Chapitre 2 : M-I-L-K-O-V-I-C-H

Sept heure du matin, le soleil commençait à se lever sur Chicago. Du moins c'est ce qu'Ian pensait car aucune lumière naturelle n'arrivait à parvenir jusqu'au sous sol de l'hôpital. Il était assis sur un banc depuis bientôt une demi heure à fixer la porte face à lui où le mot « Morgue » s'étalait en grosses lettres dorées. Peu importe la douleur de ses muscles endoloris à force d'être immobile sur son siège, peu importe les aller-retours des employés qui le regardaient avec une lueur de pitié dans le regard, peu importe qu'il perde son temps : il était décidé à rester là jusqu'à ce que le médecin l'autorise à rentrer. De toute façon il préférait encore rester là, seul et à pouvoir réfléchir en paix, que de rentrer à la maison et de faire face à la pagaille qu'avait provoqué les événements de cette nuit.

§

« - Ils viennent de la retrouver. Elle... elle s'est suicidée. »

Ian n'avait pas su quoi répondre à la nouvelle de sa sœur. La seule réaction qu'il avait eut, avait été d'attraper son bras et de la fixer intensément. Il devait rêver encore, c'était la seule chose possible. Son esprit ne pouvait pas être aussi tordu. Il sentit sa respiration s'accélérer et ses mains se mettre à trembler sans qu'il ne puisse les contrôler, et il détestait cette sensation. Fiona baissa les yeux sur la main de son frère avant de les relever et de croiser leurs regards.

« - Hé ! Ça va allait ?! Demanda-t-elle inquiète

- Comment..., commença Ian mais le reste des mots resta bloqué dans sa gorge, comme si prononcé à voix haute le mot rendait la situation plus réel.

- On parlera de ça plus tard, d'accord ? Tu es en état de choc, je savais que j'aurais dû attendre demain...

- Non ! S'exclama Ian un peu trop fort et les deux se figèrent écoutant si l'un de leurs jeunes frères avait été réveillé. Face aux ronflements de Carl, Ian reprit plus doucement cette fois ci : Non tu as bien fait... mais dis moi comment...

T- u es sûr ? Demanda Fiona. Devant le regard suppliant d'Ian elle soupira : D'accord, mais on va parler de ça en bas. J'ai prévenu Lip : il doit être en bas. Viens on va le rejoindre. » dit elle en prenant gentiment la main de son petit frère.

Ian se leva et la suivit sans résistance. L'espace d'une seconde, il crut en être incapable à cause de ses jambes plus molles que du coton mais à son grand étonnement ses muscles réagirent comme à leur habitude. Comme s'il était sur pilote automatique, il laissa sa sœur le guider hors de la chambre et l'entraîner dans les escaliers jusqu'au rez-de-chaussé, la tête complètement vide de toute pensée.

Lorsqu'il posa le pied sur la dernière marche, il vit que le salon était vide. Machinalement, il imita Fiona et tourna sa tête en direction de la cuisine où il aperçu son frère aîné assis au comptoir, une bouteille de bière à la main. Tout en le rejoignant, Fiona lâcha sa main et faisant un signe de tête en direction de la bouteille, s'adressa à Lip :

« - Tu crois vraiment que c'est le bon moment ?

- Il est bien 17 heures quelques part, répondit Lip d'un ton las, et puis si maintenant c'est pas le moment, je vois pas quand ça peut l'être. »

Fiona soupira mais ne fit pas plus de commentaire sur le sujet. Ian, quant à lui, laissa ses pieds le diriger jusqu'au siège à côté de son frère et se laissa tomber dessus, toujours incapable de réfléchir de façon cohérente comme s'il était prisonnier d'un brouillard dont il était le seul à sentir la présence. Fiona s'accouda sur le comptoir, face à eux et le regarda avec inquiétude :

« - Vous allez tenir le coup ? Je sais que j'aurai dû attendre demain mais...

- C'est pas comme si Monica en avait vraiment eu affaire de nous de toute façon, la coupa Lip, je vois même pas en quoi ça nous concerne.

- Et bien..., soupira Fiona, il faut que quelqu'un aille reconnaître le corps »

Un rire nerveux s'échappa des lèvres de Lip tandis qu'Ian se sentit de nouveau connecté à la réalité, comme si son cerveau se remettait à fonctionner normalement. Il attrapa la bouteille de Lip et but une rasade d'alcool goulûment. Son frère n'émit aucune résistance et le laissa faire, préférant rapporter son attention sur ce que venait de leur apprendre leur sœur aînée.

« - Tu plaisantes j'espère ? Pourquoi faire de toute façon, ils savaient bien que c'est elle s'ils t'ont appelé ?

- C'est plus compliqué Lip. Comme c'est une institution, ils ont besoin d'une validation de la famille pour son identité. Histoire de vérifier qu'ils ce soient pas trompés de patient ou une connerie comme ça.

