Chapitre 9 : Histoires de famille
« - Ian, répéta Lip désespéré, réponds ! On est où là ?
- Attends, intima Mickey à Ian tout en le maintenant toujours fermement, on doit être sûr.
- Sûr de quoi ? Demanda Lip paniqué. Qu'est ce que que vous allez faire ? »
Mickey ne prit pas la peine de répondre et commença à citer son "In nomine partis". Contrairement à la fois précédent, Lip n'eut pas de réaction soudaine. Il se mit simplement à bouger sur sa chaise, visiblement gêné par quelque chose.
« - Qu'est ce que tu fou ? J'ai l'impression de brûler de l'intérieur ! » Râla Lip.
Mickey s'arrêta, satisfait, et lâcha Ian pour qu'il puisse aller auprès de son frère. Ian ne se fit pas prier et alla se jeter à genoux près de lui, prêt à lui retirer les liens qui l'entravaient.
« - Tu ne devrais pas, lui conseilla Mickey, on sait pas combien de temps il aura le contrôle et si Azazel reprend la main on sera dans la merde. »
Ian pesa le pour et le contre avant de lancer un regard désolé à Lip qui n'attendait que d'être libéré. A la place il posa sa main sur la cuisse de son frère, tentant d'être rassurant. Aussi bien pour Lip que pour lui même.
« - Ian, supplia Lip
- Désolé. Ça va aller, je m'en occupe. Juste... Tiens bon OK ?
- Hé ! Désolé d'écourter vos retrouvailles mais on est pressé par le temps et on a besoin de toi. » intervint Mickey. Face au regard perdu de Lip, il ajouta : « Le truc que t'as en toi, c'est un démon qui te possède et on a besoin de connaître ce qu'il sait.
- C'est important. Genre "vie ou de mort" important, précisa Ian.
- Comment ? Je... Je sais rien.
- Tu le sais mais c'est inconscient. Comme le vieux souvenir d'un rêve. Si je te parle de rituel, de porte de l'enfer.
- De quoi ?! S'exclama Lip
- Lip, le rassura Ian, essaye s'il te plaît. Ce qu'il s'est passé à la maison c'est rien comparé à ce qu'il peut se passer. Tu te souviens des hommes qui nous ont attaqués ?
- Je..., réfléchit Lip, J'ai cette impression de froid, d'être entouré de personnes mais je ne me rappelle pas de voir quelqu'un. C'est étrange.
- Des esprits, déclara Mickey. C'est plutôt rare qu'il y en ai plusieurs. Ils ont dû les appeler... Évidemment !
- Quoi ? Demanda Ian.
- Dis moi, quand tout ça a commencé, qu'est ce que tu as ressenti la première fois ?
- Euh... C'était ça ?
- Des témoins. Ça a dû réveiller tes pouvoirs. Je pari que ce sont des fantômes issus de la même ligné. Ça nous fait au moins notre première étape. La deuxième c'est les sacrifices. Je veux pas t'obliger à avoir de mauvais souvenirs mais j'ai besoin de savoir combien Lip.
- Avec du sang et tout ? J'ai pas ce genre de souvenir mais plutôt des gens réservés, mis de côté. Juste le nombre qu'il faut, comme pour les esprits.
- Combien Lip ? Insista Mickey
- Je sais pas. Je me souviens juste qu'il en faut autant pour préparer le passage. Des gens de confiance mais c'est pas leur vrai visage. Ça a un quelconque sens ?
- D'autres possessions ? Proposa Ian
- Ça en a tout l'air. Et après ?
- Après ? Après tout commence. Il veut servir son maître, lui ouvrir le chemin. J'ai comme la nausée, c'est normal les gars ?
- Oui. Ian tu devrais reculer, il perd le contrôle.
- Vous allez pas le laisser faire ? S'inquiéta Lip. Faite un truc, n'importe quoi !
- Mickey, supplia Ian en tournant vers lui un regard de chien battu.
- Vaut mieux lui que toi, répondit l'intéressé en évitant soigneusement le regard d'Ian. Azazel est trop puissant pour qu'on se permette de prendre le risque qu'il te possède.
- Alors tu vas te servir de lui comme d'une prison improvisée ?
- Tout ce qu'il faudra pour éviter qu'ils arrivent à toi. On sait pas comb... Le bâtard ! Je sais combien il lui faut de possession ! S'exclama Mickey tout en ayant une révélation.
- Si je reste possédé, ça protège Ian ? » Demanda Lip hermétique à l'épiphanie de Mickey et dont la peau prenait une dangereuse pâleur, des perles de sueur roulant sur le front. Mickey hocha simplement la tête en guise de réponse.
A la plus grand horreur d'Ian, Lip répondit un simple: « Alors OK. » avant de rendre les armes et de fermer les yeux. Ian n'eut pas le temps d'émettre le moindre geste qu'un grognement retentit de la gorge de Lip. Ian recula précautionneusement jusqu'à Mickey qui était resté stoïque. Soudain Lip rouvrit les yeux mais ce n'était plus lui : ses yeux étaient entièrement noirs, Azazel avait repris les commandes.
