Avant de lire ce chapitre j'aimerai préciser que je n'ai aucune notion en russe et j'ai dû faire des recherches internet, du coup le vocabulaire utilisé est peut être faux. Je m'en excuse par avance et si cela vous intéresse, vous trouverez un glossaire à la fin des mots en italique.

Chapitre 4 : Holy Sin

La route fut plus courte que ce à quoi s'attendait Ian. Certes la circulation les avait ralenti mais au final, Ian découvrit qu'il n'allait pas si loin que ça des quartiers Sud. En fait, il connaissait déjà le quartier où ils étaient : Boystown, le quartier gay de Chicago et ceci lui fit se demander ce qu'ils venaient faire par là. Certes le fait que Mickey Milkovich l'emmène dans ce genre de quartier lui donnait quelques idées par forcément très saintes mais il ne voyait pas le rapport avec les derniers événements.

Il laissa son regard dérivé sur les différentes enseignes de bars et de clubs, se demandant où ils allaient tandis que la voiture empruntait différentes rues. Au bout de quelques minutes, le véhicule ralentit et Mickey coupa le moteur face à – ce qui semblait être pour Ian – un club sadomasochiste. Du moins c'est ce que laisser entendre la quantité de cuir, chaînes et autres objets qu'Ian pouvait apercevoir. Il fronça les sourcils, soucieux de leur destination et Mandy remarqua son regard dans le rétroviseur intérieur. Elle lui sourit doucement et lui expliqua :

« - C'est pas vraiment là que tu vas aller si ça peut te rassurer. C'est juste que... je vais pas pouvoir vous accompagner et Mickey ne veut pas que je sache où est l'entrée de là où vous allez. C'est très crypté dit comme ça, ajouta-t-elle, mais promis c'est pas... euh... si étrange quand on sait pourquoi. Ce que tu sauras, une fois là-bas bien sûr parce que...

- C'est bon t'as finis ? La coupa Mickey. A ce rythme, on va coucher là.

- T'as qu'à pas jouer les « Monsieur Mystère » et j'aurai pas l'air d'une débile !

- Ouai, ouai ! Allez en route Gallagher ! Répondit-il en sortant de la voiture et en rejoignant le trottoir.

- Vas y avant qu'il râle, lui dit-elle en se glissant derrière le volant, t'en fais pas pour moi. Je vais faire un tour en voiture et Mickey m'enverra un message pour vous rejoindre ici quand vous aurez fini. »

Il allait ouvrir la bouche mais elle coupa court à son geste en redémarrant le moteur et en lui indiquant de sortir d'un geste de la main. Il ne se le fit pas redire et sortit rejoindre Mickey sur le trottoir, qui était en train de s'allumer une cigarette. Il resta planté là, sans rien dire en attendant les instructions de l'autre jeune homme. Mickey tirait lentement sur sa cigarette, observant la voiture familiale rejoindre le trafic et tourner dès la première intersection. C'est à ce moment là que, sans prévenir Ian, il se mit à marcher dans la même direction que la voiture mais tourna dans une petite ruelle piétonne avant d'atteindre l'intersection. Il jeta de façon régulière un coup d'œil derrière lui pour vérifier à la fois qu'Ian était toujours derrière lui mais également que personne d'autre ne les suivait.

Au bout d'un long moment sans décrocher le moindre mot, Ian décida de remédier à ça. Il n'était pas spécialement du genre bavard mais lorsqu'il était nerveux, il avait du mal à supporter le silence. Il décida donc de demander la chose la plus évidente :

« - On va où en fait là ?

- Tu verras.

- Je veux pas être pénible mais tu te répètes.

- Peut être parce que tu poses toujours la même putain de question ? Répliqua Mickey en jetant un œil sur Ian. Change de disque, on est bientôt arrivé de toute façon.

- C'est juste que...

- Putain je comprends pourquoi Mandy t'apprécie. Tu la fermes jamais ? Demanda-t-il agacé

- C'est que tu m'as l'air tellement chaleureux et aimable que je peux pas m'en empêcher. » répondit Ian sarcastique.

