Sable.

Alors que je suis en train de marcher à travers le village pour rentrer chez moi suite à la mésaventure de Quenotte, voilà que je vois Curt au loin. Du coup, je veille à m'éloigner du chemin pour m'avancer à l'ombre des nombreux pins se situant à Haruville mais voilà que l'ours gris me remarque. Mince, il faut croire que la malchance souhaite s'amuser avec moi aujourd'hui. Pour décrire cet habitant, disons que c'est un clone d'Elvis. Son caractère est autant exécrable que celui-ci et de plus, il porte un pansement en permanence sur le front, ce qui lui donne un air tout bonnement comique.

Tandis que je sors de ma cachette naturelle, je me rends compte à ce moment que quelque chose me gêne dans mes chaussures. Visiblement, du sable s'est glissé à l'intérieur et comme je n'aime pas marcher avec, je me penche en avant pour défaire les lacets. A cet instant, Curt s'arrête à quelques centimètres de moi et lance la conversation.

- Bonjour Jaysher.

- Bonjour Curt, je peux faire quelque chose pour toi ?

Au lieu de le regarder droit dans les yeux comme j'ai l'habitude de faire avec les personnes que je salue, je poursuis avec mes chaussures et très vite, le sable qui se trouvait à l'intérieur en découle et se dépose tout doucement dans l'herbe. Lorsque j'ai terminé, je glisse mes pieds à l'intérieur et attache mes lacets.

- Je voulais savoir si une moquette royale t'intéressait ? Je te la cède pour deux mille clochettes et elle est comme neuve.

- Tu l'as sur toi ?

- Oui.

Et comme par magie, Curt tire un petit coffre de l'une des poches de son short bleu et me tend la boîte. Une fois que je me suis relevé, je prends le coffret dans l'une de mes mains et regarde son contenu en soulevant son couvercle à l'aide de ma seconde main. Après avoir jeté un œil, je me rends compte que l'ours a prit extrêmement bien soin de l'article en question mais voilà qu'une interrogation me taraude l'esprit. Je m'empresse de lui en toucher deux mots tout en refermant le coffre.

- Pourquoi cherches-tu à t'en débarrasser alors que cette moquette est magnifique ?

- J'ai effectué trop d'achats ces temps-ci et je suis un peu à court.

- Je vois.

Allez, même si je l'apprécie moyennement, je peux bien l'aider à se sortir un peu de sa misère. Aussitôt, je range le coffre dans ma poche de pantalon et en sort une bourse remplie de deux mille pièces d'or.

- Tiens.

- Merci beaucoup, tu es vraiment un gars très chouette.

- Et tu sais l'être aussi lorsque tu en fais l'effort.

La bourse passe de mes mains aux siennes et désormais, je n'ai plus aucune raison de rester ici. Par contre, je veux être sûr qu'il n'avait rien d'autres à me dire, ni à me demander.

- C'est tout ce qu'il te fallait ?

- Oui.

- Dans ce cas, je te souhaite une bonne soirée.

- Merci et à toi aussi.

Une fois la conversation terminée, j'emprunte le chemin qui me conduit jusqu'à ma demeure.