Chapitre 98 : Compte à rebours (partie 1)
« Avez vous la moindre idée de l'endroit où se trouve votre frère au moins ? » Demanda Pansy après qu'ils soient tous sortie de l'infirmerie et que leur petite querelle se soit terminé par un ex aequo tacite.
Les jumeaux échangèrent un regard dubitatif et haussèrent les épaules reconnaissant leur ignorance. La seule jeune fille du groupe soupira.
« On ne va tout de même pas tourner en rond dans l'école en attendant de lui tomber dessus. »
« Tu sais peut être où il est toi ? Ou bien les aurors ? » questionna Fred sur un ton innocent.
« Si je vous demande, c'est bien que j'en ai pas la moindre idée. » Répondit sans se démonter la jeune fille en leur accordant un regard noir.
« Le plus intelligent aurait été demander à Mélissandre. » Déclara Blaise sortant de son silence depuis qu'ils avaient quitté Hermione et la gardienne des murs. » Je vais aller lui demander... »
« Hors de question. » Le stoppa Pansy en posant une main ferme sur l'épaule de son camarade pour le retenir. « Tu n'iras pas mettre ton grain de sel dans cette histoire, Blaise. Hermione doit régler cela entre quatre yeux avec le rouquin. »
« Mais Pansy... »
« Elle a raison et tu le sais. » Assura Georges en passant ses mains derrières sa nuque. « Hermione doit mettre certaines choses au clair avec Ron et ta présence la rendrait plus nerveuse que nécessaire. »
« Je veux juste l'aider. » Insista Blaise
« Et bien la meilleure aide que tu puisses lui donner, c'est lui montrer que tu as confiance. » Trancha Pansy tout en reprenant sa marche dans les couloirs d'un pas décidé. « Cesse de faire l'enfant et conduit toi en homme ! Tu ne lui as même pas dit tu l'aimais alors ne te poses pas en maître à penser. Je ne crois pas que la demoiselle apprécierait, n'est ce pas les gars? »
« Dans le mille, ma jolie ! » S'exclama Fred imaginant la réaction de leur camarade de Griffondor si Blaise se mettait à vouloir la surveiller et ce même avec les meilleures intentions du monde.
Le serpentard s'apprêtait à répliquer mais Georges le poussa en avant l'obligeant à marcher dans la direction prise par Pansy qui disparaissait dans un coin du couloir.
« On a une mission à remplir, pour le courrier du cœur on verra plus tard ! » Déclara le roux.
Blaise soupira et croisant les bras sur sa poitrine se mit à avancer en marmonnant dans sa barbe quelque chose qu'aucun de ses compagnons ne comprit mais qui se rapprochait d'un truc du genre :
« J'ai le droit de m'inquiéter et puis qui a dit que j'aimais Hermione ? Je m'inquiète moi c'est tout. »
Ils marchèrent quelques minutes en cherchant un moyen de retrouver ceux à qui ils devaient délivrer leur message quand ils croisèrent au détour d'un escalier qui faisait des siennes, Luna qui chantonnait joyeusement en marchant vers eux.
« Ah ! Lovegood, tu vas peut être pouvoir nous renseigner. » L'interpella Pansy.
« Luna. » Déclara la blonde de serdaigle en souriant à la serpentarde qui écarquilla les yeux de stupéfaction, ce qui mena la blonde à préciser sa pensée. « Mes amis m'appelle Luna. »
Pansy bouche bée la regardait comme si des ailes lui étaient apparu dans le dos, ce qui fit glousser la blonde alors que les joues de la fille de serpentard prenait une teinte rouge.
« On peut faire quelque chose pour toi ? » Demandèrent en chœur les jumeaux amusé par la gène et la stupéfaction de leur camarade vert et argent.
