Chapitre 11 : Ce bon vieux Nikolaï

Ses doigts effleurèrent sa peau, provoquant un délicieux frisson dans toute sa colonne. Il se laissa envahir par cette sensation, savourant chaque caresse que l'autre homme lui procurait. Il le laissa poser ses lèvres sur son corps et en embrasser chaque parcelle. Dans un geste sensuel, il senti sa langue lécher les perles de sueurs qui commençaient à se former. Ses hanches se mirent lentement à rouler sous l'excitation, rentrant en contact des hanches de l'homme brun sur lui.

Un gémissement traversa ses lèvres sans qu'Ian ne puisse le retenir. Il sentit Mickey laisser de sensuels baisers dans sa nuque, remonter jusqu'à son oreille où il lui mordilla le lobe. Sous l'effet de ce geste, Ian apposa ses mains sur les hanches de Mickey en enfonçant ses doigts dans la chair. A son tour, il tourna la tête pour déposer de torrides baisers le long de la mâchoire de Mickey, remontant lentement mais sûrement jusqu'à ses lèvres. Il les avait presque atteinte et s'apprêtait à embrasser passionnément Mickey quand ce dernier l'évita au dernier moment. Ian se sentit frustré par ce geste mais le sentiment fut de courte durée dès lors qu'il sentit Mickey sur son torse : ses lèvres et ses mains travaillant sur chaque muscle de son torse et descendant peu à peu vers son ventre, puis sa taille. Ses mains glissèrent le long de Mickey pendant que celui-ci s'activait, allant jusqu'à se perdre dans ses cheveux bruns. Ses orteils se crispèrent sous le plaisir, chaque muscle de son corps se contracta quand il sentit Mickey descendre en dessous du niveau de ses hanches. Il ferma les yeux, grisé par la sensation. Il avait l'impression que tout son corps vibrait. Que le lit vibrait.

Il ouvrit soudainement les yeux, réalisant que la réalité était toute autre. Le corps de Mickey était toujours contre le sien, sous le drap du canapé, mais vêtu de son caleçon et totalement assoupi. Le matelas vibrait toujours et Ian réalisa qu'il s'agissait de son téléphone. Au moment où il allait se tourner pour récupérer son portable, il constata autre chose : son rêve avait eu une 'légère' incidence sur son corps dans la réalité. Il se figea, mal à l'aise. Bien entendu ce fut le moment que choisit Mickey pour commencer à s'agiter et à grogner. Sans pour autant ouvrir les yeux, il donna de légers coups de coude dans les côtes d'Ian tout en marmonnant d'agacement :

« - Tu comptes décrocher ce putain de téléphone, oui... »

Ian se détacha de Mickey le plus précautionneusement possible. Il tendit le bras, cherchant du bout des doigts son téléphone qui était allé se perdre sous les oreillers. Il l'attrapa quand le vibreur cessa enfin. Il jeta un œil sur l'écran et vit le nom de Svetlana dans le journal des appels manqués. Il soupira, laissant retomber son téléphone sur le matelas et fixa le plafond dans le but de se détendre comme il le pouvait. Il sentit Mickey de nouveau s'agiter à côté de lui et, quand il tourna la tête, il s'aperçut que celui-ci lui faisait face. Mickey se frotta les yeux pour tenter de mieux se réveiller et son regard croisa celui d'Ian.

« - Quel abruti peut pas attendre pour t'appeler ?

- Svetlana apparemment, répondit Ian en murmurant, sûrement pour le boulot. Étonnant qu'elle t'est pas appelé toi plutôt.

- Elle sait que je coupe le mien, dit Mickey en étouffant un bâillement, elle aurait quand même pu attendre une heure ou deux, ajouta-t-il en cherchant une position confortable.

- Il paraît que l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, plaisanta Ian.

- Rien à foutre de l'avenir, marmonna Mickey un sourire aux lèvres, laissez moi dormir.

- En fait, vu que t'es réveillé...

- Argh, non ! Je dors là. Laisse moi tranquille.

- J'aurais voulu revenir sur un truc dont j'aimerai te parler » continua Ian ce qui lui valu comme réaction que Mickey ré-ouvre les yeux. « C'est au sujet de... de la lance. »

Cette phrase provoqua un nouveau grognement de la part de Mickey et eut également pour effet de le faire se tourner, dos face à Ian montrant à celui-ci sa volonté de couper court à la conversation. Mickey restait fermé à ce sujet et dans ces conditions l'échange allait être difficile. Ian soupira, hésitant sur la marche à suivre. Dire que Mickey était caractériel était peut être un peu fort vu la situation mais pas loin d'être juste tout de même et Ian n'était pas sûr qu'insister était une bonne idée pour manœuvrer correctement avec lui. Il opta néanmoins pour cette option, peut être dangereuse avec Mickey, et continua :

« - Mickey, s'il te plaît, ils ont Debbie. C'est pas comme si j'avais franchement le choix là dedans.

- S'il n'y a que ça, on trouvera un moyen de la ramener, répondit Mickey toujours le dos tourné, mais je refuse de jouer les chiens pour eux.

