait rien fait, ni pour aider celui qui portait se fardeau, ni pour éliminer cette menace qui annonçait à elle seule que le Lord Sombre était encore vivant. Le voile derrière lequel il avait observé les actes du directeur toutes ces années se déchira définitivement devant lui à cette découverte. Les méthodes du vieux sorcier étaient peut être un peu moins expéditive que celle de Voldemort, mais elles se valaient dans l'horreur et la manipulation. Troisièmement Dénal s'était vu confirmé leur crainte quand il était venu au Square, mais la seule chose dont ils avait parler cette fois là, c'était...

A cet instant tout se figea en lui. Il arrêta de déambuler sans but dans le salon. Son esprit marqua un temps d'arrêt figé sur l'impossible conclusion à laquelle parvenait son raisonnement. Sa respiration et peut être même son cœur se stoppèrent car le choc était trop grand, la douleur top insupportable pour être accepté. Mais sa magie, elle ne s'arrêta pas, elle tourbillonna en lui puis à l'extérieur lui rappelant la tempête déclenché par Severus quelques minutes plut tôt et il comprit ce qui se cachait derrière la colère de l'ancien serpentard. Il compris mieux qu'avec des mots.

Il inspira alors fortement, fermant les yeux, expirant lentement avant de recommencer plusieurs fois avant que sa magie ne daigne regagner le calme nécessaire pour qu'il se sente assez maître de lui pour reprendre la conversation. Il avait vu Severus livrer ce combat plus tôt et avait admiré la force du professeur, mais maintenant qu'il partageait l'expérience, il sut ce qu'il en coûtait vraiment de devoir vivre avec une telle force en soi et grisant n'était pas vraiment le terme qu'il aurait choisit. Cela ressemblait plus à transporter un chaudron bouillant à bout de bras sans aucune protection et ou la moindre goutte renversée pourrait s'avérer dangereuse. Irrémédiablement dangereuse. Et Severus vivait avec ça en lui depuis des années. Même si le professeur ne lui avait pas narré ce qui l'avait conduit sur cette corde raide, Sirius savait maintenant le poids que cela représentait et la pointe de respect qu'il commençait à reconnaître envers le maître de potion, grandit de plusieurs échelons.

« Je vais les tuer. » furent les premières paroles qu'il prononça quand il ouvrit à nouveau les yeux fixant le regard sombre de Severus ou plus aucune émotion n'était visible.

Il allait tuer Voldemort pour avoir oser poser ses pattes sur Harry et avoir fait de lui le dépositaire d'une part de son âme corrompu et puis il allait tuer Dumbledore pour n'avoir rien tenté pour libérer Harry de ce fardeau et de l'avoir laisser souffrir. Pire pour l'avoir utiliser comme si l'enfant n'était rien d'autre qu'un pion dont il pouvait disposer à sa guise.

« Prend un ticket, Black et attend ton tour ! » répondit le professeur avec un hochement de tête accompagné d'un sourire railleur.

Sirius loin de prendre la mouche, pour une fois, réussit à voir au de là du sarcasme et de l'ironie mordante. Un sourire identique naquit sur ses lèvres et c'est avec une certaine joie anticipé qu'il répondit.

« Pas besoin d'attendre si je peux aider. »

« Messieurs ne vous emballez pas. » Intervint avec amusement le marcheur d'Ombre la tête incliné sur le côté fixant Sirius avec dans son regard étrange un éclat qui fit frissonner l'animagus. Il avait presque oublié sa présence et la lueur qu'il apercevait lui rappelait combien montrer sa puissance magique à un marcheur d'Ombre pouvait s'avérer problématique, même si celui ci semblait se contrôler presque parfaitement.« Nos seigneurs ont d'autres projets pour ces deux là, et malheureusement pour vous et pour eux, une mort rapide et douce ne fait absolument pas partie de leur plan... »

« En quoi cela devrait il être une gêne ? » demanda Sirius en haussant les sourcils. Il n'avait jamais parlé de « mort rapide et douce » et n'était certainement pas contre leur rendre leur monnaie de leur pièce.

« Parce qu'il va vous falloir vous montrer patient. » Répondit Max . « Cependant cela ne veut pas dire que l'on ne peut pas s'amuser avant... »

Patient ! Patient ! Sirius eut envie de crier que cela avait trop duré qu'aucun d'entre eux n'avaient mérité le peu de compassion dont pouvait faire preuve les chimères à leur égard.