«Tout va bien de mon côté. »assura Luna en souriant de plus belle. « Mais je peux certainement vous aider. »
« Tu sais où se trouve Percy et le langue de plomb ? Ainsi que les aurors ? » Demanda Fred. « On revient de Sainte Mangouste et on a des choses à leur dire. »
« Oui bien évidemment. » répondit Luna avec sérieux. « Ils sont rassemblé dans le bureau de la directrice, allons y... »
« Pourquoi sont ils la bas ? » Demanda Blaise sortant de nouveau de son apathie. A croire que lorsque le sujet de conversation n'avait pas de lien direct avec Hermione ou que sa curiosité n'était pas piqué au vif, il se moquait de ce qui pouvait bien se passer autours de lui.
Tout comme les autres, il avait perçu dans le ton employé par la jeune fille que quelque chose d'important était arrivé pendant leur absence. Et il voulait savoir quoi.
« Un membre de la délégation du ministère à été envoyé à Cie'Nog, pour y parfaire son éducation. » leur transmit à mi voix Luna avec un air de conspirateur et un sourire en coin qui les firent frissonner.
Ils échangèrent quelques regards perdu se demandant à qui elle faisait référence et ou pouvait bien se trouver Cié'Nog. Mais cela ne dura pas longtemps quand ils se souvinrent du récit que leur avait fait Melissandre.
« C'est où et c'est quoi Cie'nog ? » demanda Blaise pour obtenir des précisions
« C'est un autre monde, un lieu à l'écart de notre dimension où beaucoup de créatures magique ont trouvé un refuge quand les sorciers ont commencé à les persécuter et à prendre leurs obligations envers la magie comme la preuve de leur supériorité. »
« Comme c'est bien dit. » Ironisa sans méchanceté Pansy. « Dépêchons nous avant qu'ils ne décident d'aller ailleurs. Nous devons aussi retourner au manoir et parler à Monsieur Malfoy des derniers rebondissements politiques. »
Les trois garçons acquiescèrent et suivirent les deux jeunes filles jusqu'au bureau de la directrice.
Pomfresh marchait la tête haute. Les regards des courtisans de la cour de Lady Faé ne l' atteignaient pas. Elle savait que son exil était mérité pour le crime qu'on lui reprochait, mais elle sentait que la reine des lieux l'accueillait avec bienveillance et c'était tout ce qui lui importait sur le moment. Il y avait déjà eut des jaloux et il y en aurait toujours tout autant que des flagorneurs mais elle avait toujours su que Lady Faé avait suffisamment la tête sur les épaules pour voir clair dans leur jeu et elle ne doutait pas que les années aient renforcé et affiné son caractère comme la pointe acéré d'une épée.
D'après ce que Max lui avait confié, lors de ses rares visites au fils du temps, Pomfresh avait été soulagé de constater que son intuition à propos de la reine de Cie'Nog se soit confirmé. L'expression une poigne de fer dans un gant de velours reflétait parfaitement l'intransigeance et la droiture de celle qui dirigeait cette dimension et qui avait donc le contrôle sur toutes les races magiques qui y avaient trouvé refuge.
Elle ne pouvait cependant s'empêcher d'admirer la grande salle du château qu'elle n'avait pas revu depuis tant d'année. Lumineuse grâce à ces grandes fenêtres et ses murs en marbre blanc, vaste sans pour autant être froide grâce aux torches et aux braseros qui brûlaient en alternance sur chacun des piliers traversant la salle d'audience. Les tapis et les tentures rouges et jaunes brodé respectivement d'argent et émeraude rendait la pièce malgré sa taille accueillante et apaisante.
Alors que tout le monde s'écartait devant elle et Ombrage pour les laisser arriver devant le trône qui se situait sur l'estrade au bout de la salle dans une nef surélevé d'où il était facile de surveiller l'ensemble des convives, Pomfresh sentit pour la première fois un sentiment d'appréhension la frapper. Cependant le regard clair et l'expression souveraine que lui accorda Lady Faé, Pomfresh su qu'elle n'avait rien à craindre.