- Tu crois que c'est une bonne idée ? Ça risquerait pas de nous les mettre à dos de jouer à ça ?

- Et alors ? Demanda Mickey en finissant par se tourner pour lui faire face.

- Alors quitte à faire un truc débile, pourquoi ne pas mettre la main sur l'arme qui pourrait me tuer ? Histoire d'avoir toutes les cartes en mains ?!

- Tu comptes pas me lâcher avec ça, hein ? Questionna Mickey en arquant un sourcil.

- Il paraît que je suis têtu...

- 'Il paraît' seulement ? Le taquina Mickey.

- Ok, j'avoue mais qu'est ce que ça me coûterait pour te convaincre pour de bon ? Demanda-t-il d'une voix suave et pleine de sous entendu.

- Pour qui tu me prends ? Tu crois qu'on m'achète comme ça ? Répondit Mickey un sourire au coin des lèvres.

- On a tous un prix. Il suffit de trouver le bon. »

Il n'ajouta rien, se contentant de fixer Mickey qui lui rendait son regard. Son attention fut détournée par la langue de Mickey qui humidifia ses lèvres. Instinctivement, il roula sur le côté, faisant complètement face à Mickey, et passa sans réfléchir son bras autour de la taille de l'autre jeune homme. Ce dernier se figea : pour la première fois depuis qu'ils dormaient tous les deux sur le canapé, ils ne pouvaient pas prétendre dormir quand Ian passa son bras autour de lui. Pour la première fois, les deux étaient pleinement conscients du geste. Tandis que Mickey n'osait pas bouger, paralysé par les sensations qui le traversaient, Ian commença à lentement faire remonter et descendre ses doigts le long de son flanc. Mickey frissonna d'excitation, continuant de fixer les yeux verts face à lui. La main du jeune Gallagher continua de caresser son corps, restant de plus en plus vers le bas de son corps, insistant sur ses hanches. Petit à petit, sa main s'aventura jusqu'à son caleçon et Mickey l'encouragea à poursuivre d'un léger mouvement de bassin, presque involontaire. Langoureusement Ian caressa l'érection naissante de Mickey à travers son sous vêtement pendant quelques instant avant de passer sa main sous l'élastique. Pendant une seconde, Mickey oublia de respirer :

« - Gallagher, murmura-t-il, tu sais qu'on pourrait considérer ça comme du harcèlement sexuel ?

- Je considérai ça comme un retour de faveur. » répondit Ian en stoppant tout mouvement mais en laissant sa main sur le corps de Mickey : « Tu sais, pour l'autre fois à l'étage mais je peux arrêter si tu veux. »

Ils se fixèrent un instant avant que Mickey ne donne de nouveau un coup de bassin, invitant Ian à recommencer. Sa prise en main fut plus ferme, plus sensuelle sur l'ensemble du membre de Mickey. Celui-ci se mordit la lèvre inférieure pour retenir un gémissement qui menaçait de traverser ses lèvres alors que les doigts fins et experts d'Ian s'obstinaient à procurer le maximum de plaisir que leur position actuelle le permettait. Ses orteils commencèrent à se crisper et sa main attrapa le bras d'Ian, accompagnant chaque mouvement. Ian se rapprocha, enfouissant son nez dans la nuque de Mickey. Son nez caressa la peau du jeune Milkovich, humant son parfum sur son passage. Un léger gémissement s'échappa des lèvres de Mickey quand les deux garçons furent surpris par le téléphone d'Ian qui se remit à vibrer.

« - Laisse sonner. » ordonna Mickey entre deux morsures de lèvres pour empêcher un autre gémissement de lui échapper.

Ian ne se fit pas prier pour lui obéir, trop absorbé dans ce qu'il faisait pour avoir une quelconque envie de répondre. Leurs respirations étaient saccadées, leurs corps devenaient moites. Au fur et à mesure, ils se rapprochèrent d'avantage l'un de l'autre, rendant la manœuvre plus compliquée pour Ian sans pour autant l'arrêter. Leurs jambes commencèrent à s'entrelacer quand un claquement de porte les stoppa net. Le bruit de pas s'approchant les fit se séparer aussi vite qu'ils avaient commencé.
« - Putain, fais chier. » maugréa Mickey en se détachant d'Ian et en tentant de calmer l'excitation qu'il ressentait.

Ian n'eut pas le temps de réagir que Mickey avait détalé dans la salle de bain tandis que Mandy arrivait dans le salon en se frottant les yeux. Elle marmonna un bonjour sans prêter grande attention à lui. A son plus grand soulagement quand il jeta un œil sur la partie inférieure de son corps. Il s'assit, utilisant un coussin pour cacher son reste d'érection et attrapa son téléphone pour se focaliser sur autre chose. Il déverrouilla l'écran et constata un nouvel appel manqué de Svetlana. Sans hésitation, il appuya sur rappeler. Svetlana décrocha dès la deuxième sonnerie.

« - Toi et Mickey avait fini de vous astiquer ? Demanda-t-elle en guise d'ouverture. Trop aimable de rappeler.

- Bonjour à toi aussi, marmonna Ian mal à l'aise. Tu veux parler à Mickey ?

