Boule à zéro.

Dans ma promenade, je décide également de me rendre dans la boutique de Nook afin de connaître ses nouveautés. Alors que je franchis tranquillement le seuil de ce magasin, le maître des lieux se tient pas très loin de l'entrée du salon de coiffure de Ginette. Ce dernier semble très concentré lorsque je décide de rester silencieux pour me concentrer. Lorsque je n'émets aucun bruit à part celui de ma respiration que je tente de rendre la plus faible possible, je m'aperçois que des voix s'échappent du petit magasin de beauté. La première est facile de reconnaître puisqu'il s'agit de celle de Ginette.

- Mais je vous assure que c'est la seule coiffure que j'ai pu vous faire à la fin du questionnaire. Ce n'est pas de ma faute si vous m'avez menti.

- Menti ? Comment aurais-je pu vous mentir ? Je suis quelqu'un d'intègre mais vous, chère mademoiselle, permettez-moi de vous dire que vous êtes la reine des cassos !

- Ce n'est pas vrai, rétorque-t-elle avec des trémolos dans la voix.

D'ailleurs, j'ai réussi à identifier le propriétaire de la seconde et il n'a pas été dur à reconnaître. Il faut dire que son cassos m'a beaucoup aidé et je sais désormais avec qui discute Ginette, enfin, si l'on peut nommer ça une conversation.

- Nook ?

L'animal regarde dans ma direction et pose son index levé devant ses babines.

- Chuuuuut…

Me fait-il alors qu'il retourne à la contemplation du petit spectacle à l'intérieur du salon de coiffure. Pour ma part, je ne peux rester les bras ballants car je sais très bien ce que cela fait d'être mesuré à Resetti et celui-ci peut se montrer impitoyable. Rassemblant mon courage, je quitte l'entrée de la boutique pour longer les nombreux étalages appartenant à Nook. Ensuite, j'arrive à la seconde entrée et je vois Resetti, debout, près du siège de coiffure et dont le visage est rouge de colère. Voulant savoir pourquoi il se met dans cet état, je remarque, quelques secondes plus tard, que celui-ci n'a plus une seule mèche de cheveux sur la tête.

En clair, Ginette lui a tout rasé et cette scène est plutôt comique. Elle l'est tellement que je ne me retiens pas pour rire et rapidement, je dois me tenir les côtes tellement elles me font mal. Forcément, en agissant de la sorte, il fallait bien que j'attire l'attention du râleur né et lorsqu'il se pose à quelques centimètres de moi, je retrouve tout mon sérieux.

- Je peux savoir ce qui te fait rire, Jaysher ?

- Ta coupe. Au moins, tu ne risques pas de crever de chaleur cet été.

Ginette et Nook, à l'entente de cette réplique, parviennent à étouffer un rire mais la chienne veille à se montrer polie.

- Veuillez m'excuser.

Vexé par l'attitude de notre trio, la colère de Resetti augmente sensiblement et ce n'est plus d'une voix douce qu'il s'exprime à mon égard, non. C'est d'une voix criarde. N'en pouvant plus de l'entendre se plaindre à tout bout de champ, j'attrape l'un de ses bras et devinant mes intentions, Nook s'empare du second.

- Hé ! Vous faites quoi là ? Demande Resetti, inquiet.

- Un peu d'air ne te fera pas de mal, lui répondis-je.

Aussitôt, la porte d'entrée du magasin de Nook s'ouvre et nous prenons un malin plaisir à balancer la taupe à l'extérieur de la structure. Tout en se frottant les mains, Nook et moi regardons l'accès se refermer tandis que Resetti continue de péter son plomb, dehors.