Aquarelle.

Treize heures et trente minutes. J'ai passé une partie de ma matinée en compagnie d'Aurore et d'ailleurs, nous sommes toujours ensemble. On ne s'est pas croisé au hasard comme nous avons l'art et la manière de le faire à chaque fois. Pour ce jour magnifique, nous avons prit le temps de décider de tout ça afin que notre petit rendez-vous soit parfait et justement, c'est le cas. Installés près d'un bras de la rivière qui traverse le village dans lequel nous résidons, nous prenons le temps de digérer notre repas du midi mais chacun à notre façon.

Alors que je suis occupé à verser du café conservé bien au chaud au sein de mon petit thermos bleu, Aurore s'amuse à peindre une aquarelle. Bien sûr, elle prend modèle sur le paysage qui se présente à nous depuis le premier jour où nous nous sommes installés ici et sincèrement, elle a très bien fait de jeter son dévolu sur un tel thème. Pendant ce temps, je me lève de la couverture blanche à carreaux rouge sur laquelle nous avons déjeuné afin de m'approcher de mon amie. Une tasse de café dans chacune de mes mains, j'arrête ma progression à ses cotés pour admirer le début de son œuvre.

- Je ne m'y connais pas trop en dessin mais je peux déjà avouer que ce début est prometteur.

- Merci beaucoup Jaysher, c'est vraiment très gentil de ta part.

Après cette petite conversation dont le sens n'a pas vraiment d'importance, je lui tends une tasse qu'elle s'empresse de prendre dans ses ailes. Bien sûr, le pingouin a prit soin de poser sa palette et son pinceau afin de réaliser un tel geste. Alors que nous dégustons tous les deux ce café que j'ai fait couler très tôt dans la matinée, nous reprenons notre conversation au sujet de son passe-temps.

- Que vas-tu faire de ce tableau une fois que tu l'auras terminé ?

- L'accrocher chez moi, pourquoi ?

- Comme ça. Je me suis dit que tu pourrais vivre de tes peintures si tu le voulais.

- Vraiment ?

Aurore est très étonnée de ce que je viens de lui dire et commence à rougir. Ensuite, elle regarde sa création et se montre très critique envers son talent.

- Je pense que j'ai encore quelques progrès à faire.

- Peut-être mais je persiste dans mon idée.

- C'est vraiment très gentil.

Aurore ne sait quoi faire. Elle pense qu'il serait vraiment très présomptueux de sa part de commencer à exposer ses œuvres dans le but de pouvoir en vivre mais bon, cette dernière sait aussi qu'elle ne serait pas la seule à agir de cette façon.

- Tu as peut-être raison. Après tout, combien de femmes et d'hommes ont profité de leurs créations pour tenter d'améliorer leur confort. Je pense que je devrais en faire autant.

- Très bien parlé et si tu es d'accord, je suis prêt à te donner un petit coup de mains.

- De quelle façon ?

- Je t'achèterais cette toile lorsqu'elle sera terminée.