- Super, maugréa Lip en récupérant sa bouteille des mains d'Ian. T'as qu'à envoyer Franck faire ça, qu'il serve à quelque chose pour une fois.

- Franck ? Il irait même pas reconnaître sa propre mère si on lui demandait. Non on va devoir s'y coller. C'est pour ça que je vous ai réveillé. Il va falloir s'organiser avec les petits. Je suis censée bosser demain matin à l'heure où je dois aller à la morgue mais je pense qu'ils peuvent comprendre au boulot que je m'absente une heure. A moins qu'un de vous aie le temps de me couvrir ? A savoir qu'il faut aussi s'occuper de préparer Liam et d'emmener Debbie et Carl à l'école...

- Quelle merde, râla Lip.

- J'irai à ta place » déclara soudainement Ian.

C'était les premiers mots qu'il disait depuis qu'il avait quitté son lit à l'étage et ça n'avait pas échappé à Lip et Fiona qui avaient tous les deux tournés la tête, surpris de sa soudaine contribution à la conversation. Un léger sourire se dessina sur les lèvres de sa sœur et ça lui suffit pour savoir qu'il avait fait le bon choix. D'accord il avait parlé de façon impulsif, sans trop savoir pourquoi ni les conséquences que cela pourrait engendrer mais voir qu'il était de nouveau utile à sa famille lui suffisait pour savoir qu'il avait repris sa place dans la famille. Que tout était de nouveau normal, dans un sens.

« -C'est gentil Ian, répondit Fiona. Demain je dois faire les chambre du motel Arizona avec Vee, on a prévu de partir à...

- Je parlais de Monica, coupa sèchement Ian. A quelle heure je dois aller à la morgue ?

- Non, tu n'as pas à y aller toi. Je m'en occupe.

- Quelle heure ? » répéta simplement Ian.

Fiona fronça les sourcils, ne comprenant pas pourquoi Ian insistait pour aller à la morgue. Honnêtement Ian n'aurait pas su l'expliquer non plus mais il savait qu'il devait s'y rendre. Enfin, peut être le fait qu'il ait rêvé de sa mort en soit la raison, à moins que ce soit le fait qu'il soit allé la voir la veille qu'elle se donne la mort. Dans un sens il se sentait responsable, c'était idiot et il le savait mais il fallait qu'il fasse quelque chose.

Ce fut finalement Lip qui brisa le silence pesant qui commençait à s'installer, ainsi que le court des pensées d'Ian :

« - Pourquoi tu tiens tant à y aller ? C'est pas comme si Monica avait déjà eu la moindre attention pour nous !

- Tu peux pas comprendre.

- Essayes pour voir, répliqua Lip

- Lip, sermonna Fiona

- Non qu'il me dise ce que cette folle alliée a pu faire pour mériter qu'on la traite avec le respect qu'on accorde à une mère. Ce qu'elle a jamais été soit dit en passant.

- Si tu te regardais moins le nombril, siffla Ian

- Et bien quoi ? Je verrais qu'elle est formidable ? Qu'elle a nous a chié des arc en ciel durant toute notre enfance ?

- Les garçons, ça suffit, tenta de tempérer Fiona sentant la discussion s'envenimer.

- Bouh, pauvre Philip qui n'a pas eu sa maman ! S'exclama Ian en se levant de sa chaise. C'est sur que tout tourne autour de ça et pas du fait que peut être pour une fois il s'agit de moi et de ce que je veux. Du fait qu'elle ait été la seule à m'écouter et à faire attention à moi, au fait que j'ai l'impression de devenir comme elle, complètement fou. Ça t'as pas traversé l'esprit, non ?

- Ian... commença Fiona doucement, pourquoi tu ne me l'as pas dis? Tu sais que je suis là si tu veux parler, tu n'as pas à tout garder pour toi.

- Et tu m'as demandé comment j'allais récemment? Depuis l'autre jour où j'ai perdu connaissance vous éviter tous le sujet, vous m'entendez hurler dans mon sommeil mais ça vous pose pas plus de problème ?Je te jure Fi, j'ai l'impression de perdre la tête et que tout le monde s'en tape !

- Ian tu...

- "Tu" quoi ? Manque de sommeil ? De magnésium ? Quelle connerie tu veux me sortir ? J'entends des voix Fi ! Des putains de voix ! Comme Monica et je vois des choses, des choses qui ne sont pas là. Et si tu cherche encore une raison logique... alors dis moi que Monica n'est pas morte en se pendant avec un drap au milieu de sa chambre. Parce que ça m'étonnerait même pas que ce soit le cas.

- Comment..., dit Fiona en ouvrant de grand yeux surpris, tu le sais comment ? Je ne t'ai pas répondu tout à l'heure.

