Chapitre 79 : Batailles décisives

Bien qu'ils auraient pu se douter de ce qui les attendaient, Sirius, Max et Harry furent une fraction de seconde prit au dépourvu quand les sorts de magie noire se précipitèrent vers eux sans aucune sommation. Pas qu'ils s'étaient attendu à ce que les mangemorts se montrent courtois et un rien civilisé, mais ils n'avaient pas envisager qu'un tel comité d'accueil les attendrait dans le vieux cimetière ou Lucius était convaincu que se trouvait le prochain horcruxe du Seigneur des Ténèbres. D'après leurs recherches et leurs informations, il devait s'agir d'une ancienne bague de famille ayant appartenu au Gaunt dont Voldemort revendiquait en partie l'ascendance.

Harry quand ils avaient émis l'hypothèse que l'objet devait être enterré par sécurité avec le dernier de ses propriétaires, s'était souvenue du nom sur la tombe ou il avait été attaché la nuit du retour de Lord noir. Il devait donc s'agir de ce cimetière particulier. Il ne leur avait pas fallut longtemps pour le localiser et pour décider qu'ils s'y rendraient après en avoir terminé avec celui de la banque. Ils auraient dû certainement se douter en voyant Bellatrix à Gringotts que Voldemort enverrait ses plus fidèles serviteurs pour lui ramener les objets maudits avant que qui que se soit ne découvre leur existence. A ses yeux rien ne devait avoir plus de valeur que ses Horcruxes seuls garantie de son immortalité.

Bref ils auraient dû s'attendre à l'accueil explosif qui leur fût réservé des qu'ils apparurent dans le cimetière. Il n'y avait pas d'endroit où se cacher hormis quelques tombes dont les pierres tenaient encore miraculeusement debout mais qui ne le resteraient certainement pas longtemps vu la puissance des sorts qui se mirent à les percuter dans un bruit assourdissant de déflagration alors que des voix motivées par la haine et la peur hurlaient des sortilèges tous plus sombre les uns que les autres.

Heureusement les deux adultes du groupe avaient quelques réflexes de survie. Sirius en tant qu'ancien auror n'avait pas perdu la main, quand à Max bien qu'il regretta l'absence d'ombre qui aurait pu soutenir sa magie et dans lesquelles il aurait pu utiliser toutes ses capacités, il avait l'habitude du danger et savait y réagir instinctivement. Si Harry de son côté n'avait pas les même instincts qu'eux, il avait de bon réflexe en tant qu'attrapeur et une très bonne intuition, donc réalisant que quelque chose clochait, il se laissa glisser et rouler au sol jusqu'à se mettre à couvert derrière une des tombes.

Sirius en avait fait autant tout en sortant sa baguette et en commençant à riposter. Il aurait bien voulu garder un œil sur son filleul mais leurs adversaires ne lui laissaient aucun répit et quand il essayait de sortir de sa cachette pour rejoindre Harry, qui se trouvait à moins de 5 mètres, il se voyait pris pour cible et maintenu sur place.

Max se tenait à gauche de Harry et de là ou il était Sirius ne distinguait que la silhouette du marcheur d'Ombre. Il pouvait cependant l'entendre lancé des sortilèges dans une langue qu'il ne comprenait pas et par moment il voyait un éclat métallique fendre l'air à une vitesse fulgurante. Généralement il s'en suivait un cris de douleur et le bruit plus ou moins confus d'un corps qui s'effondre dans d'atroce souffrance. Les rares fois ou les couteaux de lancé de Max manquèrent leur cible, ils revinrent comme un boomerang dans les mains du Marcheur d'ombre qui attendait alors la prochaine occasion de toucher sa cible.

Sirius ne savait pas combien ils étaient en face, mais il savait qu'il ne pouvait pas prendre le risque d'en laisser un seul partir vivant. Un seul qui s'échappait et c'était l'horcruxe qui risquait de retourner dans les mains de son maître. Et cette option n'était pas envisageable. Détruire l'artefact une fois qu'il serait en possession de Voldemort ne serait pas irréalisable mais cela compliquerait sérieusement les choses.

L'espace d'un instant, il douta. Peut être était il déjà trop tard. Peut être les mangemorts avaient ils déjà récupérer la bague ? Ceux là s'amusaient juste avec eux, permettant à l'un d'eux de prévenir le Lord.

« Soit pas défaitiste. Tu vois le trou et la pelle deux rangé sur ta droite » Lui demanda la voix mentale de Harry.