La Femme, si un seul mot pouvait qualifier la créature qui se tenait devant elles et ses sujets, ce ne pouvait être que celui là. Avec une majuscule comme si la perfection féminine s'était incarné dans une créature vivante. L'infirmière entendit Ombrage hoqueter à côté d'elle et déglutir difficilement. L'envoyée du ministère avait apparemment beaucoup de mal à ne pas rester stoïque devant le reine de Cie'Nog.
Tant mieux ! Pensa-t-elle soulagée en espérant que cela leur épargnerait des ennuis inutiles. Elle devait savoir que devant elle se tenait une puissante créature magique, comme tant d'autre autours d'elle et qu'il n'était pas judicieux de laisser aller sa langue à des propos déplacés si elle ne voulait pas perdre sa tête.
Lady Faé ne pouvait être qu'une Velane au sang le plus pur. Sa beauté éblouissante mis en évidence par sa robe évanescente et ses bijoux d'or fin simple émanait d'elle plus efficacement qu'une aura magique.
Arrivé au bas de l'estrade, Pomfresh s'agenouilla sur une des marches et baissa la tête pour saluer sa souveraine.
« Grâce soit rendu à votre majesté pour accepter de nous recevoir sans délai. » La salua l'apothicaire sans quitter le tapis des yeux.
« Je suis ravie de vous revoir parmi les vôtres, Apothicaire. » Répondit d'une voix mélodieuse Lady Faé avec un fin sourire. « Vous nous avez manqué. »
« Je me devais de payer ma dette envers vous. » Déclara Pomfresh en redressant la tête pour croiser le regard lagon de la reine qui continuait de lui sourire sagement.
« Chose dont vous vous êtes parfaitement acquitté. « Annonça Lady Faé en s'adressant à l'ensemble de sa cour d'une voix qui ne laissait aucun doute. « Sentez vous libre de revenir parmi nous quand vous le souhaitez. Votre place est à nos côtés. »
« Merci votre grâce. » Répondit Pomfresh soulagée. « Je crois que l'on a encore besoin de moi à l'école mais je reviendrais. »
«Nous attendrons ce jour avec impatience. » fit la reine avec un petit salut gracieux de la tête puis elle tourna son attention sur Ombrage qui n'avait pas bougé comme statufiée. « Et si vous nous expliquiez comment nous allons pouvoir régler votre petit problème ? »
« Un élémentaliste à piéger l'esprit de cette sorcière pour atteindre les Chimères. » Déclara Pomfresh en hochant la tête. « Il aurait été dangereux de la laisser en leur présence dans le nid. »
« Les sorcier sont toujours aussi présomptueux. Croire qu'un piège de la sorte suffirait à atteindre une chimère. » S'exclama un homme brun non loin de la souveraine.
« En temps normal, vous auriez raison, monsieur, mais connaissant leur lâcheté, ils n'auraient pas hésité à prendre pour cible la plus jeune et la plus fragile des chimères. Ce n'est qu'un enfant qui a beaucoup trop souffert pour qu'il n'en reste pas des séquelles. Nous ne voulons pas prendre ce risque.»
Pomfresh ne se souvenait pas avoir déjà vu l'homme par le passé mais cela ne voulait pas dire qu'il ne fallait pas le traiter avec un minimum de respect et de déférence. Surtout qu'il se trouvait sur l'estrade à deux pas de Lady Faé ce qui en disait long sur la confiance qu'avait la souveraine en lui. Il ne devait pas être humain lui non plus vu l'aura de pouvoir qui se dégageait de lui. Mais il maîtrisait suffisamment ses pouvoirs pour qu'il soit impossible d'identifier sa race.
« D'après les rapports de Max, nous savons que l'enfant est fort et qu'il va grandir. » dit un personnage étrange en qui Pomfresh reconnut le représentant de la délégation des Morph.
Lui n'avait pas pris le temps de cacher son apparence et pour Ombrage loin d'être habitué à ce genre de personne s'était vraiment la dernière preuve qui lui fallait pour réaliser qu'elle ne se trouvait plus dans son monde. L'homme enfin plutôt la forme mouvante gélatineuse et iridescente qui parlait s'avança d'un pas vers l'estrade, donnant l'impression de ramper sur le sol.