Mickey ne fit aucun commentaire et se contenta de lever les yeux aux ciels. Il fallait avouer que le rouquin avait du répondant quand il le voulait et avait l'air aussi têtu. Typiquement le genre à faire flancher un Milkovich. Mickey repoussa cette idée et tourna une dernière fois dans une impasse sombre avant de s'arrêter devant une porte de fer. Ian s'arrêta juste à côté de lui et leva les yeux pour lire l'inscription sur l'enseigne : « Holy Sin ». Ian avait déjà entendu parler de ce club mais n'y avait jamais mis les pieds et ce, pour plusieurs raisons : seul les initiés connaissaient l'entrée du club, selon la rumeur ses membres étaient triés sur le volet et la dernière raison mais pas des moindres, apparemment c'était un club particulier même si Ian ignorait ce que cela voulait dire. Il rapporta son attention sur Mickey, un sourcil arqué par le scepticisme. Il se retrouva à ouvrir la bouche sans trop savoir pourquoi :

« - Le « Holy Sins » ? T'es au courant que c'est un club gay ?

- Je suis au courant mais c'est pas pour aller dans un bar de tapettes qu'on est là. On va dans l'arrière salle, lâcha-t-il en se passant rapidement sa main sur sa nuque et en évitant soigneusement le regard d'Ian.

- Sérieusement ? Je vous croyais pas comme ça Milkovich. Tu sais si tu voulais m'avouer un truc, il suffisait de le dire c'est pas moi...

- Quoi !? S'exclama Mickey en ouvrant de grands yeux et en daignant regarder Ian. Tu veux pas la fermer putain ?

- Non non mais c'est toujours bon d'en apprendre plus sur toi...

- Gallagher ? Gronda Mickey

- Oui ? Demanda celui-ci innocemment.

- Juste..., commença Mickey exaspéré, fermes la : maintenant et même une fois à l'intérieur ! Tu nous rendras service à tous les deux d'ailleurs. » ajouta-t-il avant de se diriger vers la porte d'entrée.

D'un geste sûr il tira sur la poignée et rentra à l'intérieur sans prendre la peine de tenir la porte à son compagnon de route. Ian attrapa à son tour la poignée et se glissa à la suite de Mickey. A l'intérieur, la lumière était tamisé et il fallut un instant aux deux garçons pour que leurs yeux s'habituèrent au changement de luminosité mais lorsqu'Ian vit l'intérieur du club, il comprit ce que voulaient dire les rumeurs par « particulier » et pourquoi Mickey l'avait prévenu de se taire. Face à lui, différents groupes d'individus ressemblant à n'importe quelle autre personne qu'il aurait pu croiser dans sa vie, du moins au premier coup d'œil. En accordant un second coup d'œil, il se rendit compte que ces personnes ressemblaient plus ou moins aux créatures qui hantées ses nuits : leurs yeux étaient noirs sans aucune pupille, leurs corps pouvaient prendre des angles inhumains. Certains n'avaient même plus un visage que l'on pourrait qualifier réellement d'humain.

Face à ce spectacle, Ian resta planté là où il était incapable d'émettre le moindre mouvement. Il avait eu la preuve à deux reprises que ces rêves avaient une dimension réelle mais à aucun moment il n'avait pu s'imaginer faire face à ses monstres. Il fallut la sensation d'une main sur son bras pour détourner son attention et il réalisa que cette main n'appartenait à nulle autre qu'à Mickey. Mickey le regardait avec une légèrement inquiétude, il se souvenait parfaitement de ce qu'il avait ressenti la première fois qu'il avait mis les pieds ici. Il avait exactement en mémoire cette sensation d'être submergé à la fois par la peur et par la colère de voir tous ces montres devant lui, monstres qui l'avaient terrifiés toute son enfance. A la différence d'Ian, il n'avait jamais eu de rêves prémonitoires qui apparaissent du jour au lendemain. Il avait toujours su que quelque chose clochait et il n'avait pas été projeté soudainement dans cette horreur comme l'avait été le jeune Gallagher. Il décida donc de prendre les choses en main et, avant qu'Ian ne puisse totalement paniquer et tournerles talons, il fit passer sa main dans le dos d'Ian et l'entraîna avec lui vers le fond de la salle sans ajouter le moindre mot.