Sirius en l'entendant ne pu s'empêcher de sursauter. Il ne s'était pas encore fait totalement à l'idée que le fils de James était l'une des Chimères. Une des plus puissante créature magique. Une de celles qui devaient décider de l'avenir du monde magique. Mais même s'il avait encore un peu de mal avec tout cela, il était décidé à faire l'impossible pour l'aider et le soutenir comme il l'avait promis, raison pour laquelle après avoir lancé un sort que n'aurait pas renié ses ancêtres ,sur un mangemorts qui se montrait un peu trop entreprenant, il osa un regard dans la direction indiqué et repéra sans difficulté la tombe en question.

« Ce doit être celle là et comme tu le vois, ils n'ont pas encore atteint le cercueil. Nous devons les forcer à battre en retraite ou à se rendre avant de nous emparer de l'horcruxe. »

Ou a tous les tuer. Sirius s'en rendait bien compte et il grimaça en réalisant qu'il n'avait pas d'autre choix. Tout comme leurs adversaires qui préféraient certainement une mort rapide sur le champ de bataille plutôt qu'une agonie de torture s'ils rentraient bredouille auprès de Voldemort. Mais il n'avait pas le temps pour les états d'âme. Cette bataille ne devait pas s'éterniser.

Si la victoire leur prenait trop de temps, il n'était pas impossible que des renforts ne transplannent de part et d'autre, transformant cette échauffourée en bataille rangé. Et franchement le lieu ne se configurait absolument pas bien pour ce genre d'affrontement sans que cela finalement ne se termine pas en massacre. S'il voulait avoir une chance d'éviter cela, il fallait agir vite. Comme le faisait Max dont un des couteau venait à nouveau de se planter dans le dos d'un de leurs ennemis qui avaient tenté de s'enfuir.

Même Harry devait avoir analysé la situation et ne voir que cette option. L'adolescent brun avait lui aussi sortit sa baguette et lançait des sorts d'entraves qui faisait frissonner l'animagus. Il aurait préférée ignorer que son filleul connaissait une magie aussi sombre et capable de causer autant de dommage et de douleur. Car il ne s'agissait pas d'un simple sort de ligotage ou de stupéfiction. Non, Harry utilisait un sortilège s'approchant de celui du « brise os » et visait les jambes ou le bras de baguette de ses ennemis, qui s'effondraient dans un cris de douleur quand leurs os s'effritaient sans causer la moindre lésions visible.

Dans un monde parfait, Harry n'aurait pas eut à connaître ses sortilèges. Dans un monde idéal, Harry n'aurait pas eut à se tenir là, ni même à vivre une enfance privé de toute affection. Mais le monde étant ce qu'il était, ce qu'ils en avaient tous fait, un garçon de seize ans se tenait la au milieu d'adulte sur un champ de bataille et avec froideur et maîtrise et réduisait ses adversaires en pièce. Il n'y avait pas de quoi être fier de vivre dans un monde pareil. Dans un monde qui avait sacrifié génération après générations ses enfants pour acquérir ou conserver un pouvoir illusoire et de plus en plus perverti. Vraiment pas de quoi être fier.

Cependant Sirius éprouvait une grande fierté à côtoyer l'adolescent qui luttait pour ses convictions et pour leur permettre de rendre le monde magique meilleur. Ce garçon qui n'abandonnait jamais et qui savait se montrer plus têtu et borné que ses deux parents réunis. Un adolescent prêt à tracer son chemin et à avancer dans la vie malgré la peur de l'inconnu et bien décider à ne pas marchander avec sa conscience. Oui il y avait de quoi être fier de partager ce combat avec lui. Étrangement et contrairement à ce qu'il aurait crut, cette fierté n'avait rien de ce qu'un père peu ressentir pour son enfant.

Sirius se rendait bien compte qu'il n'avait jamais rien fait pour mériter ce titre. Il avait dû l'accepter et en faire son deuil et cela n'avait pas été si douloureux. Pas quand il avait pris la juste mesure de celui qui remplissait ce rôle auprès de Harry. Il était difficile de rivaliser avec quelqu'un comme Severus quand on le connaissait. Ce qui expliquait certainement à quel point le jeune homme était têtu , si le garçon avait non seulement hérité ce trait de caractère de ses parents mais aussi du maître de Potion, remarqua ironiquement Sirius tout en esquivant plusieurs sortilèges et en répondant violemment à ses agresseurs. Il parvint à en avoir un avant qu'un sort de découpe ne le frappe à l'épaule l'obligeant à pratiquer un roulé boulé d'urgence pour se mettre à couvert non loin de Harry et de Max.