« Grandir ? » Répéta Pomfresh oubliant Ombrage et la manière dont la femme s'était tendu derrière elle à l'approche du doyen des Morph.
C'est à peine d'ailleurs si Poppy remarqua la main de Dolores qui s'agrippa au dos de sa robe. Elle se demandait où voulait en venir le vieux sage.
« Oui grandir. » Certifia Lady Faé. « C'est lui qui a choisit sa propre route et nous ne pouvons que l'admirer pour cela. Quand le temps viendra nous lui rendrons honneur pour le chemin qu'il aura parcourut. »
« Vous me faites craindre le pire » Marmonna Pomfresh.
« Le danger est encore devant lui mais il triomphera. » assura lady Faé.
« Je dois y retourner. » Fit l'infirmière en se relevant avec plus de précipitation que ne l'autorisait normalement le protocle.
« Oui, mais avant nous devons en finir avec votre invité. » Insista Lady Faé.
Pomfresh serra les poings. La reine avait raison. Elle ne pouvait pas leur laisser Ombrage comme on dépose un paquet de linge sale ou un chien au bord d'une route. Elle ne pouvait pas s'en débarrasser même sous le prétexte que quelque chose allait se produire dans le monde magique et qu'elle craignait pour ceux qu'elle aimait et avait protéger tout au long de son exil.
« Oui votre majesté » soupira-t-elle. « Si l'épreuve est nécessaire, même pour les chimères. Même pour les créatures qui se battent pour leur survie des leur naissances, alors c'est ce que doit apprendre cette sorcière. Elle doit découvrir l'humilié de servir et le dévouement. Elle doit apprendre le sens du mot sacrifice et découvrir que même les plus gâté ne peuvent considérer comme acquis les privilèges de leur naissances. »
« Elle est un peu vieille pour une telle leçon , non ? » Demanda une voix criarde venant de la gauche de l'estrade.
Ombrage poussa une exclamation d'horreur en voyant l'horrible créature qui se tenait sur un perchoir au milieu de la cour. La créature avait le buste d'une femme mais le reste de son corps était celui d'un gros oiseaux sombre aux serres crochus qui s'enfonçait dans le bois sombre de son perchoir, tenu par un homme fort et vêtu luxueusement même si son habit était surtout fait pour mettre en valeur son physique plus qu'avenant.
Pomfresh sourit. Elle connaissait la harpie qui venait de prendre la parole. Des qu'elle avait compris la destination que Melissandre désirait faire prendre à Ombrage, elle avait envisager que la vieille harpie saisirait cette opportunité. La question pouvait paraître dénue d'intérêt mais si telle avait été réellement le cas, Hargone la mère du clan harpie, serait resté silencieuse. Mais Pomfresh savait que la vielle femme ne pourrait résister à ce défi. Raison pour laquelle elle avait tourné son petit discours de cette manière. Discours qu'elle préparait depuis qu'elles avaient quitté Poudlard quelques heures plutôt.
« L'échec ou la réussite ne dépendront que d'elle et de ceux qui voudront bien s'investir auprès d'elle. » Déclara Lady Faé avec un petit sourire en coin . « Quand à la durée peu nous importe s'l lui faut le reste de sa vie. »
Visiblement elle aussi savait où allait finir Ombrage.
Ron avait l'impression de se débattre depuis une éternité. Depuis tellement longtemps qu'il se trouvait au de là de l'épuisement. Au de là de la fatigue. Et il ne voyait pas le bout du tunnel. Depuis qu'il avait réussi à s'arracher aux sortilèges de compulsion et d'obéissance du directeur, il luttait pour refaire surface. Pour se réveiller. Pour prévenir à Harry du danger qui le menaçait et pour éviter à Ginny de commettre un acte qui scellerait son destin.