« - Alors c'est tout ? J'aurai cru l'héritier plus puissant que ça, se moqua Azazel.
- C'est tout et c'est amplement suffisant pour savoir ce qu'on voulait. Six morts ramenés à la vie, six vivants tués et six vivants possédés par des morts : 6, 6, 6, le chiffre de ton maître. Tu as raison, le gamin était pas si loin que ça et en additionnant deux et deux, ça paraît évident, répondit calmement Mickey.
- Alors quoi ? Vous allez m'exorciser maintenant ? Demanda le démon, dont la voix trahissait une légère anxiété.
- C'est ce que tu voudrais mais ça serait trop facile. Tu vois Azazel, pendant que tu es dans ce corps on a la certitude que tu pourras rien faire pour posséder Ian.
- Et Lip a accepté de rester posséder, ajouta Ian.
- Et Lip a, en effet, décidé de protéger son petit frère. Je crains que tu sois encore coincé dans ce corps – que tu voulais tant – encore un moment.
- Pas avec le sort qu'il vient de faire, répliqua Azazel. Cela demande une grande quantité de pouvoir et maintenant vous pouvez être sûr que tous les démons aux alentours vont rappliquer.
- Mickey ?! » s'exclama Ian inquiet.
Il ne lui était pas venu à l'esprit quand Mickey lui avait dit que les personnes comme eux pouvaient ressentir les pouvoirs des êtres surnaturels que la réciproque était vraie. Il avait suivi les instructions pour parler à son frère sans imaginer la quantité de pouvoirs nécessaire et encore moins que cela attirerait l'attention sur eux comme un phare en pleine nuit. Les démons savaient déjà qu'ils ne possédaient pas le bon Gallagher à cause d'une de ses erreurs mais comme Mickey aurait-il pu le laisser recommencer ? Surtout si cela indiquait leur planque. Les protections du loft ne suffiraient pas. Ils allaient devoir partir, Ian en était persuadé et la panique commença à le gagner. Contrairement à la réaction qu'Ian attendait de Mickey, celui-ci resta étrangement calme, comme si aucun danger ne les menaçait :
« - En effet, répondit posément Mickey, ce sort demande une grande quantité de pouvoir c'est d'ailleurs pour cela que j'en était incapable. Si seulement il existait quelque chose pour le camoufler, comme des symboles spécifiques...
- Aucun de ceux que tu as tracé au mur n'est assez puissant pour ça, assura Azazel sûr de lui.
- Ah oui ? Demanda Mickey feignant l'ignorance. J'aurai pourtant juré... »
Il se stoppa au milieu de sa phrase, les deux autres hommes le fixant avec intensité, comme suspendu à ses lèvres. Chacun espérant une fin différente mais un seul allait être satisfait. Mickey s'approcha du démon, le contourna et, attrapant le dossier de la chaise, fit faire un demi tour au démon avec toute la force dont il était capable. Face à eux, un symbole ensanglanté plus imposant et plus compliqué dans sa formation que les autres. Un sourire aux lèvres, Mickey ajouta :
« - Celui-là doit servir à ça, non ?
- Enfoiré. » lâcha Azazel la mâchoire serrée.
§
Après s'être assuré d'avoir sécurisé la cellule, les deux garçons laissèrent Lip derrière eux pour aller rejoindre les autres membres de la fratrie Milkovich. Mandy ayant pris la voiture pour récupérer Iggy, ils prirent le métro pour les rejoindre à leur point de rendez vous. L'un et l'autre étaient silencieux : Mickey semblait absorbé dans ses pensées, sa jambe droite bougeant nerveusement, tandis qu'Ian était absorbé par son observation – limite suspecte – de Mickey. Ne tenant plus, Ian posa calmement sa main sur le genoux de Mickey dans l'espoir d'apaiser son tic nerveux. Lorsqu'il s'en aperçu, ce dernier tourna la tête vers Ian, marmonnant un « désolé » avant de recommencer quelques secondes plus tard. Entraînant cette fois la main d'Ian avec lui. Ian le laissa faire, continuant de l'observer attentivement. Doucement il glissa sur son siège et se rapprocha de Mickey, lui demandant :
« - Qu'est ce qui te tracasse ?
- Rien, répondit Mickey sans le regarder.
- Tu paraissais moins tendu avec Lip. C'est ton frère ? » Sentant Mickey se crisper sous ses doigts, il demanda le plus gentiment possible : « Qu'est ce qu'il lui ai arrivé au juste ?
- Rien, répéta le jeune Milkovich avant de soupirer et d'ajouter : fais chier, des histoires de famille. Tu le sauras bien assez tôt. Concentres toi plutôt sur toi et ta famille, ok ? »
Ian ne répondit pas mais serra affectueusement son genoux. Contre toute attente Mickey ne fit rien pour le repousser, se laissant emporter par le confort de ce simple geste. L'arrivée à leur arrêt fut le seul moment où Mickey émit un geste pour se dégager. L'un à côté de l'autre, ils quittèrent la station de métro et Mickey les mena jusqu'à un bâtiment résidentiel. Il appuya alors trois fois sur le bouton de l'interphone et attendit que la porte s'ouvre pour rentrer.