« Qui parle de compassion, Sirius ? Dumbledore est enfermé dans son esprit et chaque fois qu'il pense à Harry son corps se convulse de souffrance et il n'en sortira que lorsque nous l'y autoriserons. Ce qui tu peux me croire n'arrivera pas de sitôt. » Lui révéla la voix mentale de Ialon avec un rien de satisfaction qui aurait pu sembler déplacé à tout autre. « Quand à Voldemort, nous allons nous attaquer à son cas et il finira par regretter de ne pas être mort et quand il suppliera pour que sa fin vienne enfin, nous lui offrirons une alternative digne de son arrogance et de sa cupidité. »

La voix mentale de l'Awa du clan marqua une pause comme pour s'assurer que Sirius comprenait bien la situation où se trouvait les deux sorciers que l'on estimait être les plus puissant de ce siècle. L'animagus hocha la tête pour certifier qu'il comprenait et promettre tacitement qu'il ne ferait rien contre eux avant qu'on ne lui en donne l'ordre. Dumbledore et Voldemort étaient dans le collimateur des chimères et il ne voyait aucune raison de ne pas s'en sentir satisfait.

« De plus, nous ne pouvons nous permettre de les laisser passer le voile. » Reprit après cette court pause Ialon avec un soupçon d'amusement dans la voix et un zeste de solennité qui attira l'attention de Sirius. « Nos amis là bas vont entamer une révolution et nous n'avons pas le pouvoir d'y intervenir à notre guise. Leur envoyer un de ces deux là leur compliquerait bien trop la tâche et leur mettrait certainement des bâtons inutiles dans les roues. C'est pourquoi nous les maintiendrons ici aussi longtemps que nécessaires. Ce n'était pas dans notre plan initial mais c'est la seule chose que nous pouvons faire pour nos alliés dans l'au de là ! Ils nous feront savoir d'une manière ou d'une autre quand la situation là bas sera sous leur contrôle.»

Sirius déglutit difficilement. Il n'avait jamais entendu sa voix mentale s'adresser à lui sur un ton aussi concis et précis. La fin de Dumbledore et de Voldemort semblait déjà établis aux yeux des chimères, comme si ces deux là n'étaient que du menu fretin et qu'ils ne valaient pas la boue sur leurs chaussures. Il y avait sûrement une part de vérité là dedans. Les chimères n'étaient pas la pour juger deux hommes aussi monstrueux soient ils. Non, elles devaient juger l'intégralité du monde magique et chose surprenante et pour le moins incongrus, elles avaient mené cette rébellion jusqu'au monde des morts.

Leur jugement ne s'arrêtait pas à l'Angleterre et il était présomptueux de penser que de les voir si intéressé par le sort de leur pays n'était dû qu'à leur amour pour lui ou pour ses habitants. Car il n'en était rien. Si elles étaient là et s'acharnaient à vouloir remuer la fange pour sortir les sorciers de leur marasme, c'était uniquement parce que la pourriture menaçait de le faire s'effondrer sans que rien ne puisse lui permettre de se relever.

Sirius le comprenait. Enfin. Il le comprenait viscéralement et il savait ce que l'on attendait de lui. Il voyait clairement la mission qu'il pourrait saisir a bras le corps pour aider les chimères dans leur mission et mieux il commençait à savoir comment il pourrait faire. Il ne voyait pas tout mais sa vison des choses était assez nette pour comprendre la dernière phrase de Max. Et il comptait bien s'amuser lui aussi.


Voldemort avait réunit tous ses partisans pour une réunion exceptionnelle. Il avait fini par calmer sa colère depuis la visite de Neville et avait préparé un plan. Il ne pouvait plus se permettre de perdre de temps. Pas avec la menace de ces créatures au dessus de son rêve de puissance et de conquête. Pas quant il n'avait jamais été aussi prêt d'obtenir le pouvoir absolue. Il lui avait fallut revoir l'intégralité de ses projets pour garantir sa victoire.

Et puis il avait la désagréable impression que quelque chose n'allait pas. Un étrange sentiment désagréable de manque, comme si quelqu'un avait réussit à trancher certains des liens qui le retenaient dans ce monde. Mais ce n'était pas possible. Pas envisageable car personne en dehors de lui ne connaissait l'existence de ces Horcruxes ! Personne même parmi ses plus fidèle suivant ne savait ce que représentaient réellement les objets qu'il leur avait transmit en leur demandant de veiller dessus !

Voldemort savait que malheureusement Lucius n'avait pas prit cette tâche aussi sérieusement que nécessaire. L'aristocrate avait payé pour cette négligence mais cela n'avait pas complètement satisfait le seigneur des Ténèbres. Peut être que ce manque qu'il ressentait ne provenait que de l'absence de cet unique Horcruxe. Cela lui semblait peu probable vu que cette impression loin de s'apaiser semblait s'accroître avec le temps. Il devait s'en assurer. Il devait réunir au moins pour un temps les objets contenant son âme et s'assurer qu'ils restent en sécurité. S'assurer que ceux qui en aurait la garde, cette fois, sache ce qu'ils leur en coûteraient si un seul de ses horcruxes venait à disparaître ! Raison supplémentaire pour laquelle il avait décidé de changer ses plans.