« Reste concentré sale cabot ! Pas le moment de divaguer ! »Marmonna la voix mentale de Ialon dans laquelle perçait un rien d'inquiétude.

Heureusement la blessure n'était pas trop grave même si invalidante. Le sortilège n'avait fait que lui frôler le bras. S'étant rapproché des deux autres, il pouvait voir que Harry et Max n'étaient pas en meilleur état que lui. Le marcheur d'Ombre s'en sortait un peu mieux. Il avait des écorchures un peu partout malgré la protection de sa cape et ne montrait que peu de signe de fatigue.

Harry lui avait une plaie à l'arcade sourcilière droite, souvenir d'un sort d'explosion qui avait fait sauté la pierre tombale derrière laquelle il s'était caché. Pour éviter que le saignement ne l'affaiblisse et ne le gêne le garçon avait saisit une des potions de sa cape et avait apposé un baume sur sa plaie. Il tendit d'ailleurs le reste du flacon à Sirius qui se mit à appliquer la pommade sur sa blessure. Tous les deux étaient essoufflé et avaient de la peine à récupérer.

« A votre avis, il en reste combien ? » Demanda Sirius en redonnant la potion à Harry qui la rangea dans sa cape.

« D'après mon estimation, il n'en reste que deux ou trois de capable de nous attaquer. » Assura Max.

« Cela commence à faire long. Si l'un d'eux arrive à nous échapper... »

« Ceux qui sont à terre sont trop occupé à gémir de douleur pour penser à s'enfuir, surtout sachant ce qui les attend. Je crois qu'il préfère être envoyé à Azkaban que d'affronter la colère de Voldemort. Quand ils ne sont pas tout simplement assommé ou mort. » fit remarqué Harry. « De plus si Bellatrix revient avant qu'en on ait fini, le lord risque de se douter de quelque chose et nous risquons de voir débarquer un nouveau contingent de Mangemort et je doute que nous puissions soutenir un nouvel assaut. »

« Tu as raison. Il faut donc en finir rapidement. » approuva Sirius en soupirant. « Ils se sont retrancher vers la tombe qu'ils ont commencé à creuser. Comment les dénicher sans y laisser la peau ? »

« S'il faisait nuit, j'aurais bien une petite idée, mais là en plein jours, les ombres sont trop petite pour être d'une quelconque utilité. » Déclara Max avec déception.

« Et cela ne va pas s'arranger plus on se rapprochera de midi. Et si on essayait de marchander ? » Tenta Harry

« Marchander ? » Répéta Max dubitatif

« On passe un accord avec eux, du genre on vous laisse partir et vous nous laisser l'horcruxe. Ce sont peut être des mangemorts mai je ne pense pas qu'ils soient stupide. Si on leur offre une porte de sortie honorable, ils accepteront peut être de nous le laisser. »

« On ne va pas ergoter ici sur leur niveau d'intelligence mais quelle offre pourrait on leur faire qui aurait une valeur suffisante à leur yeux pour abandonner? »

« La vie contre l'assurance que s'ils nous laissent détruire l'horcruxe, ils seront bientôt de nouveau libre. » Lâcha Harry en haussant les épaules

« Tu crois qu'il vont accepter ce marché ? Certains sont convaincu que le seigneur noir est le seul espoir pour le monde sorcier. » fit Sirius doutant que cela soit suffisant.

« On peut toujours essayer et voir ce qu'ils décideront. S'ils refusent on les neutralise et à nous l'horcruxe. Pendant que je leur parle vous pouvez essayer de vous rapprocher pour les prendre à revers. » Insista Harry en grimaçant quand un nouveau sort s'écrasa contre la pierre tombale qui leur servait de dernier rempart.

« Cela me va comme plan. » conclue Max.

« Oui, moi aussi, même si plus j'y pense plus je me rend compte que tu fréquentes un peu trop les serpentards pour échafauder un plan pareil. » Répliqua Sirius en soupirant mais avec un petit sourire en coin.

Harry rit doucement acceptant la remarque pour ce qu'elle était. Puis il hurla une demande de cessé le feu qui mit quelques seconde avant d'atteindre leurs adversaire. La trêve accepté, l'adolescent sortit de sa cachette, protéger par un bouclier magique et s'avança jusqu'à porté de voix pour mieux dialoguer avec les mangemorts. Il s'était avancé de manière à permettre à Max de se servir de son ombre pour s'approcher et de contourner le groupe d'ennemi en se servant des ombres qui bien que peu nombreuse lui permettrait au moins de prendre par surprise le flan gauche des hommes alliés au Seigneur sombre. Sirius lui devait de son côté tenter une approche par le flan droit et même s'il ne disposait pas des même capacités que le Marcheur d'ombre, le fait d'être un changeur lui permit en utilisant le don d'animagus de se faufiler au plus près tout en prenant l'apparence d'un chat, nettement plus discrète dans ce cas que celle qu'il prenait habituellement.