« - Je suppose qu'on ne va pas dans un cabinet médical, dit Ian en montant dans l'ascenseur à son tour.
- Non. C'est une planque de Joe, si on peut dire.
- Et ce Joe, c'est...
- Un médecin. Il bosse a l'hôpital. A l'occasion on se rend mutuellement des services. Je l'aurai bien surnommé "Doc" mais je me sentais pas assez Marty McFly pour ça. Alors je m'en tiens à Joe.
- Abruti, répliqua Ian en souriant. T'as vraiment des références de geek toi.
- Je sais reconnaître un classique quand j'en vois un.
- Et toi je dois t'appeler comment si vous cachez vos identités ?
- Nah, mec. Juste lui. Un type respectable ça aime pas trop quand les mecs louches comme moi sont associés à leur vraie vie. Tu vois le tableau ? » demanda Mickey tout en sortant de l'ascenseur.
Ian hocha la tête : il avait fréquenté trop d'hommes mariés pour prétendre ne pas comprendre. Il avait été lui même le secret de quelqu'un et la pensée que Mickey soit le même type de secret lui serra la gorge. Il imaginait mal Mickey dans ce genre de situation mais il devait en avoir le cœur net :
« - C'est quoi comme service que tu lui rends ?
- Du genre qui paie ce que tu bouffes dans le frigo ? La chasse au démon c'est pas très lucratif. » Conclut il en frappant à une porte à un rythme particulier.
Ian n'eut pas l'occasion de pousser plus loin ses questions que la porte s'ouvrait déjà, révélant Mandy juste derrière. Ses traits étaient tirés, marqués par l'inquiétude. Son visage avait perdu toute la jovialité qu'elle avait pu ressentir quelques heures plus tôt avant de quitter les garçons. Peu importe ce qu'il s'était produit : Iggy devait être dans un sale état si on s'en référait à l'attitude de Mandy. Sur les nerfs, son regard voyagea entre les deux jeunes avant de s'adresser d'un ton sec à son frère :
« - T'as pris tout ton temps.
- Plus long que prévu. » se contenta de dire Mickey en rentrant dans l'appartement.
Ian suivit à l'intérieur, laissant Mandy refermer la porte juste derrière eux. Il jeta un coup d'œil circulaire, découvrant l'appartement au fur et à mesure : il s'agissait – à ce qu'il pouvait en voir – d'un simple deux pièces. Ils étaient tous les trois au milieu de ce qu'il semblait être le salon/séjour, orné seulement d'une table avec deux chaises, d'un canapé et d'une télévision, avec un coin cuisine sur l'un des murs. Un couloir – dont émanait quelques cris – semblait mener vers deux autres pièces. Tandis qu'Ian continuait d'étudier les lieux, Mickey s'arrêta au milieu du salon pour s'adresser à Mandy :
« - Dans quel état il est ? Demande-t-il sans détour.
- C'est pas beau à voir, avoua Mandy, mais d'après Joe c'est plus impressionnant qu'autre chose.
- Et les cris ? Demanda t-il avec un mouvement de tête en direction du couloir.
- Tu connais Iggy. C'est moi la fille mais il a un sacré sens du drame. Même s'il est pas mal recousu, quand même. Je crois avoir entendu Joe parler de côté cassée entre autres choses. Il t'en parlera mieux que moi de toute façon. »
Mickey hocha la tête et se dirigea vers l'une des portes du couloir, là où ils avaient installé son frère. Il sentit Ian et Mandy sur ses talons mais ne fit aucune remarque et les laissa faire. Il poussa la porte de la chambre, entendant Iggy râler et se plaindre de façon plus claire. Il se stoppa net sur le pas de la porte lorsqu'il constata l'état de son frère. Mandy n'avait pas menti : il s'était reçu de sacrés coups. Toute la partie droite de son visage était gonflée et boursouflée, sa paupière restant à peine ouverte. Il était recousu au niveau de l'arcade mais également de la joue gauche. Un bandage fermement placé faisait le tour de son torse nu et marqué d'ecchymoses. Son bras gauche était replié formant un angle un peu étrange au niveau de l'épaule. Mickey sentit sa gorge se serrer à le voir ainsi. La culpabilité le submergea : il savait qu'il était responsable de l'état de son frère. Indirectement peut être mais le simple fait qu'il ait gardé contact avait mis Iggy en danger. Il fixait toujours le corps meurtri de don frère quand la voix de celui-ci le ramena à la réalité :
« - Mickey, tu peux dire à Joe que vu comment il traite ses patients, je demande à ce qu'on me prouve la véracité de ses diplômes.
- Mickey, tu peux dire à ton frère d'arrêter de jouer au con et de me laisser lui remettre son épaule en place. Ça va pas se faire tout seul.
- Vous avez fini ? Demanda l'intéressé d'un air presque blasé. Iggy, sérieux, tu connais le mot "véracité" et tu sais l'employer dans une phrase ?