- Non. Tu pourras lui faire passer l'adresse pour le job. C'est à toi que je voulais parler, j'ai senti qu'on en avait pas eu l'occasion hier. Je me trompe ?

- Je... C'est vrai. C'est au sujet de mes pouvoirs, répondit Ian. Après toutes ces semaines, je ne les contrôle toujours pas. Ça reste confus et je me suis dit que tu serais bien placée pour m'aider.

- Quel est le problème ? Il faut du temps pour contrôler tout ça, le rassura Lana.

- C'est ce que me répète Mickey mais... comment dire ? Depuis que tout cela a commencé j'avais tendance à faire des rêves bizarres, monstrueux et sans que je ne fasse rien je me suis mis à faire des rêves différents. Puis je n'arrive pas à contrôler mes pouvoirs, je veux dire : quand il le faut. Je les ai déclenché à deux reprises mais je ne sais pas comment j'ai fait. C'est frustrant.

- Je vois, répondit Lana songeuse. Tu as, ce que les gens qui ne croient pas aux démons appellent, un sixième sens. Tu perçois les choses avec plus ou moins de clarté. Les choses, les personnes surnaturelles ont parfois ce qu'on pourrait appeler un catalyseur, avec lequel il est possible de focaliser et même de développer nos pouvoirs. Quelque chose a changé dans tes habitudes pour que tes rêves changent ? Tu fais quel type de rêve ?

- Je... euh..., bredouilla Ian en baissant les yeux sur le coussins encore sur son entrejambes, le type que font les gars de mon âge.

- Oh ! S'exclama Svetlana après un moment de silence, je... vois. Et tu as changé quelque chose pour que tes rêves changent ?

- Non.

- Cela peut être anodins : l'endroit où tu dors, quelque chose que tu fais avant d'aller dormir ou même quelqu'un avec qui tu es...

- Oh ! » réalisa soudain Ian en associant cette dernière phrase avec l'homme qui avait quitté le lit en courant et avec qui il le partageait depuis plusieurs jours.

« - Il me semblait, et je ne demanderai pas qui. J'ai mon idée. En tout cas ça doit te ramener à la réalité, t'ancrer dans la vraie vie et te refaire rêver normalement si on peut dire. Pour ce qui est de déclencher tes pouvoirs, dans quelles conditions cela a démarré les autres fois ? »

Ian lui raconta succinctement l'exorcisme : l'enfant possédé, le danger qu'il avait ressenti puis la façon dont ses pouvoirs s'étaient manifestés. Il passa ensuite à l'entrevue avec Lip/Azazel. Comment le démon avait failli prendre le dessus mais qu'au dernier moment il était parvenu à lancer le sort. Il lui avait résumé les situations mais avait aussi consciencieusement répondu à chaque fois qu'elle l'avait interrompu pour lui demander des spécifications, un détail. Quand il eut terminé, il attendit en silence le commentaire de la jeune femme. Elle mit plusieurs secondes – qui lui parurent durer une éternité – avant de finalement ouvrir de nouveau la bouche :

« - Et tu ne vois pas ce qui déclenche ton pouvoir ?

- Si j'avais mis le doigt dessus on aurait pas cette conversation.

- Dans mon pays on a ce que l'on appelle 'Rodstvennuyu dushu' mais comment vous le traduisez porte à confusion. Ça connote juste un sens du mot alors que c'est plus profond et ça expliquerait tout je pense.

- Et c'est quoi... ? En quoi ça consiste ?

- C'est un lien fort, un équilibre constant. Il faut voir ça comme une ancre. C'est une parfaite osmose : une âme liée à une autre. Une fusion particulière qui est aussi bien génératrice de sérénité que de destruction. En Chine, il appelle ça 'taiji tu' ce qui est plus juste que votre terme. C'est un principe que l'un existe grâce à l'autre, de façon prédestiné les deux âmes sont inconditionnellement attirées l'une à l'autre. Comme pour le Yin et Yang, tu sais : l'une est l'autre, l'une complète l'autre, l'une n'existe qu'avec l'autre. Ils sont prédestinés à se rencontrer.

- On dirait... que tu décris des âmes sœurs, souffla Ian frappé par ses mots et leurs significations.

- C'est la traduction que vous employez mais chez vous ça a seulement une implication romantique. Alors que... alors que c'est une vraie compatibilité, certes qui peut être amoureuse, mais aussi bien amicale... sensuelle. C'est une vrai fusion qui s'empare du corps et de l'esprit. Le calme et la tempête créés par une seule personne. Une force et une faiblesse que cherche toutes les personnes comme toi et moi.

- Je comprends pas, murmura Ian dans le combiné pour éviter que Mandy ne l'entende depuis la cuisine. Si c'est une faiblesse...

