Battements.
Sur le chemin du retour, mes oreilles perçoivent du bruit et intrigué, j'arrête de marcher. Je tourne ma tête vers l'origine de la sonorité et je me rends compte qu'elle provient de l'un de chez mes nouveaux voisins : Jeannot. Ce dernier est un petit lapin bleu, avec un regard très mais alors très étrange. Jusqu'à maintenant, je me suis gardé de lui faire une réflexion gênante car il est super gentil mais par moment, je dois prendre beaucoup sur moi. La tentation est si forte certains jours…
Bref, je quitte le chemin de ma résidence pour me rendre jusqu'à celle de mon ami et j'aperçois un matelas posé à cheval sur sa fenêtre. Jusque là, rien d'extraordinaire mais la suite risque d'être un peu tordue. En effet, voilà que je vois Jeannot sortir de chez lui, une raquette à la main droite, s'arrêtant devant son lit et aussitôt, voilà que le lapin tape dessus. Mais qu'est-ce qui se passe enfin ? N'y pouvant plus, je me place à côté de lui et là, je remarque une grande tâche orange.
- Non Jeannot, ne me dis pas que …
- Et tu crois que j'en suis fier hein, lapin ?
- Ben non mais que s'est-il passé pour que tu fasses pipi dans ton lit ?
- J'ai regardé un film d'horreur hier soir et j'ai tellement eu peur que je n'ai pas réussi à fermer l'œil de la nuit. D'ailleurs, en parlant de celle-ci, nous avons eu un violent orage si tu t'en souviens bien.
- Et comment.
Et il est vrai que cette nuit fut épouvantable. Sincèrement, j'ai de la chance d'avoir une maison qui compte plusieurs étages et une multitude de pièces car de cette façon, je peux me cacher où je veux. Ben oui, sous un lit, avec tous ces croque-mitaines qui traînent là, je ne suis pas du tout rassuré. Quoi ? Je suis un froussard ? Bien sûr que non, c'est juste que j'aime me montrer prudent, c'est tout.
- Et ensuite, que s'est-il passé ? Demandai-je à Jeannot.
- Une branche de l'arbre qui se trouve à quelques centimètres de ma fenêtre est tombée sur celle-ci. De suite, j'ai cru que c'était un monstre qui essayait d'entrer chez moi et je me suis caché sous ma couverture. Toutefois, j'avais tellement peur que je n'ai pas su contrôler ma vessie.
Le lapin devient triste et commence à battre son matelas pour la énième fois. De mon côté, je me retiens de rire car imaginer la scène dans ma tête relève du comique. Il faut dire qu'avec un ours qui traine dans les parages en tant que voisin, Jeannot a mille raison de s'inquiéter mais tout de même. Il n'y a pas de monstres à Haruville et ce n'est pas prêt d'arriver.
- Tu devrais t'acheter un autre matelas car j'ai bien l'impression que celui-ci est fichu, lui dis-je.
- Tu crois ?
En guise de réponse, je me contente d'hocher positivement de la tête. J'ignore s'il suivra mon conseil mais bon, c'est sa vie après tout.