- Je t'emmerde Mick, je suis pas un demeuré contrairement à ce que tu peux penser.
- Alors pourquoi tu le laisses pas faire débile ? T'as un médecin pour le faire, nom de Dieu. Tu t'imagines même pas le nombre de fois où j'ai dû faire ça seul. C'est loin d'être drôle.
- Mick...
- Il le fait ou je le fais. » trancha Mickey d'un ton sec.
Iggy réfléchit quelques secondes, fixant son frère avec intensité. Devant l'inflexibilité de son jeune frère il soupira et laissa le médecin prendre son bras. Sa mâchoire se serra pendant que Joe manipulait son épaule. Il laissa échapper un grognement quand Joe effectua un mouvement sec de son bras, remettant son épaule en place dans un craquement. Tandis que le médecin s'affairait à réaliser un bandage en écharpe, Mickey s'approcha du lit. Posant ses mains sur le cadran pour se donner un point d'ancrage, il demanda :
« - Racontes. Qu'est ce qu'il s'est passé ?
- A ton avis ?
- Pourquoi il s'en ai prit à toi ? Il était saoul ?
- Comme s'il avait besoin de ça. T'es bien concerné pour le savoir, marmonna Iggy. Non c'est cet abruti de Ramirez qui m'a balancé.
- Hector ? Alors qu'on lui a filé la came ?
- Non son père. » commença Iggy avant de se stopper en réalisant la présence d'Ian derrière son frère.
Mickey nota la réaction de son frère et hocha la tête l'invitant à continuer. Devant l'hésitation d'Iggy, il insista :
« - T'inquiètes, il est mal placé pour critiquer une famille aussi merdique que la notre. Continue. Parce que je vois de quoi se mêle le vieux Ramirez là...
- Papa est tombé sur Hector. Enfin sur une info comme quoi Hector avait sa marchandise. Et chez les Ramirez ça se serre plus les coudes que les Milkovich...
- Parle pour le paternel, commenta Mandy depuis la porte.
- Bref, coupa Mickey, papa est tombé sur Hector et le vieux Ramirez t'as balancé pour sauver les fesses de son rejeton ?
- Et papa m'est tombé dessus pour vous retrouver, conclut Iggy.
- Tu lui as dit quoi ? Demanda anxieusement Mandy.
- T'en fais pas petite sœur. J'ai joué au con en prétendant que Ramirez se foutait de lui.
- A voir ta tête je suppose que ça n'a pas marché, commenta Mickey
- On peut rien te cacher, maugréa son frère, j'ai fait genre je t'avais juste vu pour que tu me donnes une adresse pour le club de Lana et que j'en savais pas plus.
- Iggy t'as jamais su mentir...
- Je sais Mickey c'est pour ça que je voulais pas connaître votre adresse, ni rien. J'ai rien lâché, même pas comment vous joindre.
- De toute façon, il aurait continuer un peu et t'aurais été incapable de parler tout court. T'as de la chance d'avoir perdu qu'une dent, encore quelques coups et c'est le maxillaire inférieure qui passait à la trappe et une fracture horizontale de la branche...
- Joe, le coupa Mickey, tu sais qu'il y a que toi qui comprend ce que tu raconte là ? En version "pour les nuls" il est dans quel état ?
- A défaut d'avoir tout ce qu'il fait pour correctement l'ausculter, j'ai suturé une lésion orbitale, commença le médecin mais en voyant les sourcils de Mickey monter au fur et à mesure qu'il parlait il reprit : il est salement amoché au visage, il a perdu au moins une dent mais il semble ne pas avoir de fracture, j'ai recousu son arcade explosée. Il a eu un bandage pour une côte brisée et son épaule était démise. J'ai pas vu d'autres éléments pour le moment mais si jamais il ressent d'autres gênes qu'il le dise immédiatement. Je te cache pas que le mieux serait de passer une radio pour être sûr.
- Quand on aura le fric, d'ici là on va déjà le ramener à la maison histoire que notre cher père ne lui retombe pas dessus.
- Et il va dormir où ? Demanda Ian qui ouvrit la bouche pour la première fois depuis leur arrivée. Squattant le canapé j'ai pas vraiment mon mot à dire mais comment on s'organise du coup ? Juste pour savoir.
- Je prendrai un tapis pour dormir dessus s'il le faut. Je m'en fou, on verra. Le fait est que tu rentre avec nous, compris frangin ? » Iggy hocha la tête et Mickey reprit, s'adressant de nouveau à Joe : « A part rester tranquille un moment, il va avoir besoin de quoi ?
- Anti douleurs. Sur quoi tu peux mettre la main. Je vais vous noter les dosages, histoire de pas abuser.
- Et en attendant, commença Mickey légèrement hésitant.
- En attendant je devrais avoir quelque chose à te filer dans ma mallette. Pour cette fois uniquement.
- Ça marche. C'est cool mec. Si jamais y a quoi que ce soit, on peut te rappeler ?
- A ce sujet, il faut qu'on discute Mickey. En privé, précisa Joe d'un coup d'œil circulaire.