- Comme ta famille ou n'importe quelle personne à laquelle tu tiens peut l'être mais elle peut te rendre plus puissant, littéralement. Tu ne vois donc pas ? »

Ian se tut, visualisant de nouveau les événements qu'il venait de décrire à Svetlana mais aussi tout ce qui c'était passé depuis l'activation de ses pouvoirs. Cette attirance inexplicable, ses frissons qui le parcouraient à chaque regard, chaque contact. A chaque fois. Il se remémora le changement de rêves qui avait commencé déjà après sa visite à l'hôpital, ce besoin de se rapprocher à tout prix. Ses sensations quand ils étaient ensemble, ce sentiment de paix intérieure, de sécurité, de calme mais aussi la tempête. Il se souvint de cette colère incontrôlable quand les démons l'avaient touché. Cette impression de ne plus respirer et d'uniquement vibrer sous l'impulsion de la destruction, d'irradier de pouvoir jusqu'à être sûr que plus rien de l'atteigne. Il se paralysa quand il réalisa que son corps et son esprit ne désiraient, ne réclamaient qu'une seule personne :

« - Mickey, dit-il alors à voix haute.

- Dans la salle de bain je crois. » répondit Mandy en retournant dans sa chambre une tasse de café dans une main et un bol de céréales dans l'autre.

Il sursauta, ne s'attendant pas à ce qu'elle lui réponde. Il en avait presque oublié sa présence et ne se souvint qu'il était en ligne avec Svetlana que lorsqu'il entendit de nouveau sa voix.

« - Je pensais que tu comprendrais plus vite. Je pense que lui l'a fait. Si tu veux contrôler ton pouvoir ou au moins mieux le comprendre, tu dois commencer par comprendre ta relation avec ta Rodstvennuyu dushu, dit-elle simplement avant d'ajouter, oh et quand vous vous serez rhabillés, allez au 1630 Revello Drive. Envoyez un message quand vous avez fait le job. »

Elle raccrocha. Tout simplement, sans le laisser ajouter quoique ce soit. Dans le même temps que pouvait-il lui dire de plus ? Rien. Elle avait sûrement raison. Il avait constaté, depuis qu'il l'avait rencontré, que c'était généralement le cas. Il abaissa le téléphone de son oreille et en fixa l'écran noir pendant un instant. C'était idiot de réagir comme ça mais à cet instant Ian ne savait plus quoi faire. C'était comme si on avait drainé tout pensée de son cerveau. Comme s'il lui était impossible d'émettre le moindre raisonnement cohérent : Mickey, son âme sœur ? C'était un peu poussé, même pour lui et il était le type a être ridiculement romantique. Non, Lana avait raison sur le fait que c'était une stupide traduction. Certes Mickey était pourvu d'une anatomie qui ne le laissait pas indifférent mais c'était tout. Une simple et pure attraction sexuelle. C'était tout. Cela devait l'être. Il repoussa le pincement au cœur qu'il avait rien que d'imaginer son rire, ou son air grognon le matin. La façon qu'il avait de froncer les sourcils quand il réfléchissait ou son instinct protecteur n'étaient en rien responsable de tout cela. Avec une mauvaise foi évidente il repoussa cette pensée et se leva du lit avec l'idée de se prouver que tout ça n'était que physique.

§

Sa douche fut plus longue qu'elle n'était nécessaire. Il s'était savonné deux fois pour tenter d'estomper le parfum d'Ian mais rien à faire : il sentait toujours les mains de ce dernier sur son corps. Il aurait donné n'importe quoi pour ne pas être interrompu : c'était pathétique à quel point il avait besoin de s'envoyer en l'air. C'était l'unique raison pour laquelle malgré les litres d'eau qui ruisselaient sur son corps tout ce à quoi il pensait c'était le corps du jeune Gallagher pressé contre le sien. Pathétique.

Il passa ses mains sur son visage, rassemblant ses esprits avant de fermer rageusement le robinet d'eau chaude et laissant un jet d'eau froide lui refroidir - littéralement - les idées. Il coupa ensuite l'eau sortant de la douche en enroulant une serviette autour de sa taille. Il observa son reflet dans le miroir : sa peau frissonnait encore de sa douche glacée, ses cheveux dégoulinaient sur son visage encore rosit d'excitation, tout comme ses lèvres gonflées de les avoir trop mordu. En général, il détestait se voir comme ça : il se sentait exposé. Il détestait se sentir comme ça. Il passa une main dans ses cheveux pour les ramener en arrière puis attrapa sa brosse à dent pour commencer à soigneusement se les laver.

Ce fut ce moment qu'Ian choisit pour s'inviter dans la salle de bain sans prévenir. Il avait stupidement oublié de verrouiller la porte mais ceci n'échappa pas à Ian qui ferma le verrou derrière lui. Leurs regards se croisèrent dans le miroir et Mickey frissonna mais cette fois ce ne fut pas de froid. Brosse à dent toujours en bouche, il attendit qu'Ian s'exprime. Celui-ci s'approcha et vint se coller au dos de Mickey. Gardant le contact visuel via le miroir, Ian passa silencieusement ses mains de chaque côté de Mickey pour les poser sur le bord du lavabo et moula ainsi son corps à celui de Mickey. Ce dernier se figea, oubliant totalement ce qu'il était en train de faire. Ian passa son menton sur son épaule et retira délicatement la brosse des mains de Mickey pour la poser sur le bord du lavabo. Il apposa ensuite ses deux mains sur la taille de l'autre, baladant son nez dans le cou puis la chevelure brune encore humide.

