Oublier.

Je suis chez Alice. Alors qu'elle m'a invité à entrer chez elle afin de boire le thé, je me permets de lui raconter l'histoire de Céleste que j'ai rencontré très tôt dans la matinée. Alors que je tiens une tasse blanche à motifs fleuris dans les mains, mon amie vient s'installer face à moi et c'est ainsi que la conversation peut se poursuivre.

- Si c'est une blague venant de l'un de nos voisins, je dois avouer qu'elle est de très mauvais goût.

- C'est ce que je pense aussi. Je ne te dis pas dans quel état est cette pauvre Céleste.

- Connaissant cette fille, je vois très bien. D'ailleurs, cela me fait penser à une mésaventure qui s'est produite dans le village où je vivais avant.

- Ha bon ?

- Ouais. Nous avons réussi à mettre la main sur le plaisantin et crois-moi, il a reçu une bonne leçon.

- Donc, cela voudrait dire que tu pourrais nous aider à coincer celui qui s'est moqué de Céleste ?

- Exactement.

- Cool.

Je savais bien qu'en venant ici, je trouverais l'aide nécessaire afin que cette histoire plutôt étrange puisse trouver une conclusion positive. Maintenant, reste à savoir de quelle façon s'y est prise celle qui se trouve en face de moi.

- Tu te souviens du plan que vous avez mis en place pour coincer votre plaisantin ?

- Attends voir quelques secondes.

Le koala se lève de sa chaise et commence à se diriger vers l'une des fenêtres de la pièce. Aussitôt devant cette dernière, elle regarde ce qui se passe dehors et de mon côté, j'attends toujours sa réponse. Songeant que cela doit la replonger très loin dans sa propre histoire, je lui accorde un certain délai avant que sa mémoire lui soit fidèle. Pendant ce temps, j'en profite pour avaler quelques gorgées de mon thé lorsque j'entends du bruit dans mon dos. Aucun doute, c'est Alice qui est de retour.

Effectivement, mon hôte longe sa table et vient retrouver sa place sur sa chaise. Là, elle me regarde attentivement et du coup, je me décide à poser la tasse sur la table en cas si la conversation devait être sérieuse.

- Je t'écoute, lui dis-je afin de l'aider à se décider.

- Heu… Je crois que… Je ne m'en souviens plus.

A l'annonce de cette information, je m'écoule de ma chaise et me retrouve le cul sur le tapis qui recouvre son planché. Bien sûr, je continue de regarder mon amie et j'ignore si je dois en rire ou en pleurer.

- Tu me fais marcher hein ? Lui dis-je.

- Le pire est que non. Il faudrait que j'envoie une lettre à l'un de mes amis resté dans ce village pour obtenir cette réponse.

- Pas la peine. Le temps que tu ailles poster ta lettre, qu'Antoine fasse la livraison et que tu obtiennes ce que je veux, je pense que l'histoire aura le temps de prendre de l'ampleur.

- Tu crois ?

- J'en suis même persuadé.