- C'est ce que je te dis Fiona, je vois des choses ou j'en rêve pour ce coup ci mais tout le monde s'en tape. Tu sais quoi, continua Ian s'en prendre la peine d'attendre la réponse de sa sœur et attrapant sa veste sur le porte manteau près de la porte arrière, j'ai besoin de prendre l'air là, j'irais direct à la morgue pas besoin de t'embêter avec ça »

Et sans attendre de réponse il enfila sa veste et claqua la porte derrière lui. Il était déjà au coin de la rue quand il entendit Fiona hurler son prénom mais il ne prit pas la peine de se retourner et préféra accélérer le pas afin de mettre le plus de distance possible entre lui et sa famille. Il avait besoin d'être seul, de comprendre ce qu'il se passait et ce, plus que jamais.

§

C'est comme ça qu'il avait fait trois fois le tour du quartier avant de prendre la direction de l'hôpital. Il était arrivé vers six heure, avait serpenté dans les couloirs un moment à la recherche de la morgue. Il avait fini par demander son chemin à une infirmière, fatigué de tourner en rond. Après avoir traversé encore quelques couloirs et descendu une paires de marches, il avait enfin trouvé l'accueil de la morgue et parlé à la secrétaire qui lui avait indiqué le banc où il se trouvait maintenant, précisant que le médecin viendrait le chercher le moment venu.

Alors il était là : assis et réfléchissant, à défaut que son tour au grand air lui est vidé l'esprit. Il allait profitait de ce moment seul pour poser les choses, les événements des derniers jours même s'il ne parvenait pas encore à comprendre, il allait au moins essayer de remettre un peu d'ordre dans ses pensées. Il posa calmement les mains sur ses cuisses, ferma les yeux, et pris de grandes inspirations afin de se détendre le plus possible. Toujours les paupières closes, il repensa à tout ce qu'il s'était passé ces derniers jours : les voix qu'il pouvait entendre, la sensation qu'il avait quelques fois de ne pas être seul et ses rêves plus ou moins perturbant en fonction des moments. S'il décidait de partir de l'hypothèse que sa mère n'était pas vraiment folle, il devait concéder le fait qu'elle parlait à des personnes qui ne semblait pas là. Comme si elle aussi entendait des voix. De plus, il fallait qu'il commence à s'avouer que le fait que ses rêves se réalisent ne pouvait pas être une coïncidence. Pas quand cela se produisait à chaque fois. Qu'avait dit le prêtre à ce sujet ? Que des choses pouvait échapper à la plupart des gens mais que d'autres y étaient sensibles ? Qu'il ne fallait pas suivre la Bible à la lettre mais que certaines choses étaient possibles ? De quoi parlait il ? Tout ce dont Ian pouvait se souvenir de ses notions que catéchisme était que la Bible parlait de Dieu, de Bien, de Mal, d'anges et de démons mais même si certains de ces cauchemars semblaient diaboliques, tout cela semblait irréel au jeune homme. Il fallait trouver autre chose, quelqu'un d'autres pour l'aider à mettre encore un peu d'ordre là dedans.

Ian avait pris la décision de retourner à Sainte Hedwige quand la porte face à lui s'ouvrit soudain sur un homme en blouse blanche et un calepin dans une main. Jetant un œil sur ses notes , il rapporta son attention sur Ian :

« - Bonjour, vous devez être là pour Madame Gallagher ? Ma secrétaire m'a dit que vous étiez son fils ?

- Oui, répondit Ian en se levant et en lui tendant sa main, Ian Gallagher.

- Enchanté, dit le médecin en lui serrant la main, et désolé de vous rencontrer dans de telles circonstances. Je vous laisse me suivre. »

Sans plus de cérémonie il tourna les talons et retourna dans la pièce d'où il venait, Ian le suivit en traînant les pieds. Il savait ce qui l'attendait, il savait qu'il allait devoir voir le corps de sa mère nue et inerte sur une table médicale et pourtant il ne parvenait pas à chasser l'idée que tout cela restait irréel. Il n'arrivait pas à savoir comment il se sentait face à tout cela.

Le médecin s'arrêta devant un mur comprenant différentes petites portes, comme Ian en avait vu dans les films. Comme dans les fictions, il savait ce qu'il se cachait derrière ses portes et un frisson le parcourut. Sans faire attention à lui, le médecin regarda de nouveau son calepin avant de la jeter sur la table la plus proche et d'ouvrir l'une des portes face à lui. Il attrapa une poignée et fit glisser un panneau métallique en dehors de ce qu'on pourrait assimiler à un congélateur pour corps humain. L'analogie fit froncer les sourcils du jeune homme, comparer un être humain -même mort- à un morceau de viande le dérangait au plus au point et pourtant c'est ce qui semblait le plus juste.

Une fois le panneau entièrement sorti, Ian pu distinguer une forme sous un drap. Le médecin releva son attention vers lui, un léger sourire de compassion sur les lèvres.