- Commencez à le préparer pour l'installer dans la voiture pendant qu'on parle. Ça va pas être long. » indiqua t il à sa sœur et Ian avant de quitter la pièce derrière Joe.
Ils allèrent dans la salle de bain, repoussant la porte derrière eux pour un peu plus d'intimité. Joe fit volte face, s'appuyant contre le lavabo, il fixa Mickey. Sans prendre de détour il dit de but en blanc :
« - Ça va plus être possible Mickey.
- Pardon ? S'exclama ce dernier tout en croisant les bras dans un geste défensive. De quoi tu parles là ?
- Ton frère. Vous pouvez pas appeler au dernier moment comme ça. Lindsay va finir par se douter d'un truc.
- Répètes moi ça.
- Mickey... Elle commence à se poser des questions, insista Joe.
- Et t'as peur qu'elle découvre que t'es venu soigner au black un mec qui vient de se faire tabasser ?
- Tu sais que je parle pas de ça.
- Oh pardon ! Tu fais référence à tes fréquentations ? Que tu traînes avec des gars qui vendent des médocs pour toi, histoire de couvrir tes paris ou simplement d'arrondir tes fins de mois. Tu parles des dettes que tu lui caches, non ? Nah ?! Milles excuses : Tu dois avoir peur qu'elle découvre que t'aimes les queues autant qu'elle !
- Mickey...
- Arrêtes avec tes « Mickey », le coupa-t-il. Je croyais qu'on avait un deal. Je te rends des services, tu m'en rends. Ce trucs entre toi et moi, c'est en plus et ça fait qu'on se demande pas de frics pour les services qu'on se rend. Apparemment je me suis planté.
- J'aime ma vie avec Lindsay et j'ai peur que tu...
- Que je ? Que je quoi ?
- Que tu t'attaches, marmonna Joe.
- Vous couchez ensemble. »
La voix d'Ian s'éleva derrière Mickey, plus dans un constat qu'une réelle question. Surpris les deux hommes se tournèrent vers la porte entre-baillée. Mickey vit le visage déçu d'Ian et même s'il n'avait pas de raison, il s'en voulut pour ça. Il voyait toutes les parties de sa vie se mélanger. Ce n'était plus juste cette idée de chasser les démons et protéger Ian de Satan. Maintenant il avait ouvert la porte sur sa famille dysfonctionnelle, les autres hommes qu'il voyait, les petits boulots illégaux pour joindre les deux bouts. Étrangement Ian ne semblait pas à sa place dans cette réalité et, au regard de ce dernier, il semblait l'avoir également compris. Mickey voulut se secouer et réagir, dire à Ian de se mêler de ses affaires mais il en fut incapable. Il resta planté là, à espérer qu'Ian dise autre chose. N'importe quoi qui lui permettrait de se ressaisir mais Ian tourna les talons sans un mot de plus et disparu à la vitesse grand « V ». Ce fut le déclic qu'il fallut pour que le cerveau de Mickey se remette à fonctionner.
« - Fais chier ! S'exclama-t-il en fermant les yeux.
- Ton petit copain, je suppose ?
- Ta gueule. » Répliqua Mickey en lui faisant de nouveau face. « Suppose rien quand tu sais rien, ok. »
La colère qu'il avait voulu ressentir contre Ian pour se mêler de ce qui ne le regardait pas, se réveilla sous le regard hautain de Joe. Soudainement, Mickey se sentit incapable de tolérer l'autre home une minute de plus et il explosa :
« - T'en fais pas, ce truc, exposa-t-il d'un mouvement entre eux, c'est rien. On est pas copain et copine, t'es qu'une bouche où je peux ranger ma queue mais si ça peut te rassurer je vais te payer pour les soins d'Iggy.
- Mickey...
- Non ! Laisse moi deux, trois jours et t'auras ton putain de fric mais à partir de maintenant, ça sera toujours comme ça : on paie les services. Et ta queue, tu te la suceras tout seul. Mieux. Tu demanderas à ta femme que t'aimes tant de te l'astiquer. »
Mickey ne lui laissa pas le temps de répondre et sortie comme une tornade, sur les pas d'Ian. Il n'entendit personne dans la chambre et fila directement dans le salon. Là encore il n'y avait plus personne mais la porte d'entrée était ouverte laissant passer des voix émanant du couloir. Mickey se précipita a l'extérieur de l'appartement. Il aperçut Mandy et Iggy - se soutenant à elle - attendre l'ascenseur en parlant tranquillement. Il s'approcha d'eux, cherchant vainement Ian du regard :
« - Où est Gallagher ? Demanda t il un peu plus sèchement que nécessaire.
- Tu lui aurai dis de partir seul devant pour préparer l'appartement avant qu'on arrive. Il nous a dit que tu avais un truc à faire avant de rentrer, répondit Mandy avec précautions.
- Apparemment il a menti, ajouta Iggy.
- Je crois pas que ce soit le moment de pointer les évidences. » Murmura-t-elle sous le regard noir que venait de lancer Mickey. « Qu'est ce qu'il s'est passé ?