« Vous êtes en très mauvaise position, messieurs et il n'y a pas d'issue pour vous à moins de vous rendre. » commença Harry d'une voix ferme et assuré.

« C'est toi qui le dit, Potter mais je ne crois pas que vous soyez en meilleur position ! Nous sommes à égalité et nous avons un avantage certain vu qu'aucun de nous n'est un gamin ! Nous connaissons plus de sort de bataille que toi ! » Répondit une voix d'homme qui frôlait l'hystérie.

« Évidemment si vous le prenez comme cela. » concéda Harry avec un sourire moqueur. « Cependant peut être avez vous assistez à la visite de courtoisie de mon camarade Neville Londubat à votre maître ? Vous devriez être capable alors de comprendre que l'image que vous avez de moi est pour le moins désuète depuis que j'ai été pris sous la tutelle du clan.»

Évidemment les trois mangemorts avaient été dans l'assemblée ce jour là. Ils avaient bien vu que la puissance du gamin Londubat qui avait résister à la magie que le Lord avait déchaîné sur lui, était sans rapport avec celle qu'on lui attribuait dans la rumeurs publique. Et si Potter que l'on disait déjà plus doué et puissant que l'autre adolescent, avait subit le même entraînement, alors peut être...

« Peu importe ! Tu restes un gamin... » s'emporta celui qui avait parlé jusque là.

Caché comme ils l'étaient, Harry ne vit pas que les deux autres partageaient un avis plus contrasté et qu'ils hésitaient vraiment. Si Potter était si puissant, si le Clan chimère était vraiment là pour changer le monde sorcier, peut être était il temps de changer leur fusil d'épaule. Si cette trêve était la seule, l'unique et dernière, chance de pouvoir être du côté des vainqueurs ?

«Boucle là ! » intervint une nouvelle voix. « Que proposes tu Potter ? » Demanda le nouveau venu après quelques bruits de dispute étouffés entre les trois suivants du Seigneurs des Ténèbres.

«Vous vous rendez, on vous laisse la vie sauve et vous allez faire un petit séjour en prison en contre partie vous nous laissez détruire l'horcruxe et nous vous certifions que vous n'aurez pas à souffrir de la colère de votre maître vis à vis de votre échec, car nous allons nous occuper de lui sans tarder. »

« Te voilà bien présomptueux, garçon ! Le maître est plus puissant que toi et il te tuera comme la pauvre mouche que tu es... » Cracha le deuxième mangemort sur un ton de défi mais dans sa voix on pouvait sentir aussi une hésitation. Une brèche dans laquelle Harry décida de s'engouffrer.

« Vous avez la mémoire courte. Il a déjà essayer de me tuer et il a échoué ! Croyez vous vraiment qu'il y parviendra cette fois ? Êtes vous prêt à parier votre vie la dessus ? Voulez vous vraiment mourir pour un fou ? »

« Le Lord va sauver notre monde ! » Cracha le premier mangemort !

« Oh non il ne fait que le faire sombrer davantage. Si c'est vraiment l'intérêt du monde magique qui vous pousse à la révolte et au combat, vous auriez comprit l'importance de vous allier au Clan de Chimère ! » fini par dire Harry avec un rire moqueur qui s'avéra agaçant pour les trois derniers mangemorts.

L'un deux sortit de sa retraite baguette brandit vers l'avant un sort sur le bout des lèvres, mais avant que la première syllabe ne s'échappe de ses lèvres, le plus impardonnable des sorts et le plus définitif le toucha par derrière lancé par l'un de ses partenaires. L'homme s'effondra raide mort sans avoir pu identifier lequel de ses deux allié venaient de le trahir.

« Sage décision » fit remarquer la voix de Max qui pointait sa baguette en direction des deux derniers ennemis créant un instant de panique chez les deux derniers mangemorts quand ils le virent sortir des ombres sur leur droite alors que Sirius faisait de même de l'autre côté avec un air légèrement vexé.

« Hey, c'est ma réplique ! » Lança l'animagus avant d'encourager d'un signe de tête les deux derniers mangemorts à déposer leur baguette et à se mettre à genoux les mains derrière la tête.