« - Prenez votre temps, dit il gentiment, ce n'est pas quelque chose de facile en général. Je vais vous laisser lever le drap pour l'identifier quand vous vous sentirez prêt, d'accord ? »

Ian hocha la tête en guise d'accord, la gorge trop serrée pour arriver à émettre le moindre son. L'homme se recula pour lui laisser de la place et il s'avança pour se poster face à ce qui devait être la tête de sa mère. Ian prit un grande inspiration et décida de lever directement le drap, sans se laisser le temps de changer d'avis. Il découvrit le visage de sa mère, les yeux fermés comme si elle ne faisait que dormir malgré son teint beaucoup plus pâle qu'il ne l'était habituellement. Ses traits n'étaient pas tirer, elle paraissait sereine comme si plus rien ne pouvait l'attendre désormais. La voir comme ça le toucha plus qu'il ne l'aurait penser : il ne parvenait pas à détacher son regard d'elle et ce, en dépit des larmes qui commençaient à s'accumuler et menaçaient de couler à tout moment. D'une voix roque il affirma qu'il s'agissait bien de Monica avant de relâcher le drap et d'essuyer d'une main légèrement tremblante le coin de ses yeux.

Le médecin le remercia, lui indiquant qu'il avait quelques papiers à lui faire remplir. Il allait ranger le corps quand Ian le stoppa d'un geste.

« - Excusez moi, vous..., commença Ian hésitant, vous n'auriez pas vu une marque sur son bras ?

- Euh... il me semble bien qu'il y avait des marques d'exsanguination au niveau des poignets. Vous voulez que je vérifie ? S'enquit le médecin.

- "D'exsanguination" ? Vous parlez de ces marques quand on se taille les veines ?

- Oui.

- Alors oui elle en a mais c'est euh... si vous aviez vu autre chose ? Plus... plus au niveau de son avant bras, précisa Ian en indiquant son propre bras.

- Je n'en ai pas le souvenir, non.

- Je peux regarder si ça ne vous gène pas ?

- Euh oui, répondit le médecin surpris, si... si vous voulez mais je l'aurais marqué dans le dossier si j'avais vu quelque chose »

Sans accorder la moindre attention à répondre, Ian s'approcha de nouveau du corps et se plaça du côté gauche selon son souvenir. Il leva à peine le drap, juste de quoi révéler l'avant bras de sa mère complètement vide de la moindre marque.

« Ça devrait être là. Ils étaient juste là » marmonna-t-il plus pour lui que pour autre chose tout en touchant du bout des doigts la peau glacée qui, dans son rêve, avait été mutilé. Il allait retirer sa main, quand tout à coup la main de sa mère l'agrippa. Surpris il essaya de reculer mais la prise s'affirma autour de son poignet. Paniqué il releva la tête et vit sa mère : les yeux grand ouvert et vitreux, la tête inclinée en sa direction et une voix ne ressemblant en rien à la sienne s'échapper de ses lèvres pour formuler un seul et unique mot : « Milkovich. » Ian était prêt à hurler quand une pression, tel un étau, au niveau de ses épaules le ramena à la réalité et il réalisa que le médecin le tenait, insistant sur le fait qu'il devait la lâcher. Il baissa les yeux et réalisa qu'en effet, c'est lui qui tenait sa mère et qu'il enfonçait même ses ongles dans la chair froide. Surpris de sa propre action, il relâcha vivement le bras comme si celui était soudain brûlant et laissa l'homme l'éloigner un peu. Il resta planter sur place, complètement immobile pendant que le médecin referma rapidement le réfrigérateur et revint vers lui.

« - Hé ! Ça va petit ? Qu'est ce qu'il t'a prit ?

- Je... je..., bredouilla Ian, je sais pas. Je suis désolé.

- Ok, répondit l'autre homme peu convaincu. Est ce que tu veux prendre l'air avant de faire la paperasse?

- Si ça vous dérange pas.

- Je préviens Becky. Elle prépara tout et y mettra de côté en attendant. Je m'en occupe, vas prendre l'air. »

Ian le remercia rapidement et fila sans demander son reste, trop presser de s'éloigner de tout cela. Quoique qu'il fasse, les choses avaient définitivement changer et qu'il le veuille ou non elle n'avait pas l'air d'aller en s'améliorant.

§

Il avait fumé deux cigarettes et était en train de boire un chocolat chaud dans l'espoir de se calmer les nerfs quand un vacarme à l'accueil attira son attention. Il releva la tête de son gobelet en plastique pour voir au poste des infirmières une jeune femme brune, guère plus petite que Fiona, hausser le ton et agripper le comptoir, sûrement pour contenir sa colère. Distraitement, il se permit d'écouter la conversation :

« - Je veux savoir comment va mon frère !

- Mademoiselle, je vous ai déjà dis...

- Que vous ne saviez pas, oui je suis au courant ! Mais vous avez un putain d'ordinateur devant vous alors tapez son nom et rassurez moi en me disant qu'il est en vie au moins, merde ! Faut que je vous épelle son nom peut être ?

- Ce n'est pas la question.