A son réveil dans le cimetière, il avait eut dans l'idée de commencer la conquête du monde magique de manière insidieuse, presque douce, histoire de limiter les erreurs qui lui avaient coûté cher par le passé. Il comprenait parfaitement que la précipitation ne le mènerait a rien et qu'il devait refréner son impatience s'il voulait parvenir à ses fins. A ses yeux cela avait eut deux intérêts qui s'étaient émoussée avec l'entrée des chimères dans l'équation.

Premièrement le ministère était déjà corrompu et il n'était vraiment pas difficile pour ses partisans de s'y infiltrer et de servir ainsi au sein même du cœur du gouvernement sa propagande diffamatoire envers Dumbledore et le fils Potter. Ne rien faire et rester dans l'ombre pour discréditer l'adolescent pendant que celui-ci criait au loup et que personne ne semblait le prendre au sérieux avaient été jubilatoire. Mais les chimères avaient donné un sacré coup de pied dans la fourmilière corrompu du ministère et certains administrateurs avaient à son plus grand dam retrouvé une partie de leur sens moral et de leur intégrité. Ce n'était pas aussi flagrant qu'à Gringotts, mais pour ses plans cela avait été un sacré coup dur. Mais tout n'avait pas été mauvais et la mise en touche de Dumbledore était un coup de pouce non négligeable dont il pourrait profiter. Voldemort ignorait ce qui avait mis le directeur hors courses, mais il ne s'en plaignait pas. Il savait depuis bien longtemps que le soit disant chef de la lumière était bien plus sombre et dévoré d'ambition et de pouvoir que ne le laissait croire son apparence de papy gâteau.

Et deuxièmement cela lui aurait fournit assez de temps pour organiser ses troupes et ses plans. Pas qu'il doutait de l'engagement de ses suivants mais leur rappeler sans cesse qui était au commande était nécessaire après une aussi longue absence. De plus ses rangs s'étaient clairsemés et il devait recruté de nouveaux hommes pour le servir et combattre tout ceux qui s'opposeraient à sa volonté. Bien gérer son temps était un facteur clef de la victoire final. Voldemort le savait et il avait pris son temps jusque là pour bien cerner la situation.

Il avait eut même suffisamment de temps pour rechercher les informations que Lucius et lui avaient récolté par le passé sur les chimères. Pas que les documents aient été conservé. Tout avait disparut après sa chute, mais il lui restait sa mémoire et celle de Lucius. Et si la sienne avait plutôt tendance à lui jouer des tours depuis son retour, il savait que Malfoy avait tout gardé quelque part dans la sienne et qu'il lui était facile d'y avoir accès.

Facile pour lui, et certainement douloureux pour son serviteur mais quand le Lord pouvait joindre l'utile à l'agréable et bien il ne s'en privait pas. Il s'était délecté tout autant des informations qu'il avait retrouvé que des cris de douleur de son subordonné. Il avait particulièrement apprécié de percer les défenses de l'esprit de l'aristocrate blond. Cela avait été assez grisant de le voir tenter de lui résister et se tordre de douleur devant lui. Briser la fierté toute arrogante du Sang pur avait été plus que satisfaisant. Jouissif.

Bien évidemment maintenant Malfoy n'était plus bon à grand chose, mais cela n'avait pas vraiment d'importance pour le Lord. Il avait pressé le cerveau de Lucius jusqu'à l'extrême et en avait soutiré tout ce qui pouvait lui être utile. D'ailleurs il avait été plus que surpris par la résistance obstinée dont avait fait preuve le blond, comme s'il avait pu espérer pouvoir garder les informations hors de sa portée. Ce qui avait surtout contribué à rendre l'expérience plus désagréable pour l'aristocrate avant qu'il ne cède finalement et ne lui dévoile ce qu'il désirait savoir à propos des Chimères et il n'avait pas été déçu loin de là par ce qu'il avait vu dans l'esprit de Lucius.

A l'heure actuelle, il avait rendu le blond au bon soin de Fenrir qui devait le maintenir en vie jusqu'à ce fameux concile à Gringotts ou Malfoy devait l'accompagner pour tenter de traiter une dernière fois avec les chimères, même si Voldemort ne se faisait que peu d'illusion sur le résultat que le Loup garou obtiendrait. Peu importait finalement car il savait comment se débarrasser du problème que poserait les Chimères. Ce ne serait pas simple, mais le Lord n'était pas du genre à refuser de relever un défi. Il aurait cependant un avantage : il connaissait leur point faible, la loi numéro vingt sept.