Ce minime contact entre les deux était aussi étrange pour l'un que pour l'autre. L'intimité – en dehors de sa complicité avec Mandy – n'avait jamais été quelque chose qu'il appréciait partager, d'autant plus avec un inconnu, et ce geste – même insignifiant – lui demandait déjà beaucoup de prendre sur lui. Pour Ian, c'était d'autant plus la chaleur qui émanait de Mickey et qui – contre toute attente – lui donnait des frissons qui le mettait mal à l'aise. Il avait peut être plaisanté sur la sexualité de Mickey mais être si prêt de lui était... déboussolant. Pourtant l'un et l'autre ne siffla le moindre mot et Ian se laissa guider, trop heureux d'avoir également l'avantage de voir son attention détournée de ce qu'il se passait dans le club.

En moins de temps qu'il ne fallut pour le dire, il arrivèrent de nouveau devant une porte renforcée. La main toujours sur Ian, Mickey utilisa sa main droite pour composer une série de chiffre sur le digicode juste à coté de la poignée et ouvrit d'un geste expert la porte lorsqu'un « bip » retentit pour signaler que celle-ci était déverrouillée. Le jeune Milkovich invita Ian à rentrer en le poussant délicatement de sa main et ce n'est que lorsqu'il se retourna pour refermer la porte qu'il finit par briser le contact physique qu'ils avaient jusque là. Ian en fut presque déçu mais continua de tenir sa langue, attendant les prochaines instructions de Mickey.

L'espace où ils avaient pénétré était un long couloir au bout duquel se trouvait une autre porte, entre eux et cette porte il n'y avait qu'un homme assis derrière une table. Aux vus de l'arme sur la table, il devait s'agir d'une sorte d'agent de sécurité - si ce genre de poste existait ici – mais ce n'est pas ce qui troubla le plus Ian. Tandis qu'il suivait Mickey qui avançait vers l'homme, il continua de l'observer cherchant à comprendre ce qui le perturbait jusqu'à ce que cela fasse « tilt » : c'était son apparence. Les traits de son visage, la façon de se tenir et même le froncement de sourcils qu'il eut lorsqu'il vit Ian lui rappela grandement un autre homme. Dès qu'il ouvrit la bouche, Mickey chassa ses doutes pour les remplacer par des certitudes : lui et l'homme faisait partit de la même famille !

« - Hé, Iggy ! Comment ça va frangin ? Demanda-t-il en se postant devant la table, tu t'es pas encore fait virer ?

- Vas chier, je suis pas si con que ça ! Répliqua Iggy. D'ailleurs laisses moi deviner : t'es là pour voir le boss non ?

- C'est la seule raison pour laquelle quelqu'un passe part là, débile ! Décidément, je me demande comment tu t'es pas encore tiré dessus toi, soupira Mickey. Bon aller, on y va Gallagher, ajouta-t-il d'un mouvement de tête tout en contournant la table.

Ian hocha la tête avant de se remettre en mouvement mais lorsqu'il passa au niveau de la table, Iggy se leva soudainement et se posta devant lui, une main sur son torse, pour l'empêcher de passer. Ian se stoppa net et jeta un coup d'œil à Mickey, surpris. Mickey, lui, paraissait plus agacé par la situation et le fit savoir par le long soupir qu'il lâcha. Il fit demi-tour et revint vers son frère.

« - Putain, sérieux Iggy ? Aller, laisses le passer il est avec moi !

- Les règles sont les règles même pour toi petit frère ! Il passera que s'il le peut.

- Comment ça ? Demanda Ian perdu.

- Ses règles sont stupides. Tu crois que je ramènerai un type si j'étais pas sûr de moi ?

- Alors il aura aucun soucis, répondit Iggy en sortant un jeu de carte de nul part et s'adressant à Ian il ajouta : Dis moi ce qu'il y a sur la carte et tu peux passer.

- Hein ? Quoi ?

