Grand retour.

La journée commence bizarrement. Du moins, c'est ce que je pense et peut-être que les autres habitants d'Haruville songe d'une toute autre manière. En tout cas, je me tiens devant ma boite aux lettres ouverte et je tiens une enveloppe blanche fermée, dans mes mains. Etrange car je n'attendais absolument aucun courrier, ni pour aujourd'hui, ni pour les jours à venir. Intrigué, je retourne la missive et constate qu'on a écrit quelque chose au dos de celle-ci.

Lorsque je prends connaissance des quelques lignes, un sourit se dessine sur mes lèvres et un sentiment de joie m'habite aussitôt. Alice, ma première amie, celle qui me manque va faire son grand retour au village, afin d'y revivre une nouvelle fois.

- Super, elle va revenir.

Rien que d'y penser, l'envie de faire des bonds me prend mais je tente de me contenir si jamais l'un de mes voisins devait se promener dans les environs. Je sais que des choses ne tournent pas rond ici mais je ne tiens pas à leur prouver que je sais être comme eux, par moment. Pour l'heure, je dois continuer d'agir comme si j'étais quelqu'un de normal car sinon, je n'ose imaginer les réunions de toquets auxquelles je pourrais être convié. Néanmoins, je suis tellement heureux de cette information que j'ai envie de me rendre au centre du village pour le crier à tout le monde. Non, je dois savoir me tenir tranquille.

Alors que je glisse la lettre dans l'une des poches de mon pantalon, voilà que quelqu'un me frappe à l'épaule gauche. Curieux, je me retourne et fait face à mon amie Alice.

- Alice ?

- Salut Jaysher, si tu savais comment que je suis heureuse de te revoir.

- Et moi donc.

Cette fois, je ne peux pas faire autrement. Les larmes me montent aux yeux et voilà que je prends le koala dans mes bras. Là, contre elle, j'oublie complètement où je suis et ma joie s'exprime d'une drôle de façon puisque je suis en train de pleurer. Surprise de mon comportement, Alice se permet un peu d'humour.

- Je ne pensais pas que ça te bouleverserait à ce point.

- Tu sais très bien à quel point tu comptes pour moi, dis-je tout en continuant de chialer.

Pendant ce temps, Alice pose ses pattes sur mon dos et glisse dans le creux de mon oreille qu'elle est hyper contente d'être de retour. D'ailleurs, elle m'invite aussitôt à me rendre chez elle afin de passer la journée en sa compagnie, ce que j'accepte volontiers. Dès que je la libère de mon étreinte affective, j'essuie mes larmes du revers de mon bras droit et suit mon amie jusqu'à chez elle. Sa demeure se trouve pile face à la mer, à la place de la maison d'Aurore. Sur le trajet, nous discutons.

- Alors, quoi de neuf depuis tout ce temps ?

- Comme tu dois t'en douter, de nouveaux habitants sont dans le secteur et tout ceux que nous avons connu sont partis faire leur vie.

- Et il n'y a que toi qui es resté visiblement.

- Ouais.

- Tant mieux. En tout cas, on va rattraper tout ce temps que nous avons perdu.