- M-I-L-K-O-V-I-C-H. Vous tapez, oui ?! »

Assemblant les lettres, Ian déconnecta de la conversation : « Milkovich ». Il avait du se tromper, mal entendre. Ça ne pouvait pas être possible, ça ne pouvait pas être vrai. Ian fixa la jeune femme depuis son siège : ça ne pouvait surtout pas être une coïncidence alors quand la jeune femme quittait l'accueil en direction de la sortie à la manière d'une tornade, il se leva de son siège pour la suivre. C'était étrange de sa part de le faire, il ne pouvait pas se donner de raison mais son corps se mit en mouvement et alla vers l'extérieur également.

Une fois fois dehors, il la chercha du regard. Il avait l'impression désagréable d'être un de ces malades qui suivent les filles dans la rue et les harcèlent. Ce n'était pas son attention mais la sensation le dérangeait. En fait, il ne savait pas vraiment quelle était son attention : lui parler ? Lui dire que sa mère morte vient de lui donner son nom ? Et puis quoi, se rendre directement dans l'aile psychiatrique de l'hôpital ? Tout cela était stupide et pourtant sans vraiment s'en rendre compte il était à côté d'elle à lui tendre son briquet pour qu'elle allume sa cigarette avec, au lieu de se battre avec son propre briquet usagé. Elle leva un sourcil sceptique en sa direction avant d'accepter. Elle alluma finalement sa cigarette et lui rendit son briquet, le remerciant tout en exhalant un nuage de fumée.

« - Vous en voulez une ? Proposa-t-elle en tendant son paquet, vous avez l'air d'en avoir autant besoin que moi.

- C'est gentil, remercia Ian en prenant l'une des cigarettes et en l'allumant. Vous êtes venu voir quelqu'un ? Ajouta-t-il innocemment.

- J'essaye mais ces connasses d'infirmière sont trop coincées du cul pour en avoir rien à foutre...

- On serait déjà venu vous voir s'il était mort vous savez...

- Pardon ? Demanda-t-elle méfiante. Vous êtes qui et vous voulez quoi au juste ?

- Je euh, soupira Ian en se mordant la lèvre inférieur, je crois que je suis quelqu'un qui a les oreilles qui traînent un peu trop pour son bien.

- Je vous le fait pas dire. Merci pour le briquet, vous avez peut être quelqu'un d'autre à aller voir, ajouta t elle en indiquant l'hôpital d'un signe de tête afin de l'inviter à partir.

- Euh, oui. Faut que je retourne voir ma mère. A la morgue. Je vais pas vous embêter plus longtemps. »

Sa réponse était gauche, avait jeté un froid mais surtout elle avait eu la réponse de pitié escomptée. Et tandis qu'il jetait sa cigarette et l'écrasait d'un geste rapide du pied, il sentit une main se poser sur son bras. Il releva la tête pour voir la jeune femme le regardait intensément, une lueur de peine dans le regard.

« - Je suis désolé. Je suis une vraie plaie. Vous êtes sympa avec moi sans raison et je fais ma conne, c'est pas cool.

- Vous vous faîtes du soucis, c'est normal. Je comprends.

- Non. Enfin, si. C'est que... c'est que je suis pas comme ça normalement. C'est mon frère et ça me fou en l'air de rien savoir.

- Il n'y a pas de soucis, répéta Ian. De toute façon il fallait que j'y aille.

- Ok. Ben merci en tout cas. » répondit-elle en levant sa cigarette.

Ian lui sourit et retourna à l'intérieur. Il fallait qu'il retourne à la morgue finir les papiers de décès de Monica. Il allait appeler l'ascenseur quand il suspendit son geste, son doigt juste à quelques millimètres du bouton. Il baissa la main et tourna la tête en direction de l'accueil. Il se remit à se mordre nerveusement la lèvre en regardant alternativement le poste des infirmières et l'ascenseur. Soupirant il tourna les talons et alla continuer de se mêler de ce qui ne le regardait pas.

§

Les bipes des différents appareils résonnaient dans la chambre presque vide. L'odeur de désinfectant et de médicaments était partout, emplissant ses poumons à chaque inspiration. Mickey détestait les hôpitaux. Il les avait toujours détesté et les détesterai sûrement tout le reste de sa vie mais ce qui l'insupportait encore plus était d'être coincé dans le lit de l'un d'eux. Il n'était déjà pas le meilleur malade du monde et ceci depuis son enfance. A l'époque, Mandy se moquait souvent de lui quand leur mère le forcait à rester dans son lit et à manger sa soupe. Pas qu'elle était heureuse qu'il soit malade mais elle trouvait toujours drôle la force avec laquelle il se débattait pour essayer de fuir sa convalescence. Une dizaine d'année n'avait rien changer à ça et le jeune homme prenait son mal en patience en attendant que quelqu'un daigne passer le pas de la porte et le sortir de là.