- T'en a pas marre de toujours poser cette putain de question ?
- Vas chier. Excuse moi de te porter de l'intérêt.
- Il est parti par où ? Demanda Mickey en se massant la tempe pour tenter de se calmer.
- J'en sais rien !
- Il a prit les escaliers en courant c'est tout ce qu'on sait, précisa Iggy. On s'est dit qu'il allait attraper un bus ou le métro.
- Merci de servir à rien, répliqua Mickey en prenant la direction des escaliers à son tour alors que les portes de l'ascenseur s'ouvraient. Ramène-le à la maison, je vais voir si je peux mettre la main sur l'autre idiot et je vous rejoins ! »
§
Il avançait à vive allure, courant presque sous le soleil de cet après midi ensoleillé. Il sentait son cœur s'emballer dans sa poitrine et l'air lui brûler les poumons. La sensation était libératrice, comme lorsqu'il partait faire des footings avec Fiona les dimanches matins. Il était seul avec ses pensées, rien pour le distraire mais également la capacité de se vider l'esprit de tout. Il laissa ses pieds le guider sans vraiment faire attention à la direction qu'il prenait. En arrivant à un croisement, il hésita quelques instants en reconnaissant le quartier : en prenant à gauche il n'était plus très loin de Boystown et l'idée d'aller voir Svetlana pour lui poser des questions sur ses pouvoirs était tentante. Seulement voir Svetlana lui rappelait trop Mickey et ce qu'il venait d'entendre pour céder à la tentation. Il avait besoin de s'éloigner de la moindre allusion aux Milkovich. Il prit à droite, accélérant sa foulée.
Après ce qui lui sembla être une bonne demi-heure, il ralenti enfin le pas. Reprenant son souffle, il finit par s'arrêter devant ce qui lui sembla être un jardin public. Il s'approcha de la barrière et s'appuya dessus. Il observa les environs, veillant à rester seul, tandis que son pouls reprenait un rythme normal.
Il prit une profonde inspiration avant de décider de rentrer dans le parc faire un tour. Il sentit dans sa poche son téléphone vibrer mais l'ignora délibérément, sans le moindre doute qu'il devait s'agir de Mickey. Il suivit le chemin de terre, pénétrant dans une grande étendue d'herbe ornée d'arbres majestueux. Les alentours étaient silencieux et il ne croisa la route de personne tandis qu'il arpentait le long du chemin. Ses pas le menèrent jusqu'à un jardin rempli d'une multitude de fleurs et au bout duquel une bâtisse se dressait. Sa curiosité naturelle et son besoin de faire le vide le poussèrent à s'approcher et à pousser la porte de ce qui semblait être une chapelle. Il roula des yeux face à l'ironie de la situation.
Il pénétra à l'intérieur les semelles de ses chaussures raisonnant dans la bâtisse vide. Grâce à la lumière post-méridienne les vitraux étaient éclatants, dégageant des couleurs saturées envoûtantes. Il remonta l'allée centrale, promenant son regard sur chaque détail architectural : les voûtes de pierres, les rangées de bancs en bois, les chandeliers suspendus, tout semblait l'attirer avec une force inconnue. Il se retrouva devant l'autel sans même s'en rendre compte. Hypnotisé par la coupe installée juste devant lui, il s'approcha d'avantage et leva le bras dans l'intention de toucher l'objet. C'était presque comme si une voix l'appelait, l'incitait à prendre l'objet dans ses mains. Comme un murmure au creux de son oreille qui mobilisait toute son attention. Ses doigts n'étaient qu'à quelques millimètres de leur objectif quand le vibreur de son téléphone le fit sursauter de surprise. Agacé, sa main fila jusqu'à la poche de son pantalon afin de couper son portable qui était toujours en train de vibrer. Quand il jeta un œil sur l'écran il s'aperçut que l'appel venait d'un numéro non enregistré. Il hésita à répondre. Il hésita un instant de trop et l'appel fut terminé, prenant ainsi la décision pour lui. Il fallut à peine quelques seconde pour que l'appareil vibre de nouveau avant qu'Ian n'ai pu effectuer le moindre geste. Cette fois-ci l'écran afficha l'arrivée d'un nouveau message :
« Pizdec. Pas Mickey. Si tu veux jouer les dourak et t'isoler : évite les lieux saints et évite d'être localiser par les démons. Reproduis le symbole avec ton sang. »
Svetlana. Ian ignorait comment et pourquoi mais le message était d'elle. Suivi d'un deuxième contenant l'image d'un symbole. Elle savait où le trouver mais apparemment n'avait rien dit à Mickey. Au contraire, elle lui donnait même le moyen de disparaître aux yeux des être surnaturels. Il hésita en fixant l'image et fut ramener à la réalité par un grondement sourd. Relevant les yeux il eut l'impression que le grondement provenait de la coupe face à lui. Il eut également la sensation que la terre tremblait, l'attirant à s'approcher de nouveau de la coupe et furieuse qu'il reste résolument à la même place. Il fut submergé par une sensation d'étouffement, de chaleur. Comme si la noirceur envahissait son corps. Il sut alors qu'il n'avait d'autres choix que de suivre les indications de Svetlana et quitta la chapelle au pas de course.