« Attend ! Au lieu de rester assis à nous regarder creuser, vous aller attraper ses pelles et vous mettre au travail. » Ordonna Harry avec un sourire affable en tendant un des outils à un de leur prisonnier.

« Excellente idée ! » S'exclama l'animagus en riant.

« Je vais aller prévenir les autorité. Il faut bien quelqu'un vienne faire le ménage par ici. Une petite apparition de ma part dans le bureau du chef des aurors devraient suffire à créer un élan ménager chez les représentants de l'ordre. » Annonça Max juste avant de disparaître.

Il ne lui fallut pas plus de trois minutes pour remplir cette mission et pour revenir leur annoncer que les aurors n'allaient pas tarder à arriver. Temps qui avait été amplement suffisant pour les deux mangemorts pour atteindre le cercueil et en sortir la bague. Suivant le rituel que leur avait appris Max, Sirius sortit sa dague et s'occupa rapidement de l'horcruxe. Seuls les deux mangemorts qui ne savaient pas à quoi s'attendre durant cette opérations furent plus que perturbé par le cris d'agonie et de haine pure qui se dégagea de la forme noire qui tenta de s'échapper mais finit comme ces consœurs par disparaître dans le néant.


« Écoute moi, s'il te plaît ! Entend ma voix ! Ne te laisse pas manipuler et influencer par le pouvoir de ses créatures. Tu es notre dernier espoir. »

Ron avait le sentiment de flotter. D'être plus léger et de ne pas sentir le poids de son corps, comme s' il en avait été délester. Il n'avait plus mal. Il se souvenait avoir éprouvé une douleur horrible qui aurait traversé tout son être. Il avait eut l'impression que son corps et son esprit avaient été déchiré en de nombreux petits morceaux. Broyé littéralement. Il avait eut la sensation d'être brûler de la tête au pied dans une fournaise et maintenant plus rien. Le vide total. Aucun de ses sens ne semblait fonctionner et si cela aurait dû l'inquiéter, pour le moment il ne pouvait s'empêcher d'apprécié le calme et la sérénité qui émanait de cet endroit qui ne lui était en rien familier mais qui le rassurait comme quand il se réfugiait enfant dans l'étreinte de sa mère pour être consoler. C'était chaud et apaisant. Il avait l'impression que jamais auparavant il ne s'était sentit aussi bien et aussi entier, mais plus important en paix avec lui même.

Il ignorait ou il se trouvait mais ce lieu, lui donnait le sentiment de l'affranchir de tout ce qu'il était, de toutes les règles qu'on lui avait imposé et de toutes celles qui avait contribué à faire de lui celui qu'il était. C'était un peu comme une renaissance et encore ce terme ne convenait pas. Ron ne se sentait et ne s'était jamais sentit mort. Il avait plutôt l'impression d'avoir été lavé dans une des machines moldu qui leur servait à laver leur linge. C'était une expérience nouvelle et il aurait dû trouver cela effrayant. Il doutait que passer dans ce genre de machine soit plaisant vu la manière et la vitesse à laquelle le tambour tournait sur lui même. Mais en aucun cas il ne se sentait en danger ou inquiet de ce qui allait suivre, parce que quelque chose allait forcement arriver, il le sentait. C'était même tout l'inverse, il éprouvait une certaine impatience quand à ce qui allait se produire. Et bien que son esprit semble chamboulé, tout en lui semblait avoir retrouvé sa vrai place et sa juste valeur.

Déroutante sensation car le jeune homme n'avait pas eut l'impression de s'être perdu. Pas qu'il soit particulièrement fier de tout ce qu'il avait fait dans son existence mais il avait toujours agit en son âme et conscience en tentant d'agir pour le mieux et selon les valeurs que lui avaient apprit ses parents. Honnêtement ce n'était pas de sa faute cette dispute ridicule avec Harry puis avec Hermione.

Bon d'accord, Harry n'avait pas complètement tord et en y réfléchissant deux secondes, peut être que Hermione n'avait pas entièrement faux non plus. Il se souvenait s'être fâché avec son meilleur ami et Hermione mais il ne se rappelait pas vraiment du motif de cette bagarre entre eux. Il chercha à se rafraîchir la mémoire, mais ce lieu n'invitait pas vraiment à l'introspection. Comme si une fois rendu dans cet espace si accueillant et chaleureux tout ce qui comptait c'était l'oublie et peut être un forme de pardon.