Il lui semblait ne pas avoir progresser depuis qu'il avait réussit à se débarrasser de la présence encombrante du directeur. Il ne savait pas dans quelle direction avancer, pas plus qu'il ne pouvait trouver un chemin à prendre. Il n'y avait rien où il se trouvait. Rien. Même pas les ténèbres.
Il ne pouvait se fier à aucun de ses sens. Ils semblaient tous lui faire défaut et sa magie ne lui parvenait pas, ou plus. Il ignorait pourquoi mais c'était la première fois qu'il prenait réellement conscience qu'il était perdu.
Mais il n'abandonnerait pas. Hors de question. Il se souvenait très bien de l'image qu'avait de lui Hermione et Harry et il ne pouvait pas les laisser croire que cela avait été vraiment lui. Il devait sortir de là pour leur montrer, leur dire qu'il était leur amis.
Ron savait qu'on ne le croirait pas sur parole. Ce qu'il avait fait, ce qu'une part de lui avait fait exacerbé par l'influence que Dumbledore avait eut sur lui, ne reflétait pas ce qu'il était ni ce qu'il aurait vraiment voulu faire.
En pensant à tout ce temps perdu, il sentait monter en lui en sentiment de rage non seulement envers l'ancien directeur, mais aussi envers lui même. Il avait vraiment été le roi des idiots. Une tête brûle qui fonçait sans réfléchir. Pourquoi n'avait il pas compris tout seul qu'il était inutile de chercher un quelconque soutien pour Harry auprès du directeur ? Pourquoi c'était il obstiné à chercher des conseils et une solutions auprès de Dumbledore alors qu'il était plus que visible des le départ, des la première fois qu'il avait mis les pieds dans ce foutu bureau, que le vieil homme ne se préoccupait absolument pas de ce qui pouvait bien arriver à Harrry dans sa famille ou des dangers qui se trouvaient sur leur chemin tout au long de leur scolarité !
Avait il eu foi en cet homme à ce point ? Avait il été aveugle et stupide au point de se laisser berner et manipuler sans jamais réaliser l'erreur incommensurable qu'il faisait en suivant les ordres du directeur ? Malheureusement la réponse, il la connaissait parfaitement.
Tout comme il connaissait la réponse à celle qui pouvait se résumer à pourquoi s'était il laisser faire sans résistance ? Dans un premier temps parce que Dumbledore avait su appuyer aux bons endroits pour le faire réagir et puis à sa plus grande honte, parce que c'était plus facile de s'en remettre à un adulte. De laisser un adulte prendre la responsabilité de ce qu'il faisait ou disait plutôt que d'assumer la part sombre de ses sentiments.
Tout cela pour dire qu'il ne renoncerait pas. Pas temps qu'il n'aurait pas eut la chance de parler à ses amis à sa famille pour leur demander pardon et de lui laisser une chance de se racheter. Alors rassemblant encore une fois toute son énergie et sa volonté, il se lança dans la bataille pour se sortir de ce labyrinthe.
Le temps n'avait pas plus d'importance que le reste dans cet espace. Il ignorait depuis combien de temps il luttait mais après encore quelques tentatives infructueuses, il perçu comme une vibration qui lui sembla familière. Il se concentra dessus ainsi que sur l'origine possible de cette onde qui perçait enfin le carcan de solitude dans lequel il se trouvait.
Au début il ne reconnut pas cette sensation pour ce qu'elle était. Mais plus il s'y accrochait plus il se laissait bercer et attirer par elle plus il perçut les modulation familière d'un voix. Ensuite bien que ne comprenant pas les mots, ne pouvant leur donner du sens, il reconnut les intonations et les inflexions propres à Hermione. La jeune fille lui parlait !
Enfin il percevait quelque chose de l'extérieur. Il en fut soulager et sentit l'euphorie le gagner. Il s'accrocha à sa voix, puis à sa présence et les mots retrouvèrent leur sens. Elle parlait avec quelqu'un d'autre, mais il ne percevait pas encore qui.