Vu les changements qu'il s'apprêtait à opérer dans ses propres plans, il s'était arrangé pour que la défection de l'aristocrate blond ne lui fasse pas défaut. Mais il n'avait que très peu de crainte à ce sujet. Il savait que la place de bras droit ne resterait pas vacante très longtemps et que ses serviteurs malgré l'aspect dangereux du poste ramperaient à ses pieds pour avoir le plaisir de l'occuper.

Cependant Voldemort ne voulait pas y mettre un incompétent. Malheureusement pour lui les candidatures à sa disposition à l'heure actuelle ne le satisfaisait pas, autre raison pour laquelle il avait décidé de bouleverser ses plans et d'attaquer sans tarder Azkaban pour sortir ses plus fidèles partisans de leur prison et peut être permettre aux Détraqueurs de quitter leur lien de servitude ministérielle. Le lord sombre ne les considérerait jamais comme des alliés mais comme arme de destruction massive, il estimait que ces créatures convenaient parfaitement et plus elles sèmeraient la terreur et le chaos plus cela lui permettrait d'acquérir de l'influence et du pouvoir sur ses ennemis.

Car Voldemort ne se laisserait pas berner par les paroles rempli de promesses de cet adolescent chétif qui avait osé le narguer et s'opposer à lui devant ses suivants. Il avait dit que les chimères ne tenteraient rien contre lui, personnellement. Mais il avait rassemblé suffisamment de renseignements pour se rendre compte que vu l'identité des servants du clan, ceux-ci ne le laisseraient pas mener sa révolution du monde magique sans opposer de résistance. Encore une raison pour cesser de se cacher et pour passer à l'action en premier.

Dans un affrontement celui qui avait l'initiative avait un avantage indéniable et avait plus de probabilité de remporter la victoire que celui qui devait se contenter de subir le premier assaut. Déstabilisé par la surprise, leurs opposants seraient désorganisé et n'auraient certainement pas le temps de riposter. Il avait donc décidé de frapper vite et fort. Sans pitié. Et il allait maintenant en avertir ses troupes.

« Mangemorts ! Si je vous ais rassemblé ce n'est pas pour un nouvelle réunion d'information, ni pour connaître l'état d'avancement de vos différentes missions. » commença le Lord en se levant de son siège et en arpentant les rangs silencieux de ses partisans dont les murmures s'étaient tu dès qu'il avait commencer à parler de cette étrange voix sifflante quand il était impatient.

Ses quelques mots suffirent à les rendre nerveux. La plus part d'entre eux n'avait pas franchement rencontré beaucoup de réussite dans leur mission. Hormis ceux qui avaient réussi à se frayer une position stable au sein du Ministère et Nott senior qui avait, on ne savait trop comment dans les rangs subalternes, réussit à récupérer la place de confiance jusque là occupé par Rogue, aucun d'entre eux n'était vraiment en position pour argumenter les décisions de leur Seigneur et cela obscurcissait leur perspectives d'avenir proche. Beaucoup d'entre eux partient tâter le terrain chez des alliés potentiels s'étaient fait gentiment éconduire dans le meilleur des cas, chez les Vampires par exemple et dans le pire n'avait dû la vie sauve que dans la fuite. Certains déglutirent difficilement devant cette entrée en matière qui ne présageait rien de bon selon eux.

La place vide de Lucius et l'ascendance que semblait avoir gagné Greyback au sein des leur organisations ne satisfaisait pas vraiment les Sang purs de la vieille école mais aucun d'eux n'était assez fou pour en faire la remarque à haute voix.

« Il est temps de sortir de l'ombre et d'attaquer ! J'ai une vision précise et claire de la situation actuelle et nous devons porter une offensive décisive à nos ennemis, maintenant ! Pour pouvoir organiser nos attaques, il me faut un état major de confiance et des troupes fortes ! Je ne doute pas de votre loyauté mais je vous connais et vos compétences ne sont pas assez acéré pour la hauteur de la tâche que je veux entreprendre. J'ai besoin de ceux qui parmi mes fidèles ont la détermination, le pouvoir, de tout faire pour nous apporter la victoire...C'est pourquoi nous allons libérer les prisonnier d'Azkaban et lancé un raid sur le Chemin de traverse dans la foulé ! Nous allons terroriser et détruire nos ennemis. Pas de prisonnier, pas de pitié ! Ce soir nous allons semer la mort et le chaos !»

A suivre...