Mais de quoi aurait il dû se faire pardonner ? Il ne voyait pas et cela l'empêchait d'apprécier complètement la sérénité du lieu ou il se trouvait. Cela et un étrange bruit de fond qui parasitait le silence de son esprit.

Seul ombre au tableau, le léger murmure d'une voix qui perturbait le calme de ce lieu. Elle dérangeait l'ordre des choses. Elle n'aurais pas dû être là. Et même si elle lui était familière, il savait instinctivement qu'elle n'aurait pas dû se trouver là. Rien n'aurait dû pouvoir l'atteindre ici, au cœur de son esprit. Mais elle était là suppliante, insistante, dérangeante. Ron aurait voulu qu'elle s'en aille, qu'elle le laisse tranquille.

« Ron ! Ne fuit pas ! Tu es le dernier espoir du mon de sorcier ! Écoute ma voix !Ta famille est en danger. Ils ont besoin de toi ! »

Ron l'entendait mais il n'avait aucune envie de l'écouter. Il avait reconnut son interlocuteur. Tout élève de Poudlard aurait reconnu sans mal la voix d'Albus Dumbledore, directeur de l'école de sorcellerie. Non , se rappela le jeune roux , l'ancien directeur. Il avait été démis de ses fonctions. Il chercha dans sa mémoire ce qu'il savait des événements qui avaient pu conduire à cette décision. Il savait que le directeur était malade. Il avait même essayé d'aller le voir pour lui parler et lui souhaiter un bon rétablissement. Il savait que cela avait un rapport avec les chimères et Harry.

D'après le directeur sa famille était en danger. Mais cela ne pouvait venir de Harry. Son meilleur ami, même s'ils s'étaient disputé, appréciait et aimait ses frères et ses parents. Les chimères étaient une énigme pour lui. Il savait qu'elles étaient de puissante créature magique et qu'il avait fait les frais de leur courroux, parce qu' il avait des idées bien arrêté sur la place que devait occupé les créatures magiques et les Hybrides par rapport aux sorciers.

Soudainement au milieu de sa pensée ce fut comme s'il fut traversé par la foudre. Il aurait bien hurler de douleur mais aucun son ne sortit de sa bouche. Ce fut à peine si son corps s'arqua sous la puissance de l'énergie qui le torturait. La douleur, elle était belle et bien présente et si il avait pu pleurer, il n'aurait pas pu lutter contre les larmes. Mais il en était incapable. Cette souffrance lui permit cependant de comprendre ou était son erreur et il réalisa pourquoi il se sentait si bien.

Et même si il en éprouva un certain soulagement, celui ci fut vite remplacer par de la honte, de la culpabilité et par de la peur. Il avait l'impression d'avoir été sali, utilisé souillé de la pire des manières. Brisé et guidé sur un chemin qui au lieu de le faire grandir et le rendre meilleur avait fait de lui un être abjecte et si mesquin qu'il en aurait vomit. Comment avait il pu se laisser manipuler de la sorte ? Pourquoi ! Pourquoi ! Il avait tout perdu. Tout !

Il sortit lentement de la torpeur dans laquelle il se trouvait pour voir exactement ou il se trouvait. Maintenant qu'il savait, il ne voulait pas rester là sans rien faire. Il ne pouvait pas rester sagement ici à attendre que d'autres règlent la situation à sa place. Et même si tout n'était pas entièrement sa faute, il ne pouvait pas s'en laver les mains sans tenter de trouver un moyen pour se racheter, se faire pardonner. L'espace vide ou il se trouvait n'était pas constituer uniquement de ténèbres. Cela ressemblait plus à un ciel étoilé ou de nombreux point lumineux brillaient d'un éclat rassurant au milieu de sombre ténèbres.

Sans vraiment savoir ce qu'il faisait, il tendit le bras et la main vers l'une de ses étoiles et réussit après un effort pour s'étirer davantage à toucher l'éclat lumineux qui libéra une douce chaleur et un souvenir de son enfance passa devant ses yeux. Un simple jeu avec ses frères, échange de rire et de joie sous l'œil bienveillant de leur mère. Mais comme si ce simple contact avait fragilisé le souvenir les ténèbres se refermèrent autours de l'éclat lumineux jusqu'à en éteindre la phosphorescence.

Ron aurait voulu crier d'impuissance, mais il ne pouvait toujours pas. Il avait trouvé la force de voir mais pas encore celle de s'opposer à ce qui lui arrivait. Il ne savait pas comment faire pour repousser l'obscurité qui le détruisait de l'intérieur depuis si longtemps. Il avait même ignorer jusqu'à cet instant qu'un mal aussi insidieux et destructeur le rongeait.

