Petits papiers.
En sortant de la boutique de Nook, je plonge mes mains dans les poches de mon tee-shirt et voilà que cinq de mes doigts caressent une matière un peu particulière. Intrigué, je sors l'objet en question et je me rends que c'est la lettre d'un habitant qui est parti d'Haruville depuis quelques jours. Visiblement, je ne l'ai toujours pas archivé au bureau de la mairie et il serait bien que je songe à le faire un jour ou l'autre. Tiens, pourquoi ne pas s'en occuper de suite sachant que je n'ai pas grand-chose à faire pour le moment ? Voilà ce qui se nomme une excellente idée.
Rapidement, j'emprunte le chemin qui mène à la mairie et une fois à l'intérieur, je m'empresse de rejoindre le comptoir. Comme il fait encore bien jour, je ne suis pas étonné d'y trouver Opélie, occupée à découper des morceaux de papiers. Devant ce comportement de sa part, je me pose de nombreuses questions.
- Heu… Bonjour Opélie.
- Bonjour Jaysher. Puis-je faire quelque chose pour toi ?
- Oui mais cela peut attendre encore un peu. Que fais-tu ?
- Je coupe du papier.
- C'est ce que je vois mais pour quelle raison ?
- Pour quelle raison ?
Dit-elle tandis que son regard change du tout au tout. Au lieu d'être attentive à ce qu'elle faisait comme tout à l'heure, la voilà qui semble perdue. J'ignore ce qui se passe mais sur le coup, je trouve cela carrément flippant.
- Pour quelle raison ?
Répète-t-elle tout en continuant à se perdre dans ses pensées. Inquiet, je commence à reculer d'un pas car j'ai la nette sensation que tout ne tourne pas rond chez l'oiseau. Lorsqu'elle revient dans la réalité, elle s'aperçoit que je me suis éloigné et s'empresse de me faire un joli sourire.
- Je le fais pour me passer le temps.
- Vraiment ?
- Oui… Mais pourquoi t'es-tu reculé du comptoir ? Tu avais besoin de quelque chose ?
- Oui. Je voulais archiver une lettre d'un ancien habitant.
- Pas de problème, donne-moi l'enveloppe s'il te plait.
Prudent, je m'avance doucement et sors l'enveloppe de la poche de vêtement. Ensuite, je tends la missive à Opélie qui l'a prend rapidement dans l'une de ses ailes. Là, elle ouvre un petit dossier vert sur lequel est inscrit mon nom, reposant sous l'étagère et glisse l'enveloppe à l'intérieur. Dès que la pochette se referme sous son action, une étrange voix sort de la sœur d'Elisabec.
- Enregistrement en cours, merci de ne pas retirer le jeu ni d'éteindre la console.
Non, mais elle divague complètement la pauvre. N'y pouvant plus devant une telle folie, je décide de prendre mes jambes à mon cou et de déserter la structure administrative pour en sortie. Une fois devant la porte d'entrée fermée du bâtiment, je m'accorde quelques secondes pour souffler tout en essayant de me remettre de mes émotions.
- Y a vraiment un truc qui ne tourne pas rond dans ce village, c'est sûr.