Mickey parvint à détacher ses yeux d'Ian, son regard se posant de nouveau sur son reflet. Sa respiration était saccadée, ses pupilles dilatées et... et il avait encore du dentifrice plein la bouche. D'une main tremblante d'excitation il attrapa son verre qu'il rempli d'eau :

« - Tu permets ? » déclara-t-il en indiquant le verre.

Ian se contenta de hocher la tête en ronronnant dans sa nuque. D'un geste mal assuré il se gargarisa avant de se pencher pour recracher. Il faillit s'étouffer quand chaque parcelle de son corps fut presser d'avantage contre celui d'Ian. Il déglutit en se redressant. Il faillait qu'il se reprenne. Qu'il reprenne le contrôle :

« - Qu'est ce que tu veux ? Demanda-t-il d'une voix, la plus assurée possible.

- Finir ce que j'ai commencé avant d'être interrompu, murmura Ian dans le creux de son oreille, à moins que tu ai changé d'avis. »

Ses mains voyagèrent alors jusqu'au nœud de la serviette de Mickey qu'il défit. Il laissa glisser la serviette le long du corps du jeune homme, profitant de tout ce sur quoi son regard pouvait se poser. Fermant les yeux, Mickey articula comme il le put :

« - Mandy...

- Dans sa chambre.

- Elle peut revenir et Iggy... » mais sa voix se perdit dans un gémissement sous les mains expertes d'Ian.

Ce dernier ralluma la douche, assez fortement pour couvrir quelque bruits.

« - On a qu'à dire que je prends ma douche et que tu te brosse les dents.

- Ian...

- Si tu sais te contrôler ça le fera. » dit il en retournant soudainement Mickey qui ouvrit les yeux sous la surprise et fixant ses lèvres : « Moi on m'a apprit à pas faire de bruit quand j'ai la bouche pleine. »

Mickey leva les yeux au ciel mais s'accrocha au lavabo aussi fermement qu'il le pu quand il vit Ian tombé à genoux devant lui. Ses paupières le coupèrent de nouveau du monde quand il sentit la chaleur des lèvres d'Ian sur son corps.

« - Oh merde. » marmonna-t-il avant de se laisser complètement aller.

§

Quelques heures et vêtements remis plus tard, les deux jeunes hommes remontaient d'un bon pas Revello Drive. Mandy les avait déposé à quelques rues de là en prenant la direction de son job pour la journée. Ils marchaient silencieusement profitant de la fraîcheur de cette journée après la vague de chaleur qui avait touché la ville.

Après être sorti de la salle de bain ni l'un ni l'autre n'avait dit le moindre mot sur ce qu'il venait de se passer. La présence de Mandy et Iggy n'aidait pas à mettre les choses au clair. Maintenant qu'ils étaient de nouveau seuls, Ian chercha le meilleur moyen de remettre le sujet sur le tapis. Il jeta plusieurs fois de rapides coup d'œil vers Mickey, hésitant sur comment l'aborder. Son manège n'échappa pas au jeune Milkovich.

« - Abstient toi, prévint Mickey en regardant toujours devant lui, à part si c'est pour parler boulot... tais toi.

- J'ai parlé à Svetlana, lâcha finalement Ian, au sujet de mes pouvoirs. »

Mickey s'arrêta net dans ses pas et il fallut quelques secondes à Ian pour s'en apercevoir et s'arrêter à son tour. Il se retourna face à Mickey :

« - Un problème ?

- Qu'est ce qu'elle t'a dit ? Demanda-t-il en sortant son paquet de cigarettes de sa poche et s'en allumant une.

- Que je pouvais apprendre à canaliser mes pouvoirs en apprenant à maîtrise ce qu'elle appelle une ancre, enfin en gros.

- Et tu trouve ce machin où ? S'enquit Mickey anxieux en tirant sur sa cigarette.

- Tu le savais déjà, murmura Ian en observant attentivement Mickey, elle avait raison. Tu l'avais compris... Pourquoi tu m'as rien dis ?

- Parce que, soupira Mickey en détournant le regard, je peux pas. Je veux pas être ça.

- Tu veux pas m'aider à gérer mes pouvoirs ?

- Je parles pas de ça et tu le sais, dit il en tirant de nouveau sur son mégot, je parle du reste. Je veux pas représenter ça pour toi, je veux pas être cette personne. Toi et moi, on est pas ça. Sur ce plan là, toi et moi on est rien.

- J'aurais pas dit 'rien', répondit Ian sur la défensive, pas ce matin.

- Ok, concéda Mickey, il nous arrive de penser plus avec ce qu'on a entre les jambes que ce qui est entre nos oreilles. Enfin surtout moi, mais c'est tout. Je peux pas me permettre de te voir comme autre chose qu'un job à faire.

- Un job pour lequel t'es pas payé et pour lequel tu risque ta vie.

- J'avais pas besoin de te connaître pour que ma vie soit en danger.

- Autant pour moi, répliqua Ian en croisant les bras sur son torse et en tournant les talons, j'ai cette fâcheuse tendance à me donner trop d'importance.

- Ian ! s'exclama Mickey en jetant son mégot et en le rattrapant par le bras.