Il commençait à perdre patience et avait pris la décision de se mettre à hurler pour rameuter du personnel quand la porte de sa chambre s'ouvrit enfin. Certes ce n'était pas un médecin mais il avait échapper à la visite d'une stupide infirmière : à la place sa petite sœur passait le pas de la porte, les yeux brillants et un grand sourire sur son visage. Mickey était tellement soulagé de la voir qu'il ne vit pas tout de suite qu'elle n'était pas venu seule : sur ses talons un jeune homme qui devait avoir son age, rouquin et qui faisait au moins une tête de plus qu'elle. C'était la première fois qu'il voyait ce gars et se demandait bien pourquoi sa sœur l'avait ramené, surtout que le malaise se lisait sur son visage.

Son attention fut rapidement rapportée sur sa sœur lorsque celle-ci s'approcha du lit et se pencha pour le prendre dans ses bras. Il en profita pour déposer un léger baiser sur sa tempe. Elle se releva et son sourire s'effaça soudainement, suivit pas sa main qui vint taper l'arrière de son crâne.

« - Hé ! Je suis à l'hôpital je te rappelle ! S'exclama-t-il.

- Tu m'as fais la peur de ma vie espèce d'abruti ! Rétorqua Mandy. En plus ces connasses à l'accueil voulaient rien me dire, j'étais à deux doigts de leur refaire le portrait !

- Je te reconnais bien là mais t'inquiète ça va. Enfin ça ira mieux quand j'aurais pu chopper un médecin pour qu'il me libère. Bref. » Ajouta-t-il en jetant un coup d'œil en direction du jeune homme présent derrière sa sœur.

Mandy tourna la tête pour suivre la direction du regard de son frère et se rappela de la présence d'Ian derrière elle. Son visage s'éclaira de nouveau quand elle refit face à son frère.

« - Pardon j'ai zappé les présentations. Mickey, voici Ian. Ian, comme tu peux t'en douter voilà mon frère. Ian est mon sauveur, enfin celui des infirmières qui ont encore leur tête. On s'est rencontré dehors en fumant une cigarette et il a été assez gentil pour – je ne sais toujours pas comment – réussir à convaincre ces débiles de me donner des infos ! »

Tandis que Mandy continuait d'expliquer la situation, Ian hocha la tête en guise de bonjour à Mickey. Celui-ci occulta sa sœur pour prêter plus d'attention à son visiteur. Ce garçon n'avait rien de spécial à première vu, si on mettait de côté sa taille et ses cheveux roux tirant presque sur le rouge. Non, décidément, Mickey ne voyait rien qui mérite que sa sœur traîne cet inconnu dans sa chambre d'hôpital, rien jusqu'à ce que son regard accroche celui de l'autre homme. A cet instant précis l'un et l'autre ressentirent un frisson parcourir l'intégralité de leur corps à travers leur colonne vertébrale.

Si Ian ne pouvait identifier précisément la raison de ce frisson, Mickey était pleinement conscient de ce qu'il signifiait. Son regard se durcit soudainement et sans rompre le contact visuel, il interrompit sa sœur qu'il avait cessé d'écouter depuis un moment :

« - Sors moi ça de là, tout de suite.

- De quoi ? Demanda Mandy étonnée qui n'avait pas la moindre idée de quoi pouvait bien parler son frère.

- Ça, répéta Mickey avec un signe de tête en direction d'Ian, dehors. Tout de suite.

- Mais ça va pas ? Tu peux pas parler aux gens comme ça même si tu es...

- Mandy. » gronda Mickey.

Ian regardait alternativement les deux Milkovich sans bien comprendre ce qu'il se passait. Il n'avait pourtant rien dit ou fait d'étrange. Il n'en avait pas eu la sensation en tout cas. Il allait ouvrir la bouche pour parler, s'excuser, n'importe quoi quand le soupir de Mandy le prit de cours. Elle leva les yeux en l'air à l'attention de son frère et se tourna vers Ian :

« - Excuse moi, j'ai oublié que mon frère est un abruti doublé d'un gros con quand il est hospitalisé. J'aurais pas dû, laisse moi te raccompagner, ajouta-t-elle en indiquant la porte d'un geste rapide de la main.

- Non, c'est... euh... je comprends. Pas de soucis, bredouilla Ian, je vais trouver la sortie t'inquiètes pas.

- Si, si. Mon frère est un débile alors laisse moi rattraper ça, insista-t-elle.

- Non vraiment, la rassura-t-il, T'as déjà eu du mal à venir jusque là pour venir. Profites en.

- C'est gentil, le remercia-t-elle tout en s'approchant d'Ian et en le prenant dans ces bras – ce qui eu pour effet que les deux garçons présent se raidir instantanément – et lui murmura à l'oreille, et si jamais tu le veux n'hésites pas à me donner un coup de téléphone, tu as mon numéro ! »

Elle se recula et Ian hocha la tête avec un timide sourire sur les lèvres en guise de réponse. Il allait dire au revoir à Mickey quand le regard noir de celui-ci l'en dissuada et il quitta la chambre sans demander son reste. Deux soupires emplirent de nouveau la pièce : l'un de soulagement de la part de Mickey et l'autre d'agacement de la part de Mandy. Cette fois ce fut cette dernière qui, se retournant, adressa un regard noir à son frère :

« - Tu peux m'expliquer à la fin ?!