« Ron, il est trop tard pour te préoccuper de cela. Si tu veux sauver ta famille... »

Non ! Non, hurlait de tout son cœur et de tout son esprit le rouquin. Non il ne croirait plus en cette voix qui n'avait fait que lui mentir et le guider sur un chemin de trahison.

L'espace d'un court instant, il eut le sentiment que les ténèbres se rétractait autours de quelque chose , comme si sa petite rébellion mettait en danger quelque chose qu'elles voulaient, devaient protéger. Il se força à regarder plus attentivement ce qui se trouvait au centre de la zone sombre et crut desceller un espace plus dense et plus obscure. Il n'était pas plus grosse que les étoiles qui brillaient ça et là dans ce ciel étrange. L'espace d'un instant, il se demanda de quel couleur devait être le ciel quand il n'était pas recouvert de ténèbres. L'image d'un ciel crépusculaire lui vint immédiatement à l'esprit et il aima beaucoup le mélange des couleurs que peignait ce tableau de coucher de soleil alors que les premières étoiles se mettaient à scintiller. Il garda cette image précieusement et se sentit plus fort et toujours aussi serein.

Envolé la peur et la honte. Il ne pouvait pas revenir sur ce qui avait été dit ou fait. Il avait peut être définitivement perdu certaine chose, mais ce n'était pas une raison suffisante pour abandonner. Il lutterait pour regagner sa liberté !

Il tendit la main vers le cœur de l'obscurité qui lui faisait face. Il savait ce qu'il allait y voir. Il savait que cela allait lui faire mal. Il savait que cela ne suffirait pas à le ramener dans la réalité, que cela ne suffirait pas à lui faire regagner tout ce qu'il avait perdu, mais ce serait un nouveau point de départ. Un renaissance. Une vrai cette fois et une qu'il mériterait parce qu'enfin, à nouveau, il ferait quelque chose par lui même. Il ignorait qui il devait remercier pour cette libération, pour enfin de nouveau devenir libre de penser par lui même et non plus seulement à partir des préceptes absurdes que lui avait inculquer Dumbledore.

Quand il toucha le centre des ténèbres, un cris de douleur s'échappa enfin de ses lèvres et les convulsions le reprirent mais il ne lâcha pas. Peu importait la douleur et les émotions contradictoires que faisaient naître en lui cette expérience, il en accepterait le prix et donnerait même sa vie.

Et envoyant toute la force et la puissance de sa détermination dans le cœur d'ombre qui lui rongeait le sien et l'esprit, il vit comment tout avait commencé pour lui. Comment il était entré dans ce cercle vicieux sans que personne ne s'en aperçoive.

« Monsieur le directeur, je vous en pire ! Il ne faut pas que Harry retourne là-bas ! Il ne le dira peut être pas lui même mais je sais qu'ils ne le traitent pas bien...Pire qu'ils se servent de lui comme d'un elfe et qu'il ne mange pas à sa faim... » suppliait un jeune Ron d'environ treize ans debout dans le bureau de Dumbledore.

C'était juste après que Harry ait sauvé Ginny lors de leur deuxième année. Ron qui s'inquiétait pour son ami, son frère, celui qui avait sauvé sa petite sœur, avait pris son courage à deux mains pour demander au directeur de ne pas renvoyer Harry chez les Dursley. Il n'avait parlé de sa démarche à personne. Il avait juste voulu payer la dette qu'il estimait devoir à Harry. Affronter le directeur n'avait pas été aussi difficile que ce qu'il avait imaginé, tout du moins jusqu'à ce que celui ci le frappe d'un sort informulé inconnu de l'enfant et le regarde avec une certaine pitié.

Ron ignorait combien de temps, il était resté ainsi à se fixer l'un l'autre droit dans les yeux, le vieux sorcier marmonnant des mots qui n'avaient aucun sens pour le gamin qu'il était. Il ne savait pas ce que le vieux sorcier lui avait fait à cet instant. Il se rappelait juste avoir été le premier à baisser les yeux quand le directeur avait enfin relâcher son emprise et il s'était secoué se demandant ce qui venait de se passer. Le directeur avait alors posé ses mains sur ses épaules, l'obligeant à le regarder de nouveau et lui avait sourit en lui demandant ce qu'il voulait, comme si Ron venait juste d'arriver. Comme si ce qu'il avait bien pu dire avant n'avait pas eut d'importance. Ron désorienté à l'époque n'avait rien trouvé à dire et était repartit non sans avoir eut le droit à un bonbon.