- Non, j'ai compris, dit Ian en se dégageant de son emprise, je suis un boulot et on en a un autre à faire pour Svetlana. On devrait se bouger. »

Sans un regard de plus à Mickey il reprit sa route. Le jeune Milkovich le laissa faire, l'observant pendant qu'il prenait de l'avance. Il avait la gorge sèche, l'impression qu'un poids lui écrasait la poitrine mais surtout il avait la furieuse envie de se taper la tête contre un mur. Depuis quand sa vie avait pris la tournure d'un drame pour adolescent ? C'était stupide. Il avait été stupide de laisser tout cela se produire. Il fallait qu'il s'en tienne à ce qu'il venait de dire à Ian : il devait faire son boulot. Peu importe les circonstances, peu importe ce que pouvait dire les autres, peu importe ce qu'il pouvait ressentir en refusant de se l'admettre.

Il trottina pour rejoindre Ian mais celui-ci ne lui accorda pas la moindre attention. Il fixait droit devant, refusant de s'admettre que les paroles de Mickey l'avait blessé parce qu'après tout c'était exactement ce dont il s'était convaincu le matin même. Tout cela n'était que physique mais l'entendre de la bouche de Mickey était... décevant. Il savait que ce n'était pas raisonnable d'être furieux contre Mickey mais il ne pouvait pas s'en empêcher. C'était vexant que la simple idée d'aller plus loin révulse autant le jeune exorciste. Sa colère faisait battre le sang dans ses tympans au rythme de leur pas sur le bitume.

Quand il aperçut le numéro 1630 il se stoppa net au milieu du trottoir. Inattentif, Mickey grommela un 'pardon' lorsqu'il lui rentra légèrement dedans. Ian ne releva pas. Il voulut lui lancer une regard noir mais il en fut incapable quand il vit le visage soucieux de Mickey. Soudainement, un doute l'envahit, comme s'il partageait les sentiments de Mickey. Il avait l'impression que quelque chose clochait. Une onde négative vibrait dans tout son être. Malgré cela il se résigna à suivre Mickey qui grimpait déjà les marches du perron et frappait à la porte.

A l'instant où celle-ci s'ouvrit devant eux, Ian su ce qui n'allait pas. Tout le corps de Mickey se raidit sous le regard de l'homme face à eux, confirmant les craintes d'Ian. Un sourire carnassier se dessina sur les lèvres de l'homme, étirant sa moustache par la même occasion :

« - Et ben dit donc ! S'exclama-t-il d'une voix faussement mielleuse, si c'est pas le petit Mickey en personne ! On m'avait dit que t'avais disparu de la circulation, gamin.

- Nik, répondit Mickey sans desserrer les dents, je crois qu'il y a un malentendu. Je sais pas comme tu t'es démerdé, ni ce que t'as en tête mais y a pas moyen. On se barre Ian.

- T'es sûr ? Demanda ce dernier d'une voix nerveuse qui surpris Mickey. Parce que j'ai comme un doute là... »

Mickey se retourna et compris le malaise d'Ian : derrière lui, tenant un canon contre son crane, se tenait le cauchemars vivant de Mickey. Il croisa le regard de son père et il eut de nouveau l'impression d'avoir dix ans et que la terre allait s 'effondrer sous ses pieds. Il aurait largement préféré cette idée.

« - Ton camarade a raison, s'éleva la voix qui résonnait dans ses cauchemars, rentrez les garçon. »

Mickey dû accepter sa position de faiblesse et comme il l'avait fait les vingt premières années de sa vie : il baissa la tête et obéit à son père.

§

Il fallut peu de temps avant que le premier coup s'abatte. Presque comme une habitude, une façon de dire bonjour : la crosse du pistolet de Terry Milkovich vint frapper le visage de son propre fils. Mickey encaissa sans rien dire, assimilant la douleur soudaine qui le projeta sur le canapé décrépi. Il fut aveuglé une demi seconde, le temps qu'il fallut pour qu'Ian soit envoyé sur le fauteuil à côté. Nik attrapa un fusil à pompe qu'il pointa sur Ian tandis que Terry rapportait son attention sur lui :

« - C'était pas facile de mettre la main sur toi mais pour le coup tu m'as facilité la tâche. Je pensais que j'allais mettre la main sur ta catin russe, chez qui t'as envoyé ton frère. J'aurai pu m'amuser un peu, tu vois. Même en faire profiter ce bon vieux Nikolaï. Mais tu t'es ramené et c'est bien mieux en fait ! Faut qu'on cause toi et moi !

- J'ai rien à te dire, répliqua Mickey avec le plus d'assurance possible.

- Un peu de respect, sale raclure ! » s'exclama Terry.

Il lui asséna un coup de poing directement dans le nez. Mickey senti ses os craqués sous la force du choc et lâcha un râle de douleur.

« - Je crois qu'on s'est mal compris, espèce de sous merde, continua Terry comme si de rien n'était, tu m'as volé et vendu à la flicaille. T'as craché sur notre nom. Tu mériterais de finir enterrer dans l'arrière cours mais pas avant que tu me rende ce que tu m'as pris...

