Sabots.
Sincèrement, il s'en passe des choses dans ce village qu'on pourrait croire si paisible de premiers abords. Pourtant, c'est bien loin d'être le cas. Même si la plupart des villageois ont l'habitude de faire certaines choses chacun de leur côté, il arrive que d'autres ressentent le besoin de se réunir pour apporter un minimum de vie au sein de cette bourgade. Moi, j'aime le calme mais je ne suis pas contre l'idée d'échanger un bonjour ou quelques brides de conversations avec ceux et celles dont je croise la route. Ce matin, c'est un drame national qui vient me perturber.
Comme tous les jours, Antoine est venu m'apporter une lettre et après avoir dialogué avec celui-ci, j'ai ouvert cette missive une fois seul. A sa lecture, je me suis installé sur la chaise la plus proche tellement la nouvelle que je venais de recevoir me fit un choc. Pachy, mon grand ami est parti pour un autre village dans lequel on y mange mieux, paraît-il. Cette décision a été prise lorsqu'il a acheté une paire de sabots chez Nook et en les chaussant, ce fut le déclic. D'ailleurs, si Pachy s'est permis cette lettre, c'est parce qu'il savait très bien que j'allais pleurer s'il comptait me l'annoncer de vive voix.
Même actuellement, je me retiens pour ne pas pleurer et quelque chose me dit que les jours qui vont suivre ne seront pas pareil sans lui. Néanmoins, alors que mon cœur ne cesse de me faire souffrir, une question me trotte dans la tête et tente de m'éloigner de ce chaos intérieur. Si Pachy est parti, cela veut dire qu'un nouvel habitant risque de pointer le bout de son museau dans très peu de temps. Sincèrement, j'ai déjà hâte de savoir de qui il s'agit car cette découverte est toujours signe de bonnes conséquences. Avec un peu de chance, je me ferais un nouvel ami et cette tristesse provoquée par Pachy s'estompera peu à peu.
D'ailleurs, pour accueillir cet arrivant de la meilleure façon qu'il soit, je me dois de me ressaisir un minimum. Aussitôt, je me lève de ma chaise et essuie les larmes qui perlaient aux bords de mes yeux. Ensuite, je tente de me motiver et de retrouver le sourire et lorsque je me sens mieux, je prends la décision de risquer un œil dehors. Allez, puisque Pachy m'a adressé une dernière lettre, il serait bien que j'aille me rendre à la mairie pour l'archiver. Peut-être que de discuter un peu avec Opélie me fera le plus grand bien.
Toutefois, lorsque je repense à notre dernière rencontre, un frisson me parcourt le corps, des pieds jusqu'à la tête. J'espère que cette fois, elle ne fera rien d'étrange car je n'ai pas envie de revenir chez moi en ayant la chair de poule à chaque fois que j'y repense. En fait, ce village n'est pas si normal lorsqu'on se penche dessus pour réfléchir un peu. Une bourgade presqu'entièrement constitué d'animaux, il faut avouer que cela sort de l'ordinaire non ?
