Kaki.

Le soleil se lève sur une nouvelle journée pour Haruville. Alors que la pendule de la maire indique bientôt dix heures, je me suis décidé à me rendre à la boutique des sœurs doigts de fées pour savoir ce qu'elles proposaient comme vêtements, aujourd'hui. Dès que je referme la porte derrière moi, l'aînée des deux filles vient à ma rencontre et se montre polie, comme à son habitude.

- Bonjour Jaysher, nous sommes heureuses de t'accueillir chez nous et nous espérons que tu repartiras les bras chargés de sacs.

- Et le porte-monnaie criant famine.

- Quoi ?

Ouais… J'ai réussi à la choquer alors qu'en fait, je suis juste de très mauvaise humeur ce matin. Je me suis réveiller à la même heure que le soleil mais au moment où j'ai foutu les pieds sur le sol, j'étais bien loin de m'imaginer ce que j'allais vivre. Comment ai-je fait ? Je ne sais pas mais en tout cas, je me suis retrouvé surpris lorsque j'ai senti mes pieds se prendre dans mes pantoufles roses.

Au lieu de m'écrouler sur le plancher de la chambre, je me suis renversé sur l'armoire et forcément, le choc fut terrible. Après ce réveil haut en couleur, je parviens à traîner mes pieds jusqu'à la cuisine et là encore, drame. J'allume ma cafetière toute préparée de la veille pour que mon café se fasse plus vite et je quitte la pièce pour regarder la télé dans ma chambre. Là, je tombe sur un clip de Lady Caca, une belle chienne blanche qui a l'air et la manière de s'offrir des looks discutables et là, j'oublie ce qui se passe de l'autre côté. Un drame, vous dis-je et tous les buveurs de cafés vous le dira.

Démarrer sa journée sans, c'est comme priver sa voiture de son essence, ce n'est juste pas possible. Au bout de quelques minutes, j'entends le bruit de la cafetière, qui me fait comprendre par la même occasion que le café a fini de couler. Content, je me lève de mon fauteuil, me rend dans la cuisine et là, mes pieds se posent sur quelque chose de brûlant et de liquide. Je baisse la tête et constate que la matière fumante n'est autre que le café que je venais de faire couler. Aussitôt, je pose mon regard sur la cafetière et je m'en rends compte, horrifié, que la partie en verre qui doit se trouver sous le filtre a mystérieusement disparu.

- Ce n'est pas le cafard que j'ai épargné hier soir tout de même ?

Et puis soudain, comme par magie, mes yeux sont rapidement attirés par quelque chose qui se trouve à l'intérieur de l'évier. Purée, c'est la fameuse partie manquante et je me souviens alors que je l'avais lavé hier soir. Ne voulant pas tenter le diable, je décide de sortir de chez moi une fois habillé, et là, je me prends un papillon en pleine poire. Je n'ai pas eu mal, fort heureusement. Par contre, je me suis demandé si le papillon ne volait pas à l'envers pour que je me le bouffe entre temps ?

Non, sincèrement, il était sûrement en train de tester des expériences et moi, je viens tout gâcher. Je suis une ordure en fait.

Revenant à la réalité, je constate que je suis devant un mannequin sur lequel repose une chemise kaki.

- Le kaki, c'est moche.