- La carte. Je te laisserai passer uniquement si tu me dis ce qu'il y a dessus.

- Pourquoi Mickey...

- Il l'a déjà fait à sa première visite et il a réussi, le coupa Iggy, maintenant à toi.

- Fais chier ! Allez Gallagher, dis lui le premier truc qui te passe par la tête qu'on en finisse !

- Euh, réfléchit Ian

- Aller ! Le pressa Mickey

- Le premier truc que j'ai en tête c'est une otarie dans un tutu et je vois pas le rapport avec un jeu de carte alors donnes moi deux minutes ! Râla Ian

- Sérieux ? C'est le premier truc qui te viens en tête ? Répliqua Mickey moqueur.

- Mickey te fou pas de lui, tempéra Iggy et retournant la carte il commenta : T 'avais raison, il est bon le gamin ! »

Ian jeta un coup d'œil sur la carte qui venait d'être retournée et fut plus que surpris de voir qu'il avait raison : sous ses yeux une otarie dans un tutu rose dansait face à un miroir. Il avait deviné ce qu'il y avait sur la carte sans la moindre erreur. Il ne savait pas comment mais il l'avait fait. Il releva la tête et aperçu les deux frères Milkovich avec un sourire au coin. Iggy se rassit sur sa chaise pour lui laisser le chemin tandis que Mickey repris son chemin en prenant à peine le temps de lui lâcher un « Bon, tu viens ? ». Ce qu'il fit, non sans rejeter un coup d'œil sur Iggy et le paquet de cartes avec lequel il se distrayait.

Pour la troisième fois de la journée, Mickey montra le chemin en ouvrant la porte et en pénétrant dans le bureau qui se situait derrière. Lorsque les deux garçons furent dans la pièce, tous deux furent surpris de la scène à laquelle ils assistèrent : un homme était assis sur le siège du bureau avec son pantalon au niveau de ses chevilles tandis qu'une femme complètement nue était agenouillée devant lui. L'un comme l'autre pouvait constater qu'il ne s'agissait en rien d'un examen médical et Mickey fut le premier à réagir en s'écriant : « Sérieusement ?! Putain mais y a du monde ici, merde ! ». La jeune femme releva la tête de ce qu'elle faisait et soupira en se relevant tandis que l'homme remontait rapidement son pantalon et quitta la pièce telle une tornade.

« - Qu'est ce que tu veux Mickey ? Demanda la femme avec un accent russe prononcé.

- En plus du fait que tu mettes des putains de fringues sur toi ?! Tu le sais très bien. » râla Mickey.

Son interlocutrice leva un sourcil dubitatif mais daigna attraper la robe de chambre posée sur le dossier du fauteuil et l'enfiler. Étonnamment, les deux garçons soupirèrent de soulagement, visiblement plus à l'aise. Elle s'assit alors a son bureau et d'un geste de main invita Mickey et Ian à faire la même chose sur les fauteuils face à elle. Quand ils furent tous installés, une sorte de combat silencieux se déroula entre le regard de Mickey et de la jeune femme. Agacé d'être mis de côté Ian décida de prendre les devants et brisa le silence :

« - Pourquoi je suis là au juste ? Qu'est ce qu'il se passe ici ?

- Tu n'as rien dit à ton petit copain ? Demanda-t-elle un sourire de malice sur les lèvres.

- Ce n'est pas mon petit copain et non, je n'ai rien dit. Lana, toi et moi on est c'est que tu es meilleure à ça que moi, surtout parce qu'en général tu en sais plus.

- Da !

- En français, putain, grommela Mickey.

- Je crois qu'elle a dit « Oui », répondit Ian en fronçant les sourcils

- Vy govorite po-rousski?

- Euh... non, répondit Ian sous le regard sceptique de Mickey

- Alors vous êtes vraiment ce qu'elle pensait, même plus puissant que ce qu'elle imaginait !

- Svetlana ! Décryptes ! Lâcha Mickey exaspéré

- Votre mère, dit elle à l'attention d'Ian, et avant que vous ne demandiez : non je ne l'ai jamais rencontré mais j'ai cette capacité de communication... un peu comme vos capacités de voir l'avenir ou encore de ressentir, voir les êtres surnaturels.