- Et toi tu m'explique pourquoi tu ramène ça dans ma chambre alors que... »

Mickey s'interrompit au milieu de sa phrase lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit de nouveau, laissant entrer cette fois un homme brun d'une cinquantaine d'année avec une blouse blanche – blouse qui, Mickey l'espérait, signifiait qu'il serait le médecin capable de le laisser enfin foutre le camp d'ici. L'homme s'arrêta à l'entrée de la pièce, fixant Mandy et Mickey chacun à leur tour : apparemment il ne s'attendait pas à trouver plus d'une personne présente. Il fronça les sourcils et jeta un coup d'œil rapide au dossier qu'il tenait dans sa main gauche.

« - Monsieur Milkovich ? Demanda le médecin prudemment

- Ouai, marmonna ce dernier, c'est moi.

- Et vous êtes ? Demanda le médecin cette fois à l'attention de Mandy

- Ma sœur, répondit Mickey avant elle et ajouta, j'ai demandé à ce qu'on lui dise de me rejoindre. »

Techniquement c'était un mensonge, certes. Techniquement seulement car si on lui en avait donné l'occasion Mickey aurait effectivement fait cette demande, Mandy avait juste été plus rapide que lui. Vu le regard du médecin, Mickey avait bien fait d'arranger la vérité, car il semblait être le type de gars très à cheval sur les règles. Ce qui n'était pas son genre mais s'il voulait avoir ses papiers de sortie il savait qu'il devait la jouer fine.

« - Hum.. très bien. Dans ce cas, je vais tout de même vous demander de sortir le temps que je parles avec votre frère. Question de confidentialité.

- Je m'en doute, répondit aimablement Mandy, mais puis-je vous demander une faveur et me laisser savoir ce qu'il est arrivé à mon frère. Il a une fâcheuse tendance à mentir... sur sa santé et j'aimerais connaître la vérité, pas celle qu'il a envie de me servir.

- Désolé mais...

- C'est bon, le coupa Mickey, de tout façon si elle reste pas pour l'entendre de vous elle va me harceler jusqu'à ce que je lui crache le morceau alors autant faire d'une pierre deux coups.

- Vous êtes sûr ? »

Mickey hocha la tête en signe d'accord car il était incapable de laisser le mot « oui » passer ses lèvres. Bien sûr que non il ne voulait pas que sa sœur sache tout, il ne voulait pas qu'elle est d'avantage de raison de s'inquiéter pour lui. C'était lui le grand frère, c'était à lui de prendre soin d'elle et de se faire du soucis, pas l'inverse et Mickey détestait quand la situation tendait à s'inverser. Alors non, il ne voulait pas que Mandy sache la vérité. Oui, habituellement il passait son temps à lui raconter des bobards plus ou moins probables pour la rassurer. Cette habitude ne prenait pas en compte qu'il finisse à l'hôpital alors il savait que cette fois sa sœur ne laisserait rien passer et il fallait qu'il se fasse à l'idée qu'elle soit au courant. Même si ça signifiait tout savoir, vraiment tout.

« - Dans ce cas, concéda l'homme en s'approchant du lit, j'ai donc jeté un œil à vos résultats. Votre oxygénation est revenue à un taux normal. Votre tension, bien qu'un peu faible, est satisfaisante et devrait bientôt revenir à la normale au moins d'ici la fin de la journée. Il ne semble pas que vous présentiez de séquelles neuronales...

- Pardon de vous interrompre docteur, s'excusa Mandy, mais qu'est ce qu'il lui est arrivé au juste ? »

Avant de répondre, le médecin jeta un œil en direction de Mickey qui soupira, signifiant son accord par un geste vague de la main pour lui indiquer de continuer.

« - Votre frère a eu ce qu'on appelle en terme technique un ACR, en terme plus courant un arrêt cardiaque.

- Quoi ?! S'horrifia Mandy, comment... enfin il n'y a pas des signes ? Pourquoi... ? Minute. Tu le savais ? Demanda-t-elle en se tournant vers son frère.

- Oui, maugréa-t-il en guise de réponse, laisse le finir.

- Merci. Je disais donc un ACR. En général oui il y en a mais c'est en fonction des pathologies qui le provoque. Or dans le cas du pneumocéphale de votre frère, le médecin s'interrompit devant l'air perdu de la jeune fille et se reprit pour expliquer, pour faire simple : suite à son accident, un peu de gaz a pénétré au niveau de son cerveau et peut engendrer quelques symptômes et complications dont son arrêt d'aujourd'hui.

- Quel accident ?

- C'est tout ce que tu retiens ? Répliqua Mickey avant de soupirer pour la énième fois : Il y a trois ans quand j'ai disparu d'un coup. Avec Iggy, on a dit que j'étais parti camper alors que j'étais à l'hôpital. On parlera de ça une autre fois. Point.