- On m'a pourtant dit que t'avais fait une descente chez les Ramirez, répondit Mickey en s'essuyant d'un revers de main le filet de sang sous son nez. Apparemment t'as pris la dope. Avec intérêts.

- Y a pas que la came qui a disparu avec toi : je veux mon fric.

- Je l'ai pas... »

Il vit en un éclair la fureur naître dans le regard de son père face à ses refus. Il savait ce qui allait suivre quand cela arrivait. Il avait vu cela de nombreuses fois durant son adolescence et à chaque fois une raclée monumentale suivait. Le genre qui faisait passer le passage à tabac d'Iggy pour une promenade de santé. Le genre qui laissait des marques pendant un bon moment. Il serra la mâchoire, prêt à encaisser tout ce que Terry lui infligerait. Il fallait être honnête, ce dernier se déchaîna. Il enchaîna les coups, alternant entre son poing et la crosse du revolver. Chaque coup était plus intense que le précédent et laisser une marques encore plus profonde dans sa chair. C'était comme un martèlement sans fin, vibrant jusqu'à ses os. Sa vue commençait à se troubler, son visage commençait à chauffer et gonfler. Pendant quelques secondes Terry s'arrêta, observant son travail presque satisfait. Mickey avait peut être son champ de vision diminué mais il voyait parfaitement son sourire sadique. Il le vit également ranger l'arme dans son dos pour attraper une batte ou un morceau de bois – il n'était pas vraiment sûr – et recommencer à le frapper avec plus d'intensité. Son père abattait son arme partout où il le pouvait malgré le fait que Mickey se débattait du mieux qu'il le pouvait.

Trop absorbé par ce qu'il lui arrivait, Mickey n'était que vaguement conscient de la situation alentours. Pris en joue sur son fauteuil, Ian témoignait impuissant à la mise à tabac de Mickey. Son cerveau tournait à cent à l'heure pour tenter de trouver une solution pour les sortir de là. N'importe quelle solution pour au moins tirer Mickey de l'emprise de son père. Il se força, malgré le violence qu'il avait sous les yeux, à évaluer la situation objectivement. D'un point de vue militaire. Si seulement il parvenait à écarter l'arme qu'il avait derrière la tête... Mais les cris que la batte arrachait à Mickey l'empêchait de se concentrer totalement. Son attention resta sur Mickey : s'il ne parvenait pas à agir, Terry allait être à la limite de tuer son propre fils. Il allait tuer Mickey.

Ses mains tremblèrent de colère. Le regard fixé sur le visage ensanglanté de Mickey déclencha contre sa volonté cette vague de chaleur en lui, qui commençait à lui être familière. Il serra les poings pour tenter de se contrôler, en vain. La pièce commença à trembler. Il su que cela détourna l'attention de Nikolaï quand il sentit la pression de l'arme contre son crâne diminué. Il en profita pour utiliser ses connaissances militaires et désarmer son assaillant, lui assénant un coup pour le sonner. Il jeta l'arme au loin et rapporta son attention sur le père et le fils. Terry était tellement obnubilé par son excès de violence qu'Ian décida de le prendre de dos par surprise. Il s'approcha silencieusement, sentant son pouvoir grandir de plus en plus. Il leva la main, comme par instinct, prêt à terrasser Terry. La pièce devenait flou autour de lui. La seule chose clair à ses yeux fût le regard que Mickey posa sur lui. Il vit les yeux du jeune Milkovich s'agrandir de peur en le voyant et il marmonna, comme absent des coups infligé par Terry : « Fais pas ça... »

Le ton implorant de Mickey le figea sur place, pris à défaut. Cette demi seconde d'inattention suffit pour que Terry remarque sa présence et change la cible de son arme. Ian avait tellement été perturbé par le geste de Mickey qu'il ne vit que trop tard la batte lui arriver en pleine tête, l'envoyant valser loin de Mickey. La fureur de Terry cibla alors Ian et il délaissa Mickey. Il commença à faire pleuvoir les coups sur ce dernier comme il venait de le faire sur son fils. Sonné, il fallut quelques secondes avant qu'Ian ne tente de riposter. Face à cette image, Mickey puisa dans les dernières forces qui lui restait pour se relever du canapé et claudiquer jusqu'aux deux hommes. Il se jeta sur son père, lui hurlant de lâcher Ian tout en passant son bras autour de son cou. Terry se débattit mais Mickey parvint à maintenir sa prise au mieux et avec une force étonnante. Il allait continuer de resserrer son étreinte quand le son de chargement d'un fusil et une voix attirèrent son attention :

« - Lâche ton père tout de suite Mickey. » dit Nik d'une voix posée en pointant son arme sur Mickey. En voyant l'hésitation de celui-ci il continua : « Sois raisonnable mon garçon, j'ai pas envie de coller une balle à gamin que je connais depuis qu'il est petit mais vu les circonstances j'hésiterai pas. »

Lentement Mickey lâcha son père et recula, l'œil mauvais. Terry se leva à son tour pointant son arme sur Ian pour le maîtriser. Il l'attrapa par la bras et le jeta violemment sur le canapé. Sans réfléchir une seconde Mickey le suivit. Alors que son état était plus critique, il posa une main rassurante sur le visage d'Ian :

« - Hé, Ian. Ça va ? » demanda-t-il anxieusement.