- Wouha! Minute ! Comment...

- Je le sais ? Demanda-t-elle. Je viens de vous le dire : mes dons. En fait, si vous avez pu passer le couloir jusqu'à moi, c'est à l'unique condition que vous aussi vous ayez des dons. Vous avez vu la carte, non ? Comme vous avez vu d'autres choses sans savoir pourquoi, ni qu'elles pouvaient se produire. »

Ian se redressa que son siège et s'agrippa aux accoudoirs. Il sentait lentement la tête lui tourner : il avait l'impression qu'un flot d'informations commençait à l'envahir sans pour autant avoir les réponses qu'il souhaitait : pourquoi avait-il ses pouvoirs ? Pourquoi se déclenchaient-ils uniquement maintenant ? Y avait-il un moyen de les contrôler ? Il en avait presque le vertige a seulement penser aux questions qui le taraudaient et pourtant la première question qui traversa ses lèvres fut celle qu'il n'aurait pas songeait poser, celle qui avec le recul lui parut la plus débile surtout après sa conversation avec Mandy : « - Alors tout est vrai ? ». Un mélodieux rire s'échappa des lèvres de Svetlana et elle lui accorda un regard attendri, presque maternel. Elle joignit ses mains et prit appuie sur son bureau pour lui répondre avec son harmonieux accent russe :

« - On peut dire ça comme ça si vous voulez. Disons que ce qu'on lit dans la Bible est en partie vrai : Dieu, Satan et leur ribambelle d'anges et de démons mais aussi les miracles, les messies et les prophéties qui vont avec !

- Ça c'est si t'es aussi à fond dans la religion que Miss Jeanne d'Arc, grommela Mickey

- Tu peux t'abstenir pour dire ce genre de connerie, répliqua-t-elle sur le même ton. Tu ne peux pas dire qu'une chose existe et pas une autre. Vous croyez en Dieu, Ian ? Ou même au diable ?

- Euh, réfléchit Ian, une force supérieur qu'on veut appeler « Dieu » pourquoi pas mais le diable...

- Et bien vous devriez, car lui croit en vous. En fait il compte même sur vous et ceux comme nous pour mettre en place ses desseins. Après ce que vous avez vu – dans vos rêves, dans ce club – vous ne pensez pas cela possible ?

- Et quel serait son super plan alors ?

- Comme tout les supers méchants : dominer le monde, plaisanta-t-elle. Plus sérieusement : reprendre son emprise sur la Terre mais... on va dire qu'il a plus ou moins fait un compromis avec Dieu et qu'il ne peut pas la prendre par la force : il doit laisser – avec plus ou moins d'influence de ses diablotins – les hommes semer le chaos eux-mêmes. C'est là que les angelots arrivent : ils insufflent le Bien pour créer un équilibre. Et cet équilibre est ce qui fait que les Hommes sont toujours sur cette Terre, parce qu'ils sont seulement sous l'influence de tout ça, qu'ils ne voient pas vraiment tout cela. Les personnes comme nous peuvent le voir, peuvent changer les choses ou pas.

- Comment ça ? S'enquit Ian.

- En butant tout ces crevards ? Proposa Mickey. Une balle bien placée et tu peux les renvoyer de là où ils viennent. Enfin s'ils ne t'attrapent pas avant, tu vois ce que je veux dire...

- Ou en décidant de n'œuvrer pour aucun des deux camps et d'offrir à la place un lieu de débauches pour chacun, comme ici, ajouta Svetlana d'un geste des deux mains.

- Alors vous deux, commença Ian

- Voyons les choses différemment en ce qui concerne l'équilibre mais nous n'avons pas les mêmes motifs pour ça mais revenons à vous, parce que vous jeune homme êtes une arme jusque là insoupçonnée. »

Les deux garçons eurent exactement la même réaction : ils ouvrirent de grands yeux et s'exclamèrent à l'unisson :

« - Quoi ?!

- Pourquoi votre mamouchka aurait prit la peine de vous prévenir, de vous dire de chercher Mickey ?