§
La nuit était tombée depuis longtemps et dans le loft, seul Mickey était encore debout à cette heure-ci. Il était vautré sur le canapé, le regard fixé sur l'écran de la télévision sans pour autant prêter la moindre attention à ce qui passait sous ses yeux. Cela aurait pu aussi bien être une série policière ou la rediffusion d'un documentaire, il n'aurait su le dire. Non, pour le moment il était trop occupé à prétendre que l'absence d'Ian ne l'inquiétait pas alors que cela le ronger depuis l'instant où Ian avait quitté l'appartement de Joe.
Il allait rendre les armes et éteindre le poste quand la serrure de la porte d'entrée tourna, ouvrant la porte dans un léger grincement. Il ne prit pas la peine de tourner la tête pour voir qui rentrait dans l'appartement. Les pas feutrés se stoppant à quelques pas de lui, lui confirmèrent le retour du jeune Gallagher. Il soupira de soulagement. Ne détournant pas la tête, il parla à voix basse pour ne pas réveiller Mandy ou Iggy :
« - Ravi de savoir que t'es toujours en vie.
- J'avais besoin de prendre l'air et de réfléchir. Seul.
- T'en fais pas. Tu me dois rien.
- Hé ! S'exclama Ian en voyant Mickey se lever du canapé et attraper la télécommande, tu m'attendais ?
- Non. » répondit il mais même à ses propres oreilles son mensonge était pathétique. « Et toi t'es parti à cause de Joe?
- Non. » menti à son tour Ian.
Ils restèrent un instant à se regarder. Chacun incapable de détourner son regard de l'autre et à la fois incapable de savoir que dire ou quoi faire. Ce fut finalement Mickey qui se remit en mouvement en premier, il éteignit la télévision et jeta la télécommande sur le canapé avant de prendre, en silence, la direction de sa chambre.
« - Tu vas te coucher ? Demanda Ian d'une voix un peu forte.
- Tu ne pense pas que la journée a été assez longue comme ça, répondit Mickey sans se retourner.
- Tu vas dormir où ? » insista Ian.
Cette fois-ci Mickey se retourna et on pouvait lire la fatigue de la journée sur son visage, malgré le peu d'éclairage venu des fenêtres :
« - J'ai passé mon lit à Iggy et j'ai mis un matelas à côté, ça ira.
- Tu devrais prendre le canapé.
- Et tu vas dormir où génie ?
- On pourrait... On pourrait ouvrir le canapé pour une fois. » proposa timidement Ian.
Mickey l'observa avant de jeter un coup d'œil en direction de sa chambre. Pesant le pour et le contre, il ramena son regard sur Ian. Il soupira.
« - T'as plus besoin d'être seul alors ? » Demanda-t-il un peu sèchement et Ian baissa les yeux : « Et puis merde. Quitte à mal dormir autant que cela soit sur le matelas le plus agréable. Va dans le placard chercher une autre couverture et un oreiller pendant que j'ouvre ce bordel. »
Ian hocha la tête et se mit à la tache tandis que Mickey s'affairait de son côté. Ensemble ils préparèrent le canapé en lit. Mickey déjà en boxer et débardeur se coucha tandis qu'Ian retira rapidement chaussures, jeans et tee-shirt avant de se glisser à son tour sous la couverture.
Mickey était allongé sur le dos, fixant obstinément le plafond. Ian, de côté, observa les lumières extérieures dessiner des ombres sur son visage. Dans le silence de la pièce, Ian murmura :
« - Je suis désolé. » Il vit à peine les traits de Mickey tressaillir. « C'était puéril de ma part. J'aurai pas dû disparaître comme ça. C'était débile.
- Il t'est rien arrivé, te prends pas la tête.
- Peut être mais j'aurai dû être là pour vous aider avec Iggy. C'est la moindre des choses après tout ce que... Après tout. »
Mickey ne répondit rien et se concentra sur sa respiration mais sentit Ian bouger à ses côtés, se rapprochant légèrement.
« - Tu veux en parler ? Proposa Ian du bout des lèvres.
- T'as toujours besoin de parler de tout toi ? » S'interrogea Mickey mais consenti à se tourner vers Ian pour lui faire face « Y a pas grand chose à dire de toute façon.
- Alors on en parle pas. »
Et c'est ce qu'ils firent, pendant approximativement deux minutes. Deux minutes pendant lesquelles l'envie de toucher la peau d'Ian s'insinua en Mickey. L'envie de frôler son visage du bout des doigts comme pour vérifier qu'il était bien là se fit plus forte. Alors pour ne pas céder à cette pulsion, il céda à une autre dans le but de distraire son esprit :
« - C'est tellement le bordel cette histoire. Tout ça parce que j'ai voulu me barrer.
- A cause de ton père ?