Il mobilisa à nouveau toute sa volonté et réussi à entendre la conversation de Hermione avec une inconnue qui lui parlait des horcruxes ! Il devait se réveiller. Il devait leur dire ce qu'il savait à ce propos. Il devait lui dire, l'avertir qu'un terrible danger dont il ne se méfierait certainement pas planait au dessus de Harry. Qui en dehors de lui pouvait avoir fait le lien ?
« Personne » lui murmura une voix de femme.
Ron crut qu'il allait hurler de rage. Il ne savait pas d'où venait cette voix mais elle semblait au courant alors pourquoi n'intervenait elle pas ? Pourquoi n'allait elle pas empêcher Harry de mourir !
« C'est chose impossible. » Assura la voix d'une voix chaude et apaisante.
Pourquoi ! Pourquoi ! Ron hurlait de toute son âme. Il savait qu'il n'était pas encore trop tard. Il pouvait encore faire quelque chose pour Harry. Son ami avait déjà bien trop souffert. Il n'avait jamais pu profiter d'un jour de paix. Il n'avait même pas eut le soutien d'amis de confiance et si pour cela Ron se haïssait et ne se pardonnerait jamais, il croyait fermement qu'il était encore possible d'accorder à Harry une vie heureuse méritée.
« C'est quelque chose qu'il a accepté et que tu dois aussi... »
Non ! Ron ne se résignerait pas. Il ne laisserais plus personne lui dicter sa conduite. Même si son intuition lui criait qu'il se révoltait contre la Magie, elle même. Peu lui importait. Elle pouvait bien le punir comme elle voulait ! Le transformer en moldu ou en scrout à pétard, il affronterait chaque jour de sa vie, chacune de ses erreurs en les regardant en face, sans se mentir ou se cacher et si cela lui coûtait son confort ou sa raison cela n'avait pas d'importance. C'était son choix. Sa décision.
Alors il tenta de faire abstraction de la présence imposante de la Magie à proximité de lui. L'aura qui se dégageait d'elle n'était pas menaçante, juste un rien contrarié et amusé. Ce qui aurait pu le vexer s'il n'avait pas eut mieux à faire. Il s'accrocha à la voix de Hermione et tenta de communiquer avec elle. A chaque fois qu'elle prononça le nom de Harry, il lança vers elle un peu de sa volonté en espérant qu'elle atteindrait la jeune fille.
Il continuerait jusqu'à ce qu'elle comprenne. Il ignorait s'il avait établis un réel contact avec la jeune fille . En tout cas pas avant qu'elle ne le désarçonne avec le souvenir de la gifle qu'il lui avait donné. Il se senti coupable et misérable mais chassa vite ses pensées pour ne pas briser le lien ténu qui le reliait à la jeune fille.
Et si la Magie décidait que ce jour serait son dernier, alors il mettrait tout en œuvre pour faire passer son message. Il ferait l'impossible, l'impensable et l'improbable, pour avertir Hermione afin qu'elle protège Harry.
« Je devrais pourtant avoir l'habitude de traiter avec les gens têtu de ta famille. Es ce vraiment ce que tu veux ? Protéger Harry ?»
Quelle question stupide ! Bien évidemment que c'était ce qu'il voulait. Jusqu'ici il n'avait pas été à la hauteur. Jusqu'à présent il n'avait rien fait pour se faire pardonner. Et il n'arriverait à rien si Harry mourrait. Jamais plus il ne pourrait se comporter comme un ami digne de confiance si le brun perdait la vie. Comment continuer à vivre avec ce poids sur la conscience sans aucun espoir de réparer, de tourner la page ?
« Si c'est vraiment ce que tu veux, j'ai une mission pour toi. » Proposa la Magie alors qu'un éclair lumineux d'argent pur déchirait l'espace clos ou se trouvait Ron pour le mener ou il désirait se rendre et ou sa présence pourrait faire la différence.
A suivre...