Maintenant Ron se rendait compte des conséquences de ce qu'avait fait Dumbledore et rien n'aurait pu le dégoutter davantage de lui même et du vieux fou. Ron n'était pas parfait. C'était un jeune garçon qui entrait à peine dans l'âge ingrat. Il avait ses défauts et ne maîtrisait pas son caractère entier et borné. Ce qui aurait pu être adoucit par les épreuves de la vie et l'amitié, avaient été exacerbé par l'intervention du vieux sorcier. Pire que tout chaque année celui-ci renforçait son emprise sur le garçon en lui enfonçant dans le crâne des croyances idiotes et des histoires qui n'avaient plus rien avoir avec les faits réels dont elles étaient issues. Ron n'avait pas eut conscience d'être manipulé. Le directeur s'était juste débrouillé pour que les défauts naturels du garçon se développent plus aisément que ses qualités.

Ron n'avait rien contre les hybrides. Il avait vraiment voulu savoir ce qui était arrivé à Melissandre. Il avait voulu comprendre si cette histoire d'horcruxe était vraiment possible. Il avait voulu aider à sauver le monde magique. Il aurait tout fait pour soutenir et permettre à Harry de lutter contre Voldemort et finalement à cause d'un vieux fou, il avait fait tout l'inverse !

Mais il n'était peut être pas trop tard ! Quelqu'un l'avait délivrer de tous les sorts de contrainte qui empêchait son esprit de travailler correctement. Quelqu'un l'avait lavé et il était redevenu le seul maître de son âme et de son esprit. Bien évidemment cela n'effaçait en rien ses défaut ! Et certainement que cela ne lui faciliterait pas la tâche pour faire comprendre aux autres qu'il n'avait pas été lui même depuis des années, mais cela lui donnait une chance de pouvoir défendre son cas et de réparer. Il ne pouvait en attendre plus ! A lui de montrer qu'il était digne du courage de sa maison et qu'il pouvait se battre pour gagner sa place et leur respect.

Il ne savait pas à qui il devait de pouvoir saisir cette deuxième chance mais il ne manquerait pas de remercier qui de droit à la première occasion. Mais avant tout il devait se débarrasser de lui même des vestiges de ténèbres qui pourrissaient dans son âme. Il devait rejeter le dernier lien qui liait son esprit à celui de Dumbledore. Il devait trancher net et sans remord ce fils qui l'empêchait d'être libre. Vu ce que le vieux sorcier lui avait fait, il n'éprouvait plus aucune pitié ou compassion envers l'ancien directeur. Il savait que la voix qu'il entendait encore et qui le suppliait toujours venait du léger contact que lui et Ginny avaient sentit quand ils avaient tenté d'aller le voir.

Il inspira profondément et repoussa la sphère de ténèbres la comprimant entre les deux paumes de ses mains. Les ténèbres commencèrent à se rétracter et à lutter s'enroulant autours de lui, cherchant à l'étouffer, mais Ron ne se laissa pas déconcentrer. La lutte fut longue et ardu, mais le jeune homme roux démontra une forte volonté, prouvant qu'un défaut pouvait devenir une arme de qualité quand on savait s'en servir.

Ron ne connaissait pas les points positifs de son caractère. Il n'avait jamais eut l'occasion de se pencher dessus, mais il connaissait ses défauts et il savait s'en servir pour parvenir à ses fins. Borné, inflexible, étroit d'esprit, certainement que ces mots pouvaient le qualifier mais il se servit de la force, de la détermination et de la solidité de ses convictions pour repousser loin de lui le cœur de ténèbres qui fini par disparaître, le laissant las et épuisé mais satisfait et toujours serein.

Le ciel autours de lui apparut comme il aurait toujours dû être. Comme au crépuscule d'un soleil couchant d'été. Il se laissa bercer par cette vision enchanteresse avant que le souvenir de sa sœur ne le tire de sa torpeur. Il était trop tôt pour se reposer sur ses lauriers. Ginny etait en danger. Non, pire Ginny était un danger. Un réel danger pour Harry ! Il fallait qu'il se réveille ! Il fallait...Mais épuisé, il retomba dans une inconscience bienfaitrice oubliant tout.

A suivre...

Il me semble, mais je peux me tromper, que certains parmi vous vont me maudire, mais tant pis cela fait parti des risques du métier, rappelez vous seulement qu'un auteur en mauvais état à toutes les peines du monde a écrire et rester concentré^^ Merci encore à tous pour votre soutien!

A bientôt!