- Ouais, ça faisait un moment que l'idée me trottait dans la tête mais le truc c'est que quand tu vis dans une baraque où t'as peur de faire un truc qui faut pas, tu finis par rien faire. Pourtant on peut pas dire que j'ai pas imaginé un nombre de fois prendre mon sac et me tirer pendant qu'il était évanoui sur le canapé ou pendant qu'il était en taule.
- Qu'est ce qui t'as décidé alors ?
- Mandy. Pendant sa possession on a tous fait des trucs moches mais ça m'a aussi ouvert les yeux que... Que j'étais pas le seul à morfler à cause de mon père. Que Mandy supportait sans rien dire et qu'elle, c'était pas aussi visible que moi ce qui lui tombait dessus. Bref, ça a été mon déclic. A partir de là j'ai vraiment décidé de me tirer et d'amener ma frangine. J'ai pris mon temps, j'ai tout planifié pour partir et foutre mon père dans la merde le plus possible. Les Milkovich sont assez revanchards, précisa Mickey.
- Et t'as fait quoi alors ?
- En gros : j'ai tout préparé dans mon coin sans rien dire. J'ai tout prévu : une planque, des affaires de bases, un moyen d'avoir un peu de cash. J'ai prévenu seulement la veille Mandy. Je lui ai dit de prendre le strict nécessaire. Vraiment que ce qui a de la valeur à ses yeux et de se tenir prête le lendemain matin si elle voulait venir avec moi. J'ai prévenu Iggy de pas être à la maison tout le lendemain matin. Là où j'ai merdé, c'est que pour une fois il s'était acheté deux neurones et il a compris qu'un truc se tramait et comme un con j'ai accepté de garder contact.
- Parce que c'est ton frère tout de même.
- Ouais... Et que j'étais pas forcément le seul à vouloir me tirer. A ton avis pourquoi il bosse avec Lana ? Pas pour le plaisir de jouer les videurs, crois moi. Bref. Le lendemain j'ai vérifié que le paternel comatait, j'ai foutu Mandy et Iggy dehors - chacun avec une adresse où je les retrouverai plus tard - et je me suis activé. J'ai sorti des sacs et j'ai ramassé toute la thune sur laquelle je pouvais mettre la main, ainsi qu'une partie de la drogue que dealait mon père. Histoire de faire un peu de revente et de gagner deux trois biffetons en plus. Puis je me suis tiré et j'ai fait ce qu'aucun Milkovich ne ferait jamais : j'ai appelé les flics. Entre les trucs illégaux qui traînaient et la probation de mon père, ça a pas loupé ! Ils l'ont ramené en cage direct. La suite tu la connais.
- T'as vendu une partie de ce que t'as pris à ce Ramirez. Ton père est sorti de taule, a découvert ce que t'avais fait et ça a finit avec Iggy. En résumé c'est ça ?
- C'est ça. » murmura Mickey et se rallongeant sur le dos.
Il ne pouvait pas le voir distinctement mais il sentait déjà le regard empli de compassion d'Ian se poser sur lui. Regard qu'il y a quelques temps encore l'aurait agacé mais maintenant il le mettait plus mal à l'aise qu'autre chose. Principalement parce qu'il ne pensait pas mérité ce genre de regard. Il savait qu'Ian le fixait malgré la pénombre. Il mourrait d'envie de se tourner et de faire de même. C'était stupide. Toute cette situation était stupide. Comment une même personne pouvait à la fois être la source de toutes vos tensions et à la fois l'être capable de vous apaiser ? La question échappait à Mickey et pour être honnête il était trop fatigué pour la creuser.
« - Il se fait tard. On devrait dormir, murmura t il tout en se tournant une nouvelle fois pour être dos à Ian et couper court à toute tentation. Bonne nuit.
- Bonne nuit Mick. »
Et ce fut les derniers mots à rompre le silence. Mickey ferma les yeux, cherchant désespérément le sommeil qu'il avait fuit jusque là. De son côté Ian bougea, cherchant une position agréable, jusqu'à ce que Mickey n'entende plus que sa respiration régulière lui indiquant qu'Ian dormait. Mickey fut tenté de se retourner mais se figea lorsqu'il senti Ian bouger une nouvelle fois. Inconsciemment Ian se rapprocha de Mickey et passa son bras autour de sa taille, l'emprisonnant contre son corps. Mickey resta immobile, la mâchoire serrée, incapable de savoir comment agir. Finalement, il se laissa doucement aller contre le corps d'Ian. Lâchant prise, il se laissa bercer par la respiration régulière de celui-ci contre sa nuque et par la douce chaleur du corps de l'autre jeune homme contre son corps, il finit par à son tour s'endormir.
Glossaire :
Pizdec : "merde" / "putain"
Dourak : idiot
J'espère que ce nouveau chapitre vous a plu. Je sais que ces derniers temps les mises a jour tardent plus à venir et je m'en excuse. Je n'ai toujours pas trouvé mon rythme de croisière entre écriture et boulot mais je ne désespère pas. En tout cas merci d'avoir pris le temps de lire ceci & rendez-vous dans les reviews pour me laisser votre avis ;)