Ian hocha la tête, posant sa main sur celle de Mickey pour appuyer sa réponse. Le geste anodin et la complicité ambiguë entre eux n'échappa à aucun des deux hommes face à eux. Si le visage de Nikolaï montrait son malaise, celui de son ami montrait le dégoût total et la fureur qu'impliquait pour eux ce geste. Terry s'approcha et frappa à nouveau Mickey, l'éloignant d'Ian en l'envoyant à l'autre bout du canapé. Il lui cracha alors au visage avant de s'exprimer :

« -Être un rat ne suffisait pas ! Tu pouvait pas être un homme, fallait que tu sois une putain de pédale ! Comment on peut aimer se faire sucer la queue par ça, s'exclama-t-il en désignant Ian, et se dire un homme hein ?! »

Il infligea un nouveau coup à Mickey avant de continuer :

« - Crachez sur mon nom, le rouler dans la merde. Pour qui tu me prends ? Aucun de mes fils n'est une lopette. Tu mériterais que je corrige ça !

- Tu sais quoi, répliqua Mickey la bouche pleine de sang, je préfère encore me mettre à genoux et lui sucer sa grosse queue bien dure...

- Mickey ! Tonna Nik horrifié, comment tu.. comment...

- Il suffit de bien ouvrir la bouche, expliqua-t-il moqueur.

- Ça suffit, le coupa Terry en pointant son arme sur Ian de nouveau, tu veux jouer au con, on va voir si tu vas rire ! La seule raison pour laquelle tu respires encore, c'est parce que tu vas me rendre le fric que tu me dois ! Tu vas te démerder, je veux pas savoir où ni comment mais tu vas aller me chercher ce pognon si tu veux revoir ton petit copain suceur de queue en vie. Continue de jouer au con et je lui tire une balle entre les deux yeux.

- Qu'est ce qui te fait te dire que je tiens pas plus au fric ?

- Je lui tire une balle dans les burnes et tu me donnes ton avis ? » riposta Terry en abaissant l'angle de tir de l'arme.

Ian lui jeta un regard paniqué et Mickey se raidit face à la menace. Il détestait les ultimatums. Pas autant que son père, certes. L'idée qu'il touche à Ian lui était insupportable. Pas parce qu'il devait le protéger – après tout son père n'était pas un démon, pas littéralement – mais parce qu'il réalisa qu'il s'attachait au jeune homme plus qu'il ne le devrait. C'était purement égoïste s'il ne voulait pas que son père ne le blesse même si obéir à celui-ci était la dernière chose qu'il souhaitait faire. Mickey capitula et s'exclama rapidement quand il vit son père le doigt sur la détente :

« - C'est bon je vais le faire ! Combien ?

- La valeur de la came, plus dix pour-cents.

- Combien de temps je voulais dire...

- Si à dix heures ce soir j'ai pas mon fric, il y passe. Ça te laisse un peu plus de dix heures. Et je te préviens que c'est valable si tu t'amuse à me faire un plan foireux aussi ! Compris ? »

Mickey déglutit et hocha la tête : il n'avait pas vraiment le choix. L'idée de laisser Ian seul derrière lui ne l'enchantait guère – Dieu seul sait ce que Terry pourrait faire en son absence – mais c'était sa seule option. Il regarda une dernière fois Ian, mémorisant presque malgré lui chaque trait de son visage, et lui murmura : « Ne les utilise que si ta vie en dépend. » Le mouvement de tête d'Ian lui apprit qu'il avait compris son message. Il n'était pas question que de vrai démons le repèrent et lui tombent dessus pendant qu'il n'était pas là. Mickey soupira et se résigna à se lever, du mieux qu'il put. Il se train alors jusqu'à la porte et sortit en serrant les poings.

Il était au milieu de l'allée quand il entendit la porte se rouvrir derrière lui. Il tourna la tête pour faire face à Nikolaï :

« - Pour toi. Au cas où. Il y a un numéro pour me joindre dedans. » lui dit l'homme sans préambule et en lui tendant un téléphone pré-payé.

Mickey prit le téléphone qu'il fourra dans sa poche avant de tourner les talons et de décamper sans un mot de plus. Il attendit d'avoir parcouru plusieurs rues avant de sortir son propre téléphone et de passer une coup de fil. Il fallut plusieurs sonneries avant qu'on ne décroche :

« - Mandy, j'ai besoin que tu viennes... j'ai merdé. »


Notes : Le voici, le voilà : le nouveau chapitre. Avec l'arrivée d'un personnage que vous attendiez peut être (ou pas) : le patriarche Milkovich. J'espère avoir rendu son apparition crédible (c'est peut être un personnage que personne n'aime - moi la première - mais je pense que ça pourrait être un personnage super intéressant à étudier) et pas avoir *pouf* lancer le truc n'importe comment. Parce qu'avouons le : Terry est démoniaque avec son fils mais c'était pas simple de l'insérer dans une histoire de surnaturelle. Enfin bref. J'espère que cela vous aura plu ! Rendez vous au prochain chapitre ;)