- Ok, sérieux. Comment vous pouvez savoir ça ?

- Parce que c'est une puissante sorcière, soupira Mickey, elle peut tuer des nations d'un regard comme elle peut parler avec les morts ou lire dans les pensées, voir l'avenir comme le passé. Elle est capable de terrasser n'importe quelle créature mais elle préfère gérer ce bordel, jouer les madame « je sais tout de vous mais je dis rien de moi ».

- Sérieux ?

- Sérieux, répéta la jeune femme, mais si je suis si puissante c'est parce que j'ai développé mon pouvoir. J'ai appris à Mickey à le faire et tu peux apprendre aussi. En fait si tu veux être capable de défendre ceux que tu aimes : tu devrais le faire dès maintenant.

- Comment ça ?

- Si vous les voyez, ils vous voient. C'est la règle du jeu si on veut. Maintenant que vous savez qu'ils sont là, vous pouvez être sûr qu'ils savent aussi que vous êtes là et qu'ils vont venir après vous. Ils ont besoin de gens comme vous dans leur rang, ils ont besoin de vous à tout prix et sacrifieront tout ce qui compte pour vous jusqu'à ce que vous les rejoigniez.

- Ma famille ! S'exclama Ian. Ils vont s'en prendre à eux ? Comment je les arrête ?

- En apprenant à maîtriser vos dons principalement, répondit-elle puis en tendant la main vers lui elle ajouta : puis-je juste... avoir votre main ? Je voudrais vérifier quelque chose. »

Ian jeta un coup d'œil en direction de Mickey, comme pour lui demander silencieusement s'il pouvait avoir confiance en elle et la toucher. Il n'était pas convaincu de ce que voulait exactement faire la jeune femme en lui prenant la main mais, lorsque Mickey hocha la tête en signe d'approbation, il ne posa aucune question et tendit son bras. Svetlana ferma les yeux quand leur peau rentrèrent en contact et Ian eu la sensation qu'un fourmillement s'emparer de sa main, remontant doucement le long de son bras. Il avait l'impression qu'on prenait petit a petit possession de son corps et il détestait cela. Il se raidit soudainement, repoussant cette sensation le plus fort possible. A l'instant où il sentit que les fourmillements allaient disparaître, Svetlana lâcha soudainement sa main – comme si elle venait de se brûler – et ouvrit de grands yeux. Tandis qu'elle continuait de fixer Ian, Mickey se redressa sur son siège et les observa l'un et l'autre. Il s'était produit quelque chose, Lana avait vu quelque chose. Il le savait. Le problème était de savoir quoi et vu le regard de Lana cela ne pouvait pas être bon, pas pour Ian. Il décida donc d'intervenir avant que la situation ne devienne encore plus gênante :

« - Heureuse ? Demanda-t-il sans vraiment attendre de réponse. Gallagher attends moi dehors j'ai un truc dont j'aimerais lui toucher deux mots en privé.

- Euh...ok, répondit Ian en se levant tout en continuant de fixer Svetlana.

- Restez dans le couloir avec Iggy, mes clients ne sont pas vraiment le genre de personne que vous avez l'habitude de fréquenter. » conseilla la jeune femme.

Ian hocha la tête et quitta lentement la pièce, trop lentement au goût de Mickey qui se retourna et lui lança un regard noir pour le presser. Lorsqu'Ian referma enfin la porte derrière lui, Mickey fit volte face et ne laissa pas le temps à son interlocutrice d'ouvrir la bouche :

« -C'était quoi se bordel ?!

- De quoi...

- Passes moi tes conneries, pesta Mickey

- Je croyais que tu voulais me parler d'un truc ? Demanda-t-elle pour changer de sujet, ce qui ne marcha pas vraiment.

- Ouai, maugréa Mickey, je pratique dix fois plus d'exorcismes que d'habitude...

- C'est bon pour tes affaires, commenta-t-elle

- Je me fais attaquer par une armée de démons en allant à l'un d'eux, continua Mickey sur sa lancée, ce gosse a pu prévoir tout ça, ce qui m'a évité de me faire égorger et maintenant toi qui réagit comme ça ?! Tu te fou de moi en changeant de sujet mais ça peut pas être une coïncidence ! Alors craches le morceau et tout de suite : t'as vu quoi ?