- Je me permets donc de continuer, intervint le docteur devant le regard incrédule de sa sœur suite à sa révélation. On connaît donc l'origine de son problème et on va pouvoir le traiter. On va mettre en place un traitement et d'ici une semaine, deux maximum, il sera de nouveau dehors.

- Pardon ?! S'exclama Mickey. Vous plaisantez j'espère ?

- Il y a des interventions à prévoir et...

- Hors de question. Je veux sortir maintenant, pas de discussion.

- Monsieur Milkovich, insista le médecin, vous ne pouvez pas sortir maintenant...

- Vous voulez qu'on voit ça tout de suite ? J'arrache ce truc de mon bras tout seul ou vous me le virez pour que dans deux minutes je sois dehors ?

- Soyez raisonnable...

- Oh mais je suis raisonnable ! J'ai attendu que vous vous rameniez avant de dire que je voulais partir ! J'aurais pu prendre mes cliques et mes claques il y a une heure au moins ! Alors écoutez, je ferais attention si ça peut vous faire plaisir. Je suis même prêt à prendre des cachetons si ça peut rassurer ma sœur mais il est hors de questions que je reste coincé ici plus longtemps.

- Vous connaissez les conséquences, répliqua froidement l'homme. Dans ce cas je vais demander à une infirmière de préparer une décharge et mettre en place un traitement médicamenteux. Le temps de faire tout ça prendra tout de même la journée, surtout que j'aimerais au minimum que vos constantes soient toutes normales avant que vous sortiez. Cela vous convient ? »

Mickey leva les yeux aux ciel mais concéda à hocher de nouveau la tête pour accepter. Le médecin nota quelque chose sur son calepin et prit congé des Milkovich sans plus de cérémonie. Le silence dans la pièce devint soudain pesant. Mickey n'avait plus du tout envie de parler de ça mais le regard brûlant que lui lançait sa sœur ne laissait aucun doute sur le fait qu'il n'allait pas y échapper. Ce n'était qu'une question de secondes avant qu'elle explose.

« - T'es vraiment qu'une tête de mule, lâcha Mandy au bout d'un moment et de façon beaucoup plus calme que ce à quoi Mickey s'attendait, tu t'en rends compte j'espère. Pourquoi tu me dis jamais rien ? Tu crois que ça m'aide de m'imaginer tout et n'importe quoi au lieu de savoir la vérité ? Sérieusement Mickey, crois moi t'as pas fini de m'entendre sur ce sujet là...

- Tant mieux au moins tu feras plus la con à traîner avec n'importe qui, répondit Mickey en croisant les bras sur sa poitrine.

- T'as raison, revenons clore ce sujet là avant d'entamer une autre des tes actions débiles. Pourquoi t'as été un tel trou du cul avec lui ? Je rencontre un chic type et tu l'envoie balader.

- Mandy, soupira Mickey, je croyais que pour un certain sujet on était d'accord que tu me fasse confiance. On est sur ce sujet. Je peux le sentir, ce type... il va falloir que je m'en occupe et pas comme t'aimerais. Tu le sais, d'accord ?

- C'est pas..., elle vérifia que la porte était bien fermé avant de finir sa phrase, un démon Mickey. Tu m'as appris des trucs de base pour les reconnaître et il n'a réagit ni à l'eau bénite, ni à l'argent de ma gourmette !

- Sérieux ? Tu lui a jeté de l'eau bénite à la gueule ?

- Je suis pas folle à ce point. J'en ai glissé dans le café que je lui ai offert. Bref. Rien de bizarrement démoniaque.

- Mandy, j'ai eu... je l'ai ressenti y un truc de pas normal chez lui.

- Peut être... mais tu ressens la présence des êtres surnaturels mon vieux. Pour une fois t'as peut être ressenti la présence de quelqu'un du côté des gentils.

- Tu t'entends ? Tu crois que tu viens de croiser un ange peut être ?

- Peut être pas, concéda Mandy, mais avec son physique je veux bien qu'il m'emmène au septième ciel avec lui !

- Mandy...

- Ok, ok. Je plaisante – à moitié – mais sérieusement tu penses pas que pour une fois on est peut être tomber sur quelqu'un... comme toi ?

- Je... je sais pas. En tout cas, si c'est pas un démon ça m'évite du boulot. Je te préviens par contre : j'en ai rien à foutre de lui dans ce cas et je veux plus le revoir. Il sort de nos vies. Pour toujours. Compris ?! »


Notes : Voilà la suite avec l'arrivée de mes Milkovich préférés ! J'ai failli couper juste avant l'arrivée de Mickey mais j'avais pas envie d'attendre le prochain chapitre pour le voir ! J'espère donc que la fin de ce chapitre n'est pas trop maladroite (jouant mon auto-beta j'ai un peu trop le nez sur mon travail pour être objectif). Bref, comme d'habitude n'hésitez pas à laisser votre opinion ! :)