- Rien, soupira Svetlana

- Comment ça « rien » ?

- Rien, nitchevo, que dalle ! Il a repoussé ma magie, personne ne l'a fait jusqu'à maintenant. Mickey, il est beaucoup plus puissant qu'il ne le pense, qu'on ne le pense et je crois que ça explique mieux tes attaques.

- Et comment ?

- Tu te souviens de cette vieille prophétie dont je t'ai parlé un jour, celle sur les portes de l'Enfer ?

- C'était pas juste un vieux conte russe dont tu m'a rabâché les oreilles ?

- Et pourquoi je ferais ça, dis moi ?

- J'en sais rien, des fois tu fais que parler juste pour prouver que tu as raison sur un certain point. Je pensais que tu recommençais.

- Prostite ? Alors, c'est comme ça que tu me vois, en donneuse de leçon ?

- Tu n'allais pas m'en faire une avec ta prophétie, là ? Répliqua Mickey en haussant les sourcils.

- Tu, commença Svetlana en fulminant mais elle fit une pause pour se reprendre, tu as de la chance que ce que je voulais dire soit plus important, dourak. Cette prophétie explique aux démons comment ouvrir les portes de l'Enfer et – si tu veux mon avis – ce garçon que tu as ramené est directement visé.

- Que... pourquoi ? Comment ? Il nous a dit que ça fait a peine quelques semaines qu'il a commencé à avoir ses visions.

- Et dis moi, quand ton activité démoniaque a-t-elle commencé à s'affoler ?

- Il y a, répondit-il tout en réfléchissant et ouvrit de grand yeux quand il réalisa sa réponse : quelques semaines. Putain de merde ! C'est lui qui a provoqué ça ? Pourquoi maintenant ?

- Ou alors c'est les démons qui ont réveillé son pouvoir, je ne sais pas mais je crois que c'est pour ça qu'il a perdu sa mamouchka : ils ont voulu s'en prendre à elle et elle n'a rien du vouloir leur dire. A la place à lui a dit de te chercher – même si c'est quelque chose qu'il ne voulait pas t'avouer.

- Pourquoi moi ? Qu'est ce que je peux bien apporter à ce gamin ?

- Tu es un combattant, presque un chasseur de démons. Elle dû penser que tu pourrais le protéger. Mickey, les démons connaissent cette prophétie et... attends, ne me dit pas qu'elle est pas restée dans un coin de ton esprit ? Demanda-t-elle mais devant le regard fuyant de Mickey elle soupira et récita: « Le sang de l'être pur devra couler afin d'ouvrir la porte de l'enfer. » Tu vois ce qui l'attends ?

- On est sûr que c'est lui ?

- Tu veux attendre que l'enfer se déchaîne sur Terre pour en être sûr ou tu préfère couvrir tes arrière et apprendre à ton petit copain à se défendre ? Parce que s'il est vraiment qui on pense, ils vont le chasser Mickey, lui et sa famille jusqu'à libérer Lucifer et son armée complète.

- Et on sera pas dans la merde, c'est ça? Et comment on arrête ça ? Il va pas passer sa vie en cavale.

- On peut peut-être compter sur le fait que les démons soient aussi attentifs que toi aux prophéties et qu'ils ne retiennent que ce qui les intéresse...

- Dis moi tout ma belle, tu m'intéresses. » répondit Mickey, un sourire carnassier sur le visage.


Notes : Comme promis un petit glossaire du vocabulaire utilisé :

Da : oui
Vy govorite po-rousski ? : Parlez-vous russe ?
Mamouchka : maman
Nitchevo : rien
Prostite : pardon
Dourak : idiot/crétin

Et encore merci d'avoir pris la peine de lire ce nouveau chapitre, n'hésitez pas à me laisser votre avis en commentaire !
Et pour ceux/celles qui se poseraient la question : oui j'ai bien réutilisé une réplique (ma préférée) de Constantine :)